ARTICLE IV
L'état de la religion à la Chine, depuis le départ de M. le Patriarche.
1.0 L'EMPEREUR regrette d’avoir prodigué ses faveurs à M. le Patriarche, et reproche tous les jonrs aux Missionnaires de son palais les instances qu :& ont faites à Sa Majesté pour obtenir l'entrée de ce Prélat à la Chine et jusqu'à sa cour.
2.0 Le même prince prétend qu’on lui a manqué de respect ; il menace de s’en venger ; et 1l a donné des marques de son indignation en révoquant ses présens et en renvoyant M. le Patriarche.
3.0 On s'est imaginé à la cour que les dissensions des Missionnaires ne pouvoient naître que de quelques gra nds desseins d'ambition. Dans cette vue , le prince
héritier a fait faire des informations secrètes dans les provinces. 11 a même engagé un de ses domestiques à prendre le baptême , afin d'être informé par son moyen du mystère de nos assemblées. C'est à ce dessein encore qu'on a intimidé M. Guetti , et qu'ou Ini a fait dire tout ce qu'il savoit des Jésuites.
4° On commence à invectiver contre le christianisme en présence de l'Empereur , ce que personne m'avoit osé faire jusqu'ici. Le prince héritier est un des plus animés. Bien des mandarins veulent obliger leurs femmes, leurs enfans et leurs esclaves à renoncer au christianisme, par la seule raison que le chef de cette religion , ou du moins son représentant a irrité l'Empereur.
9.9 Les bonzes triomphent et annoncent certaines réponses de leurs dieux qui pronostiquent notre ruine,
6.° Notre religion commence À devenir suspecte : elle s'étoit beaucoup accrue par le témoignage que l'Empereur rendoit à sa sainteté et à la probité des Missionnaires. Maintenant qu'ils les voient accusés Sur des articles essentiels , ils ne savent qu’en penser.
7. L'autorité du souverain Pontife, que nous avions si fort exaltée , COmmence à diminuer dans les églises de la Chine. On est étonné de voir que ceux qui doivent le plus à ses bienfaits, ne songent qu'à rabaisser les autres. Les Chinois sont étonnés "ld'on commence par prêcher son autorité et ses pouvoirs , avant que de prècher Jésus - Christ , et qu'on veuille s’attirer du respect par des rangs dans la religion , de ceux mêmes qui ne l'ont pas encore embrassée,
8.° La réputation des Missionnaires a souffert une furieuse atteinte,
9° I n'en est pas ici comme dans les cours d'Europe , où l’on rit impunément aux dépens des Jé- Suites : on y sait à quoi s’en tenir; mais ici c’est aux
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dépens du salut des âmes qu’on les décrédite, Ce pendant , nous croyons pouvoir l’assurer , personné ne travaille ici plus qu'eux , et personne ne soutlre plus qu'eux.