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RE ren NN M as
DA Pa
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autre calamité, se regar
qu'il a déjà fait, et S'anime à en faire encore davantage, :
tinfiniment juste. Il ne laissera aucun bien sans récompense , ni aucun mal sans
châtiment. L'homme qui pratique la vertu , ‘et qui y 2ersévère, sera élevé dans le ciel }
Que si l’on voit quelquefois le just frances, c’est que sa justice même n’est pas sans imperfection ; que ‘1 le châtie en cette vie, afin
u'après la mort , ‘?Ouvant parfaitement épuré, es dans la joie qui lui est préparée. Si l’on voit le vicieux Prospérer, c’est qu'au milieu même de ses vices , 1l laisse échapper quelques petits traits de
vertu que Dieu récompense sur la terre, pour qu'en Sortant de ce monde ses crimes ,
il soit jeté dans l’abîme qu'il s’est creusé. Les biens,
e dans les. souf-
le sage a enseigné, classiques. Nos livres.
aPporte , ne parlent ni d’ donc ! le sage a-t-1l ignoré cette doctrine , a-t-il voulu nous la cacher ?
Le D. Le Sage, dans ses: documens: > Consultant la portée des gens du siècle, n’a peut-être pas tout
19r future , Pourroit peut-être douter si véritablement il ÿ a un maître dans le ciel que plus osé à se livrer au pécheur criminel ; éprouvan
dit. Peut-être a-t-il dit bien des choses qui n’ont pas été écrites , et dont les monumens se sont perdus. Peut-être même les écrivains , peu fidèles, les ontils supprimés. De plus, les mêmes choses , en différens temps , ont des expressions différentes. Il n'y a pas telle expression ; on ne doit pas conclure que telle chose n'y est pas quant au sens. Les lettrés d'aujourd'hui s'en tiennent-ils bien à la doctrine des anciens livres ? Combien n’y en a-1-1l pas qui la combattent ? La beauté des termes leur plaît, le sens qu'ils renferment ne les touche point. Ils composent des discours fort élégans ; mais quelle est leur conduite ?
On Lit ces paroles dans le livre CAï : Ouen-ouang est dans le ciel ; il y est glorieux et triomphant. Ouen-ouang monte et descend ; il est placé à côté du Ti. On y litencore : Chaque dynastie a un sage. Les trois sages sont dans le ciel. Dans le chapitre Tchao-kao 1 est dit : Le ciel a ôté l'empire à le famille des Yn. Combien d'illustres empereurs de cette famille sont dans le ciel ! Mais être dans le ciel, être placé à côté du T7, n'est-ce pas ce que j'entends par le mot paradis ?
Le L. Sur ces paroles du livre CAr , nos anciens sages ont en effet reconnu qu’il y avoit un lieu de délices pour être après la mort la demeure des gens de bien; mais pour l'enfer on n’en trouve aucun vestige dans nos écritures.
Le D. Il y a un paradis, il y a donc un enfer. L'un se conclut de l’autre, et la même raison vaut pour tous les deux. S'il est vrai que Ouen-ouang, Tcheou-kong: et les illustres empereurs de la famille des Jn soient dans le ciel , il n’est pas moins vrai que Kie , Tcheou et Tao-tché sont dans les enfers. Leur conduite en cette vie ayant été si différente, ils doivent. avoir été traités tout différemment en l'autre vie. Voilà ce que ia raison dicte , et qui ne soufre
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ÉDIFIANTES E CURIEUSES, souffre aucun doute. N'est-ce pas mort le vertueux est tranquille ? [] n’a 25 le moindre sujet de trouble , tandis que le vicieux tremble ; quel repentir ! quelle amertume ! Ce moment est Pour lui le comble de l'in ortune,
S’autoriser du silence des livres classiques sur ce
Point pour le nier, c’est érrer grossièrement, La maxime des écoles d'Europe , est celle-ci : Ce qu'on {Trouve dans un auteur de marque , est une Preuve : MAIS Ce n’est rien PTOuver que de dire qu'on ne |
frouve pas. I] est écrit dans nos livres sacrés , que Dieu au commencement du monde créa un homme
appelé Adam et une femme no
mmée Eve, pour être les Premiers ancêtres du genre humain. I] n'y
est point parlé de vos deux empereurs Fo-hi et Ching-nong. Sur cela nous POUVONS assurer qn'il y a eu un Adam et une Eve ; mais nous ne pouvons pas dire qu'il n’y ait Jamais eu de Chin de Fo-hi, De même après avoir Ju les liv
Pour cela qu’à la
E sont pas 108 premiers ancêtres ? L'histoire de l’empereur Yn
ne dit Pas un mot de l'Europe ; eSt-ce-là une raison le croire qu’il n'yaitpoint d'Europe ? Ainsi, quoique les livres de Chine n'expliquent Pas clairement }a doctrine du paradis et de l'enfer, on ne doit pas conclure qu'il faille rejeter cette doctrine.
e L. Les bons auront donc le paradis ponr ré. compense , et les méchans * l'enfer pour Punition ; mais s’il se trouvoit un homme qui ne fût ni bon ni mauvais , que deviendroit-il après la mort ?
Le D. n'y à point de milieu entre Jes bons et les mauvais, Un homme n’est pas bon, dès-lors qu'il St mauvais; il n’est Pas mauvais, dès-lors qu’il est bon. Tout le milieu qu'on pourroit Y trouver, ne consiste que dans les diérens degrés de bonté et de malice, La malice et la bonté peuvent être compa-
TI, XIP, 19
194 LETTRES rées à la vie et à la mort. Un homme n’est pas vivant , il est donc mort; il n’est pas mort, 1l est donc vivant. On ne peut pas dire qu'il ne soit ni vivant ni mort.
Le L. Qu'un homme ait d’abord été méchant et ensuite bon; qu’un autre ait d’abord été bon et ensuite méchant, qu’arrivera-t-il après la mort à ces
deux hommes ?
Le D. Dieu est le père de tous les mortels; 1l met
des bornes à notre vie pour nous engager à la vertu; à la mort il arrête notre sort. Un homme a passé une partie de ses jours dans le bien , il change tout à coup, devient mauvais, et meurt : c'est un rebelle digne de l'enfer; ses mérites passés sont comptés pour rien. Un autre a long-temps vécu dans le mal , il se repent, devient bon, et meurt : Dieu en a pitié , il lui pardonne ses fautes, et le récompense d’un bonheur éternel.
Le I. Les crimes précédens de cet homme restent donc sans punition ? :
Le D. Les saintes Ecritures nous apprennent qu’un pécheur revenu de ses égaremens , si son repentir est bien vif, ou qu’il fasse sur la terre une sincère pénitence pour satisfaire la justice de Dieu, Dieu lui rémet entièrement la peine due à ses péchés, et à la mort il est transporté dans le ciel; mais si sa douleur, quoique vraie , n’est pas aussi vive qu'elle pourroit l'être, et que sa pénitence ne réponde pas au mal qu'il a fait, il ya dans l’autre vie un lieu séparé, où, durant un certain temps, il faut qu’il achève la mesure des châtimens qu’il n’a pas remplie durant sa vie; une âme enfin, épurée, est reçue dans le séjour de la gloire, voilà la règle.
