‹ Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères [microforme]Chapitre 3 sur 107 · D SN CR · texte numérisé non relu

D SN CR

LEE dm de

Le NS pl ES PS. PUR SE NE ONnSree e nNnAne

lernière fut conet, tout UTTOUXe smence, ue vous npereur ettre en pour le opos. »

eur Moéponse »

ar se linil s'apir fier et blant de dre mot en dire , 1, qu'on sit en un xécuté à, Ilerie de usieurs , iciers SU-,

n; qu'il,

istribuer Île quan- CeSSAITE ».

oit. Tout 1 Roi de ne quanpérirent.

-général.

mmencese, pour pit donné tsouvent

à Nader-Schah , qu’il devoit faire crever les yeux à son prisonnier, et le faire enfermer entre quatre murailles ; ou, ce qui seroit encore mieux lui faire trancher la tête, monter sur son trône , et unir la Couronne de l'empire Mogol à celle de Perse,

Nader-Schah fit semblant de ne pas comprendre ce qui lui étoit insinué par ce courtisan vindicatif; il s’étoit fait un autre système qu'il suivit, Il laissa ses ennemis bloqués dans leurs retranchemens par une partie de ses troupes , en leur faisant fournir les vivres purement nécessaires ; puis, avec l'élite de son armée, il s’avança vers Dély, où il fit son entrée triomphante le septième de la lune de Mars. Mahadinad- Schah , dépouillé de tous les ornemens de la dignité impériale , étoit à la suite du vainqueur ; après quoi il fut renfermé dans la tour sous bonne garde, Nader- Schah prit son logement dans le palais impérial. I] monta sur le trône des Mogols , et s’y fit couronner ‘Mpeïeur aux acclamations de son armée et des peuples, qui-changeoïent volontiers de maître; il fit battre monnaie à son coin » Et y commanda en souverain tout le temps qu'il y demeura. Le poids de ces nouvelles roupies frappées au coin de Nader- Schah, étoit de vingt grains plus fort que celles du Mogol. Telle étoit la légende qu’on y avoit gravée : 11 est né pour étre le Rot du monde. Le Roë des Rois gui est-ce ? Nader-Schah. | #

: Le lendemain de son entrée dans Dély, Nader- Schah partagea l’armée qui l’avoit suivi en deux Corps; lun resta dans la place et dans la citadelle » l'autre. au dehors tenoit la Campagne et gardoit les portes de la ville , de façon que personne ne pouvoit y entrer ni en sortir que par son ordre, Les vivres etes fourrages ny abondoient que pour ses troupes ; on ven-

où les vivres aux habitans comme dans le camp, cest-à-dire, à un prix excessif; et il n'y avoit point

nt ; + ; 3 x = 2 « : d ” FT. RS eur Lu oËS à RE . = ï s .

= RE =" = T- # ses == = = ee

Ten RE A ee nes BE AE PL ! = Es, M

d'injustice que les troupes persanes ne commissent impunément.

ader-Schah informé de la licence de ses soldats, tâcha d’y remédier par la défense qu’il fit à tout cavalier et à tout fantassin de garder et d’avoir plus de cent roupies d’argent, sous peine d’avoir le ventre ouvert: ce qui s’exécutoit irrémissiblement , tandis que lui-même Fe toutes les richesses du palais; et ces richesses étoient immenses. Presque. tous les meubles destinés à l’usage de l'Empereur étoient d’or, a MS ou de vermeil: vaisselle, tables, lits, canapés, pa 2 ete , parasols, lustres , gardebétel , gourgouris à fumer , cassettes , etc.

