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emble , plus ois aflaire à iles. Mais il adversaires ntêtés dans des Coptes.
par la grâce U Contraire plorable où LruCtion, à sir que j'ai prendre un hrétients de ncilier un notif sufli- IX risques Confiai en un instruéger dans que pour S qui ont
eptembre An prince boutigé ; Voisins Le lieues.
m-Fam , émoigné Mir Voir, rir d’un Il crut ite + en és pour Assena, dre en S bruit
et en sûreté, la foi orthodoxe dans ces lieux héréuques de la Haute-Egypte. Ce voyage étoitun beau prétexte pour faire taire les mal intentionnés, en leur disantque j’allois en pélerinageausanctuaire d’Assena, pélerinage fort ordinaire et fort en réputation dans ce pays.
Je choisis pour mon compagnon de voyage un Arménien catholique d'Alep , nommé Michei, Nous nous mimes sur l’eau, avec un bon vent, le 3 septembre après midi, et nous nous trouvâmes le lendemain, à la pointe du jour , proche la ville de Benisoüef, Un brigantin des corsaires du Nil sortant de dessous le cap d'une petite île , venoit fondre sur nous; mais nos gens , qui n'étoient qu'au nombre de vingt, prirent incontinent les armes, ettirant sur ces voleurs, en les chargeanten même temps d’injures avec grand bruit, les obligèrent à virer de bord , sans oser nous attaquer. Nous continuâmes notre route , laissant À notre droite Halabié village , Bebé , Fechne , deux gros bourgs, Abougergé village , et la ville de Menié, que quelques-uns disent sans raison être l’ancienne Thèbes , à quarante-cinq lieues du Caire. A notre gauche , nous laissâmes Cheik , Abou , Ennour , Cherouné , Gerabié et le Mont-des-Oiseaux , ainsi nommé à cause de la multitude d’oiseaux de toutes espèces , qui y font entendre continuellement leur ramage. Nous restâmes deux heures sur l'ancre à Souadi , le cinquième au matin , à une lieue au-dessus de Menié, |
C'est à Souadi que commencent les grottes de la Basse-Thébaide. La perspective que forment les divers rangs et les bizarres ouvertures de ces grottes ;
l'immense étendue du Nil, qui unit par üne seule nappe d'eau les deux chaînes de montagnes qui bordent l'Egypte à son levant et à son couchant ; la multitude des bâtimens à rames et à voiles dont ce fleuve est couvert; le nombre prodigieux de villes
216 LETreps
et de hameaux, les forêts d’acacias, de sycomores et de palmiers qui font briller leur verdure au-dessus
rens tableaux que la Nature, plus habile que tous les peintres du monde , à voulu peindre elle-même en ces lieux.
Ces grottes, dont je viens de parler, s'étendent jusqu’à Manfelouht » du même côté > C'est-à-dire , au levant du Nil On ñn6 voit qu’une Campagne toute sablonneuse , à quelques endroits près, où il y a des : habitations. Elle n’a qu'une demi-lieue de largeur ,
fertiles, et s'étendent À cinq Ou six lieues vers les snontagnes qui les bornent, Voici en peu de mots le plan de l'Egypte.
Le Nil coupe une plaine de cinq ou six lieues de largeur, plus ou moins, serrée entre deux Montagnes. La partie la plus étendue et Ja plus abondante » est ordinairement à l'occident; Ja Plus étroite et la plus stérile , à lorient. Au-delà des deux rangs de montagnes, ce ne sont que des déserts et des sables, qui aboutissent d’un côté À la mer Rouge, et de l'autre
puis Souadi > AVANÇANT toujours vers le midi, nous découvrimes > Sur notre droite , Bini > Hassan, Rouda, Baïadié > là ville de Mellavi à Cinquante. cinq lieues du Caire > Massara, Tarout, Escherif où le canal de Joseph prend sa source , Missara; et le G au matin, nous aperçümes Ja ville de Manfelouth : à dix lieues de Mellavi ; ensuite Sellam , où toutes. les maisons sont Couronnées de créneaux , de per choirs et de tours, qui servent de retraite AUX pigeons. Toutes les villes et Les Villages de la Haute et Basse,
syYeomores et re au-dessus un spectacle que les Ro- Voyages en us ces diffé.
que tous les
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s'étendent -à-dire , au igne toute t 1] y a des :
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e midi, Hassan, fuante terif où et le G louh ,:
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Egypte ont des colombiers sur les toits de la plupart des maisons, ou dans un coin de la basse-cour , avec cette différence que les colombiers de la Haute- Egypte représentent une tour carrée » Êt que ceux de la Basse-Egypte sont composés de plusieurs tourelles faites en cône, et construites en rond. On dit communément dans le Saïd, qu'un père de famille qui est à son aise , ne donneroit pas sa fille en mariage à un jeune homme qui n’auroitpas chezluiuncolombier.