Le L. Cette règle me paroît fort juste; mais nous trouvons dans les livres de nos anciens ces paroles : A quoi bon croire un. paradis, un enfer? S'il y a un enfer, c’est pour le déréglé ; s’il ÿ a un paradis,
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de t juge poin raine tout para on d pour les n cette Dieu ses œ préci] Juge :
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qu'un entir ncère Dieu s, et si sa u’elle e pas
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c'est pour le sage. Soyons sages, cela suffit, Ce rai-
Ze D. Ne point croire qu'il ÿ ait un Chang-1i, est-ce être Sage ou non ?
Le L. Non sans doute. Ne t-on pas dans le livre Chi
#: Ouen-ouang avoit une grande attention à tous ses devoirs, Il étoit extrêmement pieux :
doit plaire au Chang-ti. Qui peut donner
€ Sage à un homme qui ne croit point qu'i
1 voule nom lyaun
Point croire que le Chang-ti soit inf.
niment bon et Souverainement juste, est-ce être sage ou non?
Le L. Non assurément.
de toute bonté silest le s juge. Comment appeler sage | Point que le Chang-ti soit infiniment bon e rainement juste?
Le D. La véritable charité fait aimer les bons et tout ensemble haïr les méchans. Si Dieu n’a pas un
> Comment peut-
l'n'a pas un enfer Pour punir le mal, comment Peut-on dire qu’il hait
les méchans? Les Punitions et les récompenses de cette vie ne répondent Point au vice et à la vertu. Si Dieu , après la mort, ne rendoit pas À chacun selon ses œuvres, en plaçant le vertueux dans le ciel en précipitant le vicieux dans les enfers » Seroit-il un Juge Souverainement équitable ? Refuser de croire cet article, c’est refuser à Dieu les attributs de bon et de juste, Cette doctrine sur le Paradis et sur l’en-
fer, est reçue en Chine dans les sectes de Fo et de
Br || ; RER EE CE ER RE
196 LETTZRES
Lao. Elle est suivie par les lettrés habiles, et tous les royaumes, depuis l'Orient jusqu’à l'Occident, la professent. Nos divines Ecritures l’enseignent; j'en ai prouvé fort clairement la vérité. Ne pas s’y rendre, c'est n’être point sage.
Le L. Je m'y rends, je la crois ; mais je voudrois bien que vous m'en donnassiez une explication détaillée,
« Le D. Ce que vousme demandez n’est pas aisé, Nos
saintslivresne parlent là-dessusqu’en termesgénéraux: ils n’entrent dans aucun détail sur l’enfer. Peut-être pourroit-on en dire quelque chose par comparaison avec les maux de cette vie? mais qui peut décrire le paradis ? Les maux de cette vie ont des intervalles : ils ont une fin; les tourmens de l’enfer sont conti nuels, 1lssont éternels. Les docteurs distinguent deux sortes de peines dans les enfers; les extérieures : un chaud, un froid excessifs; une puanteur insuppor-table , une faim , une soif extrêmes; les intérieures : une horreur abominable à la vue des démons, une jalousie cruelle du bonheur des élus, une honte, un regret désespérant et inutile en rappelant le temps passé. :
Parmi les supplices des damnés, le plus grand est leur chagrin sur la perte qu’ils ant faite. Dans cette accablante pensée , 1ls s’écrient sans cesse, les larmes aux yeux : Ah ! malheureux, pour un plaisir d’un moment, nous avons perdu un bonheur éternel, et nous nous sommes précipités dans l’abime de tous les malheurs ! Ils voudroient bien à présent pouvoir effacer leurs crimes, pour en faire cesser la punition ; mais 1l n’est plus temps : ils souhaitent la mort pour finir leurs supplices ; mais ils vivront malgré eux, et souffriront éternellement. Le temps de la pénitence est passé ; Dieu , par une juste vengeance, accable de douleurs ces criminels, et les conserve toujours pour les faire toujours souffrir. Pour éviter
poin tinue est F passe étern Dicu prenc prime biens sont 3
tous it, la jen dre,
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après la mort des tourmens si terribles, il faut les méditer durant la vie : leur méditation est un frein contre le vice , et qui sait se défendre du vice n'a pas à craindre ces tourimens.
Si la vue des peines de l'enfer n’est pas capable d'émouvoir , il faut recourir au bonheur que nous avons à espérer dans le ciel. Les saintes Ecritures, parlant du paradis, s'expriment ainsi : L’œi/ n’a point su, l'oreille n’a point entendu, l'homme ne peut pas comprendre ce que Dieu a Préparé à ceux qui l'aient; d'où l’on doit conclure que le paradis est l’assemblage de tous les biens, et l'éloignement de tous les maux, Nous Pouvons prendre quelque légère idée de ce beau séjour de la vie future, en faisant attention à ce que nous avons dès cette vie devant les yeux , le ciel » la terre, la beauté de tant de créatures; combien d'objets dignes de notre admiration!
aisonnons ensuite, Toutes ces choses sont sorties de la main de Dien pour l'usage de tous les hommes, et même pour celui des animaux sans raison : les méchans aussi bien que les bons, jouissent de tous ces bienfaits. Si Dieu a d'abord été si magnifique à l'égard de tous les mortels en ce monde, que ferat-il en l’autre pour les gens de bien qu’il prétend combler de bonheur ? Dans le paradis , il règne un perpétuel printemps; point de vicissitude d’été brûlant, d'hiver glacé; la lumière brille constamment , Point d’alternative de jour et de nuit; la joie est continuelle, aucune Occasion de tristesse; la tranquillité est parfaite, aucun sujet de crainte; la beauté ne passe point, la jeunesse dure toujours, la vie est éternelle; on est éternellement en la présence de Dieu même, Les mortels ne peuvent point com- Prendre ce bonheur, encore moins peuvent-ils l’exprimer. Les bienheureux sont à la source de tous les
biens; ils s’en rassasient sans cssse, sans cesse ils en sont altérés,
La mesure du bonheur des saints n’est pas la même pour tous; chacun est heureux suivant le bien qu'il a fait; les mérites ont leurs degrés, les récompenses les ont aussi : il n’y a cependant aucun lieu à la jalousie. Comment cela ? c’est que chacun possède tout ce qu’il est capable de posséder. À un homme d'une grande taille, il faut un habit plus long; à un autre d’une taille plus petite, un plus court suffit: le petit et le grand ont ce qu’ils veulent. D'où vien droit donc la jalousie? Les saints sont tous collè ues et parfaits amis : ils sont liés de la plus étroite union, ils s’entr’aiment en frères : quand ils abaïissent les yeux sur les supplices de l'enfer, quel redoublement de joie pour eux ? Le blanc mis à côté du noir en paroït bien davantage; la lumière comparée aux ténèbres en est bien plus brillante,
La religion chrétienne instruit parfaitement les hommes sur ces vérités; mais les hommes ne comprennent bien que ce qu’ils ont devant les yeux : tout ce qu'ils ne voient pas leur paroît obscur. Qu’une femme enceinte soit mise en prison , et qu’elle accouche dans un cachot, son fils devenu grand ne connoit ni le soleil ni la lune: il ignore ce que c’est qu'une montagne, une rivière, le genre humain, l'univers; une grosse chandelle est son soleil ; la prison et le peu de gens qu'il y voit sont pour lui le genre humain, tout l'univers; il n’imagine rien au-delà : ainsi ne ressentant point la dureté d’une prison, il y demeure sans peine, il ne pense point à en sortir. Mais que sa mère vienne à lui parler de la splendeur des astres, de la pompe des grands du monde, de l'étendue et des merveilles de la terre, de la beauté et de l'élévation du ciel » 11 comprendra bientôt qu'il n’a encore vu que quelques sombres rayons de lumière, que sa prison est étroite , sale et prante, qu'il est dur d’être dans les fers : et dèsors ne souhaîtera-t-il nas d'aller loger dans la maison
Œte Dem —. .