La grande salle nommée la salle royale , étoit revêtue du haut en bas, de lames d’or et d'argent finement travaillées; le plafond brilloit par les diamans qu’on y avoitplacés. C’est dans cette salle qu'on voyoit le trône impérial. Il avoit douze colonnes d'or massif

i fermoient les trois côtés ; ces colonnes étoient garnies de perles et de pierres précieuses. Le dais du trône étoit surtout digne d'attention; il représentoit la figure d’un paon. Depuis que les empereurs mogols sont mahométans , ils ont choisi cet oiseau pour leur armoirie. Ce paon étendant sa queue et ses ailes, couvroit le trône de son ombre. L'industrie avec laquelle on avoit placé et ménagé les diamans , les rubis, les émeraudes et toutes les sortes de pierreries qui le formoient, représentoit au naturel les diverses couleurs de cet oiseau ; et l’on peut dire que cet ouvrage étoit une merveille de l’univers. Aussi est-il

vrai de dire que pendant plusieurs siècles ; tous les empereurs qui ont précédé celui-ci, se sont piqués à l’envi d’embellir et d'enrichir ce dais et ce trône. Les pierreries qu’on en arracha, montoient à la valeur de cent cinquante carols de roupies , en ÿ joignant les bijoux que l'impératrice , les princesses et toutes les dames di sérail furent priées de céder à Nader-

imissent

soldats, tout Caplus de e ventre , tandis esses du Presque.

mpereur , tables,

> garde-

étoit re= ent finediamans )n VOÿOit or massif s étoient e dais du résentoit eurs mO— eau pour ses aîles, > avec las , les rupierreries s diverses 1e cet ouussi est-il , tous les nt piqués ce trone.

| la valeur ÿ joignant ; et toutes

à Nader-

er RE Mis

à ÿ %# sd f°

ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, Schah. Cette r''ère étoit un ordre auquel elles n’auroient pas ost ‘«anquer. Leurs perles seules furent estimées vingt carols de roup

es , et l’on trouva dans leurs appartemens Jusqu'à dix carols d’or ou d'argent monnoyé,

Nader-Schah voyoit avec plaisir grossir ses trésors. Tout paroissoit tranquille, lorsqu'un accident funeste vint troubler sa joie. Il avoit fait Prisonniers de guerre, comme je l'ai dit, tous les généraux de l'armée mogole. Quatre d’entr’eux étoient gardés

dans un hôtel par vingt cavaliers Persans. Ces quatre ofliciers firent un Jour la débauche, et nonobstant la loi qui leur défendoit l'usage du vin

à , ils s’enivrèrent, Aidés de leurs domestiques, qu’on leur avoit laissés en trop grand nombre, ils orcérent leurs

gardes et les tuèrent, Aussitôt ils se répandirent dans les rues, criant de tous côtés, victoire, victoire ! Mahadmad-Schah à tué Nader-Schah d’un Coup de cataris (c’est une sorte de poignard des ndes), À ce bruit qui couroit tonte la ville, la

pue prit les armes, et fondit de toutes parts sur

mille Persans meute qui dura quatre heures.

Île auroit duré bien plus long-temps, si Nader- Schah, de la forteresse

I où il étoit, n’eût fait sur la ville un feu continuel de can

eu. nuel on, depuis huit eures du soir Jusqu'à minuit, que les hostilités cessèrent.

Le lendemain , dès la poin

te du jour, Nader-Schah, MOINS touché du faux brn; perte de ses soldats,

ifférens qüarde Favager. « Allez, Camarades, leur » dit-il, allez, pillez, tuez, saccagez, brülez tout,

» traitons les lâches et perfides Mogols comme ils » le méritent. »

Chaque commandant partit avec sa troupe pour le quartier qui lui étoit marqné. Nader-Schah alla avec la sienne dans le champ . Nichok, qui est le plus beau et le plus riche quartier de la ville; il entra dans la mosquée de Roxerdoullak, qui est sur une petite éminence , d’où il pouvoit promener ses regards partout, S'y étant assis, il donna ordre qu'on mit le feu aux quatre coins du quartier, et qu'on fit main basse sur les habitans, sans distinction de qualité, d'âge, ni de sexe. Scs.ordres furent exécutés à la lettre; et en même temps dans tous les quartiers, on pilloit, on violoit.et on massacroit impitoyablement tout ce qui se présentoit; ceux qui par la fuite échappèrent aux flammes, expirèrent par le fer; on n’entendoit que cris et que hurlemens lamentables d'hommes, de femmes et d’enfans: il n’y a point d’excès, de violence, de cruautés et d’abominations qui.n’aient été commis, non-seulement par les troupes persanes, mais par quantité de canaille qui cherchoit à avoir part au pillage:

