WEST MAIN STREET WEBSTER, N.Y
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nos saintes Ecritures qu’au commencement des temps, lorsque Dieu donna l'être à toutes choses, il créa des anges de tous les ordres. Un des principaux d'entr'eux, appelé Lucifer, ébloui de ses qualités naturelles, s’abandonna à Férgueil , et eut l'audace de penser qu'il pouvoit devenir semblable au Très- Haut. Dieu punit aussitôt le téméraire ; il le changea en démon avec tous les autres anges qui l’avoient suivi dans sa révolte, et il les précipita tous dans les enfers. C’est d’après cela que nous disons que depuis la création du monde il y a un enfer et des démons. Or, dire que les créatures sont tellement unies au Créateur, qu’elles ne sont avec lui qu’une même chose, n'est-ce pas enchérir encore sur le langage impie de Lucifer ?
On ne s'aperçoit plus en Chine d’une opinion aussi pesülente, depuis qu’on y a laissé répandre les réveries de la secte de Fo. Tcheou-kong, Kong-tzé se sont-ils jamais exprimés en ces termes en parlant du Chang-ti ? Trouvera-t-on rien de pareil dans les
livres classiques? Si l’on voyoit un homme de la lie
du peuple affecter les airs d’un roi, et prétendre être traité en roi, qu’en diroit-on? Quoi donc! il n’est pas permis à un simple particulier de se comparer à un prince, et il potrroit se dire semblable au CAang- 4? Un homme parlant à un autre homme, lui dit : Toi, tu es toi ; mor, je suis moi ; etun ver de terre s'adressant au CAang-ti, pourroit lui dire: Vous êtes moi, et je suis vous ! quoi de plus extrayagant?
Le L. Les disciples de Fo ne se mettent point audessous de Chang-ti. Ils vantent beaucoup les qualités de l’homme, la noblesse de son corps, les vertus de son âme: en cela, il y a du vrai. Les vertus du Chang-ti sont sans doute très-relevées; mais celles de l'homme, jusqu'où ne vont-elles pas? Le Chang-ti a une puissance sans bornes; et l’homme de quoi n'est-il pas capable? Que peut-il y avoir de plus grand
temps, il créa cipaux qualités audace Trèshangea voient ans les depuis émons.
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que les anciens sages, vraies origines des ñations qu’ils ont su rassembler ? Parfaits législateurs, docteurs consommés , inventeurs de tant de beaux arts; c'est d'eux que les peuples ont appris à labourer la terre, à creuser des puits, à se faire des vêtemens, à fabriquer des chariots, À construire des vaisseaux, dè manière qu’ils peuvent non-seulement se nourrir et conserver leur vie, mais encore entretenir un commerce perpétuel qui les enrichit tous, et qui les rend tous heureux. C’est par eux que les empires ont été solidement fondés, qu’ils se conserŸent , etqu'ils Sont à jamais inébranlables, Quel temps, si reculé qu'il soit, peut faire oublier leur glorieuse mémoire ? Je n'ai point oui dire qu’au défaut de ces hommes illustres, le Chang-ti ait rien fai: de pareil: voilà ce qui fait dire que le pouvoir de l’homme ne cède point à celui du Chang-#i, et Von ne voit point pourquoi la puissance de créer le ciel et la terre est attribuée à Dieu seul,
L'homme ordinaire ne connott point l'excellence de sa nature. On l'entend dire que l'esprit est resserré et comme emprisonné dans le COrpPS; mais un fotiste qui comprend la grandeur de cet esprit, ne veut point se soumettre, ni s’abaisser. Selon Jui, l'homme contient en soi le ciel, la terre, l’univers entier. L'esprit humain est tel qu'il n’y a rien de si éloigné qu'il n'atteigne; rien de si sublime où il ne s'élève; rien de:si étendu qu'il ne comprenne; rien de si délié qu’il ne saisisse ; rien de si massif et de si dur qu'il ne pénètre, Quandonen estvenuàconnoître ainsi les perfections de l’homme, ne doit-on pas juger qu'il est intimement uni à Dieu, qu’il est Dieu lui-même *
Le D. Lesfotistes ne se connoissent pas eux-mêmes, comment connoîtroient-ils Dieu? Ils ont reçu des mains du Créateur, dans un corps très-vil , une âme digne de quelque esiime, qui raïsonne , qui les fait a$ir et mouvoir, D'abord ils s'enorgueillissent , et