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père juste
même qu'il )enses
Paternelle? ne pensera- t-il pas jour et nuit à se rendre libre, et à obtenir de vivre dans la joie , au milieu de ses parens et de leurs amis ? Hélas ! les gens du siècle, au lieu de s’animer d’une foi vive sur le paradis et l'enfer, Croupissent dans des doutes perpétuels, ou se moquent de tout ce que nous leur en disons, Cela n'est-il pas déplorable?
Le L. J'en Conviens, et je vois que presque tous ceux qui ne s’attachent pas aux rêveries des sectes de Fo et de Lao, vivent fluttans et errans comme Un troupeau sans berger : cette vie, loute misérable qu'elle est, voilà leur paradis. Vos instructions , Monsieur , sont les vraies instructions d’une bonne mère. Je Comprendsque nous avons une céleste patrie, je souhaite ardemment de prendre le chemin qui y conduit.
Le D. Le chemin droit est étroit ; les funestes routes sont larges et sans embarras : on ne manque pas de guides mal instruits qui conduisent tout de travers. Le vrai peut être regardé comme faux ; le
faux a quelquefois l’apparenee du vrai : il est de Ja ernière importance de ne pas s’y tromper. En cherchant mal le Souverain bonheur, on aboutit au mal-
Sur ses gardes.
mnaMnNaaAaAuMAAUUAaaUUAU AAVEAALALALALLLLS VII. ENTRETIEN,
La nature de l'homme est bonne en elle-même.
Quelle est la vraïe étude de ‘homme chrétien P
LE LETTRE CHiNoïs.
Nous m'avez appris, Monsieur » que Dieu est le
père de tous les mortels » et je ne vois rien de plus Juste que de l'aimer, Vous m'avez montré que l’âme
de l'homme est immortelle , et je comprends que celle vie étant si courte, on ne doit pas en faire beaucoup de cas. Je sais à présent qu'il y a un paradis pour les bons, et que le vertueux confirmé dans le bien sera éternellement avec les saints en la présence de Dieu. Je sais qu'il y a un enfer pour les méchans, et que là, le vicieux endurci dans le mal sera puni d’une éternité de supplices, Tout cela me détermine à prendre les vrais moyens de servir Dieu. Nos lettrés de Chine ont Pour maxime que , suivre la nature, c'est pratiquer la vertu, Si la nature u'a rien que de bon, on ne se trompe pas en la suivant; mais si elle a quelque chose de mauvais, ce n’est pas là un guide sûr : qu’en pensez-vous ?
Le Doct. europ. En lisant les livres des lettrés chinois , on trouve souvent les termes de nature , de passions ; mais on n’y voit rien de clair sur ces sujets. Dous une même école, il y a là-dessus cent opinions diiférentes, Avoir beaucoup de connoissances , et ne pas Se connoitre soi-même, c’est être vraiment ignorant. Pour savoir ce quil y a de bon dans la na ture de l’homme , il faut auparavar: définir ce que c'est que nature, ce que c’est que bon et mauvais, La nature d'une chose n’est autre que les propriétés qui constituent l'espèce de cette chose ; pro priétés , donc tout ce qu'il ya d’étranger dans une chose n’est point sa nature ; que constituent , donc tout ce qui ne constitue pas intrinsèquement une chose , n’est point sa nature; l'espèce, donc où il ÿ a même espèce , il y a même nature , et où l'es péce est différente , la nature l'est aussi. Les choses sont Où substances, et leur nature est substantielle ; Ou accidens , et leur nature est accidentelle, Ce qui est digne d'amour , voilà le bien ; ce qui est digne de haine, voilà le mal. Après ces prémices, on peut éta-
blir ce qu'il y a de bon et de mauvais dans la nature de l'homme,
S que
faire aradis ans le sence hans , puni mine s letture, ue de i elle zuide
ttrés >, de jets.
ons etne nent À na que vais.
pro- TO une onc une \ 1l es— ses est La are
Les philosophes d'Europe définissent l'homme ù Un élre vivant, sensitif, capable de raisonner : vivant, par là il est distingué des Pierres, des métaux ; sens'if, par là ilest distingué des plantes et des arbre ; capable de raisonner , par là il est distingué des oiscaux, des quadrupèdes, des poissons. En disant que l'homme est Capable de raisonner, on ne dit pas qu'il soit clair-voyant, pénétrant , et par là il est distingué de l'ange : l'ange connoît tout d’un COUP, et aussi Pr'omptement que va un rayon de lumière, ou que nous jetons un Coup-d'œil ; il n’a pas besoin d'employer le raisonnement, L/ d'un antécédent tire une Conséquence ; | roit, il conclut à ce qui ne Paroît as : et de ce qu'il sait, il vient à être instruit de ce Qui! ne 5: voit pas : c'est pour cela qu'on dit qu’il est Capa le de raisonner. L'homme , réduit à son espèce propre , est distingné de toute autre chose. Voilà ce qu'on appelle la nature de l'homme.
Les qualités de l’homme, bonté, Justice, politesse, science, suivent de ce qu'il est r isonnable ; la rai. son elle-même n’est que dans le
que la nature de l'homme est différente de celle du bœuf et du chien. Les commentateurs expliquent ainsi ces paroles. La nature de l’homme , disent-ils * est droite ; celle des bêtes est oblique. Or, il n’y a
ons; la raison n’a rien d’obli-
e l’homme est bonne ou non. ature de l’homme, aussi bien
D A AO EN D ee
que les passions qui l’'accompagnent, tout cela vient de Dieu, qui a commis la raison pour gouverner : ainsi toutes ces choses sont dignes d'amour, et en soi-même bonnes, Quant À l'usage qu'on en peut faire, cela dépend de nous ; nous pouvons aimer , nous pouvons haïr ; voilà matière à des actes tout opposés ; en agissant nous ne sommes déterminés forcément ni au mal ni au bien : voilA où paroissent nos passions. La nature, dans ce qu'elle fait , si elle n'est pas mal affectée, suit la raison » ne passe pas les bornes , et ne fait rien que de bien; mais les passions sont le mobile de la nature , les passions sont toujours dangereuses , il ne faut point les suivre aveuglément , ni sans examiner si elles sont d'accord avec la raison. Un homme qui se porte bien a le goût réglé; ce qui est doux, il le trouve doux ; ce qui est amcr , 1l le trouve amer: s’il tombe malade , le doux, il le trouve amer , et l’amer lui paroït doux. Une nature dépravée dans ses passions est frappée irrégulièrement par les objets, et en reçoit des impressions mauvaises ; d’où il arrive que les actions sont pour la plupart déréglées, Cependant la nature de l’homme est bonne en soi, et rien ne doit empêcher de l'appeler bonne : il peut toujours connoître ce qu’il y a de mauvais en lui, et y remédier. |
Le L. En Europe, on définit le bien, ce gui est digne d'amour ; et le mal , ce qui est digne de haine : c’est à donner la vraie idée du bien et du mal. En Chine , certains docteurs disent : Ce gui produit le bien est bon , ce qui produit le mal est mauvaïs $ cela paroît revenir au même; mais enfin, puisque la nature de l'homme est bonne en soi, d’où peut venir le mal qu’elle produit ?
