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> SOUS ne pens abandonnez La Justice
colère du Ciel, et pur nifions pour vous Perdre ? C
Yao, de Chun et des autres princes des trois anciennes dynasties. N'est:
ce pas là parler de récompenses et de châtimens ?
Le L. Dans le livre Tchung-tsiou Composé par le sage Kong-tzé lui-même , il est souvent parlé de
€ perte, d'utilité et de dommage,
Le D. Les récompenses et les Punitions de cette
vie sont de trois sortes, Les unes regardent le corps: maladies, santé , longue vie, mort prématurée, Les autres regardent la fortune : richesses , Pauvreté, perte de biens, abondance de toutes choses. I] yen à qui regardent l'honneur : louanges , blâme » r'éputation, infamie, Le livre Tchung-tsion ne parle que
€ celte troisième espèce. Il laisse les deux autres, Parce que les hommes Préfèrent ordinairement l’honneur à tout le reste, C’est ce qui a fhit dire que le
$ Mauvais mandarins et des gens de révolte. Que craignent-ils donc ? un
de l’univers. N’estce pas là un gain, une utilité ? Quel es
ne souhaite pas le bien et l’ava Ses parens? Mais si nous ne de
St l’homme qui ntage de ses amis » de VOnS avoir en vue rien
180 LETTRES de tout cela, comment pouvons-nous e souhaiter à nos parent , à nos amis ? Le sage Kong-tzé en enseignant la pratique de la vertu de charité , dit: Ne faites pas à un autre ce que vous ne voudriez pas qui vous fut fait à vous-méme. Mais si je n’ai aucun avantage à prétendre pour moi-même, qu’ai-je besoin de procurer celui des autres? La vue d'utilité n’est point opposée à la vertu. Ce qui y est contraire et qu’on doit rejeter, c’est le bien et l’utile injustement acquis. Il est dit dans le livre Y': La récompense marche à la suite de la justice. Xl ÿ estencore dit: La récompense réjouit l’homme, et l'anime à augmenter en vertu. Quant à la grandeur de la récompense, qu'un homme soit parvenu à être maître du monde entier, cela est peu de chose. Qu'est-ce donc que gagner un seul royaume ? Quelque parfait que soit un prince, peut-il commander à toute la terre? Qu'il le puisse, toute la terre lui sera soumise, et voilà tout. Encore, pour en venir là, combien ne faut-il pas dépouiller d'anciens possesseurs? Tels sont les biens de cctte vie. Ceux que je propose après la mort, sont les vrais et solides biens. Leur acquisition ne cause aucun trouble, et tous les hommes, sans en excepter un seul, peuvent les posséder sans se rien enlever les uns aux autres. En vue de cette admirable récompense , qu'un roi, pour la procurer à ses sujets, un seigneur, à toute sa famille , les gens de lettres et le peuple, pour se la procurer à eux-mêmes, que tous s'efforcent à l'envi, l'univers sera dans une profonde paix. Estimer et rechercher les biens à venir, c’est mépriser les biens présens; et un homme au-dessus de toutes les choses présentes, pense-t-il au larçin , au meurtre, à la révolte ? Si toute une nation étoit éprise du désir d’un bonheur futur, qu'il seroit aisé de la gouverner! Le L. J'ai toujours oui dire qu’il étoit inutile de se tourmenter l’esprit sur les choses futures, et que çe que nous avons devant.les yeux suflit pour nous
à ss à À
ÉDITIANTES ET CURIEUSES, 181 occuper. Cela paroît très-bien dit. À quoi bon s’em. barrasser de l'avenir ?
LeD. Ah! si les animaux irraisonnable parler, s’exprimeroient-ils autrement ?
trefois en Occident, un chef de secte doctrine se réduisoit à se livrer au pl s’embarrasser de rien, Un si indigne m Pas d’avoir des disciples; il fit lui-même graver son épitaphe en ces mots: Buvez » MANSEZ , divertissez- TOUS ER celle vie ; après la mort, plus de joie, Toutes ES Personnes raisonnables ont toujours regardé cette infâme école comme un troupeau de pourceaux. Se roit-il possible qu'en Chine il se trouvät de ces sortes de gens ? Kong-tzé dit: Qui ne prévoit Pas les choses de loin est proche de son malheur. Dans le livre C;
nous lisons : Un génie de peu d'étendue donne Mnatière
à la satire. Ne VOJOnS-nous pas que plus un homme est habile , plus aussi POrtera-t-1l loin ses vues, et
que plus un autre est ignorant, plus ses vues sont Courtes ?
Pourquoi les hommes de tous les états pensentils à l'avenir ? Pourquoi chacun prend-il ses mesures? Le laboureur cultive et sème au printemps dans le dessein de recueillir en automne, L'arbre de pin, dit- On, ne porte des fruits qu’au bout de cent ans; ce Pendant il se trouve des gens qui plantent des pins. N'est-ce pas ce qui fait dire que les aïeux plartent,
S pouvoient
Il y eut audont toute la aïsir, et À ne aître ne laissa
et que les neveux cueillent les fruits ? Le marchand
court les mers dans l'espérance de s'enrichir et de revenir Passer une heureuse l'artisan travaille sans cesse
vieillesse dans sa patrie ;
Pour gagner sa subsisidie dès le bas âge pour
, SI iéritage de leurs pères, > Si l'empereur Kie, de
la dynastie des Ha , et 'Tcheou, de celle des YF, perdirent l'empire, n'est-ce pas pour avoir été trop attachés au présent, et pour avoir négligé l'avenir ?
Le L. Vous raisonnez juste, Monsieur ; mais dans la conduite que nous tenons en ce monde , quelque loin que nous portions nos vues, elles ne vont point au-delà de cette vie, et s'embarrasser à présent de ce qui arrivera après la mort, cela paroît inutile,
Le D. Kong-tsé a écrit le Tchung-tsiou ; Tchétzé, son petit-fils, a écrit le Tckong-yong. Ces deux grands hommes ont porté leurs vues sur tous les siècles à venir : ils ont percé jusqu’à la postérité la plus reculée; et cela ne paroît blâmable à personne; etnous, que nous pensions à nous-mêmes , que nous portions nos vues seulement à ce qui arrivera après notre mort , cela vous paroïit déraisonnable! Les joues gens prennent leurs mesures pour la vieilesse ; ils ne savent point s’ils y parviendront jamais: on ne trouve point cela hors de propos; et nous, que nous prenions des mesures pour les suites de la mort, et peut-être demain serons - nous dans le cas, vous le trouvez mauvais ! Vous êtes marié, Monsieur; par quel motif voulez- vous avoir des enfans ?
Le L. Je veux que mes enfans prennent soin de mon tombeau, et qu’ils rendent aux cendres de leur père les honneurs qui leur sont dus.
Ze D. Oui, mais cela même, n’est-ce pas penser à ce qui arrivera après votre mort? L'homme, en mourant, laisse deux parties de lui-même : son âme, qui est un esprit incorruptible, et son corps, qui est une matière sujette à la pourriture. Vous, Monsieur, vous pourvoyez à ce qui regarde le corps, et moi, je crois devoir pourvoir à ce qui regarde l’âme: comment suis-je en cela répréhensible ?
Le L. Dans la pratique de la vertu , l’homme sage me fait attention ni à ce qu’il peut gagner, ni à ce
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