‹ Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères [microforme]Chapitre 42 sur 107 · PEN ER TR · texte numérisé non relu

PEN ER TR

AR RER PUS MU D En

une seigneurie consacrée à la Mecque, capitale de l'Arabie. Les deniers qu’on y lève sont fidèlement envoyés à cette capitale , par les soins d'Ismain-Bey, fils d’Ajoüas, bey du Caire. En arrivant À Mellavi j'allai descendre chez Ibraim-abou-Bechara, premier mébacher ou fermier général d’Ismaïn-Bey. Je trou vai près de lui toutes les facilités que je pouvois désirer , pour faire dans la ville, pendant deux ou trois jours , les exercices de ma petite mission , et il y fut lui-même d’un bon exemple, J'en partis le 8 novembre pour aller à Achemounain , à deux lieues de Mellavi , vers le nord-ouest, Ce n'est à présent qu'un bourg; mais les vastes ruines d’un grand nombre de palais , dont on voit encore les marbres et les colonnes de granit, Mar—. quent assez son ancienne splendeur, Après avoir parcouru les débris de plusieurs de ces palais, je fus frappé de loin par la majesté d’un portique à douze colonnes. J’en approchai de plus près; je trouvai le travail magnifique , délicat, et si entier que , quoique sa construction ait été faite pendant les. règnes des Pharaons , et avant la conquête de Cam bise roi des Perses, il semble cependant que les ouvriers ne viennent que de le finir. Les colonnes ont trois pas ou sept pieds et demi de roi de diamètre sur sept ou huit fois autant de hauteur. Elles ne sont d'aucun de nos cinq ordres d’architecture ‘ dont l'invention est postérieure à la construction de ces colonnes. Ce sont proprement douze massifs ronds de pierre qui soutiennent un plancher carré, long et isolé, Chaque massif ou chaque colonne est de trois pièces. La première, qui pose sur une base à moitié enterrée , est couverte d'hiéroglyphes gravés. Entre ces hiéroglyphes on distingue près de la base la figure d’une pyramide avec sa porte ouverte. La deuxième pièce et la troisième sont cannelées et peintes de rouge et de bleu. La tête de chaque

colonne finit par un simple cordon sans chapiteau, et toutes ensemble porte gues, dont une moiLié occupe le dessous du plafond. Deux de ces pierres » beaucoup plus épaisses et plus, grandes que les autres » forment , au milieu du. porüque , une espèce de fronton carré, D'une coloune à l’autre on Compte quatre pas, excepté néanmoins qu'au milieu, depuis la troisième jusqu’à la qua-trième , il ÿ en a six. Entre les denx rangs, qui sont de six colonnes chacun , la distance est aUSSÈ de quatre pas ; de sorte que, compris les diamètres et les entre-deux des colonnes , le portique à quarante pas de long Où cent pieds de roi ; et de large , x pas où vingt - cinq pieds de roi. La hauteur des colonnes avec I entablement est d'environ cinquante- €luY où soixante pieds de roi. Il règne tout autour. une frise charsée de riches bas-rchiefs , de mystères. hiéroglyphiques. Le sont des animaux terrestres , des, insectes » des oiseaux du Nil » des obélisques , “es pyramides, des hommes assis gravement sur des siéges. Devant chacun de ces hoim personnage debout, qui leur présente je ne sais quoi, Vous diriez que ce sont des rois qui reçoivent des pee de la main de leurs mini

le cinquante de ces figures humaines dans les deux faces de la frise. Le relief y est

mes on voit un.

, St d’une couleur d’or qui brille et.

a représenté le firmament dans le plafond. Les étoiles n'y Sauroient être mieux grav plus frais et plus vif.