Azefia, par une faveur spéciale , n’avoit point été compris dans le nombre des prisonniers de guerre; il sortit de son palais; et après bien des dangers qu’il courut dans cet affreux tumulte , il arrive au cam de Nichok. Là, sans turban, et ses vêtemens déchirés, il se iztte aux pieds de Nader-Schah. Ce

rince le .releya, et lui fit présenter dans un pee d’or des.confitures qu’il mangeoit en ce moment, nu

Azefia , dont le cœur étoit pénétré de douleur, le remercia sans vouloir y toucher. « Hélas, prince, » Jui dit-il, comment pourrois-je goûter de ces dou- » ceurs que vous m’offrez, tandis que je vois couler » à grands flotsle sang de mes concitoyens? Faites- » moi plutôt mourir avec eux. Des millions de

» misérables

Up ines DE co MU UT EE

omme ils

upe pour Schah alla qui est le | ville; il qui est sur mener ses dre qu’on qu’on fit pn de quaexécutés à uartiers, pitoyablear la fuite le fer; on mentables ÿ a point »minations les troupes qui cher-

t point été de guerre; ngers qu'il > au Cam emens dé- Schah. Ce dans un en ce mo-

e douleur, as, prince, de ces douvois couler ns? Faitesnillions de

misérables

2 ERA dE

LH AE ENNS En

ere NO ES

» misérablesque vous faites égorger , ne sontpas plus

» Coupables que moi : ne Craignez-vous pas que » Dieu ne fasse crouler sur vous cette mosquée, et » ne vous écrase? Y a-t-il de la justice dans votre » vengeance? Faut-il que pour la faute de quelques » particuliers, toute une ville innocente soit mise à » feu et à sang? Donnez-moi le soin de rechercher » les coupables; je les ferai mourir par les plus cruels » supplices ; mais, avant toutes choses , ordonnez » qu'on mette fin au pillage et au massacre. » Nader-Schah, qui avoit Conçu une haute estime pour Azéfia, ne s’offensa point de ce Er son dis- Cours pouvoit avoir de trop fort +.il dépêcha des officiers pour faire cesser le pillage et le massacre qui, malgré ses ordres, continua, en diminuant peu à peu, jusqu'à neuf heurés du soir, et qui ne cessa que lorsque le grand-prévôt de l'armée, avec la timbale royale, Parcourut les quartiers , tuant > Ou'faisarit tuer par ses gardes, ceux qui exerçoient encore quelques hostilités. Les trois quarts de Dély fureñt renversés ou ruinés ; le feu ÿ dura huit jours sans qu'il fût possible de l'éteindre: Les hôtels des princes et des seigneurs furent surtout l’objet de: la fureur et de l’avarice du soldat, On compte qu'il périt un million d’âmes dans cette capitale, | D 34 À cette désolation , en succéda une autre: on força ceux qui avoient échappé À l'incendie etau massacre, de porter tout ce qu'ils avoient d'argent ou debijoux à la citadelle, Ceux qu'on soupçonnoit de le tenir caché, on les étendoit sur une espèce de-croix de saint André, et, après les y avoir attachés, on les frappoit si cruellement, qu’il leur falloit, ou expirer dans les tourmens, ou livrer tout ce qui leur restoit d’or ou d'argent. Azefia fut chargé de cette recherche qui se faisoit des biens de tons les officiers de l’Empereur, depuis le visir Jusqu'au fantassin , et de tout ce É possédoient les joailliers, les. banians de la . II CS 2:

