‹ Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères [microforme]Chapitre 35 sur 107 · EUR · texte numérisé non relu

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ÉDIFIANTES ET CÜURIEUSES, 195 L'aétite , 446 sa mine > trois qualités, qu’elle perd hors de là : elle est tendre et Cassante comme un œuf; elle est muette , c’est-à-dire, qu’elle ne sonne point; elle est d’une couleur vive et peu foncée ; mais après avoir été exposée à l'air : elle se durcit peu à peu, comme le corail, L’argile renfermé dans son sein , venant à se dessécher , OCCupe moins de place , et par conséquent elle sonne quand on la remue ; sa couleur, d’ailleurs jaunâtre ou violette » se brunit et s’obscurcit. J’en ai fait l'épreuve moimème dans la mine la plus fameuse de toutes » qui a bien un quart de lieue de long sur cent pas de large, et donttoutes les aétites sont d'un jaune brillant. mesure que je grattois la terre avec les doigts, de quatre pierres que je touchois j'en cassois trois ; Jusqu'à ce que, devenu plus circonspect par mon expérience et par l'avis de mes compagnons , je fouillois plus doucement et ne gâtois rien; je portois à mes oreilies l’aétite fraîchement tirée pour la faire sonner , elle ne rendoit aucun son. Mais quelques jours après , plusieurs de ces pierres furent comme autant de petits grelots. Elles perdirent peu à peu leur couleur dorée » €t se teignirent les unes en couleur brune, les autres en violet, ou même en couleur noire. Pour connoître si la mine est bonne, voici l'observation qu'on fait, Si la terre quë vous grattez est chaude, moite et bigarrée de diverses couleurs , alors les pierres d’aigle se présentent à foison , et toutes excellentes. Au contraire , l'argile est-elle sèche, froide, et de couleur umiforme, vous n'y rencontrerez rien, ou peu de chose.

Les naturalistes anciens ont débité bien des fables sur la pierre d’aigle : quelques-uns se sont imaginés une espèce de Propagation , et Le docteur Etmuller paroit être de ce sentiment, La pierre d’aigle cst nommée par les Arabes maskc > C'est-à-dire, réfe nante ,; vraisemblablement parce qu'elle retient dans

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sa concavité une espèce de gravier qui, étant desséché et détaché de toutes Parts, rend la pierre sonnante lorsqu'on l'agite, I] n’est PaS Pourtant essentiel à cette piérre d’avoir des ConCavités,

Dans la même plaine de Bhar-bela-ma » je parcourus un vaste moncean de säble , qu'on nomme ‘la colline des pierres d'aigle , parce qu'elle en est toute couverte, non Pas par petits cailloux , mais par de gros rochers de la matière même des petites pierres d’aigle, à cela près qu’ils ne sont pas creux, Je ne sache aucun des auteurs Qui ont traité de ces Pierres , qui ait fait mention de ce désert où elles se trouvent si abondamment.

Après avoir parcouru une partie du Bhar-belama, je revins à Saint-Macaire le 14 décembre , et à Etris le 15, Pour tenir ma parole aux habitans de ce lieu. Je Passai trois jours avec eux, Ils me témoignèrent une joie toute extraordinaire de me revoir.

Îls ne demandoient Pas mieux que d'entendre mes instructions. Pour les rendre utiles à tous , j’assem blai les femmes et les filles à certaines heures, et les hommes et les garçons à d’autres ; je leur fis à tons le catéchisme , pour leur apprendre les principes de notre créance, qu'ils ne savoient qu'à demi , et d’une manière très-confuse, Je leur appris l’oraison Dominicale , que la plusart d’entr'eux ignoroient ; je la leur faisois réciter en public. Ces Pieux exercices faisoient croître leur ferveur et ma consolation. Plusieurs d’entr’eux me demandèrent à se confesser , parmi lesquels étoit un diacre marié, et le mébacher Ou receveur d’un aga, seigneur d'Etris » d'Oüardan , et d’autres villages voisins. Ces deux derniers firent une abjuration publique de l'hérésie ; les autres 6

