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que je le viendrois voir tous les jours. J’obéis à ses ordres, Ce prélat avoit de bonnes intentions , Mais peu de capacité; il vouloit s’instruire , mais il ne vouloit pas paroître avoir besoin d'instruction. Pour m'accommoder à son génie, j’avois grand soin en conversant avec lui, de lui répéter souvent , que je ne doutois pas qu’il ne sût parfaitement tout ce que je lui disois des articles de la foi catholique, des erreurs des Coptes , de la matière et de la forme des sacre mens , et de la conduite qu’un ministre des autels devoit tenir avec les pécheurs. Il me paroissoit tou jours très-content de moi à la fin de nos entretiens, parce qu'il étoit persuadé par mes discours, que je le croyois très-savant. J’étois aussi très-content de lui . parce que je le voyois disposé à mettre en pratique tout ce que nous avions dit.
La considération que ce bon prélat me témoignoit m'attira bientôt celle de la ville. On venoit me cher cher de tous côtés ; mais c’étoit bien plutôt pour me demander des remèdes corporels que les spiritnels. Les missionnaires passent dans le Levant pour > très-habiles en médecine ; le fondement de cette Opinion, c’est la distribution gratuite qu'ils font des remèdes que le feu roi avoit la bonté de leur envoyer chaque année: thériaque, confection d'hyacinthe , quinquina , emplâtres, et d’un grand nombre de pilules que les filles de Sainte-Geneviève , établies par feue Madame de Miramion, leur donnent tous les ans.
Il est incroyable combien nous tirons d'avantages de ces remèdes. Ils nous ouvrent la porte chez les selgneurs tures , qui, en considération du soulage ment qu'ils en reçoivent , nous accordent leur protecuion pour faire nos fonctions avec plus de liberté, Ils donnent occasion à de saintes industries pour conférer le baptême à des enfans moribonds, qui autrement auroient le malheur de mourir sans ce pre.
mier sacrement; et, au surplus, ils nous font écouter favorablement des Chrétiens schismatiques et ca tholiques, qui trouvent assez souvent la guérison de leurs mes, enne cherchant que celle du corps. J’avois porté avec moi plusieurs de ces remèdes; jen distribuai une partie à ceux qui me parurent en avoir un plus grand besoin; mais je leur dis en même temps qu'il y avoit parmi eux des malades » dont les maladies étoient bien plus dangereuses que celles pour lesquelles ils me demandoient des remèdes. Ils Comprirent aussitôt ce que je voulôis leur dire. Je les priai de s’assembler tous les jours eux et leurs familles , à certaines heures, dans des maisons chrétiennes que je leur nommai. Je n’avois pas de lieu plus commode pour leur faire des instructions; leur Cglise , dédiée aux saints anges Michel et Gabriel , où ils s’assemblent Pour prier, ét
ant éloignée de trois milles de la ville, dans un village nommé Benikelb,
Ils ne Manquèrent pas de se trouver le lendemain en grand nombre , à la maison où étoit notre rendezvous. Je commençai à l'ordinaire » par faire le catéchisme aux enfans. Je me fis faire ensuite , par deux ou trois bons cath:liques attitrés, différentes questions sur les malheureuses suites des maladies de Jûme dont je leur avois parlé, et sur les remèdes qu'on y devoit apporter promptement. Nos con- Férences se faisoient à merveille et avec fruit , lorsqu'elles furent interrompues par les préparatifs de l'entrée du nouveau bey, Mehemet-Abasa > Qui venoit prendre possession de son gouvernement, Son entrée se fit le { novembre, Le cérémonial des jcurs suivans me fit comprendre qu'il n’y avoit plus rien à faire pour moi, ou plutôt pour le service de Dieu,
Ainsi je pris’le parti de me retirer de Manfelouth, après avoir salué l'évêque , et je m'embarquai pour aller à Mellavi. Cette ville, avec son territoire » est
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