d'un air de superbe, ils osent entrer en parallèle avec la majesté de Dieu même. Qu’a donc de s; noble le corpsde l’homme? Qu'ontses vertus desi respectable et de si grand? Parler ainsi, c’est détruire la véritable vertu; c'est se rendre soi-même entièrement méprisable, L’orgueil est l'ennemi de toutes les vertus, et ce vice oi est çapable de corrompre toutes les actions de l’homme. C’est un axiome parmi les sages d'Europe, qu'un grand nombre de vertus sans humilité, n’est qu’un tas de sable exposé au vent, Les hommes les plus vertueux révèrent l'humilité , et ils la pratiquent. Dieu, par sa nature infiniment supérieur à tout, ne peut pas s’humilier ; mais si Dieu ne fait qu’une même chose avec l'homme , il faut que Dieu s’humilie. A voir d’une part les saints attentifs, exacls, respectueux, tremblans aux ordres du Ciel; se regardant comme ce qu’il ÿ a de plus abject sur la terre, ne se croyant capables de rien, et d’autre part, les orgueilleux fotistes ; quelle ressemblance ! Les saints n’osent pas penser qu'ils soient saints, et l'on veut nous faire accroire que le plus défectueux de tous les hommes n'est point au-dessous de Dieu même! L'homme fait un fonds de vertu pour se rendre parfait, et il se perfectionne pour mieux servir le
Seigneur du ciel, La grande vertu de Tcheou-kong
consistoit à regarder comme son premier devoir, de respecter et d'honorer le Chang-ti, et l’on prétend aujourd’hui nous mettre de niveau avec ce grand maitre, digne et unique objet de nos adorations et de tout notre culte: quel renversement!
Les anciens sagés se sont rendus recommandables ils ont donné des lois aux nations; ils ont civilisé les peuples barbares; mais ont-ils créé les hommes ? Ils ont inventé les arts; n'est-ce pas Dieu qui leur a fourni les matériaux? Sans cela > Qu'auroïent-ils pu faire? Un ouvrier travaille en or et en bois; mais au- Parayant il faut qu'il ait de l'or ou du bois, S'il n’avoit
rallèle noble ctable itable \éprius, et es ac— sages lumi- , Les et ils supéeu ne t'que ntifs, Ciel; t sur autre ince !
Is, et ueux Dieu ndre ir le kong , de tend rand as et
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pas sa matière toute faite, la feroit-il? Dieu en produisant les choses, les a tirées du néant même ; 7/4 parlé, et tout a été fait. Voilà où l'on reconnoît une puissance sans bornes. Que peut l’homme en comparaison ? Si j'imprime un sceau sur le papier ou sur la soie, on voit sur le papier et sur la soie la représentation du sceau; mais ce n’est point là le sceau lui-même , et en place du sceau, cette représentation n'est point capable d'en former de nouvelles, On peut dire quelque chose de semblable de la créature. La créature est l’image du Créateur ; elle n’est point le Créateur lui-même, et le pouvoir de créer passe toutes ses forces.
Un homme savant qui a acquis des connoissances du ciel , de la terre, de quantité d’autres objets, a-t-il donc véritablement dans la tête le ciel et la terre et tous ces objets? Il a regardé le ciel, il a vu la terre, il a examiné l'extérieur de: différentes choses. d’où il a conclu leur nature » leurs qualités, leurs usages, Ne dit-on pas que l'esprit ne connoît d'objets que ceux qui lui viennent par les sens ? L'esprit est comme une eau pure el tranquille, comme un miroir bien poli, capable de recevoir les images de tout ce qu’on lui présente. Mais parce que cette eau et ce miroir peuvent représenter le ciel et la terre, ont-ils la puissance de créer l’un et l’autre? Quand on se vante de pouvoir quelque chose, et qu’on se meten devoirde l'exécuter, on mérite alors d’être cru. Dieu a créé le eiel et la terre ettout ce que nous voyons; ceux qui prétendent n’être pas différens de Dieu même, doivent reconnoître en eux une égale puissance : qu’ils tirent donc.du néant une montagne, qu’ils créent même un bateau.