Après avoir quitté Sellam , nous passâmes devant Monquabat , la ville de Siouth à soixante-dix lieues du Caire , puis le bourg de Quathia; et le même jour 6 septembre, nous abordâmes après midià Aboutigé, distant de trois lieues de Siouth.
Le prince arabe, nommé Hamet Abouaith, qui commande dans ces quartiers, étoit à Der, et son intendant étoit demeuré malade à Settefé. Son valet, qui m'étoit venu prendre au Caire, alla porter à son maitre Ja nouvelle de mon arrivée. Pour se rendre à Settefé , il fut obligé de marcher trois lieues dans l'eau jusqu’à la ceinture, et même quelquefois jusqu’au cou. Les hommes de ce pays sont accoutumés à cheminer dans ces plaines d’eau comme dans des plaines de terre; ils en connoissent toutes les routes, et c'est une nécessité pour eux d’en être bien instruits, le Nil étant six mois à croître et à décroître ; savoir, depuis le mois de juillet et d'août, jusqu’en novembre et décembre. Ce valet de l’intendant nous amena le lendemain un bateau plat sur lequel nous passämes, et j'arrivai le soir à Settefé. L’intendant qui m’attendoit avec impatience, me reçut avec toutes sortes de démonstrations d'amitié , surtout lorsque je lui présentai les remèdes que je lui avois apportés, Après quelques heures de conversation , je lui demandai la permission d’aller visiter les Chrétiens, et de faire les fonctions de ma mission. Il me le permit aisément, Je rendis mes premières visites
218 LETrees
au curé de Settefé, ainsi que J'avois fait à Aboutigé, Je trouvai tous ces curés aussi Ignorans les uns que ‘8 autres, J'en vis un à Aboutigé, Qui n’avoit que vingt ans, et que son oncle, évêque du lieu > avoit ordonné prêtre à dix-sept, Œuoiqu'il ne sût Pas lire l'évangile en arabe, ni Je PSautier en sa langue ; ce qui est une Preuve d’une grossière lgnoOrance, Les ecclésiastiques de Settefé font leurs OCCüpations de tenir un livre de Compte dans les greniers publics , Où l’on serre Je froment » Les fèves et les lentilles ; où ien ils ont In direction des moulins à huile > Qui
sont fort communs Ces fonctions or.
dinaires des curés e juger des instructions que le n reçoivent, et de uelle nécessité il est d’e Issi
ces quartiers Pour ir troupeaux.
À Poccasion des moulins À hui] parler, je dirai qu'il ne faut ins soient Pour faire d
e dont je viens de pas croire que ces moue l'huile d'olive, On ne ici que celle qu'on y Pporte de Syrie, de G de Barbarice. Les oliviers SOnt trés-râres dans tout le Pays. L'huile dont on se Sert pour s’éclairer ou pour manger, est faite de sésame, qu’on appelle sIrêge , c'est-à-dire, huile à écl arthame, en
trouve rèce et
arabe est se/de laitue et de
Carthame dans : ur les moudre
un même moulin po
ensemble, L'huile d'olive appelée en arabe ze7thaïeb, c'est-à-dire, huile excellente > €St très-rare dans le Saïd » Comme je j'ai déjà dit,
€ Commencai ma mission À Abonti tefé par l'instruction de tantôt dans les écoles
lem-Fam. Comme c
gé et à Sets enfans, que j’assemblai ; > tantôt dans Ja maison de Mal.
et intendant de la maison du
i Aboutigé, les uns que n'avoit que lieu > AVOIt Ut pas lire angue ; ce rance, Les palions de publics , itilles ; on ule , qui tions or juger des de quelle
s en tous et leurs
viens de es mou-— e trouve rrèce et tout le DU Pour sirêge , ne » en de lin, y) OU de est se/eet de oudre Zeit s-rare
à Setblai , Mal-
n du
= 59 ET EPS PRESS
prince avoit très-bon sens , et étoit assez bien instruit des vérités catholiques, il m’aidoit à convaincre d’erreur les prêtres et les anciens de ces deux bourgades. Leur erreur au sujet du baptême est si extravagante , qu'on ne la pourroit croire , si l’on n’en étoit pas témoin oculaire , ainsi que je l’ai été. .