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ÉDIFIANTES ET CUNIEUSES. 197 croyoit, et qu'ils écouteroient les instructions de seé munstres,

Après trois jours employés à Etris à faire des ca-. téchismes , des prières publiques , et à entendre des confessions , le receveur de l’aga voulut me con duire lui-même à Oüardan. Nous y artivâmes le 18. Pour ne point perdre de temps, j'assemblai , dès le soir même , toutes les familles chrétiennes de ce village , et je fis tous les exercices de ma mission, et avec autant de fruit qu’à Etris, On me donna avis qu'il y avoit dans ce village un colombier rempli de plusieurs papiers pleins de caractères magiques, qu'ils avoient achetés de quelques religieux coptes et schismatiques. J'en fis, sans résistance , l'usage que j'en devois faire , et j’attachai à leur place une croix de: Jérusalem, que les Coptes révèrent avec, beaucoup de dévotion.

Le 21 décembre, jour de saint Thomas, je fis cé-. lébrer la fête de ce grand apôtre , le plus solennel lement que je pus. Je me sentis, dans le saint sacri= fice de la messe , extraordinairement pressé de demander à Dieu , par son intercession , la conversion des Chrétiens de la Basse-Egypte occidentale , que j'étois venu visiter et instruire,

Ma petite mission finie , et mon temps de retourner au Caire approchant, je pris congé de mon nouveau disciple , le receveur de l’aga seigneur d’Etris. Il me donna mille marques d'amitié, : confiance , et de reconnoissance du service que je lui avois rendu. Il me promit de persévérer dans la pratique de notre sainte foi qu’il venoit d’embrasser , et de maintenir les exercices de piété et de religion que j'avois établis à Etris et à Oüardan. Après nous être embrassés , il me donna un guide , et des lettres de recommandation adressées à ses amis sur ma route. Je passai par plusieurs villages ; ils sont marqués sur ma carte, Je vis à Terrané le natron qu'on y conserve

#h gros morceaux et en Piles. J'arrivai à Abou-el.. chaoni, où 1e logeai chez le receveur d’un bey , qui ne € onn4 Un nouveau guide pour les jours suivans. | JE Continisai ma ronto jusqu'à la ville de Pamanehour : où j'arrivai le 25 décembre, Le receveur du béy Mahems Surquas , me recu chez lui, Je Visitai la ville , qui est un fort agréable séjour. Les Co tes - 3 Bt une église ; je crois que c’est la seule qu'ils aient dans certe partie occidentale, depuis le Caire jusqu'à Alexandrie ; ils n’en Ont point à Rosette, Les Chré--. liens som dispersés dans les villages | mais sans temble, sans ministre, et Sans instruction,

Damanehour n’a que trois prôtres Pour plusieurs Chrétiens, Je ne WrOuvai pas ces trois Prêtres mieux instruits que leurs disciples, Ils assistèrent volontiers à mes instructions. Je répondis à Plusieurs de leurs Juestions, et j'eus tout sujet de bénir Dieu de la docilité des maîtres et des disciples, Le receveur du

y me demanda une instruction Particukière pour Sa nombreuse famille et

Pour ses amis, Je les assemblai chez lui 5; il me fi

IL Continuer mon instruction bien avant dans la nuit, Tous écouté

de Dieu avec une Si grande avidi 16 fusse très-fatigné > et du che et de plusieurs henres d’instruc à prendre du repos. Ce receveur prétendoit me rete.. nir plusieurs jours ; mais je lui dem avec instance, lui prometta quelque temps, pour con fruits de ma visite. Il m bey pour m'accompagner jusqu’à De Nil, à quatre ou cinq lieues de Dam Versa cette riante Campag Par ses inondations. Le lin étoi prêtes à nouer » le blé.

» l'orge, les lentilles , tout On Commencoient À

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