Le L. Ce que vous appelez Dieu et que vous dites avoir créé le monde, conserver et gouverner toutes choses, c’est ce que les fotistes entendent par ce mot noë. Dans tous les temps comme dans tous les lieux, ce 7201 ne souffre jamais d'interruption : c’est tou-
jours une seule et même substance. Mais parce que l’homme a un corps corruptible, son âme s'appesantit et s'obscurcit; ses passions varient selon les occurrences; ce qu'il y a de bon diminue chaque jour; le germe de la vertu peu à peu se détruit; sa divinité ne se soutient plus; et voilà pourquoi nous ne pouvons ni créer, ni conserver les Pr rt Ce défaut de puissance ne vient pas de notre âme considérée en elle-même ; c’est un effet de la corruptibilité de notre Corps. Une escarboucle qui a perdu son éclat, n'est plus une pierre précieuse. Mais si l’on examine l’âme de l’homme , telle qu’elle est Yéritablement en soi, c’est alors qu’on en connoît toute l'excellence. Le D. Hélas !il suffit de proposer une doctrine ; quelque empoisonnée qu’elle soit , les hommes s’empressent à l'envi de s’en repaître. Quoi de plus triste ! 11 faut avoir l’âme bien appesantie et bien obscurcie pour oser avancer que le Créateur du ciel et de la terre , l'âme du monde que l'on prétend ne point différer de l’homme, est sujet à l’altération ! Une vertu solide, selon Kong-tzé, est à l'épreuve de tout ; un instrument , une machine ne devient que plus propre à servir par l'usage qu’on en fait : et le Grand par excellence, le redoutable Maître de l’univers , dans l’espace de la vie d’un homme , pourroit être abattu, renversé ? Parler ainsi, n'est-ce pas mettre Dieu au-dessous de l’homme, réndre la passion maîtresse de la raison , faire l'esprit esclave du corps , donner une qualité accidentelle pour principe et pour fondement de la nature elle-même ? Pour peu qu’un homme ait de lumières, il sent ce
que je dis, sans qu'il soit besoin de m’étendre da- :
Vantage. Qu'on éxamine l'univers entier. Y a-t-il donc quelque créature qui surpasse le Créateur, qui le fasse dépendre d'elle , qui puisse l’appesantir et l'obscurcir ?
Si Dieu et l’homme ne sont qu’une même chose,
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il n’y a plus à distinguer la paix etle bonheur de Dieu d’avec la misère et le trouble de l’homme. Notre âme sur cela est un exemple présent; c'est la même âme, soit dans la tête , soit dans les autres parties, du corps. Qu'il lui arrive un malheur , quelque sujet de tristesse, elle est triste partout où elle est; elle'ne peut pas tout ensemble être en trouble et en pas or puisque Dieu dans l’homme se trouve dans e chagrin et dans la peine , il s’ensuit que la souveraine félicité de Dieu en est troublée. Mais si Dieu est nécessairement heureux , suit-il de là que l’homme est à l’abri des atteintes de la tristesse et de la misère ? N’est-il donc pas évident que Dieu et l’homme ne sont pas une seule et même substance ? Prétend-on dire ou que Dieu est identifié avec les choses , et que par là tout est Dieu, ou que Dieu fait partie intrinsèque des choses, et qu’il entre dans leur composition, cu que les choses sont à l'égard de Dieu , ce qu'un pur instrument est dans les mains d'un ouvrier pour s’en servir ? Ces trois manières de s’expliquer sont tout opposées à la raison; je les reprends l’une après l’autre.