Le D. La nature de l'homme est telle qu'il peut faire le bien et le mal. On ne doit pas conclure de 1à que Sa nature soit mauvaise en soi: le mal n’est pas un être réel, et n’est que la privation du bien,
vient rner :
et en peut mer , tout ninés ssent i elle asles sions touveuavec t ré- 1 est DUX , > na- Sr u— ions Jour nme ’ap-
tomme la mort n’est.que la privation de la vie, Un Juge peut condamner à mort un criminel, ce n’est
as à dire qu'il ait la mort entre ses mains. Un nie sur la terre, qui ne Pourroit pas ne pas faire le bien, ne seroit pas digne d’être appelé bon, et l'on ne regarde point comme bon quiconque n’a pas l'intention de faire le bien. N'être pas contraint au bien, et s’y déterminer soi-même , voilà le vrai sage, voilà le vertueux. Dieu nous a donné une nature libre , capable de se déterminer: c’est Pour nous un grand bienfait de sa part. Cette liberté ne nous est Pas seulement utile à augmenter nos mérites, elle
fait encore que nos mérites sont véritabiement à ire que Dieu, qui nous a fait pas saints sans nous,
de leur nature incapables de bien et de mal. La nature de l’homme est différente , il est très-capable de l’un et de l'autre; c’est pour cela qu’il peut mériter, Ses mérites ne sont point un nom vide; ce sont des mérites réels, acquis par la pratique des Vertus, Quoique la nature et les inclinations de l’homme soient bonnes en elles-mêmes , il ne s’en- Suit pas que tous les hommes soient bons. Celui-Ià seul est bon, qui a de la vertu : la vertu entée sur
à nature, et la nature agissant par la vertu , voilà comme l’homme élève et perfectionne ce qu’il a de bon naturellement,
Le L. La nature de l'homme a sans doute d’ellemême la vertu. Si cela n’étoit pas , Comment pourroit-on dire qu'elle est bonne ? Le sage, n’est-ce pas Celui qui rentre dans les voies de la nature ?
e D, Si toute la sagesse Consistoit à reprendre les voies de la nature , tous les hommes naîtroient Sages : où seroit donc la différence que Kong-1z6
met entre ceux qui naissent vertueux , et ceux qui doivent apprendre à étudier la vertu ? Si la vertu n'étoit pas une chose que l'homme dût apprendre à acquérir, mais une simple Correspondance à ce qu'il a de sa nature, son grand crime seroit de ne pas suivre ses inclinations naturelles; et en les suivant ; quels grands mérites pourroit-il avoir ? Il faut donc reconnoître deux sortes de bontés; la bonté de la nalureé que nous recevons , et la bonté de la vertu que nous acquérons, Le bien naturel , C'est Dieu qui nous le donne , nous n’avons en cela aucun mérite; notre mérite est tout entier dans le bien qui résulte des vertus que nous pratiquons. Un enfant aime sa mére, une bête en fait autant. Tout homme, qu'il ait de la charité ou non » St d'abord alarmé , s’il voit un petit enfant prêt à tomber dans un puits : ce sont là des effets de la bonté naturelle. Un homme sans charité et une bête sont néanmoins également destitués de vertu. La vertu consiste à faire ce qu’on connoit être bien: connoître le bien , et s’excuser
de le faire sur ce qu'il est difficile, ou qu'on n'en a :
pas le loisir, ce n’est pas être vertueux.
On compare le cœur d’un enfant nouvellement né à un papier très-blanc sur lequel rien n’a encore été écrit; on le compare aussi à une belle personne : une belle personne est aimable pour sa beauté, elle l'a reçue de sa naissance, elle ne l’a point obtenue par son mérite, Si l’on voit cette personne sous un habit de drap d’or, s’en dépouiller pour se revêtir d’un autre plus modeste, on connoît, à ce trait de modestie, qu'elle est vertueuse. La nature de l’homme, quelque bonne qu'elle soit en elle-même ,Sielle n’est pas ornée de vertus , quel éloge peut-elle mériter ? On dit dans les écoles d'Europe, que les vertus sont les ornemens de notre âme , lesquels se multiplient à mesure que notre âme s'exerce dans la vertu. Dire ornement, voilà le vertueux. Le vicieux prend la
pais loir aper nité, rant et de sur l. rivés sirer nous nous est la L' les ho propr tisfait ne dé
quelqi
ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, 205 Toute opposée. Les vices ou les vertus sont des choses immatérielles, et qui ne conviennent Ainsi, ce terme d'ornement doit s'entendre dans un sens spirituel.
Le L. Tous les anciens et les lant de nature , parlent de vertu encore entendu approfondir et matière, L’homme en faisant.le sa bonté naturelle ; au lieu qu'en fa
eauté des vertus de la vertu doit ge; mais combien de gens ne s'occupent qu'à des affaires extérieures, et eux-mêmes !
Le D. Hélas ! les gens du siècle passent leurs jours * Promener çà et Ià leurs désirs : ils mettent toute leur attention à entasser de faux biens dont ils se re= paissent incessamment Jes yeux du
loir jamais ouvrir un moment ceu apercevoir les solides et immenses
nité, Le chagrin et les inquiétudes les rongent du-
cablés de tristesse et de crainte, semblables à des animau- qu’on traîne
à la boncherie, Dieu, en nous créant, ne nous met sur la terre que pour vaquer à la vertu, Une fois arrivés au Souverain bonheur, qu'aurons-nous à desirer ? Mais nous négligeons une si belle destinée ; NOUS nous faisons esclaves de toutes les créatures ; NOUS nous livrons à mille sürtes d’excès : de qui en est la faute ?
L'homme ne désire Pas précisément les richesses, les honneurs. Le véritable objet de ses désirs est sa Propre satisfaction, Quel moyen d’être toujours satisfait ? L’unique est de ne souhaiter jamais ce qu'il ne dépend pas de nous de posséder, Nous possédons quelque chose de bien réel qui est nous-mêmes, et
nous nous perdons nous-mêmes, Perdre son âme, quelle perte ! Il y a deux parties dans l’homme, l'âme et le corps. L'âme est sans doute la plus noble partie. Le sage regarde son âme comme étant véritablement lui-même. Le corps n’est que comme un vase qui sert à contenir l’âme. Autrefois un tyran faisoit tourmenter un de ses fidèles sujets , nommé Jean. Celui-ci, d’un visage tranquille, lui dit : Tx brises le vase dans lequel Jean est renfermé; maïs tu n'as pas la puissance d'atteindre à Jean luiméme. C'est là véritablement reconnoître ce que c’est que l’homme,
Le L. Qui ne sait pas que le vice est la source du malheur, et que le solide bonheur consiste dans la vertu? Le vertueux est le véritable heureux. Cependant combien peu de sages en ce siècle ! Est-ce donc que le chemin de la vertu est difficile à apprendre, ou qu’il est difficile à pratiquer ?