18 LETTRÉS cour, de la ville et de l'armée. Triste commission our Azefia. qui fut forcé d’obéir pour éviter de

plus grands x, Plusieurs de ces banians qui étoicuié Wès-riches, se Voyant tout-à-coup réduits à la mendicité , s’'ennpoisoinèrent de désespoir. On apportoit à tontes les heures du jour et de la finit, des richesses iminenses dans la citadelle, ou chez Azefia. Elles y étoient amoncelées , et formoient comme autat de montagnes : là s'élevoit une montagne de roupies d'or, ici une seconde de roupies d'argent , ailleurs une troisitine de vases et de vaisselle d’or et d'argent, puis une quatrième de tapis de soie, d’étoffes d’or et d'argent, et d’autres pièces rares et précieuses. Les mêmes amas se trouvoient dans une cour du palais d’Azetia.

Cent ouvriers, pendant ie jours, furent occupés à faire fondre et réduire en lingots l'or et l'argent qui n’étoient pas monnoyés, afin que le transport en fût plus facile. Deux lingots percés par le milieu, etattachés ensemble avec une grosse corde, faisoient la charge d’un chameau; on remplit cinq mille coffres de roupies d’or, et huit mille de roupies d'argent. On voyoit aussi une quantité Inconcevable d’autres coffres remplis de diamans, de perles et d’autres bijoux. C'est ce qui paroîtra incroyable aux Européens, qui n'ont qu'une connoissance Su erficielle de l'empire Mogol. Mais ceux qui y ont vécu long-temps , ou qui y ont voyagé ; partüculiè- .rement sur la côte de la Pécherie, et dans le royaume ‘de Gulconde, savent quelle quantité de perles et de .diamans on transporte chaque année à la cour. On peut juger des richesses de cet empire par le tribut annuel que la seule province de Bengale envoie tou» les ans à l'Empereur. Ce sont quatre cents bœuf chargés de roupies d’or et d'argent : or, il y a trente-

: deux provinces dans l'empire, dont quelques-unes

«sontauss tendues que la France.

ve n'a ROUE

nission ter de ns qui duits à t de la lle, ou moient e mon— roupies le vaisde tapis S pièces uvoient

rent OCl'or et que le rcés par e corde, plit cinq de rou- Inconcele perles croyable sance Suui y ont articulièroyaume les et de cour. On le tribut voie tous ts bœit ÿ à trente-

ques-unes

Les gouverneurs de ces grandes provinces vivent si splendidement, qu'en bien des choses, ils surpassent la magnificence ordinaire de nos rois en Europe. Ils ne paroissent Jamais en public, qu'avec une pompe qui en impose, soit par le grand nombre d'officiers richement vêtus dont ils sont environnés , soit par le nombre de leurs éléphar 5, de leurs chameanx, de leur cavalerie et de leur infanterie qui font leur cortége, Le gouverneur de Morzulabad , dans le temps que j'étois dans cette Capitale de la province, entretenoit soixante éléphans , et avoit à sa solde sept mille hommes de cavalerie et quatre mille d'infanterie, toujours Campés aux portes de la ville sur les bords du Gange, La grandeur et la puissance de l'Empereur mogol, SC trouve en quelque sorte ramassée dans Dély. Plusieurs rois gentils et tributaires de l'empire, y font leur séjour, et y sont les premiers ministres de l’Empereur. Ils ont à leur disposition, et entretiennent à leurs frais, jusqu’à vingt et trente mille hommes ; ce qui les:rend trop indépendans, et même redoutables quand ils s'unissent, Les princes du sang ne peuvent point s’absenter de la cour : ils tirent eurs revenus des fiefs que l'Empereur leur donne , à condition qu'ils auront sur pied un certain nombre de troupes. Les visirs, les omrahs ont les mêmes sortes de revenus, et doivent en faire le même usage ; mais ils en consument la meilleure partie en fêtes, en chevaux et en domestiques, Dély est une ville sans Comparaison plus magnifique pour les équipages, plus vaste pour l'étendue, et plus peuplée que nos lus grandes villes d'Europe. Il sortira de Dély pour 4 Suerre cent mille hommes, sans qu'on s’en aper- Çoive. Elle est située sur le Gemma, dans une vaste Campagne trés-fertile; elle est devenue capiia!

del empire depuis que Cha-Gehan abandonna Agra.

