‹ Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères [microforme] (volume 5)Chapitre 82 sur 106 · OUEN · texte numérisé non relu

OUEN

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le caractère Su (1). Ce Su exprime la onzième lune du calendrier de Teheou : ici il ne sauroit avoir ce sens. $4 exprime un des signes du zodiaque , ou le Signe du Sagittaire , sélon l’ancienne méthode , au temps du Tchun-tsieou et de Tcheou-kong, comme je le crois ; selon la méthode depuis la dynastie de Han jusqu’aujourd’hui , Su exprime le signe . Ariesé Ainsi, dans le passage , le caractère Su ne peut pas s'exprimer par un des douze signes célestes; il ne peut donc s'entendre que du temps Sz, dont le caractère dénote l'heure de sept à neuf heures du Soir. On voit dans la Chronologie et dans ce que j'ai dit au temps du règne de Ou-ouang , que le 3x décembre de l'an 1112 avant Jésus-Christ , eut les caractères Kouey - hay , et que c’étoit dans la seconde lune. Pour ce qui regarde le passage cité du Koue-yu, on doit préndre garde, 1.0 que ce qu’il dit du lieu de la conjonction de la lune et du soleil , des lieux de Jupiter , de là lune, du soleil et de Mercure , est le calcul particulier d’un astronome de l'an 522 avant Jésus-Christ; 2,0 que ce qu'il dit du jour Kouey-haÿ de la seconde lune , est pris ou conclu clairement du texte du Chou-king qui rapporte l'expédition de Ou-ouang,

En parlant de l’éclipse solaire du Chou-king , Van 2195 avant Jésus-Christ , j'ai dit que ce temps-là on n'avoit pas l’usage de douze Tchi pour exprimer les douze heures (2); je le croyois’'ainsi sur l’autorité du critique chinois que j'ai cité; mais ayant examiné ce qui est dit aux années 522, par le

(1) Voyez les tables. Dans ce que j'ai rapporté à l'an 522, J'avois omis ces circonstances du passage du Koue-yu,

Les douze caractères T'chi du cycle ‘ont le nom général de douze T'chin.

(2) Si, dans le passage du Chou-king , T'chin exprimoit le

temps de sept à neuf heures, la phrase auroit les caractères rangés autrement,

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Koue-yu, et 546, par le Tso-tchouen , je crois voir qu'en ce temps-là les douze T'chi marquoient les douze heures : étoit-ce de même l'an 2155 avant Jésus - Christ ? cela me paroît douteux. Quoi qu’il en soit, il est certain que le caractere Tchin du passage du Chou-king qui rapporte l’éclipse , n’est pas le Tchin de sept à neuf heures du matin , et que là il exprime la conjonction du soleil et de la une,

3. Sur l'année de l'éclipse de lune de l'an 1137 avant Jésus-Christ.

L'éclipse de lune , marquée à un jour du cycle Ping-tse, n’a pu être dans ce temps - là qu’à l’an 1137 , et c'est certainement l’année de l’éclipse dont le livre Tcheou-chou parle. Ce livre n’a pas des caractères cycliques pour les années. On voit que les caractères cycliques sont très - utiles et importans pour la détermination des années et des jours pour les époques.

Les caractères X4-1se conviennent à l'an 1 1373 ces caractères de l’année ne peuvent convenir que 60 ans avant ou après , et ainsi de suite, avant et après, pour toutes les années.