Le D. L'un et l’autre est difficile; mais les plus grandes difficulté: sont dans la pratique. Celui qui connoît le bien, et qui ne le fait pas, aggrave son crime et obscurcit ses connoissances. Semblable à un homme qui mange et qui ne digère pas, il se remplit, mais il ne se nourrit pas; au contraire il ruine sa santé. Celui qui fait le bien qu'il connoît, multiplie sans cesse ses mérites, et sa gloire devient toujours plus grande. Instruit de ses devoirs, il augmente de plus en plus les forces de son âme, pour achever ce qui lui reste encore à faire. Que l’on tente , que l'on essaie, et l'on éprouvera que la chose est ainsi.
Le L. Parmi nos docteurs chinois, ceux qui anciennement ont reçu les instructions du sage, ont tous été sages eux-mêmes; mais ceux d'aujourd'hui, qui n’ont plus le sage devant les yeux, ne sont pas fort persuadés que la doctrine du temps présent soit véritablement la doctrine du sage. Je serois bien aise
sais
ime, me , Loble vérie un n faimmé : Tu mais luic’est
e du ns la pendonc dre,
plus qui son le à il se re 1l oit , ent augpour l’on hose an-
ont hui,
pas soit aise
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ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, 207 que Vous voulussiez m’apprendre en détail' comment on peut s’en bien instruire,
Le D, En lisant les livres de Chine, j'ai remarqué qu'en matière de doctrine, chacun suit ses idées particulières. Si vos docteurs s’en tenoient à ce qui est universellement reçu, je m'en tiendrois moi-même à eux Sur certains articles, et il ne seroit nullement besoin que je vous rapportasse ce qu'on pense en Europe. La vraie doctrine n’est pas toute dans les préceptes et dans les exemples des anciens. Nous pouvons de nous-mêmes apprendre beaucoup de choses. À la vue du ciel et de la terre > En considérant toutes les créatures, on peut tirer des conséquences sur ce qui regarde l’homme, C’est ce qui fait dire que quand le sage n’auroit ni livre ; ni maître, il trouveroit dans l'univers de quoi s’instruire et s’édifier.
Le terme de doctrine a beaucoup d’étendue, I] y a une vraie et une fausse doctrine ; une doctrine estimable et une de nulle importance, une doctrine relevée et une grossière, La fausse doctrine säns doute | nest pas ce que vous voulez savoir : car celle qui n’a que de vains dehors sans aucun fond réel, le sage n’en fait point son étude, Ce que j'appelle vraie doctrine , regarde l'intérieur , regarde 1 homme en soi; 2" un mot, elle consiste À nous perfectionner nousmêmes. Le mal des gens livrés au siècle présent, n'est pas de ne vouloir rien apprendre, c est de s’appliquer uniquement à des choses qu'il vaudroit mieux ne savoir pas. Cela peut-il être compté pour des oc- Cupañons raisonnables ?
Notre âme n’est pas seulement toute spirituelle ;
elle gouverne encore notre corps. Ainsi, l’âme étant
bien réglée , le corps est dans la règle ; l’âme se trouvant ornée de vertus, le Corps ÿ participe. C’est pour cela que le sage met sa principale application à ce qui regarde l'âme, Notre corps a des yeux, des oreilles, une bouche, les cinq sens. Par l'usage de
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ces sens , il atteint les objets. Notre âme a ces trois puissances par lesquelles elle agit : 4 mémorre , l'entendement et la “ulonté. Lorsque nous avons oui, vu, goûté et seni: quelque chose, l’image de cette chose est portée par la voie des sens jusqu'à l'âme. L'âme alors, par le moyen de la mémoire, reçoit cette image , la met comme en réserve, et en garde le souvenir. Si nous voulons pénétrer le fond de cet objet, l’âme emploie l’entendement, et sur l’image que la mémoire lui présente, elle examine la nature de l’objet; elle raisonne sur ses propriétés, et parvient à connoiître sil est bon ou mauvais : s'il est bon, l’âme se sert de la volonté, elle l'aime, elle !e désire; s’il est mauvais, elle le hait, elle le rejette. Ainsi, l'emploi de lentendement est de connoître, de pénétrer; celui :‘# la volonté, est d'aimer ou de hair,
Les trois puissances «ie l'âme étant perfectionnées, tout l’homme est parfait, La perfection de la mémoire suit celle de l’entendement et de la volonté; ainsi, tous les préceptes de doctrine ne regardent que ces deux dernières facultés. L'objet de l’entendement est /e vrai ; celui de la volonté est /e rer. Plus le vrai que nous connoissons a d’étendue, plus notre entendement est satisfait. Plus le bien que nous aimons est grand, plus notre volonté est contente. Que la volonté n'ait rien à aimer; que l’entendement n’ait rien à connoître; ces deux puissances manquent de leur aliment propre, se trouvent languissantes et comme affamées, Rien n’occupe plus noblement notre entendement que la justice; rien n'exerce plus dignement notre volonté que la charité. Charité, justice : voilà ce que le sage a toujours en vue, ces deux vertus marchent ensemble, l’une ne va pas sans l’autre. L’entendement connoît ce qu'il y a d’estimable dans la charité, et la volonté s'applique à la pratiquer. La volonté aime-ce qu'il y
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mer gain et ce autre perfe C’est trine de } de D Oriui
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ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, 209 a de bien dans la justice, et l’entendement s’étudie à le rechercher. La justice néanmoins le cède à la charité, et lorsque la charité est parfaite, l’entendement abonde en lumières. Aussi, le sage fait-il son Principal de la charité. La charité est la plus noble de toutes les vertus, elle ne Craint point d'être ravie de force, elle n’est point sujette à vieillir ou à dépérir par le temps. Plus elle se répand au-dehors, plus elle reçoit d’accroissement, C'est le plus précieux de tous les trésors : aussi, dit-on que la cha rité est de l'argent sour le peuple , de l'or pour ceux
qui gouvernent, et pour le sage, un bijou inestiable,
J'ai toujours oui dire ce qu'il fait, qu'ensuite il s
que l’homme sage, en tout mièrement un dessein , et s moyens propres Pour arriver ageur détermine d’
nforme du c i
On a. Personne
n'étoit pa, on
> SNS Savoir soi - même ce
On peut étudier on par amuse-
ment, uniquement pour savoir, et cela n’est qu'étu-
dier; ou par intérêt, pour faire une espèce de com-
merce de ce que l’on sait,
Sain ; ou par vanité > Pour faire parade de sa science,
et cela est bien vide ; ou par zèle, pour instruire les
autres, et ce motif est louable ; ou enfin, pour se
perfectionner soi-même > Et Voilà la véritable science.
