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ceux qui nous tiennent lieu de pères ; Sont parfaite ment d'accord, Le père du rang inférieur ordonne à son fils d’obéir au père du ci supérieur , et le fils en n’obéissant qu'À un, remplit alors le devoir de fils à l'égard de tous. Si le désordre survient, et que les volontés de ces différens pères soient contraires, c'est que le 2” du rang inférieur ne se conforme as à celui du ran Mn fn Il ne pense qu’à se Eire servir lui dl par son fils, et il oublie que ce fils a une autre père au-dessus de lui. Alors un fils qui obéit au premier père, quoiqu'il désobéisse au second, remplit tous les devoirs d’un fils, au lieu qu'il les violeroit absolument si, suivant là volor.té à second père, il méprisoit celle du premier. Celui qui gouverne l’état est mon roi, et je suis soh sujet; le chef de ma famille est mon père, et je suis son fils; mais sont-ils l’un et l’autre comparables à Dieu? Dieu est le père universel : tous les hommes, rois, sujets, pères et fils sont frères par rapport à Dieu. Cette doctrine ne doit pas être ignorée. Tous les peuples voisins de l'Europe l’appellent la terre des saints. En effet, il ÿ a eu dans tous les temps des saints en Europe. En rappellant l’histoire de ceux qui de siècle en siècle ont illustré mon pays, je trouve qu'ils ont presque tous vécu sans penser à aisser une postérité, Les saints sont les modèles du monde, Dieu qui les propose pour exemple, les laisseroit-il vivre dans un état contraire au bon ordre et à la vertu? Pour ceux qui ne se marient point par principe d'asarice ou de paresse , pour s’assurer une fortune , ou Pour vivre sans embarras, ces sortes de gens n’entrent point en parallèle avec des personnes qui, par amour pour la vertu, par désir de plaire à Dieu, par zèle du salut du prochain, gardent le célibat. Une chose de pure fantaisie, et dont il ne ré- Sulté aucun bien, qu'a-t-elle de louable ? Mais une Pratique de ka plus haute perfection , très-conforme
à la doctrine des divines Ecritures, suivie par tant de saints qui nous ont précédés, exaltée et admirée par tous les sages de l'univers, qu'y a-t-il à douter qu'on ne fasse bien de la suivre?
Tous les grands zélateurs de la prétendue nécessité que chacun laisse après soi des enfans , ignorent ce que c’est que le Dieu du ciel. Ils ne savent point le servir ni se conformer à ses ordres; ils ne connoissent point de vie future ; ils s’imaginent qu’à la mort tout meurt dans l'homme , et qu'il n’en reste rien. Pour nous, en cette vie, nous servons, nous aimons le Dieu du ciel : nous espérons qu'après la mort nous aurons le bonheur de l’aimer et de le servir dans tous les siècles. Pourquoi nous mettrionsnous en peine de laisser sur la terre une postérité ? L'homme meurt , l’âme ne meurt point; elle acquiert au contraire une vie et une beauté toute nouvelle, Le corps reste sans force et sans mouvement. Que le corps soit inhumé par les enfans du mort, il pourrira ; qu’il le soit par ses amis, il pourrira de même: lequel est le plus souhaitable?
Le L. Vivre dans la continence par principe de
vertu, cela est digne d’éloge. Le grand Yu; après la terrible inondation qui causa un désordre général, prit soin de faire écouler les eaux ; il parcourut toutes les provinces; il fut l’espace de huit années entières hors de chez lui; il passa trois fois à la porte de sa maison sans y entrer, Mais aujourd’hui que la paix et le bon ordre règnent partout, dv inconvé-
nient ÿ a-t-il que chacun, même le docteur et le sage, ait sa famille particulière ?
Le D. AK! Monsieur, croire que la paix et le bon ordre règnent partout, c’est se tromper. Un homme bien instruit voit dans le siècle présent un désordre bien plus déplorable et plus général quen’étoit celui du temps de l’empereur Yao et de son ministre Yu. Les
hommes d'aujourd'hui sont aveugles; ils ne con-
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noissent pas leurs misères qui par là même augmentent beaucoup. Les malbeurs d'autrefois, dont vous arlez, n’étoient qu’extérieurs. Perte de biens , désofotion des campagnes , maladies du corps, on pouvoit aisément les voir et y. apporter aussitôt du remède. Les maux d'à présent dont je parle, ont leur source fatale dans l’intérieur même, Plus impétueux que l'orage, plus terribles que les monstres, plus meurtriers que la foudre, ils n'attaquent point ce qui n’est qu'étranger à l’homme; ils blessent son âme , ils corrompent son cœur, Les plus éclairés et les plus attentifs ressentent le funeste effet de leur poison et ont peine à s’en défendre, Que penser du reste des mortels? Le ravage sans doute est extrême. Le Créateur de toutes choses, Dieu, voilà le père commun qui conserve, maintient et gouverne en maître souverain tout ce qu'il a créé, Que peut-il y avoir au-dessus de lui? Les hommes aveugles, qui ne connoissent point, qui ne servent point Dieu, vivent comme s'ils étoient sans père et sans maître: ils n’ont ni la fidélité due au maitre, ni l'amour et le respect dus au père. Ces grandes vertus manquant, quelle vertu peut subsister ? Ils prennent de l'or, du. bois, de l'argile dont ils fabriquent des statues, sans savoir ce qu’elles représentent, et ils excitent la populace grossière à les adorer, à les prier, en leur disant : Voilà le Dieu Fo ; et ils infatuent leur esprit par des discours fabuleux et infâmes, ils plongent leur cœur si avant dans le désordre, qu'il ne leur reste plus aucuné voie pour retourner au bien. Prendre le vide ou le rien pour principe de toutes choses, n'est-ce pas se faire un dieu sans fond et sans réalité ? Dire que Dieu et les hommes ne font qu’une seule et même substance, n’est-ce pas confondre la majesté de Dieu avec le plus vil esclave ? Prêcher à sa fantaisie toute cette suite d’extravagantes imaginations , n’est-ce pas avilir La sagesse
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