Le livre marque l’éclipse de lune à la trente-cinquième année L la principauté de Ouen-ouang. Si le livre avoit désigné cette trente-cinquième année ou une année de celles de Ouen - ouang , ce seroit bien mieux pour assurer cette époque. La chronique du Tchou-chou a mis les années du règne de Ouenouang avec les caractères du cycle. Ce livre fait ré gner Ouen-ouang cinquante - deux ans. Le CAoufing marque.ce règne de cinquante ans ; et comme l'autorité du Tchou-chou est moindre que celle du Chou- king, la critique chinoise exige qu'on s’en tienne au Chou-king , livre classique. La chronique du Trhou-chou marque la trente-septième année du

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Kia-1se. Ainsi, il est mieux de dire que l’année 1137 est l’année trente-septième du règne de Ouen- Quang : par conséquent le CÆou-king lui donnant cinquante ans de règne , l’an 1124 sera la cinquantième année de son règne , et l’année 1123 sera la première année de la principauté de Ou - ouang ; lan 1111 avant Jésus-Christ sera donc la treizième année de la principauté de Ou - ouang , et la première de son empire. Le Chou-king dit que la première année de l’empire de Ou-ouang étoit la treizième année, c’est-à-dire, la treizième année de sa principautés

49 Sur la lune intercalaire.

Dans ce que j'ai dit à l'an 1112 et 1111 avant Jésus-Christ , j'ai marqué que le calcul des jours faisoit voir que le 28 décembre de l'an 1112 fut marqué dans le calendrier , jour du solstice d’hiver ; c'étoit le dernier jour de la première lune. Ainsi , selon la règle , on auroit dû dire, première lune intercalaire , au lieu de dire, seconde lune, comme il conste qu’on dit le 29 , 30, 31 décembre de l’an 1112 avant Jésus-Christ, premier janvier et suivans de lan 1111 : la raison de cela vient, comme je l'ai indiqué , d’une exception à la règle de l’intercalation , quand cela regardoit la première l'une. On ne disoit pas première lune intercalaire ; quand le cas arrivoit , on intercaloit la seconde lune. Je croyois que ce qu'on disoit de cette exception pour l'intercalation de la première lune, n’étoit pas assez bien fondé. J’ai vu depuis que cela est bien fondé, et j'en ai vu nouvellement des exemples dans des lunes , depuis le temps de Jésus-Christ.

5.0 Sur une observation de la planète de Mars. Lu-pou-ouey , dont j'ai parlé , dit dans son ou-

vrage qu’au temps du règne de Kin-kong , prince de Song , la planète de Mars se trouva à Sin ; c'est le nom chinois de l'étoile Antares : c’est aussi le nom d'une constellation appelée Sir (1). Lu-pououey ne dit pas s’il s’agit de l'étoile Sin , ou de la constellation du nom S77.

On a ,vu que les princes de l'état de Song étoient descendans de l’empereur Tching-tang, premier empereur de la dynastie Chang. La cour des princes de Song étoit dans le Ho-nan , au pays où est Koueytefou, ville de cette province,

Dans les annales de ce temps-là, on voit que le prince Kin-kong régna trente-sept ans, et que la trente - septième année de son règne répond à la quinzième année du règne de Gai-kong , prince de Lou. L'examen des éclipses du Tchun-tsieou , fait voir que la quatorzième année de Gai-kong est l'an 481 avant Jésus-Christ ; c’est une époque démontrée. La trente-septième année de Kin-kong,, prince de Song ,.est donc l'an 480 avant Jésus-Christ ,‘et:la première année de son règne est l'an 516. C’est à la tfente-septième année du règne de Kin-kong , c'est-à-dire , à l’an 480 avant Jésus-Christ , que Ssematsien (2), dans ses annales , rapporte l’observation de Mars à l'étoile ouconstellation Sin ; car il ne fait pas la distinction, Il ajoute que Mars fut vu Stationnaire , et de même que Lu-pou-ouey , il ne rapporte ni le mois, ni le jour. Cette apparition de Mars, qui désigne le feu , de même que l'étoile et la constellation Sr , fit peur au prince Kin “kong. Les étoiles du Scorpion étoient , comme j'ai dit ; dans le département du pays de Song (3) ; le prince

(1) Voyez le catalogue des constellations.

(2) Historien fameux; il vivoit l’an 106 avant Jésus-Christ, Ses annales sont fort estimées,

(5) Voyez ce que j'en ai dit dans l’histoire de l’astronomie pour le temps du J'chun-tsieou.