C'est ce qui m'a fait dire ci-de ant que la vraie doctrine regardoit l'intérieur et l
à propre perfection de l’homme. Par-*\, l'homme entre dans les vues de Dieu,
et prend la voie sûre Pour retourner à son Origine,
Le Z, De cette manière, l'homme se perfectionne- JT, XIF.
et ce n’est JA qu’un petit
210 LETTRES roit soi-même pour Dieu, et non pour soi-même ; une telle doctrine ne regarde-t-elle pas l'extérieur?
Le D. Comment l’homme peut-il se perfectionner soi-même, et que ce ne soit pas pour soi-même ? Agir pour Dieu, c’est le vrai moyen de parvenir à la perfection. Kong-tzé dit que la vertu de charité consiste à aimer son prochain. Personne en Chine ne trouve qu’une telle doctrine regarde l'extérieur. Pour moi, je prétends que la vraie charité s'élève
remièrement à Dieu, et descend ensuite au prochain. Sans abandonner le ruisseau , je lui préfère la source, En quoi ma doctrine regarderoit-elle l’extérieur ? Parmi les hommes, ce qui nous touche de plus près, notre père même, comparé à Dieu , nous est étranger. Dieu nous étant donc si proche, comment nous seroit-il étranger? Plus le mouf est relevé, plus l’action est noble. Si dans nos actions, notre motif s'arrête à nous-mêmes, qu'y a-t-il en cela de relevé? Mais s’il remonte jusqu’à Dieu, c’est alors que nos actions ont atteint le plus haut degré de noblesse; qui oseroit les traiter de basses et d’abjectes?
La sainte et véritable doctrine nous est communiquée avec la naissance ; Dieu la grave dans nos cœurs , et ses principes sont ineffaçables : c'est ce qu’on appelle , dans les livres classiques de Chine , la brillante raison , la loi claire. Mais cette clarté diminue extrêmement par le trouble que causent les passions. À moins que les gens du siècle ne soient instruits par les sages , ils vivent dans l’ignorance , et il est à craindre qu'aveuglés par leurs inclinations déréglées , ils ne distinguent pas même cette loi claire, et ne reconnoissent plus les principes naturels. Le point essentiel de la vraie doctrine est d'agir, et aujourd’hui on se contente de discourir , comme si la connoissance du bien ne devoit produire qu'une vertu en discours, et non
fect jard arra et L voir vert pou voul ce q Jaut instr gré « racin pour dema enfan encor peu q sophe terrog sous s
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pas plutôt une vertu en actions. Cependant il ne faut pas négliger la parole ; en parlant de doctrine, on rappelle ce qu’on savoit déjà , et l'on s’instruit
encore mieux de ce que l’on ne savoit pas si bien ; on fait des découvertes » €t l'on dissipe tous les doutes ; on s’anime soi-même, et l’on exeite les autres ; la science en devient plus profonde ,etla foi plus inébranlable, La science du bien est infinie , l'homme doit s'y appliquer jusqu’à la mort, toute la vie doit être employée à cette étude. Prétendre qu'on a vu la fin, c’est n'avoir pas commencé, Dire, c'est assez, et ne vouloir plus avancer dans la vertu ; c’est reculer et retourner en arrière.
Le L. Voilà sans doute Ja véritable doctri par où faut-il commencer ?
Le D. J'ai déjà dit que, dans l'ouvrage de la perfection , il faut imiter à
peu près ce que fait un jardinier, Il commence À préparer les terres , il ent arrache les mauvaises herbes » il en tire les Pierres et les briques , il dispose de petits canaux pour pouvoir arroser , ensuite il sème. Celui qui veut devenir vertueux doit d’abord bannir le vice, ensuite il POurra acquérir la vertu. C’est ce que Kong-tré a voulu dire par ces paroles : Quand on n’est plus ce qu'il ne faut Pas être, on peut devenir ce qu'il Saut être. Ün homme qui, avant de recevoir aucune instruction , s’est laissé aller de longue main au gré de ses désirs > porte le vice profondément en raciné dans l'âme ; il faut faire beaucoup d'efforts Pour l’arracher : une telle victoire sur soi - même demande un grand courage; au lieu qu'un jeune enfant qui commence de bonne heure > et sans avoir encore contracté aucune mauvaise habitude, pour peu qu'il s'applique, avance beaucoup. Un philo- Sophe de l’ancien temps avoit Pour maxime d’inqui venoient se mettre avolent encore écouté aucun
ne; mais
térroger tous les disciples SOUS Sa conduite , s’ils n°
autre maitre. Ceux qu'il trouvoit avoir déjà reçu des leçons et marché dans de fausses routes, il leur assignoit deux sortes de devoirs : le premier, de réformer leurs anciennes idées , et le second d’en prendre de toutes nouvelles. Un disciple une fois instruit de l'étude qu'il doit faire, s'il se trouve épris de l'amour du plaisir. cime: se roidir contre et y résister ? S'il est rempli d’orgueil , plein d'estime pour soi-même et de mépris pour les autres, comment entrer dans la voie étroite de l’humilité ? S'il est possédé d’avarice et chargé de biens injustement acquis, Comment se réduire À la médiocrité ? S'il est enivré d’ambition et de la soif de la gloire mondaine , comment se réprimer et se remettre à la règle ? S'il est dominé par la colère, que dans ses emportemens il s’en prenne à Dieu et aux hommes , comment pratiquer la justice et la charité ? Un vase une fois imbu de sel et de vinaigre, est-il propre à contenir une liqueur aromatique ? Connoître ses vices , c’est commencer à apercevoir la vertu, et l’on n’est plus si éloigné du bon chemin. Parmi les moyens de déraciner le mal et d'avancer vers le bien, le meilleur , selon moi , est celui qu’on emploie dans la Compagnie dont je suis membre : il consiste à s’examiner deux fois le jour; une moitié du jour passée, on rappelle dans so
esprit ce qu'on a pensé, ce qu'on a dit, ce qu'on a fait de bien ou de mal; ce qu'on trouve de bien, on s’anime à le continuer ; ce qu'on tro ve de mal, on détermine de s’en corriger. Quiconque usera de ce moyen long-temps , manquât -1l de toute autre direction , n’a pas à craindre de faire de grandes fautes. Mais pour s'élever à quelque chose ee plus parfait , il faut se faire une sainte coutume de toujours regarder Dieu avec les yeux de esp 1, ei de se tenir sans cesse en sa présence. { Î ne sort point de notre cœur, les mauvais désirs n'y naîtront
po:
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aisé non cun est , tout l'ho mot chos
Prat Ces quar tem} Si nc p chari nous de nc tous l'obte nous qu'il biens rve el no tur juon.
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ÉDIFIANTES ET CURIEUS) 213 Point : cette seule Pratique , sans aut suflit pour régler tout l’homme, et pour l'empêcher de rien faire de répréhensible, Ainsi > Pour se corriger de tous ses défauts, le point essentiel est de se repentir vivement des fautes que l'on fait; un vif répentir du passé, nne résolution ferme pour l’aveair: par-là le cœur étant purifié des vices, on peut aisément l’orner des vertus.