Ils ne baptisent les garçons qu'après quarante jours de leur naissance, et les filles qu'après quatre vingts. La cérémonie du baptême ne doit jamais être faite , selon eux, que dans l’église. Si par malheur un enfant est en danger de mort avant le terme de quarante jours pour les garçons, et de quatre-vingts pour les filles, on appelle un prêtre dans la maison , qui fait sur le malade quarante-deux onctions, ni plus ni moins, avec de l'huile bénite. Si l'enfant guérit, on lui confère le baptême après ces quarante jours; s'il meurt avant le terme, ils l’abandonnent à son sort. Je n’ai pas laissé de crier sur tous les toits des maisons des villes et des bourgades de la Haute et Basse-Egypte, et d’annoncer à haute voix ces paroles de J.C.: Nul ne peut entrer dans le royaume de Dieu, s'il ne renait de l'eau et de l'Esprit saint (Joan. chap. IIT, v. 5). A ce texte si formel de l’évangile , ils m’opposoient l’onction dont parle lapôtre saint Jacques dans son épiître catholique. J’avois beau leur répondre que cette onction est le sacrement des malades baptisés, dont parle l'Apôtre , mais qu'il s’agit ici du sacrement de baptême institué par Jésus- Christ, pour effacer dans un enfant nouveau-né la tache originelle du péché; que dans l'institution de ce sacrement, le Sauveur du monde n’avoit fait mention que de l’eau, et non pas de l'huile : plusieurs d’entr’eux ne concevoient pas, ou ne vouloient point concevoir ces raisonnemens, Ceux cependant qui savoient lire en arabe , et qui lisoient avec moi dans nos saintes Ecritures ces passages si clairs et si disüncts, furent obligés d’avouer qu'ils avoient tort ,
Je
que pour fair
chimistes
et que j'avois raison » et me
leur malheureuse Pratique, qui fermoit le ciel à une infinité d'enfans.
€ prince Hamed » et lui étoient arrivés à Settefs . :
Prince se trouva fort e SiLiOn ; mais he
un soldat du Caire > Qui nous y avoit y
assurant que nous du bien à tout le
tiefé, nous raconta lui - même cette histoi que dans le Said
plus grande que parto TS un obstacle à ines :
üles , je pris la résolution de prendie congé de lui; ce que je fisle 1 9 Septembre, en secouant la Poussié
Promirent de changer
pag igé , vinrent trouver dirent que deux Francs
Pour clouer les bords du
ordement de ce fleuve, Ce arrassé d’une telle dépoureusement Pour lui et Pour nous, 1S et connus,
Se trouva présent à celte a
| hommes d’être des
ce denos Personnes, n'étions venu
monde, C’est ains:
notre justification.
éSque. La vérité est Uropéens passent Pour être 'S de trésors, J'avais déjà été
public, ue je n’en Obstination ut ailleurs, nstructions, > Si j'avois pu obtenir de Ôté et mon ami, de faire une ‘eligion Catholique ; Mais le ur la vérité connue. Voyant
TL pas. La dureté et l’
re de mes souliers,
le changer Ciel à une
1 m'arriva voient vu it trouver X Francs bords du irner par euve, Ce e dépo- Ir nous, Connus , le accu— tre des sonnes, artiers , St ainsi Cation.
aconta té est ir être jà été nous, sant , ublic, n’en ation purs , ions.