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en étoit instruit, et il y fit grande attention. Dans la crainte où il étoit , 1l consulta un de ses mathématiciens ou astrologues. Celui-ci suggéra au prince

lusieurs expéditions , pour éviter le malheur dont ilse croyoit menacé. Le prince , dans cette occasion, fit trois réflexions qui dénotoient un prince qui aimoit son peuple, et qui avoit beaucoup de probité. L'astronome , ou astrologue (1) assura le prince

ue ces trois sages réflexions étoient un présage certain de bonheur pour son règne, et à cette oCcasion , il indiqua une révolution de la lanète de Mars , qui se fait dans 21 ans ; selon lui, et dans 21 ans, on devoit revoir Mars au même lieu. Si on juge cette observation de Mars de quelque utilité, quoique exprimée en termes si vagues, on peut l'examiner dans l’espace de temps entre les années 516 et 480 avant Jésus-Christ.

Lu-pou-ouey , dans ce qu'il dit de l'observation, rapporte une fable ; c’est que le soir même du discours de l'astronome , Mars quitta le lieu de Si» , et s'en éloigna de près de quarante degrés chinois. Il l'avoit , dit Lu-pou-ouey, assuré au prince, et s’offroit à mourir , si cela n’arrivoit pas. L’historien Sse-matsien n’a pas cru devoir mettre dans ses annales cette fable de Lu-pou-oueÿ. Au reste, Lupou - oueÿ fait dire à l’astronome que le ciel avoit entendu le discours du prince , et que le ciel le récompenseroit bien.

Les Chinois svoient soin d’obsérver les retours de la lune et des planètes aux mêmes étoiles. Ces observations les dirigeoient pour déterminer les mouvemens et les révolutions de la lune et des planètes. On tenoit registre de tout ; et on ne sauroit

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(1) L'astronome chinois ne prétendoit pas parler d’une révolution exacte.

trop regretter tant de catalngues perdus, d’une si longue suite d'anciennes observations chinoises,

6.0 Sur une éclipse de soleil, marquée dans le Tchun:tsieou à /a roisième lune de la dix - huitième année du règne de Tchoang-kong » prince de Lou; c'est l'an 676 avant Jésus-Christ.

Le Tchun - tsieou ne marque pas les caracteies du jour ; il ne marque Pas non plus le caractère chinois vw exprime la conjonction et le premier jour de la lune. Ni ce livre » ni le commentaire Tso-tchouen ne donnent aucune lumière sur cette éclipse. Dans le troisième recueil du père E. Souciet, il est fait mention de cette éclipse , et on y voit qu’il paroît que le texte de l’éclipse rapporte un faux calcul : ce qui a besoin d'explication.

Le 15 avril (1) de l’an 676 fut jour de conjonction , et la conjonction fut écliptique : le soleil étoit dans le dix - huitième degré du signe Aries ; c’étoit donc la cinquième lune du calendrier de la cour de Lou, J'ai fait plusieurs calculs pour cette éclipse, et quoïque ces calculs représentent une éclipse con- Sidérable , mais de peu du durée , avant le coucher du soleil, à la cour de Lou (2), je n’oserois assurer qu'avant le coucher du soleil , qui fut après six heures 20 minutes, on put voir l’éclipse : selon un de ces calculs , on put voir presque toute l’éclipse, et elle fut de 8’ :; mais je n'ose l’assurer.

L'auteur d’un commentaire du Tchun - tsieou , nommé Xouleang -tchouen , où Tradition - K ou— leang vivoit du temps des disciples de Confucius. sd

(1) Les caractères chinois de ce jour sont Ging-tse, quarante-neuvième jour du cycle,

(2) Cette cour étoit dans le pays où est aujourd'hui Yen. tcheou-fou , ville de la province du Chan-tong. Lat, boréale 55° 41° 30/ à l'orient de Pekin ; ainsi, c'est à l'orient de Paris , en temps, 7 heures 38 minutes.