En premier lieu, Dieu n’est pas identifié avec les:
choses; si cela étoit, le nombre prodigieux des créatures se réduiroit à une seule nature, Mais s’il n'y avoit dans l’univers qu’une seule substance , on ne pourroit plus dire qu'il y a un nombre prodigieux de créatures. Les manières d’être de chaque uaose seroient entièrement confondues; il n’y auroit plus d’instinct particulier, ni cette inclination naturelle à sa propre conservation. Nous voyons dans le monde beaucoup de choses ennemies les unes des autres, et qui se détruisent. L’eau éteint le feu , le feu consume le bois. Parmi les animaux , les plus gros et les plus terribles mangent les plus petits et les plus foibles. Puisque Dien est identifié avec toutes choses, Dieu se détruit donc lui-même; il ne sait
point se conserver : est-ce là avoir une belle idée de Dieu ? Suivant un tel système, Dieu n’est qu’une même chose avec l’homme , avec le bois » avec la pierre, L'homme sacrifie à Dieu, il doit obéir à Dieu. C'est donc à soi-mêine que l'homme sacrifie; il doit donc obéir à la pierré et au bois ? ridicules > Mais justes conséquences.
En second lieu , Dieu ne fait point partie intrinsèque des choses. Il s’ensuivroit que Dieu seroit moindre que la chose dont il feroit partie. La partie est moindre que le tout. Un #607 est plus grand qu’un ching qui n’en est que la dixième partie. Le contenant renferme le contenu. Si Dieu est dans les choses comme partie, il est contenu et par là plus petit que les choses qui le contiennent ; mais qui pensera jamais que la créature puisse ainsi renfermer le Créateur dont elle a reçu l’être ? Dieu faisant partie de l’homme , est-il dans l'homme comme un maitre qui Commande ou comme un esclave qui obéit? Dieu ne peut point être soumis à l’homme en esclave ; mais si l’homme a en lui-même Dieu qui règle en maître absolu toutes ses actions, il ne doit y avoir aucun méchant homme dans le monde. Pourquoi donc le nombre en est-il si grand ? Dieu est la source de tous les biens, la vertu sans mélange. S'il gouverne absolument l’homme , comment le laisse-t-il aveugler par les passions ? Comment l’homme donnet-1l dans tant de travers ? Est-ce donc que la vertu de Dieu l’abandonne ? Au temps de la création, Dieu établit partout un ordre admirable : aujourd’hui qu'il règle toutes les démarches de l’homme, selon les fotistes, d’où vient un si affreux désordre ? C’est Dieu qui a porté toutes les lois que la raison impose à l'homme. L'homme, que Dieu dirige en tout, viole cependant ces lois. Est-ce que Dieu les ignore, ou qu'il n’y fait pas attention ? Est-ce qu’il ne peut
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trinseroit Jartie qu'un bnitehoses tque a ja- Créae de e qui Du lave ; le en avoir quoi urce gout-il )nnevertu ion , d’hui selon C’est
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pas les garder , ou qu’il ne le veut pas? Laquelle de ces réponses peut-on admettre ?
En troisième lieu , les ehoses ne sont point à l'égard de Dieu ce qu’un pur instrument est entre les mains de l’ouvrier pour s’en servir. Car d’abord il séroit évidemment faux que Dieu, comme on le prétend , ne fit avec les choses qu'une seule et même substance. Un tailleur de pierre n’est point une même substance avec le ciseau dont il se sert ; un pêcheur est très-distingué de ses filets et de sa barque: de plus il suit d’une telle opinion que tout ce que font les créatures ne doit point leur être attribué, mais à Dieu ; de même qu'on attribue à l’ouvrier tout ce qu'il fait en se servant de ses instrumens. On dit que c’est le laboureur qui laboure , le bûcheron qui coupe le bois, le charpentier qui scie une planche ; et toutes ces actions ne sont point attribuées à la charrue, à la hache, à la scie : ce n’est donc plus le feu qui brûle, l’eau qui coule, l'oiseau qui chante , le quadrupède qui marche , l’homme qui monte à cheval, qui s’assied ‘sur un char; c'est Dieu qui fait tout cela. On ne doit plus punir les voleurs, les assassins ; ils ne sont point en faute : les gens de bien
n'ont aucun mérite, il ne faut plus les récompenser. .