. Cet ouvrage est fort ancien , et d’une inagnifique. simplicité, Les Grecs et les Romains , qui ont possédé l'Egypte , n’ont pas été les inventeurs des hic. xoglyphes ; à peine les entendoient-ils, Hérodot -

nt vingt pierres carrées lon

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qui vivoit plus de cent ans avant Alexandre-le-Grand, décrivant dans son deuxième livre son voyage en Egypte, parle de ces caractères mystérieux , comme ayant été inventés dans des we si éloignés, que leur antiquité les avoit rendus dès-lors imintelligibles. Cambyse roi de Perse , et ses successeurs, ayant fait la conquête du royaume d'Egypte, ne purent souffrir. que leurs nouveaux sujets adorassent l’eau comme une divinité , pendant que leurs nouveaux maîtres, étoient adorateurs du feu. Ils se déclarèrent contre la religion et la divinité des Egyptiens, et contre ces sortes de fig..es symboliques , jusqu’à exterminer de ce royaume les prêtres qui avoient la science de ces sortes d'images, qui leur étoient odieuses ; d’où l'on peut conclure , avec quelque probabilité , que le portique dont je parle, enrichi de tant de figures hiéroglyphiques, est plus ancien que ies Romains , lea Grecs et les premiers Persans.

Permettez-moi, MONSEIGNEUR , d'ajouter à cette description le récit moins sérieux de ce qui m’arriva à l’occasion de cet ancien monument. L’Arabe qui m'accompagnoit me tira en particulier et me dit à loreille , afin que personne ne l’entendit : N’a//ume pas ici ton encensoïr , de peur que nous ne soyons surpris sur le fait , et qu'il ne nous arrive malheur. Que veux-tu dire, lui répondis-je, je n’ai ni encensoir, ni encens , ni feu P Tu te mocques de mot, me répliqua-t-il , un étranger comme toi ne viené point ici par pure curiosité, Et pourquoi donc, repris-je ? Je sais, m'ajouta-t-il, gue fu connoïs par ta science l'endroit où est caché le grand coffre plein d'or que nos pères nous ont laissé. Si l'on soyoit 1on ençensoir, on crofroit bientôt que lu. SerOISs venu iCt Pour ouvrir notre coffre par la vertu de tes paroles et de tes encensemens. Ce discours me donna l'intelligence de ce qui m’avoit été dit si souvent sur ma route, et que je n’avois pu com-

prendre jusqu'alors. Ne nous enlevez pas on, tantôt en riant, tantôt fort sérieus ROUS enlevez pas notre trésor caché

dans le portique d'Achemounain. J appris donc à c

ette occasion que

dans le pays on est persuadé que les deux grosses pierres , qui forment un fronton au-dessus de Fencoffre qui contient des » €t que tous les labitans re les étrangers , capables, par la force

tablement , renferment un sommes immenses en or Voisins sont en garde cont disent-ils, de leur enlever leurs trésors de leurs enchantemens, De-là vie

caché

qui la fit bâtir. Après avoir considéré lon

g-temps cette antiquité, qui ne Pouvoit contenter que la curio-

Sité de mes yeux, Je renonçai à pouvoir en apprendre davantage, et je m'en allai le lendemain matin , 9 novembre , au village de Bajadié , à une lieue de Mellavi sur le Nil. Les habitans y Sont tous Chrétiens Sans aucun mélange de Mahométans > Ce qui n’est nulle part ailleurs ; aussi sont-ils très-dociles, Après leur avoir fait mon instruction , je les quittai le soir à leur grand regret, pour repasser le fleuve , et Pour aller coucher dans l’ancien monastère de Saint- Jean-le-Petit, qui n’en est éloigné que d’une lieue. Ce monastère n’en à plus que le nom. Des familles chrétiennes s’y sont établies > €t en Ont fait une cinquantaine de maisons, qu'ils habitent autour de l'église,

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nent, ze portique Sion que grosses de l’entient des habitans apables, la force on conina par alutaire.

u trésor ‘aucune l’auteur nstrucférentes rement de lieu à destidu roi Ds cette curiorendre matin , eue de rétiens 1 n’est Après le soir 16: et Saintue, Ce chréquanlise.

Le 10 novembre, de grand matin , je commençai la visite des grottes de la Basse - Thébaïde. Elles s'étendent depuis Saüadi près de Menié , jusque vers Manfelouth, c’est-à-dire , l’espace de quinze à vingt lieues. Elles sont creusées dans la montagne 1 levant du Nil, faisant face à ce fleuve , qui baigne le pied de cette montagne , ou qui ne s’en éloigne que d’une petite demi-lieue , ou d’une petite lieue tout au plus.