Notre compagnie avoit à Dély deux églises, qui

mn

| Lt LA | x \ s Ml f !

Lrà "6 re, z728 Te Un Ole. # -* D Tr =

ont été brülées dans cet incendie. Elles avoient été bâties par les libéralités de l'empereur Gehanguir : ce prince et son successeur étoient fort affectionnés à la religion chrétienne , laquelle, sous leurs règnes, fit des progrès considérabies. On conçut alors les plus belles espérances pour l'avenir; mais ces espérances se sont évanouies avec la puissance portugaise dans l'Inde. Deux jésuites portugais qui demeuroient toujours à Dély, ont été assez heureux pour échapper au carnage; ils y cultivoient queiques restes de Chrétiens, au nombre de sept cents. Les hommes en état de porter les armes étoient tous au service de l'Empereur; la plupart ont été tués. L'hôtel d’une dame chrétienne , célèbre par sa piété, et fort estimée de l'Empereur et de la cour, a eu le même sort que nos églises. Que deviendront tant de jeunes veuves et tant de jeunes enfans chrétiens ? à quoi ne sont-ils pas exposés? et qu’il est triste que notre pauvreté nous mette hors d'état de leur procurer des secours que je serois à portée de leur faire tenir !.

Le dernier trait de sévérité qu’exerça le Roï de Perse à Dély, fut de faire étrangler publiquement les quatre omrahs, auteurs de la sédition , qu'Azefia avoit découverts, et qu’il avoit {itconduire la corde au cou devant le prince, quoiqu'ils fussent ses parens, sans vouloir même demander grâce pour eux , les en jugeant indignes.

Nader-Schah n’ayant plus rien à faire dans l’Indostan, songea à s’en retourner dans ses états. IL régla tout avant son départ, et déclara à Mahadmad- Schah, à quelles conditions il le rétablissoit sur le trône; savoir : 1.0 Que les royaumes de Cachemire, de Caboul, de Moultan, et quelques autres pays jusqu'à la rivière d’Atak, seront désormais du domaine des rois de Perse. 2.0 Que Mahadmad-Schah payera chaque année à la Perse, durant sa vie, trois

pe SNS Fr ps

D 2 eds lung Lui mm P°n

avoient. été Gehanguir :

ffectionnés urs Tégnes, nt alors les 1s ces espénce portuais qui deez heureux nt quelques cents. Les ent tous au t été tués.

A par sa piété , cour, à eu ndront tant 1s chrétiens ?

st triste que le leur prode leur faire

a le Roi de ubliquement n, qu Azefia uire la corde sent ses pa- € pour eux ;

re dans l’Inses états. IL \ Mahadmadplissoit sur le > Cachemire, autres pays rmais du doadmad-Schah t sa vie, trois

dr

ÉDIFIANTES ET CÜRIEUSES. 24

carols de roupies. 3.° Qu'il n’aura que le titre et les honneurs d’Empereur , et qu’Azefia gouvernera l’empire. 4.0 Qu'en cas de guerre, l'empire Mogol prétera du secours au Roi de Perse contre ses ennemis, et qu’à son tour la Perse en usera de même à Pégard de l'empire Mogol. 5.0 Qu'il ne sera fourni à Mahadmad-Schah qu’un lak de roupies pour sa dépense annuelle, 6,0 Qu'il n’aura auprès de sa personne que les officiers qui lui seront accordés.

Le prince Mogol ayant agréé ces conditions , et remercié Nader-Schah de ses bontés, la couronne lui fut rendue, et il remonta sur le trône. Il avoit demandé auparavant deux choses au Roi de Perse ; savoir : que Nader-Schah approuvât la cession qu'il vouloit faire à son fils, des honneurs de l'empire et de la couronne, ou que du moins le prince son fils eût le gouvernement de l'empire à la place d’Azefia ; l’une et l’autre demande furent rejetées.