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Cet auteur parle (1) de l'éclipse de soleil , marquée à la troisième lune, et il dit que la nuit il y eut éclipse , et que le prince en fit la cérémonie au s0leil (2). I traite cette éclipse d’éclipse de nuit, c'est-àdire, d’éclipse qui ne fut pas vue , et qui arriva après le coucher du soleil, Cet auteur n’a pas l'autorité de celui du commentaire Tso-chouen ; mais il n’étoit pas éloigné du temps de Confucius , et il pouvoit savoir le trait d'histoire de l’éclipse, S'il étoit bien constaté que l’éclipse ne fut pas vue à Yen-tcheoufou , on pourroit juger sûrement des calculs sur le temps de la conjonction du 15 avril. La lune étant si près du nœud , on ne peut pas douter s’il y eut éclipse de soleil ; mais fut-elle visible ? cela d pend de la vraie conjonction. Il paroît encore certain que, supposé qu'à Yen-tcheou-fou , l'éclipse ne fût pas vue au coucher du soleil, il s’en falloit de bien peu. J'ai déjà dit que si les éclipses de soleil étoient mar quées dans le Tchun-1tsieou » avec plus de détail pour le temps et les phases, elles seroient bien utiles Pour examiner les fondemens des tables astronomiques. J'ai mis cette addition, parce que peut-être quelque habile calculateur se donnera la peine d’examiner le temps de la conjonction , le 15 avril julien, el pourra nous assurer ici si l’éclipse fut visible ou non à Yen-tcheou-fou,

Quoique la lune ne soit pas marquée dans la forme du calendrier de Lou, il paroît hors de doute que l’éclipse du 15 avril est celle que rapporte le Tchun-1sieou. Dans la copie du livre, on aura mis le caractère de trois , au lieu du caractère cinq pour la lune, On peut encore avoir pris cette éclipse d’un

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(1) Kouleang-tchouen, dix-huitième année du prince T'choang-kong.

(2) Cette cérémonie dut se faire au lever du soleil, le 16 avril ; c'est ce que disent les interprètes,

calendrier de la forme de la dynastie Hra. Ce calendrier de Ha étoit suivi dans les états des princes des pays où sont les provinces de Chen-si et Chansi, etc. Dans ces états , il y avoit des astronomes et des observatoires , au moins dans le Chan-si.

L'astronome Kocheou - king qui a tant écrit sur l'astronomie, et a fait beaucoup d'observations dans le temps du règne de Yuen - Chitsou (1), assure qu'il y eut éclipse le 15 avril, et que la conjonction fut à Chin (2). Au contraire, d’autres calculateurs chinois assurent qu’il n’y eut pas d’éclipse.

7° Sur des observations célestes rapportées par quelques auteurs ou astronomes postérieurs au Lemps de quelques ançiens empereurs chinoïs.

Quelques abrégés d'histoire et quelques astronomes , depuis J’an 206 avant Jésus- Christ, ont rapporté une ancienne conjonction du soleil, de la lune et de cinq planètes dans la constellation Ce , au temps de l'empereur Tchouen-hiu , au jour de Lit-chun (3).

Cette conjonction ne se trouve ni dans aucun monument avant l'incendie des livres, ni dans les premiers historiens chinois de la dynastie Han. Cette conjonction est l’époque feinte de plusieurs millions d'années , ou au moins d’un grand nombre de siècles avant le temps de Tchouen-hiu , selon la méthode d'un calendrier qui portoitle nom de Tchouenhiu , et qui fut fait ou peu de temps après l'an 206 avant Jésus-Christ, ou quelque temps avant (4). Au

(1) C'est l'empereur mogol Xoublay. Il mourut à Pekin l'an de J. C. 1294, le 23 février.

(2) Temps de 3 heures à 5 heures après midi.

(5) C'est au milieu du signe du Verseau.