Je demandai aux gens du pays ce qu’ils sayoient par tradition de l’origine de ces grottes , et de l'usage qu’on en avoit fait anciennement. Je ne trouvai personne qui m'en pût rendre raison; mais quiconque auroit vu en France quelques-unes de nos carrières , jugeroit aisément à la seule vue de ces grottes , ce que j'en ai jugé moi-même. Il jugeroit que ces grottes ont été d’abord un terrain pierreux de la montagne qui côtoye le Nil ; qu’on a ensuite fouillé ce terrain pour en tirer des pierres qui devoient servir à la construction des villes voisines , des pyramides , et d’autres grands édifices. Il verroit de plus ce que j'ai vu, que les pierres qu'on en a tirées, ont laissé, pour ainsi parler, des appartemens vastes, obscurs, bas , et qui forment une espèce d’enfilade sans ordre et sans symétrie ; que les voûtes de ces concavités basses et inégales sont soutenues de distance en distance par des piliers , que les ouvriers ont laissés exprès pour les appuyer. Rien ne ressemble donc plus à des carrières que ce qu’on appelle aujourd’hui grottes ; et 1l est hors de doute qu’elles ont été carrières dans leur origine. En effet Hérodote nous apprend que le roi Cleopos employa cent mille hommes , l’espace de dix ans, à ouvrir des carrières dans la montagne du levant du Nil, et à en transporter les pierres au-delà du fleuve ; que pendant dix autres années suivantes , les mêmes cent mille hommes furent occupés à élever une pyramide cons-

truite de ces pierres , tendres et blanches de la carrière , mais qui peu à peu se l'air et brunissent,

Avant que nous en venions à dire nière, dans la suite des tem fit de ces profondes et obs et édifiantes grottes ,

en sortant durcissent à

de quelle ma- PS ; l'esprit de pénitence cures carrières de saintes.

{1 servirent de demeure à des hommes qui ne vouloient plus être comptés au nombre des VIVAuS ; je ne dois point oublier de parler d'un petit temple placé au milieu de ces carrières , orné de plusieurs peintures hiéroglyphiques , qui le rendent trés-agréable à la vue. {oct d'une figure carrée, de quatre ou cinq toises de longueur sur un, eu moins de largeur , et encore moins de hauteur. La voûte , les murailles » le dedans, le dehors, tout est peint, mais avec des couleurs. si brillantes et si douces , qu’il fant les avoir vues pour le croiré, En effet, pourroit-on jamais s’imaginer que les dehors de la porte, exposés aux injures du temps , eussent conservé jusqu’à nous > Comme je les ai vues » des figures entières » AVEC presque tous leurs traits et toute la vivacité du coloris ?

Au côté droit on voit un homme debout avec une Canne dans chaque main > APPUyYÉ sur un crocodile et une fille auprès de lus, aYant une canne à la main. On voit à la gauche de la porte un homme pareil lement debout, et à PPuyé sur un crocodile , tenant une épée de la main droite , et de la gauche une. torche allumée, Au-dedan: du temple, des fleurs de toutes couleurs » des instrumens de différens arts, et d’autres figures Srotesques et emblémati.

ques ÿ sont dépeints. Or ÿ Voit aussi l’un autre côté une chasse | où tous les olSeaux qui aiment le Ni Sont pris d’un seul coup de rets; et de l'autre on y voit une péche , où les poissons de cette rivière sort enveloppés dans un seul filet. 1 d sin de toutes

ces imaginations est tout-à-fait } Li. Au fond , on

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creusé une niche dansle mur, asse ofonde, élevée de six ou sept pieds , large de quat | peinte et enjolivée comme tout le reste. C'est crand dommage ue la voûte de ce petit édifice si curieux , soit dde , et en partie tombée, Je ne doute pas que ces débris ne soient du fait des Arabes , de ces extra vagans chercheurs de trésors, excités par l'espérance d'en trouver un caché dans les entrailles de ce roc, Les peintures -hiéroglyphiques du temple dont je viens de parler , sont une nouvelle preuve de l’an- % ces carrières ; car les Grecs et les Perses , usurpateurs de l'Egypte, et ennemis de toutes ces figures , n’én ont jamais été les auteurs,