Azefia gouverne l'empire Mogol avec un conseil de vingt-neuf omrahs, tous choisis par Nader-Schah. Les peuples paroissent satisfaits de ce nouveau gou— vernement. Îls n’ont jamais assez estimé et aimé leu Empereur , pour donner lieu de craindre qu'il arrive aucune révolution en sa faveur. On espère que, dans quelques #innées de ce sage gouvernement, Dél: deviendra aussi riche et aussi peuplé qu’il a été. It s’y est fait déjà des fêtes et des réjouissances extraordinaires, à l’occasion du mariage d’un des enfans de Nader-Schah, Ce jeune prince persan a épousé une princesse du sang impérial. Le Roi son père lui a fait présent, pour la dépense de son mariage, de quatre laks de roupies, et a donné quantité d’ornemens à la princesse mogole,

Nader-Schah , chargé des dépouilles de l'empire Mogol, sortit enfin de Dély vers le commencement de juin, avec son armée. On fait monter la valeur de ce qu'il emporta à trois cents carols de roupies

d'argent. On doit être d'autant moins surpris de tant de richesses , que les manufactures et les denrées de l'Indostan y attirent chaque année une grande partie de l'argent de VAsie et de l'Europe, dont il ne sort plus lorsqu'il y est une fois entré. Les Marattes, nation accoutumée au pillage, avoient grande envie d'enlever un si grand butin; ils ont rôdé quelques jours autour de son armée, mais ils n'ont jamais osé l'attaquer. Sa marche se faisoit avec un ordre admiable : outre que son armée avoit été fortifiée récemment de dix mille cavaliers envoyés par son fils ainé. Ce prince, aussi brave que son père, commandoit une armée de cinquante mille hommes, qui étoit toujours à quatre-vingt lieues de distance. Il avoit aussi divisé ses troupes en deux Corps d'armée, pour avoir plus commodément des vivres, pour éviter l'embarras d’une trop grande multitude , pour tenir en respect le pays conquis qu'il laissoit derrière soi, pour suppléer aux perles qu'il faisoit en divers combats, et pour s'assurer une retraite en cas d’un échec ou d'une déroute. Les deux armées toujours également distantes l’une de l’autre, ont repassé en Perse.

Nader-Schah, avant que de quitter le Candahar, y a fait bâtir en deux endroits deux bornes forteresses, pour empècher les Mogols de venir inquiéter en Perse, et pour avoir la facilité de retourner chez eux quand la fantaisie Ini en prendra. Il fut reçu à Ispahan , de la noblesse et de tous les états du royaume, avec des démonstrations de la plus grande joie.

Venons maintenant à la seconde question que vous m'avez faite, touchant les dames mahométanes. Vous vous ne vous êtes pas trompée ; madame ; outre le langage et la religion , elles ont des mœurs, des coutumes et des manières d'agir tout à fait différentes des dames indiennes. Il faudroit un volume pour

s de tant nrées de de parue il ne sort Marattes , ide envie quelques amais 0SÉ lre admirtifiée rér son fils re, COMnames , Qui stance. Il d'armée, our éviter Jour tenir rrière SO , en divers a cas d’un s toujours repassé en

Candahar, Mes fortel'inquiéter urner chez fut reçu à ; états du lus grande

n que vous anes. Vous >, outre le œurs , des différentes lume pour

vous satisfaire sur chacun de ces articles : je me contenterai de vous en donner une idée générale et succincte , telle que me l'ont donnée des habitans de ce pays des mieux instruits de leurs usages.