(4) Il me paroît que le père E. Souciet n’auroit pas dû mettre dans ses fastes, aux années 2112 et 1852 avant Jésus-

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temps de Tchouen-hiu , quelque système de chronologie probable qu’on suive, on ne sauroit trouver. une conjonction des planètes de Saturne , de Jupiter, de Mars, de Vénus et de Mercure dans la constellation Cze , et il implique que dans ce tempslà le soleil et la lune fussent en conjonction au temps du Lit-chun , dans la constellation Ce , puisque le lieu de cette constellation étoit bien éloigné du lieu du Lit-chun. Les historiens et astronomes ne sont pas d'accord dans ce qu’ils disent de cette conjonction, et elle a été regardée par les vrais astronomes chinois, comme une conjonction systématique. d’un temps très-éloigné , et non comme une conjonction historique au temps de Tchouen-hiu,

Plusieurs astronomes chinois , en conséquence de leurs systèmes sur le mouvement propre des fixes et du temps où ils ont ut vivre Yao avant l’an 2300 avant Jésus-Christ , ont dit qu’au temps de Yao, le solstice d'hiver étoit au premier degré de la constellation Hiy , au septième degré , au dernier degré, ou à une autre constellation. Ce qu'ils disent , est le résultat de leurs calculs , et non une observation qu'ils rapportent. Il est inutile d'indiquer d’autres calculs de quelques astronomes ou astrologues postérieurs , donnés pour d'anciennes observations ; il est aussi inutile de faire mention de ce que des auteurs postérieurs à l’an 206 avant Jésus - Christ, ont dit de l'astronomie , aux temps fabuleux ; avant l'empereur Fou-hi : ce n’est qu'un tissu de fables dont l'astronomie ne peut tirer aucun avantage, Après le temps du Tchun-tsieou , plusieurs chinois mettoient entre leur temps et celui de Fou-hi, des 100000!€1 200000 ans et davantage; cela donna dans

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Christ, les deux époques chinoises qu'on y voit ; la fansseté de ces deux époques est démontrée, Dissertation du père E. Souciet ; Paris, 1726.

428 LETTRES la suite occasion à faire des époques qui remontoient

à des millions d'années, pour placer les conjonc-:

tions de toutes les sept planètes au Zi - chun , au

solstice d'hiver , à une certaine année et jour du

cycle de 60.

8° Sur la division des parties de l'année solaï:: chinoise.

J'ai dit que les Chinois ont toujours, dans leur calendrier , divisé l’année solaire en parties égales, jusqu'au temps de l'entrée des Jésuites au tribunal d'astronomie. Dans le fragment de l’ancien livre Tcheou-chou que j'ai cité, on voit les douze T. chong- Az et les douze Tste-ki qui font vingt-quatre parties de l’année’ solaire de 365 jours ;. On y voit ces vingt-quatre parties divisées également, en sorte que chacune d'elles est de 15 jours, 5 heures, 15’, Dans les éclipses du livre Tchun-tsieou , en examinant les jours, on peut conclure que, dans l’arrangement des douze lunes de l'année , tantôt de 354 jours , tantôt de 384 jours , les espaces entre les solstices et les équinoxes étoient comptés égaux.

Dans les calendriers des années de la dynastie Han (1), avant qu’on eût connu quelque inégalité entre les intervalles des quatre saisons de l’année, les douze lunes sont clairement marquées dans la Supposition de cette égalité. Ensuite, après que les astronomes chinois eurent connu l'inégalité des espaces, ils distinguèrent les équinoxes vrais et moyens, Ils commençoient toujours par le moment du solstice

d'hiver, et rapportoient, comme les anciens, le lieu du soleil aux constellations. On avoit des catalogues des degrés de chaque constellation, et la somme de ces degrés étoit de 3650 :. Dans l’arrangement de douze lunes, malgré la connoissance de l'inégalité

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(1) Première année de cette dynastie, 206 avant J. C.