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ÉDIFIANTES ET CURIÉUSES. 221
Toute la campagne étant couverte du débordemenit du Nil, je fns obligé d'aller attendre sur la pointe d’une longue levée, qui aboutit au grand lit du fleuve, la commodité d’un bâtiment qui devoit passer au pied de cette levée. H y arriva le 20 septembre. Nous nous embarquämes à la pointe du jour sur ce vaisseau , qui faisoit voile vers le midi. S’avois des lettres de recommandation pour la ville d’Assena , et pour plusieurs autres heux de ma route. Nous cotoyâmes à notre droite les bourgs de Kimam, Selamoun, Themé où réside un cachef on commandant , Koum-Elarab, Mechta , Chahthoura, Cheik- Zeineddin , Tahta, gouverné par un autre cachef, à quatre-vingt-dix lieues du Caire. Nous laissimes à notre gauche l’ancienne ville de Kau à demi-ruinée, où l’on voit encore un vieux temple de païens. Je vis avec plaisir plusieurs petits champs élevés sur les bords du fleuve , dont les chaussées servent de rempart pour défendre le dora, c’est-à-dire le millet d'Inde contre l’inondation du Nil.
Le dora croît à la hanteur de huit ou dix pieds sur une tige nouée et ligneuse , comme le roseau. Sa graine est à la cime , formant un bouquet bien rangé , et unique sur chaque tige. On fait du pain de cette graine pour les paysans. Le dora est mûr en novembre et décembre. Sitôt qu'il est mûr , on fait percher des enfans tout autour sur des monceaux de gazon , pour écarter les oiseaux par le bruit de leur voix etle claquement continuel de leurs frondes, Ces enfans continuent cet exercice jusqu’à ce que le millet soit en état d’être coupé.
Le 21, deux heures avant le jour , on nous débarqua sur le port d’Akmin , ville très-jolie , au levant du Nil , à quatre-vingt-quinze lieues du Caire. Elle est gouvernée par l'émir Hassan , qui y fait régner
le bon ordre et la sûreté. Les Chrétiens y ont une église la plus propre de toute FEgypte. D'abord
que Copte pour lui demander à sainte messe, I] me Ja refusa , s hosties que j'avois apportées > et que je lui faisois voir > étoient S, d’oùil concluoit Je ne Pris point vaise part, sachant que la coutume des prêtres Copies est en effet de ne Consacrer jamais
u’avec une hostie Cuite du jour même, Je retournai | du la maison de mon hôte , où je célébrai secrète-
"ent nos divins mystères sur un autel portatif, N Missionnaire ne doit point se rebuter de l’aheurtement des Coptes à |
eurs Coutumes ; au contraire
il doit travailler auprès d'eux avec Patience , leur Ouvrir souvent l'évangile , Pour lequel ils ont un grand respect, et leur répéter fréquemment lesmêmes
vérités, pour vaincre peu à peu leur Opiniâtreté dans | leur ignorance > Sans leur donner Jamais lieu de croire qu'on ait du mépris Pour eux,
Etant à Akmin > Je me souvins de Ja Commission |
que M. Lemaire > Notre consul au Caire > me donna
avant mon départ, {nformez-vous > me ditil, de Je : vérité des Jaits que les POYAgeurs nous racontent 2CÈ du serpent d'Akmin, &/ quel peut étre je Jondement de toutes Jes Sables qu'on débite à SOR Sujet,
Voici donc ce que j'en appris d’un ecclésiastique chez qui je logeai , nommé Sernan abou Salomé , le plus savant Sans contredit de tous les Coptes de
a Haute-Egypte. Il me dit que le serpent en ques- | tion se nomme Haridy ; que l'opinion des Chrétiens Fe etdes Turcs, est ‘Tue Ce serpent est possédé de l'esprit qui mit à mort les Sept-premiers maris de Sara. La
grande raison qu'ils en ‘Pportent , est la prétendue 1 merveille de
ce serpent Æaridy, qui ayant été coupé en pièces dans un bain
et ayant été mis ensuite durant deux espèce de couve
ei 2 ti LEE 44
uidemander
ne la refusa , IS apportées Or , étoient il concluoit Pris point la coutume crer jamais e retournai ‘ai secrète rtatif, de l’aheur- COntraire nce , leur ls ont un lesmêmes treté dans de croire
nmission ne donna 1, de La 2content le Jon- I Sujet, lastique alomé , ptes de n quesrétiens l'esprit ra. La tendue coupé ’émir, ns une racle,
et plusieurs autresde cette nature, qu'on me raconta, me firent aisément juger que tous ces faits, prétendus miraculeux , ne sont que des tours artificieux d’un bateleur ture , qui nourrit deux ou trois serpens sur
une montagre voisine de Romélie, oùil attire les
voyageurs par l'espérance d'y voir tout ce qu’on raconte du fameux serpent Haridy.