Y a-t-il rien de plus capable de mettre la confusion dans lunivers , qu'une pareille doctrine ? Dieu n'entre point dans la composition des choses, et par là même les choses, en se détruisant, ne retournent point à Dieu : elles se résolvent dans les mêmes parties dont elles avoient été formées. Que si les créatures , par: la mort et par la destruction , se trouvoient changées en Dieu , on ne devroit plus dire qu’une chose est détruite, qu'elle est morte ; mais au contraire, qu'elle vit de la vie la plus parfaite. Quel est l’homme qui ne souhaitât pas de mourir sur le champ pour être transformé en Dieu ! Un fils bien né, pleure la mort de son père; il sé donne
de grands mouvemens pour lui préparer un magnifique tombeau. À quoi pense-t-il? son père est devenu Dieu.
J'ai déjà fait voir que Dieu est l'origine de toutes choses , le Créateur de l'univers , le comble de toutes les perfections : la créature est incapable de #or-. prendre sa grandeur; comment pourroit-on l’égaler à Dieu ? Qnaud on considère ce que les créatures ont de beau et de parfait, on reconnoit entr’elles les traits de la puissance de Dieu ; mais prétendre qu’elles soient Dieu lui-même , cela révolte. Si l’on voyoit de grands pas marqués dans un chemin, on diroit qu'un homme de grande taille auroit passé par là ; mais on ne s’aviseroit pas de confondre ces vestiges avec le voyageur, A la vue d’un beau tableau , un connoiïsseur admire l’habileté du peintre, maisil ne prend pas le tableau pour le peintre lui-même.
Dieu a formé des créatures de toutes les sortes et sans nombre, pour que l’homme , avec le secours de sa raison , remonte à la première origine, et que parvenu à la connoissance du Créateur, il admire ses perfections infinies , il l'adore, il l’aime. Ce devroit être là notre unique occupation : mais l’homme grossier se repaissant de rêveries et de fables , a bientôt perdu de vue le premier principe , et dans quels travers ne donne-t-il pas? La source de ses erreurs, n’est autre chose que l'ignorance où il est de ce qui regarde les différentes causes. Il y a des causes intrinsèques aux choses, comme la matérielle et la formelle ; il y en a qui sont extrinsèques , comme les causes efficientes: Dieu est: cause efliciente et universelle , et par conséquent cause extrinsèque des créatures,
Il est à remarquer qu’une chose peut être dans une autre de plus d’une manière. Un homme est dans une maison, dans une salle, comme dans un lieu. La matière et la forme sont dans l’homme, le pied et
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la main sont dans le corps, comme les parties dans le tout. La blancheur est dans le cheval qu’elle dénomine blanc; la froïdure, dans la glace qu’elle dénomine froide , comme tout accident , toute qualité est dans une substance. La lumière du soleil est dans le cristal qu'elle fait briller; la chaleur est dans le fer qu’elle échauffe, comme les causes extrinsèques sont dans les sujets où elles agissent. Des choses les plus basses, remontons aux plus hautes : on peut dire dans le sens de ce dernier exemple, que Dieu est dans les choses. Quoique la lumière soit dans le cristal et la chaleur a fer, ce sont néanmoins des choses bien distinguées , des natures toutes différentes. Ainsi, l’on n'erre point en disant que Dieu est de cette manière dans les créatures, avec cette différence que la lumière peut n'être pas dans le cristal , au lieu que Dieu , essentiellement immense , se trouve nécessairement dans toutes les créatures, et que Dieu étant immatériel n’a point de parties. D'où il suit qu'il est tout dans le tout, et tout dans chaque partie du tout.
Le L. Vous vous expliquez si clairement, que
voilà tous mes doutes dissipés. Mais que pensez-vous de ceux qui prétendent que l’homme et toutes les autres créatures ne font qu’une même chose ?
Le D. Tantôt élever l'homme jusqu’à l’égaler à Dieu, tantôt l’avilir jusqu’à le confondre avec un vermisseau , il y a excès de part et d’autre. Un orgueilleux persuadé , prévenu qu'il +5! semblable à Dieu, voudra-t-il être mis en parallele avec le plus vil animal? Et quelque effort qu’on fasse, j'ai bien de la peine à croire qu’on persuede jamais à personne qu’il ne diffère en rien d’un serpent venimeux. Vous, Monsieur, qu’en pensez - vous vousmême ? Il est aisé de réfuter ce qui n’est nullement digne de foi. Distinguons les diverses sortes d’identités qui se trouvent parmi les créatures. Il y a des