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En cinquième lieu, Dieu est juste, il n’est point partial ; le bien , il le récompense; le mal, il le puhit; on voit néanmoins en cette vie le pécheur triompher dans la prospérité , tandis que le jaste gémit dans les souffrances : c’est que Dieu attend après la mort à punir l’un et à récompenser l’autre; mais si l’âme périssoit avec le corps, il ne resteroit plus aucun lieu ni aux récompenses ni aux punitions.
Le L. Le sage durant sa vie étant si différent de l’homme sans règle , il ne doit pas lui être semblable après sa mort; la mort a des rapports avec la vie; cette différence sans doute regarde l’âme, et voici comme les gens de lettres l’expliquent : l’homme de bien sait, par une conduite réglée, conserver son âme dans tout son entier; ainsi la mort n’a pour lui d'autre effet que de faire périr son corps; mais le méchant, par ses crimes, détruisant son âme, À la mort tout périt pour lui. Cette doctrine est bien capable d’exciter les hommes à la vertu.
Le D. Nos âmes, vertueuses ou criminelles, ne meurent point avec, nos corps: les sages et les sa vans de tous.les pays pensent ainsi (1). Les livres sacrés de la loi du vrai Dieu le disent clairement, et je viens de le prouver par va grand nombre de raisons. Cette difféence entr Fhomme de bien et le méchant, que ous venez, Monsieur, de rapporter, ne se trouve point dans les livres classiques, et.elle n’a aucun f#nd‘ment, Convient-il, dans une affaire de cette consquence , de donner soi-même dans des nouveautés pérniCieuses, et d'y engager les autres ? Nous ayor des motifs très - réels À proposer, aux hommeszOur les exciter au hien.et pour les détourner du-fl; les récompenses d une. part, les puni-
y me »
(Cela: était vrai du: temps:de l'Auteat ;. mais aujourd'#! combien de sages et: de savañs prétendus donnent duns jmatérilisme , et osent l'enseigner ?..
tions de l’autre, Pourquoi abandonner une doctrine si solide , et s’attacher à de vaines imaginations ? L'âme de l’homme n’est point une poignée de sable ou un morceau de bois que l’on puisse diviser et dissiper : c'est un esprit, maître absolu du corps, et la cause de tous ses mouvemens. Qu'un espr' truise un Corps} celxse peut ; mais comment :: 0 roit-il qu'une chose corporelle en détruisit une spirituelle ? Supposons néanmoins que par des actions criminelles une âme puisse être dissipée, dès-lors les méchans hommes ne peuvent pas vivre longtemps. Mais combien en voit-on qui : depuis le bas âge jusqu'à une extrême vieillesse, ne cessent d’entasser crimes sur crimes ? Est-ce donc que leurs âmes étant détruites , ils ont encore la force de vivre? Pour qu'un corps vive , l'âme ne lui est-elle pas aussi nécessaire que lé sang? Que le sang manque àäun corps, il ne peut plus se soutenir; Fâme manquant, peut-il encore se mouvoir? Dé plus, Fâme n’a-t-elle pas plus de forcé qué le corps? des erimes accumulés ne détruisent point toujours le corps, comment pourroiént-ils détruire Fame? Enfin, si durant la vie Y'âme se dissipe et s détruit, pourquoi cette destrucone Viendféiielt étrabs la mort? | #! Le Bien’ ou le mal ne fônt poux que lé Créateur changé la nature des choses : les an maux ‘né sont créés que pour vivre sur là terré un Cetain temps ; ce qu'il peut y avoir de bon èn êux , 5e leur obtiendia pas limmortalité; les démons son créés pour être immortels ; quelqüé mauvais qu iS soient, ils fe mourront jamäis: l'äme d'un méchiañ. ff nme : arce qu’il est méchant, n'en mourra pas désuta > Si la destruction des âmes étoit toute la puit Far hommes criminels , où- seroit l-justice? Les- Cmes ne sont pas: tous égaux; pourquoi cetté dede punition® Dieurne punit pas amsi. Cette inanrère \
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Une âme détruite n’a plus rien à souffrir. C’est donc plutôt une abolition de tous les crimes. Une telle doctrine ne donne-t-elle pas occasion aux hommes de s'enhardir au mal, et de s’abandonner à tous les vices ?
Ce que les anciens ont dit en parlant de perte d'esprit, de dissipation d'esprit, n’est qu’une pure métaphore. Ne disons-nous pas encore aujourd’hui qu'un homme a l'esprit dissipé , lorsque nous le voyons se répandre trop au-dehors et vivre sans recueillemeni ? Si un autre se livre à des choscs extravagantes et contraires au bon sens , nous disons qu'il a perdu l'esprit. Prétendons-nous parier d’une perte réelle, d’une dissipation entière? ce qu'il y a de vrai, c’est que l'homme de bien embellit son âme et l’orne de vertu, au lieu que le méchant ia déshonore et la noircit par ses vices.
Nous ne sommes point les auteurs de nos corps ni de nos âmes, c’est Dieu même, Il ne dépend pas de nous de les détruire, cela dépend de Dieu seul. L'ordre établi de Dieu est que le corps après quelques années soit détruit. Nous ne le rendrons pas :m-
mortel. L'âme est créée pour l'imn oralité; nous ne la détruirons pas. «2 qui nous régerde, c’est l’em-
ploi que nous ferons de l’une : de l’autre, Si nous nous en servons pour le bien voilà otre bonheur: si nous nous en servons pour le x voilà notre malheur, Nous avons reçu cette âme et ce corps, et ls sont à notre disposition , comme seroit un morceau d'or très-pur. Nous pouvons de cet or faire un vase sacré, propre au sacrifice , ou bien ua vase profane, destiné aux plus vils usages ; cela dépend de nous, Mais à que que nous employions cette matière , c'est toujours de l'or. Ceux qui, sur laterre, feront briller leurs âmes par les vertus, brilleront dans le ciel de la gloire de Dieu même; mais ce:
qui vivrent ici-bas dans l’aveuglement d'esprit, sans
vouloir reconnoître la verité, seront précipités dans les abimes des ténèbres éternelles. Telle est la grande doctrine; qui peut aller contre ?
Le L. Ah! je vois bien à présent quelle différence on doit mettre entre l’homme et la bête. Cette différence n’est pas peu de chose, L'âme de l’homme est immortelle ; cela est vrai, cela est évident.
Le D. L'homme animal ne se met pas en peine de connoître en quoi il diffère de la bête , parce qu'il veut vivre en bête. Mais un docteur d’un rang supérieur, dont le but est de s'élever au-dessus dun vulgaire , voudroit-il s’avilir si fort? Ah ! tout dépend de prendre une bonne résolution. L’exécution en devient bien plus facile. En un mot, puisque l’homme, dans sa nature , diffère tant de la bête, il ne doit point lui ressembler dans ses actions.