On me proposa, comme aux autres, de monter sur celle montagne pour en être témoin ; mais je répondis à ceux qui m'en firent la proposition , qu'il ne falloit point sortir du Caire pour voir de pareils miracles , et que dans la place de Romélie, vis-à-vis le château , on voyoit souvent des bateleurs et des charlatans , qui y apportent des serpens privés , avec lesquels ils font mille tours d’adresse , quine surprennent et ne trompent que les sots. Je me souviens d'avoir lu dans Lucien , qu'un fameux bateleur , nommé Alexandre d’Abonotique , nourrissoit du temps de Marc-Aurèle deux grands serpens de Mactdoie , avec lesquels il faisoit des tours surprenans. Voilà tout ce qu'on doit penser du serpent Æaridy, si célèbre dans l'Egypte.
Je séjournai cinq ou six jours à Akmin , lisant et expliquant sans cesse aux Chrétiens mon livre des évangiles. Si l’évêque du lieu , dont j'ai parlé, osoit se déclarer catholique , ses diocésai::s suivroient son exemple ; mais le respect humain le retient ainsi que plusieurs autres.
Avant quede partir d’Akmin, j'allai saluer Mallem- Seliman-Gennami , premier mébacher et secrétaire de l’émir, J’en avois recu toutes sortes de marques d'amitié. Un de ses frères, que je vis dans sa maison, porte le nom d’un saint qui m’avoit été inconnu pour tel jusqu'à présent , et qui ne se trouve en effet dans aucun martyrologe excepté celui des Coptes. Ce frère se nomme Pilate. 11 ne faut pas croire que les Coptes prétendent que ce nouveau saint soit quelque
qu'à Memchié,
224 LEerTrRes confesseur ou Martyr qui ait Page
ils soutiennent que le patron du frère du mébacher
est le Pilate même, ce juge inique et esclave de sa fortune , qui livra le Rédempteur du monde à la mort ; et ils prétendent que ce perfide politique TeCOnnut enfin son crime > Qu'il le lava dans les éaux du baptême , et ensuite dans son mort chrétien et martyr. L
ce nom ; mais
a lecture de Ja légende
fait mention de cette conver
Plus d’une fois,
Le 26 septembre nous nous embarquämes sur un bateau qui alloit à Assena. Ayant fait voile » nous Passâmes assez loin de Souhage , qui est sur le bord occidental de la rivière, Nous abordâmes deux heures après à Memchié
» Qui est situé sur le même bord.
Ces deux gros bourgs Où peltes villes sont gouvernés par deux différens cachefs, c’est-à-dire » Souverneurs.
Nous nous arrétâmes à Memchié, Les Chrétiens me Conduisirent au marché, où J'espérois trouver une plus grande aflluence de peuple. J’ÿ assemblai en peu de temps mon auditoire ; je fis Je catéchisme aux enfans, et une instruction aux personnes plus âgées, Je Profitai de tout Je loisir que me donna le Patron de notre barque, Pendant que j'étois ainsi occupé, les Voyageurs avec qui j'étois, allèrent faire
eurS provisions, et entr’autres celle d’une espèce de Pâte singulière > nommée 7edé , qui ne se trouve C'est ce qui a fai
> On les broie sous la meule; ‘ns une chaudière pleine d’eau USqu'à une certaine consomption.
»1lse forme une espèce de confi-
ture
VS ANA PE ne TS NUE 11) | Aie SN 7:
a ES ste en dt ee ons LS RS JO seu di bei >
nom ; mais lu mébacher tesclave de monde à la le politique ans les éaux sang , étant la légende Conversion Jartie de la été témoin
mes sur un ile , nous ur le bord ux heures ime bord.