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ÉDIFIANTES ET CURIEUSÉS, 429

des espaces, on comptoit les jours de l’année comme étant divisé: °n parties égales , et sans empisyer auune équai…:, on donnoit par jour au soleil un degré chinois, et on commençoit par le moment du solstice. Comme l’année solaire fut connue moindre que la julienne, la division pour chacune des vingtquatre parties se trouve dans ces calendriers d’un peu moins de 15 jours 5 heures 15 minutes. Je pourrois rapporter beaucoup d'exemples, je me contente de quelques-uns. R

L'an de Jésus-Christ 637 ,à Sin-gan-fou , capitale du Chen-si, le solstice d'hiver étoit supposé arriver le 19 décembre, entre quatre heures et cinq ou six heures du matin, Il ne s'agit pas ici de voir si ce calcul est juste ou faux; il suffit de savoir cette supposition. L'année 638, on marque le 21 mars, premier jour de la seconde lune intercalaire; donc selon la règle, le 20 mars, dernier de la seconde lune, fut l'équinoxe. L'intervalle entre le solstice d'hiver est clairement supposé de 91 jours au moins. On ne marque pas l'heure du 20 mars où fut l’équinoxe : On savoit alors que le vrai équinoxe étoit au moins deux jours avant cet équinoxe du 20 mars dans le calendrier. ;

L'astronomie chinoise rapporte une éclipse de soleil le 21 mars de l’année 638 : M. Cassini, dans ses élémens de l'astronomie indienne, rapporte une éclipse de soleil au 21 mars; il parle d’un équinoxe moyen au 20 mars.

Note. L’Astronomie chinoise marque l’éclipse au jour Keng-tchin (dix-septième du cycle de 60); par les règles du calcul des jours chinois, ce jour Keng-tchin fut le 21 mars. Le calcul de l'éciipse fait par M. Cassini au 21 mars, fait voir que la méthode pour rapporter les jours chinois aux jours juliens, est bonne et sûre : on peut la vérifier par beaucoup d’autres exemples.

L'an de Jésus-Christ 1049 , les astronomes

chinoïs supposoient le solstice d'hiver arriver à Cai- pr fong-fou (capitale du Honan ), peu de temps après (1 minuit , le 16 décembre, Ces astronomes marquèrent 4° dans le calendrier l’équinoxe du printemps au jour 3 Kimao (17 mars) de la seconde lune (an 1050) : Jo! on ne trouve p:: l'heure de l’équinoxe. Les jours du mi solstice et de cet équinoxe font voir un espacé de gr éq jours au moins entre le solstice d’hiver et l’équinoxe 26

du printemps. On avoit des règles pour réduire cet équinoxe du 12 mars dans le calendrier au vrai équinoxe qu'on savoit arriver plus de deux jours avant l’équinoxe du calendrier.

On a encore des éphémérides chinoises, depuis 43 l'an 1576 de Jésus-Christ, jusqu'à l'entrée des Jé- à suites au tribunal d’astronomie (1). Les éphémérides (1 publiées à Pekin dans ce temps-là , sont faites pour lé | méridien de Pekin. Elles démontrent ce que j'ai dit, de comme Oôn va le voir; cela achèvera d’éclaircir ce

que j'ai dit à l’occasion de l’éclipse de soleil de l'an 2155 avant Jésus-Christ, année quatrième du règne de Ouan-ly (2). Le vingt-deuxième jour de la onzième lune, jour Keng-su (3), solstice d'hiver à 8 heures du soir. Le soleil dans le 4° de là constellaion X£ (4).

Douzième lune, grande (de 30 jours), premier

jour Ki-ouey (20 décembre), conjonction vraie vi après midi, 1 heure 28’ 48”; c'est par le moment 6H de minuit qu’on commence à compter le lieu du | soleil. 7” Année cinquième du règne de Ouan-ly (1577), . api (1) Le commencement du jour , au moment de minuit ; épc depuis l'an r111 avant Jésus-Christ jusqu’aujourd’hui, on Par a gardé ce commencement. heu (2) Ping-tse, treizième du cycle de 60, année de Jésuse … Christ 1576.