Les vertus sont de plusieurs espèces, et en grand nombre, Il seroit difficile de vons entretenir de ch cune en particulier, Je m’arrête à la principale, est /a charité : posséder celle - à, c’est ls avoir toutes, Îl est dit dans le livre F, que la charité est le principe de tout bien > l'homme de charité est l'homme parfait, Cette vertu s'ex] ique en deux mots : elle consiste à aimer Dieu par-dessus toutes choses , ei à aimer le prochain comme soi-même. Pratiquer ces (eux points, c’est remplir toute la loi. Ces deux articles se réduisent même à un seul : quand on aime bien un ami, on aime en même temps tout ce que cet ami aime. Dieu aime l’homme ;
précepte ,
qui
Si nous'aimons blement Dieu , pouvons-nous
pas aimer l’homme ? La noblesse de la vertu de charité vient + so: objet qui est Dieu. Si Dieu , en nous ordonuant de ous
endre parfaits, demandoit u füt hors de nous , après tous nos efforts, peut-être ne Pourrions-nous pas l'obtenir : il n'exige de nous que ce qui dépend de Nous , Qui est en nous , notre amour : qui ose dire : qu'il ne peut pas aimer Dieu ; la source de tons les biens ? C’est Dieu qui nous a créés [ui nous con- TVe , Qui nous nourrit : il nous à fair hommes, El non pas animaux brutes ; il nous nmné une ‘ture capable de la vertu. Aussité!
iuons de l'amour pour Dieu > Dieu répond à notre amour par ses bienfaits ; quoi de plus engagean: ? Le cœur de l’homme se satisf. lans le
de nous quelque ch
Hous mar-
ainsi, plus le bien est grand , plus le cœur de l'homme en est satisfait. Dieu est un bien sans bornes ; nous ne devons mettre aucunes bornes À notre amour. Il n'y a donc que Dieu seul qui puisse satisfaire entièrement notre cœur. Le bien qu'on ne connoît pas , on ne peut pas l'aimer , et on l’aime d’autant plus ; qu'on le connoït mieux, Ce que l’on sait valoir cent, on le cherche comme cent; ce qu'on sait valoir mille, on le recherche comme mille: ainsi l'homme qui veut augmenter son amour en-
vers Dieu, doit auparavant bien méditer ce que:
c'est que Dieu. Voilà le vrai moyen d'apprendre à observer la loi,
Le L. Dieu ne peut pas être vu des yeux du corps ; il faut en croire sur ce qui le regarde à ce que les hommes en ont dit ou écrit. Tout ce que nous ne savons ainsi que sur la foi d'autrui , est toujours obscur et incertain ; comment pourroit -on bien diriger sa route ?
Le D. L'homme est corporel, et dans les choses qui le regardent lui-même , il est obligé d’en croire aux hommes, à plus forte raison dans ce qui est au-dessus des sens. Pour moi, je ne prétends pas vous dire des choses extraordinaires. Ün fils aime, respecte son père, et jusqu'où ne porte-t-il pas ce respect et cet amour ? Mais en pratiquant ces vertus filiales , que fait-il autre chose que d’en croire à la parole des hommes ? Il sait qu’un tel est son père; si personne ne le lui avoit dit » Comment le sauroit-il ? Un sujet est fort attaché à son prince ; il lui est très-fidèle , il ne balanceroit pas à exposer sa vie pour son service ; mais cet attachement, cette fidélité , n'est-ce pas dans les livres classiques qu’il les a puisés ? Quel est le sujet qui sache par luiméme qu'un tel homme est son roi? De là, vous voyez que ce que l’on crait sur de solides raisons n'est point regardé comme peu clair, peu sûr , et
sente peur accic grinc qu'il il s’e:
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ul suffit pour allumer une véritable charité, Que dibes donc être par rapport à Dieu ? Ce n’est pas un seul homme qui en parle , c’est Dieu même qui se peint dans les merveilles de la nature et dans nos divines Ecritures; ce sont tous les sages de tous les royaumes du monde qui nous le prêchent : les plus illustres et les plus rares personnages ont marché par cette route, S'égare-t-on en les suivant ? Qu'y a-t-il donc en cela d'obscur et d'incertain ? Le Z. Cela étant ainsi, il faut croire sans aucun doute ; mais les devoirs de la charité sont d’une éten-
ue immense. Cette vertu plus élevée que le ciel, plus profonde que les abîmes de la mer > Où n’atteintelle pas? Cependant vous dites, Monsieur, qu'un seul amour suflit: aimer » Cela paroïît bien peu de chose,
Le D. Un amour de chair et de sang est bien capable de mettre en mouvement toutes les passions de l'homme ; jugez de ce que peut un amour tout spirituel, Voyez un avare qui met son bonheur dans les richesses , et qui regarde la pauvreté comme son plus grand malheur : les biens & ce monde, voilà ce qu'il aime; ce qu'il n'a pas, il le désire ; s’il est en état de l'obtenir, il l'espère ; s’il ne peut pas y atteindre, il l'abandonne à son grand regret; s’il l’obtient, il se réjouit; qu'il se trouve dans le danger de perdre ce qu'il a, l'horreur le saisit, il tremble, il fuit ceux qui peuvent le lui enlever; s’il est attaqué et qu'il se sente fort, il s’'arme de courage; s'il est foible, la peur laccable; qu’il vienne à perdre par quelque accident ce qu'il possédoit, il s'aflige, il se cha grine; si on le lui ravit de force, il résiste autant qu'il peut, il n’oublie rien pour se le faire rendre, il s'enflamme de colère : voilà toutes le: passions de ‘homme, qui agissent par le seul amour des richesses.
À parler en général, aussitôt que l’homme aime quelque chose, son cœur est dans l'agitation ; il n’a
Ra
point de repos; il n’y a rien qu'il ne fasse. À quels voyages ne le porte pas l’amour du gain ? A quelles dépenses ne le porte pas l'amour de ha volupté? A combien de dangers ne le livre pas l'amour de la gloire? À combien d’études, d’exercices, de gênes ne l’assujeutit pas l'amour des grandeurs ? Quoi ! pour toutes les choses d’ici-bas, l'amour du monde est le grand mobile, et l'amour de Dieu seroit sans force et sans action! Celui qui aime véritablement Dieu, s'applique incessamment à le bien servir , à le glorifier , à faire connoître ses perfections et ses grandeurs , à étendre partout sa seinte loi, et à combattre tout ce qui y est opposé.
Mais le principal effet de l'amour de Dieu, est l'amour du prochain. Kong-tzé l'a dit par ces paroles : La charité consiste à aimer le prochain. Qui n'aime pas son prochain, par où marque-t-il qu'il aime et qu'il respecte véritablement son Dieu ? L'amour du prochain n’est point un amour vide et oisif: il se manifeste par les œuvres, Il consiste à nourrir les pauvres, à vêtir ceux qui sont nus, à loger les pélerins, à consoler les aflligés , à instruire les ignorans , à corriger les délinquans , à pardonner aux ennemis, à ensevelir les morts, et À prier pour eux. Enfin, morts et vivans, ia raté embrasse tout. Un saint homme autrefois cn Alsiqne (saint Augustin) étant interrogé sur ce qu'il falloii faire pour arriver à la perfection, répondit: Aimez, et Jaites ce que vous voudrez. La pensée du saint étoit qu'en prenant la charité pour guide, il n’étoit pas à craindre de s’'égarer.
