‹ Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères [microforme] (volume 5)Chapitre 38 sur 106 · YF · texte numérisé non relu

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ÉDIFIANTES ET GURIEUSES. 97 besoin d’explication ; beaucoup moins doit-on l'ex. pliquer dans un mauvais sens. Le ciel matériel..a neuf assises différentes, comment peut-on dire qu'il est unique et seul maître ? Le Chang-ti est.sans.fi, gure ; Comment peut-on le confondre avec une chose corporelle ? Prétendre que le ciel matériel , d'une figure ronde, et divisé comme il esli, tour nant sans cesse de lorient à l'occident , n'ayant ni tête, ni ventre , ni pieds, ni mains, soit animé par le Chang-ti , de manière qu'ils fassent ensemblé un tout vivant; quoi de plus risible ? Les démons mêmes sont sans figures et sns COrps.; comment s'imagiriet-on que l'Esprit supérieur à tous les esprits ,, le Maître de l'univers, soit corporelet figuré ? Donner dans un si monstrueux Système, c’est non-Seulement ignorer la grande doctrine qui regarde l’homme et son origine, c’est encore ñn’avoir pas les, premiers principes de l'astronomie et de. la physrue, |

Le ciel que nous VOYons; sur noë : 5, n'étant pas digne de nos respecis, én quoi la: terre que nous foulons aux pieds ; pourroit-elle nous;paroitre si respectable ? La doctrine essentielle est quil n’y a qu'un Dieu qui a créé le ciel, la térre et toutes choses, pour la conservation et l'avantage de l’homme, Dans tout l'univers, il n’y a pas une seule créature qui ne soil pour notre usage, Quelles actions de grâces ne devons-nous pas rendre À notre insigne: bienfaiteur © Quel motif de redoubler nos hommages , et d’obéir à ses lois? Maisabandonner le Dieu sûprême,

da source de:tous les biens, et prodiguer J'encetis à des créatures'qui ne sont formées que pour nous ser Vir , quel renversernent !,

Le L. Cela étant ainsi nous autres Chinois , nous sommes , hélas ! dans de bien épaisses ténèbres: le plus grand nombre à la vue du ciel ne Sdit-autre chose que lui rendre ses respecis , et voilà tout. ,

Le D. Le monde est, composé de gens instruits T, XIV, De

et d'ignorans. La Chine étant un grand empire , les personnes éclairées n’y manquent pas. On peut dire aussi qu'il y en a sans instruction; dont toutes les connüissances se bornent à ce qui tombe sous les sens. Ainsi le ciel: et la terre leur sont connus; mais le souverain Seigneur du ciel et de la terre passe toutes leurs idées. Qu'un sujet d’une province éloignée de la cour, se trouve tout à coup transporté à l'entrée du palais impérial ; frappé de la grandeur et des beautés de ce superbe édifice , il se prosterne aussitôt en s’écriant : Je rends hommage à mon pririce: Or ce:que l'on dit: Honorez le ciel et la terre , la:multitude 1gnorante le prend à la lettre, etsecontente d’honorer le palais du prince, sans penser ‘au prince lui-même, Mais ce qu'il y a de gens instrüitsvet {qui raisonnent ; en voyant l'étendue de la terre et la hauteur du ciel, concluent d’abord ue le monde a un maître qui le gouverne , etils se déterminent à adorer cet Etre immatériel et incréé qui, du haut des cieux; règne sur tout Yunivers. Quel.est l’homme sage qui et ce ciel visible comme ‘son Dieu ? Si quelquefois on donne à Dieu le nom de ciel, ce n’est là qu'une façon de parler , comme lorsqu'on prend une ville pour le mandarin qui la gouverne, et qu'au lieu de dire : Le gouvereur dé! Nan-chang a ordonné telle chose , on dit simplement: La ville de Nan-chang a publié telle ordonnänce. Suivant cette comparaison ; on peut donner à Dieu le nom du ciel , maïs cela né signifie nullement que ni le ciel-ni la terre fassent un: même tout avee Dieu. En un mot , il y a un Maître ’souverain , créateur de l'univers, et dans la crainte io j'ai été qton ‘n’èn eût pris une fausse idée’, je l'ai appelé Sergneur du ciel. ? | Le L. Vous agissez, Monsieur, en maître sage et éclairé. Ayant à enseigner la véritable doctrine, vous employez dès les cominencemens les véritables

ire » les eut dire utes les sous les 1; mais *e passe los sporté à randeur rosterne à mon el et la à lettre , ans pende gens ndue de d'abord , etils se at incréé ‘univers.

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ÉDIFIANTES ET CURIEUSHS, 99 expressions, Par-là vous ferez connoître clairement la religion que vous nous ävez apportée d'Europe, et il ne sera pas à craindre que dans la suite il s’introduise du trouble et de {a confusion (1). Vous avez entièrement dissipé les ténèbres de mon esprit, Il ne me reste plus aucun doute; la doctrine touchant un seul Dieu, est profonde et solide. Quelle honte pour nos savans de. la Chine de ne pas s’y appliquer ! Ils négligent l’essentiel et s’attachent avec ardeur à des bagatelles; ils ne savent Pas remonter à la source. Nous recevons de nos Parens nos corps; cela nous engage à tous les devoirs de fils: nous recevons du prince des terres, des Possessions pour nourrir nos

ères , nos mères , nos enfans; cela nous oblige à tous ke: devoirs de sujets, Dien est le premier père, le

remier prince, c’est le chef de tous les ancêtres, LA maître de tous les rois; c’est lui qui a tout créé, et qui gouverne tout: comment le méconnoître ! comment ne pas le servir! Mais il n’est pas possible de tout dire én un jour; souffrez, Monsieur! que je revienne une autre fois L

Le D, Ce que vous me demandez, Monsieur , ne me coûte rieh à accorder: vous ne cherchez qu’à connoitre la vérité. C’estun double bienfait de Dieu, qui me donne à moi la foreé dé vous instruire , ‘et à vous l’occasion d'être instruit, Toutes les fois que:vous me feréz l'honneur de vous adresser à moi, : vous me trouverez disposé À vous satisfaire, ae

. (1) Cela est cependant arrivé au sujet même de l'expres- à sion dont sé servoient les Missionnaires , Poür désigner le Maître de l'univers ; et tout le monde sait les querelles qu'on à suscitées aux successeurs du père Ricci, les repraches ques leur a faits, les imputations de fauteurs d'idolâtrie ont on les à accablés ; et tout le monde sat aussi qu'ils n’ont Suére répondu que par leur soumission à l’antorité, et leur constance à obliger même, autant qu'ils le pouvoient, ceux qui les allaquoient,

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