Les femmes de condition ne paroissent jamais aux yeux du public ; quand elles ont permission de sorur de la maison, elles sont toujours dans des carrosses fermés , ou sur des chameaux, enveloppées d’une cape, ou dans des palanquins ronds et converts. Des eunuques et des cavaliers armés les accompagnent. Dans la maison même, elles gardent sur la tête un voile d’une gaze fine. Elles ne peuvent le lever qu’en présence de leur époux, de leurs enfans, de leur père, de leur mère et de leurs amies particulières. Leurs habits sont d’étoffes de soie et d’or, et les couvrent entièrement; le corps de l’habit par- devant s'attache jusqu’à la ceinture avec des rubans, au bout desquels est suspendu un gland d’or ou une perle : ils sont étroits vers la ceinture , et plissés pour relever la taille. La jupe qui descend Jusqu'au talon, n’est point séparée du corps de l’habit, Elles se servent de souliers plats couverts d’écarlate avec quelques fleurs d’or en broderie : elles les quittent aisément, et toujours lorsqu'elles entrent dans les appartemens qui sont couverts de beaux tapis.

Elles sont coiffées en cheveux d’une manière fort variée : tantôt en pyramides, tantôt en triangle ou en croissant, d’autres fois en rose ou en tulipe , et en d’autres figures de fleurs qu’elles imitent, en assujettissaut leurs cheveux sur la tête par le moyen de boucles d’or garnies de diamans. Plus communément, elles divisent leurs cheveux en tresses pendantes sur les épaules : elles y attachent de petites plaques d’or légères et des pierreries. C’est un art que : savoir

alors faire certains mouvemens de tête » Qui fassent paroïtre la beauté et le brillant de leur chevelure.

Elles se percent une des narines, et y portent un anneau d'or, où sont enchassés quelques gros diamans. Leurs oreilles sont aussi percées tout autour de plusieurs trous, pour y attacher autant de pierreries en demi-cercle. Leurs colliers, leurs bracelets , leurs bagues sont quelquefois d’un prix inestimable. Leur taille est ordinairement belle, et leur air gracieux. Il y en a qui ont le teint presque blanc, mais pour Vordinaire il est olivâtre. Celles qui sont curieuses de rehausser leur beauté , se fardent avec de l'eau de safran sauvage : elles font aussi une composition qu'elles appellent sourma, qui est extrêmement noire; elles en mettent un trait autour des yeux; elles se

eignentilé bout des ongles d’un beau rouge qu’elles expriment de la feuille d’un arbrisseau, et elles ont toujours à Ja main quelque fleur, quelque fruit, ou un petit flacon d'eau de senteur.

Il n'ya de tapisserie dans leurs chambres, que celle sur laquelle on marche : elles sont ornées de grands miroirs, de canapés, et d’enfoncemens dans Tes murailles en forme de ‘niches, où elles rangent des vases de cristal, d’or'et d'argent, pour ÿ conserver leurs parfums, leurs essences , el les petits meubles de leur toilette. L'usage des chaises y est inconnu : il ÿ a pourtant de peuts tabourets sur lesquels elles peuvent s'asseoir, mais plus souvent elles s'asseyent sur de riches tapis, jambes croisées; derrière elles, est un grand carreau de brocard sur lequel . elles s'appuyent, et à côté un petit coussin qu'elles remuent et changent à leur fantaisie. Quand elles sont plusieurs ensemble, elles forment une espèce de cercle.

Elles se visitent de temps en temps : le plus riche tapis est pour la dame la plus distinguée. De jeunes esclaves sont là pour les éventer et chasser les mouches : on présente du bétel dans des bassins

d'or fais exprès; on apporte de la limonade pour

tent un iamans.

de pluèries en s, leurs le, Leur racIeUX.

ais pour urieuses l’eau de position ntnoire; elles se e qu’elles elles ont fruit, ou

res, que >rnées de nens dans s rangent ar y conles petits ses y est ets sur lesvent elles +; derrière

sur lequel

in qu’elles uand elles une espèce

e plus riche . De jeunes chasser les des bassins onade pour

se rafraîchir; on mange des fruits, des confitures, et d’une espèce de gâteau fait avec de la farine de froment, du jus de cannes de sucre, du lait, et de l’eau rose. La collation achevée, on se retire avec les bienséances accoutumées, qui consistent à incliner un peu le corps, à porter en même temps la main sur le cœur et sur la tête, et puis à s’embrasser, et à se dire mutuellement des politesses.