Le L. Les gens de bien sont dignes d'amour ; mais tous les hommes ne sont pas gens de bien. Les méchans ne doivent point être aimés, “ncore moins beaucoup aimés. Ceux qui ne nous touchent en rien, pourquoi s’en embarrasser ? Pour ceux qui nous touchent par quelque endroit , quand même ils ne
ser ain tot
fût
l'a chc ou cha de.
con nor bier vin qui Mai fils, se « vert serv c'es!
cun digr ont chos refu, table l’hor 1l sai men moti l'hor l'hor cer € pas € mon se co
seroient pas fort gens de bien, en Chine nous les aimons. L'empereur Chun aimoit son père Kon-tiou , tout brutal qu'il étoit; et quelque orgueilleux que fût son frère Siang, il ne laissoit pas de l’aimer.
Le D. On confond ordinairement la charité avec l'amour; mais cela doit s'entendre de l'amour d’une chose capable de retour. Quand on aime un animal, où même quelque chose d inanimé, cela n’est point charité; et ce qu’on aime ainsi > quoiqu'il n'ait point de retour, on ne laisse pas de l'aimer. La charité consiste à se réjouir du bien qu’un autre possède, et non pas à être bien aise de posséder soi-même le bien qui est dans autrui. Lorsqu'un homme aime le vin ; ce n’est pas pour le vin même » C'est pour l'usage qu'il en fait. Aussi, n'appelle-t-on pas cela charité, Mais un père a un vrai amour de charité pour son fils, lorsqu'il se réjouit du bien qu'il voit en Jui, et se complait en le voyant riche, content, savant , vertueux, Si ce père n’aime son fils qu à cause des services qu’il en tire, ce n’est pas à aimer son fils, c'est tiniquement s'aimer soi-même, I] n’y a là aucune charité, Les méchans sans doute ne sont pas digres d’être aimés ; Cependant, parmi tout ce qu'ils ont de mauvais, on peut encore tronver quelque chose de bon : ainsi, on ne doit pas absolument leur refuser tout amour, Celni qui est animé d’une véritable charité, aime Dieu, et parce que Dieu aime l’homme, il sait quil doit aimer l’homme pour Dieu; il sait donc qu'il doit aimer tous les hommes, Comment restréindroit-il son amour aux seuls bons ? Le mou qui nous fait aimer ce qu'il y a de bon dans l’homme, c’est la volonté de Dieu. Ainsi, quoique l’homme soit mauvais > NOUS POUVONS toujours exercer euvers lui notre amour. En cela, nous n’aimons Pas ce que le méchant à de mauvais; mais nous a: Mons dans le méchant la puissance qui lui reste de se Corriger, et de devenir bon, À combien plus forte
ts
raison devons-nous aimer nos parens, nos supérieurs ? La reconnoissance et le devoir nous y engagent; le commandement de Dieu nous y oblige, Ils sont parmi les hommes ceux qui nous touchent de plus près. Ainsi, quelque méchans qu’ils puissent être, nous ne devons point cesser de les aimer ; mais il faut les aimer pour Dieu. L'amour purement naturel qu’un fils à pour son père et pour sa mère, n'est point une vertu de charité. Les petits d'une tigresse, quelque sauvages qu'ils soient, aiment leur mère. Enfin, quiconque veut suivre les intentions de Dieu etse conformer à ses ordres, doit aimer généralement tous les hommes. Il doit même renfermer dans son amour toutes les créatures. Il ne faut pourtant pas retomber de Ià dans lerreur de ceux qui de toutes les créatures ne font qu'une substance.
Le L. En lisant nos anciens livres, on se contente ordinairement d'admirer la beauté des termes : on en pénètre peu le véritable sens. C’est ainsi que j'ai lu autrefois dans le livre CA les paroles suivantes : Ouen-ouang avoit une grande attention à tous ses devoirs ; il étoit extrémement pieux ; il vouloit plaire au Chang-ti. Il à été comblé de bonheur : sa vertu ne s'est jamais reldchée. Mais aujourd'hui que je vous entends dire que la plus pure charité doit toujours se rapporter à Dieu, je commence à comprendre la pensée de celui qui a écrit le livre Cr, c'est-à-dire, que , quand on est bien déterminé à plaire au Chang-ti, on est parvenu au point de perfection. Cependant puisque l’homme , en aimant Dieu , remplit tous les devoirs de la charité , Dieu sans doute dès-lors aime l’homme. Qu'est-il donc besoin d'aller brûler de l’encens sur les autels ,; de pratiquer des cérémonies , de réciter des prières , de faire de longues méditations? Qu'un homme soit attentif à toutes ses démarches , de manière
tan:
tan l'un bon d’él moi par
pect tout Pain Dan étra, qu'il céré vert fl ge avec la m deux les 4 la lo offici.
offici pas d
coutu
princi remer l’'hom
qu'il n’y ait rien en lui de déréglé , cela ne suffitil pas ?
Le D. Dieu nous a donné un Corps et une âme ; nous devons employer l’un et l’autre à le servir. De tant d'animaux que Dieu nourrit sur la terre ; de tant de créatures inanimées qui font la beauté de l'univers, aucun n’est en état de reconnoiître la bonté de son bienfaiteur : l'homme seul est capable d'élever à son Seigneur un temple , et par les cérémonies qu’il y pratique , par les prières qu’il y récite , par les sacrifices qu'il y offre, il lui marque son respect et sa reconnoissance. Mais qu'est-il besoin de iout cela, dites-vous ? Dieu aime l’homme , etil l'aime beaucoup; c’est un père et un tendre père, Dans la crainte que l'homme , distrait par les objets étrangers, ne Jaissät attiédir et entin éteindre l’amour qu'il lui doit , il à ordonné aux sages d'établir des Cérémonies extérieures pOur entretenir en nous les Verlus di éébnr ; ét noûs rendré ioujours attentifs. Îl gouverne la ferré , les Ciéux toutes les créatures avec plus de facilité que ce qu'un homme tient dans la main ; qu’a-t-1l besoin de subaltérnée ? Il n'y à pas deux sortes de vérités, Si la loi de Dieu est vraie , les autres sont fausses , et si les autres sont bonnes ; la loi de Dieu est mauvaise. L'Empereur envoie ses officiers Pour gouverner à sa place , mais tous les ofliciers reconnoissent le même Empereur ; il n'y a
pas deux sortes de gouvernemens, deux sortes de
coutumes.
Les sectes de Fo et de Lao ne s’accordent pas entr'elles; comment seroient-elles d'accord avec la loi de Dieu ? Ces deux espèces de sectaires n’ont au- Cun respect pour Dieu: ils n’ont d’estime que pour eux-mêmes, Ils ignorent absolument le grand, le vrai principe de toutes choses, Leur doctrine est entièrement opposée à celle du véritable Dieu, Selon eux ‘ l'homme est de lui-méme ce quil est : en quoi donc
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sagem