(5) Quarante-septième du cycle de 60, 11 décembre, (

(4) Voyez les constellations.

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première lune, grande, premier jour K3-#cheou (19 janvier), vraie conjonction, matin, 7 heures 43! 12”, k

‘Deuxième lune, petite (de 29 jours), premier jour X-ouey (18 février), conjonction vraie après minuit, 2 heures 28° 48; au jour Gino (13 mars) équinoxe du printemps, après minuit, 3 heures 28° 48”. ;

Troisième lune, grande, premier jour Uu-tse (19 mars) vraie conjonction, soir 8 heures 28 48”.

- Quatrième lune, grande, premier jour Ou-vu (18 avril), vraie conjonction, matin 11 heures 43 12”,

Cinquième lune, petite, premier jour Ou-fse (18 mai), vraie conjonction après minuit, 43 12”,

Au jour Gin-1se (1) (11 juin), vingt-cinquième de la cinquième lune, solstice.d’été à 11 heures du matin.

. Sixième lune, petite, premier jour Ting-sse (16 juin), vraie conjonction, matin 10 heures 43 1 2”.

Septième lune, grande, premier jour Ping-su (15 juillet), vraie conjonction , soir 7 heures 28’ 48”.

Huitième lune, petite, premier jour Ping-tchin (14 août), vraie conjonction, matin 4 heures.

Au jour Ka-chin (11 septembre), vingt-neuvième de la huitième lune ; équinoxe d'automne, soir 6 h. 28° 48”.

Huitième lune intercalaire, petite, premier jour Y-yeou ( 12 septembre) , vraie conjonction, 14 24", après midi.

Note. Les calculateurs des éphémérides avoient pour époque du lieu du soleil le solstice d’hiver, déterminé l'an de Jésus-Christ 1280 > à Pekin, après minuit ,! heure 26° 24”, le 14 décembre, Ce solstice fut déter-

(1) C'est une erreur du livre ; on la corrige dans la suite ; le jour est Kouey-tcheou, 12 juin.

miné à Pekin par beaucoup d’observations faites avant el après le solstice, avec beaucoup de soin, par un gnomon de 40 pieds chinois. On marque qu’on avoit soin de prendre le centre de l'image du soleil > qu’on prenoit le niveau, et qu'on mesuroit exactement,

Suite des éphémérides de la cinquième année du règne de Ouan-ly, de Jésus-Christ 1577.

Neuvième lune, grande, premier jour Kia-yn (11 octobre), vraie conjonction, soir 9 heures 14 24". :

Dixième lune, petite, premier jour Ka-chin ( 10 novembre) vraie conjonction, matin 7 heures 43 12".

Onzième lune, grande, premier jour Xovey- Tcheou (9 décembre), vraie conjonction, soir 8 heures 28° 48”.

Au jour Ping-tchin (12 décembre), quatrième de la onzième lune, solstice d’hiver, matin 1 heure 57’ 36”.

Douzième lune, grande, premier jour Koueyouey (8 janvier de l'an 1578), vraie conjonction, matin 11h. 14" 24"

Trentième jour de la douzième lune Gzn-1se (6 février 1578) (1).

Notes. 1° J'ai réduit au temps européen le temps exprimé en caractères chinois, pour les heures et les parties d'heure. .

2.° On a vu le lieu du soleil marqué lan 1576 au solstice d'hiver rapporté au quatrième degré de la constellation K7. Ensuite, jour par jour, on ajoute un degré chinois dans les constellations, jusqu’au solstice d’hiver de l'an 1577. On avoit alors des règles pour les équations, qui réduisoient au lieu vrai les lieux moyens: on n’en parle pas dans les éphémérides; les lieux

(1) Les premiers Missionnaires Jésuites n’entrèrent en Chine qu'aux années 1581 et 1585.

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