Les femmes mariées à un même homme ne sont pas toutes d’un rang égal : 1.0 Un homme de qualité épouse toujours une fille d’une naissance égale à la sienne, Cette femme est la première de toutes; elle s'appelle Zegoum, qui signifie femme sans souci, femme heureuse. 2.2 Trois autres femmes, qui sont aussi de quelque naissance, font un second rang. 3.° Le troisième rang estcomposé d'autant de femmes qu'on veut; ce mariage appelé reka, se fait avec moins de cérémonie que les deux précédens. 4.° Pour la quatrième espèce de mariage , 1l suffit qu’on achète une fille , ou qu’on s’en rende le maître dans la guerre qui se fait assez souvent avec les gentils.

Toutes ces femmes doivent être ou mieux on moins bien logées, entretenues , chéries et parées, à proportion de leur rang. Mais il est bien difficile que cela se pratique. Rien n’est plus commun que de voir des femmes d’un ordre inférieur, enlever auprès du mari le rang et les droits de la begoum même. :

Quand ces femmes remarquent entr’elles des pré—

rences, on ne sauroit dire à quelles jalousies elles se livrent, quels sont leurs chagrins, leurs querelles, leurs divisions, leurs haines : aussi chacune met-elle en usage tout ce qu'elle peut imaginer pour plaire à son époux, et pour l'emporter sur ses rivales. La honte et le désespoir de n'y pouvoir réussir, les fait quelquefois recourir aux prestiges , aux sortiléges , et aux enchantemens diaboliques, D’autres fois elles

s’en prennent à elles-mêmes, et se font mourir par 4} le poison, ou bien elles empoisonnent secrètement leurs rivales. Quelquefois même elles éclatent sans aucun ménagemenl. TA

Une begoum, femme d’un nabab, dans une ville 1 de Maduré où j'ai été, voyant que son époux n’avoit de tendresse que pour une géorgienne de ses esclaves, d’une grande beauté , elle en fit de fréquentes plaintes; mais le nabab qui aimoit passionément cette jeune esclave, fit peu de cas des remontrances de la begoum. Cette femme que la jalousie transportoit de fureur, résolut de s'en venger d’une ma+ nière aussi étrange qu'elle étoit cruelle. Un jour 4 R que le nabab étoit allé à la chasse, elle fit attacher di ( Ja jeune géorgienne par ‘un de ses eunuques, et ln 4 fit couper les deux mamélles avec un sabre. Le nabab =

revenant de la chasse, elle lui fit offrir dans un bassin les deux mamelles de l’esclave chérie avec ce com- 1 liment: Voilà le présent que vous fait la begoum. < ” Quoiqu’en général les maris soient maitres absolus l de renvoyer leurs femmes quand il leur plait, de les Ù < châtier , on même de les tuer pour certaines fautes , nn ( il ne fant pas croire qu’ils usent facilement de ce E ouvoir envers leur begoum. Les égards dus aux ; familles illustres de ces begoums les retiennent. H à Se marier chez les Mahométans, c'est, à pro- = prement parler, acheter une fille. Un homme qui L, veut se marier, convient d’une somme qu'il donne, HO f non pas aux parens de la fille, mais à la fille même. + À Cette somme devient sa dot, et le mari ne peut pas D se en disposer. Le prétendant, accompagné de ses LE d arens et de ses amis en palanquin ou à cheval, et 4 d d’une troupe de joueurs d’instrumens , va aux flam- m beaux chercher son épouse. Il la rencontre à moitié chemin avec un pareil cortége du côté de la fille, n et surtout de beaucoup de femmes, parentes et amies, de co

en palanquins couverts. Lorsqu'ils sont arrivés chez

rir par tement nt sans

ne ville n’avoit ses esquentes nément trances » transne ma—+ Ja jour attacher s, et lui e nabab n bassin ce com egoumt.

absolus t, de les fautes, nt de ce dus aux ent.

y à pronme qui | donne, e même.

peut pas de ses eval, et ux flamà moitié la fille, etamies, tvés chez

Page 1