OUvVErnÉs vérneurs.
tiens me iver une mblai en téchisme nes plus lonna le OI ainsi ent faire pèce de trouve e bourg ains de It dans sécher meule; d’eau ption.
confiture
ÉDIFIANTES ET CURIEUSÉS, 455
ture très-douce et très-agréable , quoique ra et sans miel, Les gens du pays en font pe cas, et en sont fort friands, Ce rob » Ou cette con «rl ressemble entièrement par le goût, pe la couleur, par la consistance , au rob fait avec le moût, Nous démarrâmes de Memchié sur le soir ; et nous arrivâmes avant le jour au port de Girgé > CApi= tale du Saïd , à cent lieues du Gaire, et à cé du Nil. Ce nous fut un trés-grand contre-temps é trouver le nouveau cachef ou Later ser d Assena qui s'embarquoit pour aller se rendre à son LA Sitôt qu’il nous aperçut , il fit ürer Sur de que ques coups de feu, pour nous obliger : sb et à recevoir sur notre bord une partie e Le page. Il fallut céder au plus fort , at D sa suite. Dix barques rang es sur deux lignes accompagnoient. Sa galiote tenoit le centre. C + ainsi que ce gouverneur , Comme un pétit amiral , er sur le Nil au bruit des tambours , qui se entendre au loin. On dit que tous les non cache : en usent à peu près de même ; lorsqu ils se sur ce fleuve ; aussi ne faut-il pas s sn à on les fuie du-plus loin qu’on découvre les banderoles ; se flottent au haut des mâts et au bout des cv le : galiote du cachef. A ce signal, le pilote c Le promptement la première île ou le premier go e pour S'y enfoncer ét s'y cacher. Pour . po nous n’en pûmes faire autant ; ainsi bon gré ma Et il fallut nous joindre à ses barques et le ne (ou côtoyämes à notre droite Bardis , gouvern ñ ui chef d’Arabes nommé Mahemet-abou-Jouse c ve la juridiction s'étend sur Beliené et sur ee ; où nous mangeâmes de grosses dattes rouges, les plus belles et les plus succulentes que j re vues, Nous vinmes ensuite jeter l'ancre VIS-2-vis Beliené , où nous restimes toute la nuit. Dès le in nous fûmes éveillés par le bruit d’un grand matin nous fûmes | . TE 1
tie
226 LETTRES convoi funèbre ; voici quelle en étoit la marche et l'appareil,
Le corps mort étoit sur une espèce de brancard, porté par Plusieurs hommes sur leurs épaules. Les parens et les amis du défunt l'environnoient par honneur ; suivoit après une longue file de femmes couvertes de grands voiles blancs traînans jusqu’à terre ; des troupes de danseuses, payées pour cette cérémonie, les entre-coupoient, Ces danseuses faisoient claquer leurs doigts sur leurs mains ou sur des tambours de basque, en sautillant et chantant : les autres soupiroient, pleuroient et se lamentoient en jetant de grands cris, ou plutôt des hurlemens » Comme des femmes qui se désespèrent, ce qui formoit un pu Contraste, Les parentes et les amies qui vouoient paroître les plus aflligées, se jetoient et se rouloient à tout moment Par terre, ramassant à pleines mains la poussière , et la répandant sur leurs têtes, La mère du défunt , et quelques autres femmes qui l'accompagnoient, descendirent sur le bord du fleuve, et paîtrissant de la boue avec de la terre et de l’eau, s’en barbouillèrent le visage , et s’en couvrirent la tête et leur grand voile blanc > Qui est la marque de leur deuil. Alors les unes redoublèrent leurs hurle mens et les autres recommencèrent leurs danses et leurs chants, Jamais je n’avois encore été spectateur d’un tel appareil tragi-comique. On m’assura dès-lors
ue les pompes funèbres des Mahométans dans toute l'Egypte supérieure , étoient semblables à celle-ci, J'en ai été en effet témoin dans la suite plus d’une fois.
Le 28 nous laissämes à notre droite Bhageoura et Hou, deux résidences de cachefs. La première : qui est à cent dix lieues du Caire , est gouvernée par un chef d’Arabes , nommé Hamet-abou-Jousef. La
euxième , qui est éloignée de deux petites lieues , 4 un Cimetière un peu élevé, On y vient enterrer les
mm se
\ marche et
brancard, paules. Les at par honmmes couqu'à terre; te Cérémos faisoient r des tam- : les autres . en jetant , Comme ormoit un S qui vouet se rnuà pleines 1rs têtes, nmes qui lu fleuve, de l’eau, rirent la arque de He lanses et ectateur dès-lors ns toute celle-ci, is d’une
ageoura mière , née par sef. La lieues , rrer les
ee a
ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, 227 morts de Bhageoura et de plusieurs villages d’alentour, parce que leur terrain étant trop bas, ne pour roit pas mettre les sépulcres à couvert de l’inonda= lion,
Le 29 septembre nous vimes sur notre gauche Quassr-Fau, portant le titre de cacheflik ; Samatha- Quena, autre cacheflik à cent dix-huit lieues du Caire , oùse fait le transport desmarchandises qui débarquent à Cosseir sur la mer Rouge, anciennement Bérénice, Les Nubiens y amènent quantité d'esclaves noirs , pour les vendre ensuite dans le reste de l'Egypte,
Vis-à-vis de Quena, on découvre Dendera au couchant du fleuve. C’étoit autrefois un évêché , nommé Tentiris , très-célèbre par le voisinage de l’île de Tabenne, où saint Pacôme avoit son principal monastère , et d’où il venoit souvent à Dendera.
Assez loin de cette ville, on voit un temple des anciens Égyptiens d’une grandeur et d’une hauteur surprenante, Un auteur arabe rapporte que ce temple a aulant de fenêtres que l’année a de Jours , et que ces fenêtres sont tellement disposées , que chacune répondant à un degré du zodiaque , reçoit l’ur: après l'autre les rayons naissans que le soleil y darde chaque jour. Je n’a point été témoin de ce fait; mais j'ai vu auprès de Dendera une {urût qui mérite qu'on en parle. C’est une forêt de doums, ou dattiers sauvages. Cet arbre , que l’on ne voit en Egypte que depuis Girgé , en Lirant vers la Nubie , ü cela de sin-
zulier sur tous les autres arbres, que son tronc sé Ps et se lourchant en deux parties égales , chaque branche se subdivise en deux autres , lesquelles se partagent chacune en particulier ét de là même manière en deux autres égales parties, jus qu'à ce qu’elles parviennent à la cime des dernières branches, Ce ne sont que ces dernières branches qui produisent des feuilles semblables à celles des patmiers. Le fruit, qui est de la couleur de son écorce, Éd
228 LETTRES est gros Comme une petite grenace. La chair en e si dure , qu’une hache bien affilé
st e ne l'entame qu'avec peine. Les paysans, à qui la nature a donné apparemment des dents plus tranchantes , trouvent le moyen d'en venir À bout, et en font leurs délices. Ce
fruit a cela de Commun avec les figues du Sycomore, qu'il croît par peloton au milieu des branches et éloigné des feuilles ; son noyau sert de poignée aux vilebrequins. Cette forêt de doums, qui est très-vaste, offre un aspect charmant. S; Je savois que ces arbres Pussent croître en France, j'en enverrois des fruits. Malgré la beauté de cette forêt, qui récréoit nos JEUX, nous nous ennuyions fort de l'honneur que nous avions d’escorter le Souverneur d’Assena; mais enfin notre patron trouva moyen, soit par prières , soit par adresse, de nous dégager de la génante compagnie où nous étions, Il mit Promptement à la voile dans le milieu de ja nuit. Nous nous sauvâmes à la faveur des ténèbres, et nous vinmes mouiller à la ponte du jour au port d'Abnoub , à quatre lieues de Quena. Ce bourg et les environs obéissent à un prince arabe, nommé Jousef, fils du commandant de Bhageoura, mais avec dépendance du pacha et * des puissances du Caire > lesquels Commandent à tous les chefs des Arabes, qui ont des gouvernemens particuliers,
Dès que j'eus mis pied à terre » je me rendis au chouné ou magasin public du froment et des légumes. Ces chounés sont de grandes cours fermées, où les grains sont entassés en divers monceaux » Et exposés
à l'air. Des enfans à gage y font sentinelle le long du jour contre une armée d'oiseaux, que ces grains attirent de toutes parts, Ces enfans , malgré leurs clameurs et mille industries dont ils se servent pour Jes mettre en fuite > Ont toutes les peines du monde à défendre leur terrain. Ces oiseaux, plus fins que leurs ennemis, s’aguerrissent contre tous leurs strata-
PT a ER sa she