Nous remarquâmes dans ces carrières d’autres endroits destinés à la prière des anciens Egyptiens, et d’autres destinés à la sépulture des morts. Ce sont des trous dans lépaisseur du roc, de six pieds de ong et de deux de large ; c’est justement la mesure d'un cercueil. Pour trouver ces cercueils , 1l faut quelquetais descendre dans un puits peu profond, et qui a des trous de part et d'autre, pour la commodité de ceux qui descendent. Le fond de ce puits aboutit à une espèce d’allée carrée et faite dans le roc , et par conséquent très - obscure. On observe aisément une parfaite conformité du puits de ces carrires, 2 °c ceux qu'on trouve dans les pyramides et du les cimetières , où les momies sont renfermées. C'est le ces carrières, percées par les premiers Pharaons pour fonder des habitations aux vivans et des sépulcres aux morts , que les successeurs d'Alexandre, et les Roinains après lui, ont cette quantité prodigieuse de pierres qui leur étoient nécessaires pour l'établissement de leurs colonies,

lais la Providence divine les :éservoit pour être un jour, sous le règne de Constantin et des princes chrétiens, les seuls témoi ne rigoureuse pénitence,

Tout le monde sait que l'horreur de ces ténébreuses cavernes , que red appelle aujourd’hui les grottes de la Thébaïde , fut autrefois l'attrait de ces hommes appelés de Dieu, qui, à l’imitation du prophète Elie et de saint Jean - Baptiste, vinrent de toutes parts s'y enfermer pour y exercer de saintes rigueurs contre leur propre corps, qu'ils regardoient comme leur plus cruel ennemi,

À la vue de ces grottes , partagées en dilférentes cellules très-petites , + pratiquées dans les voûtes des carrières, dont les portes et les fenêtres n’ont pas plus d’un pied en carré, mon imagination me dépeignoit dans chaque cellule ces saints et fameux anachorètes , les Macaire , les Antoine » les Paul, comme si je les avois eus présens à mes yeux. Je me représentois les uns prosternés en terre ; et baignant de leurs larmes leur crucifix entre leurs mains. Je croyois en voir d’autres avec des visages häves, et desséchés par des veilles , par des jeûnes continuels , et par les macérations de leurs Corps, pour attirer la miséricorde de Dieu sur les pécheurs et sur euxmêmes. D’autres me paroissoient tout absorbés en

Dieu , et goûtant par avance les délices du ciel.

J'avoue que ces grands objets qui m'étoient ainsi

représentés , saisirent si fort mon âme, que je ne

pus m'empêcher d’envier le sort de ces anges de la terre, de ces colonnes de la religion , de ces grands modèles de sainteté ; je ne pouvois me retirer de ces lieux. Je grimpai avec peine dans tous les coins

que ces courageux solitaires avoient pu habiter. J'y

trouvai d'espace en éspace des croix, des images ,

des oratoires , ouvrages de leurs mains. Tous ces

objets m'inspirèrent de grands sentimens de pi et de mépris du monde.

Je marchois tout le long de ces grottes, m’entretenant dans ces pensées , et adorant les voies cachées de la Providence divine, qui à permis que

es ténéd'hui les it de ces du prorent de * saintes irdoient

Yérentes , voûtes es n'ont tion me fameux s Paul , . Je me aignant uns. Je ves, et muels , ‘attirer ar eux- ‘bés en u ciel, it ainsi je ne s de la grands rer de S COINS er. J'y nages , us ces

piété

m'envoies 1s que

ÉDIFIANTES ET CURIEUSES. 255 ces saints lieux , si respectables par la piété de ces fervens Chrétiens , soient infectés aujourd’hui du mahométisme et du monothélisme. Agité que j’étois de toutes ces réflexions , j'arrivai vers la pente d’un vallon qu'on nomme le vallon du Bufle. La perspective en est des plus charmantes, Une centaine d'ouvertures de grottes, rangées les unes après les autres en différens étages sur les deux faces du vallon , en font la forme et la longueur. J’étois dans la compagnie de deux prêtres et de quatre autres fidèles. [ls me conduisirent à une ancienne église taillée dans le roc, qui est en grande vénération parmi eux. Quoiqu’elle soit de la dépendance des deux prêtres qui me la faisoient voir , ils en étoient encore à savoir la signification des caractères grecs et coptes tracés sur la muraille au bas de quelques tableaux. 11 fallut que je leur lusse , et que je leur expliquasse non-seulement le grec, mais aussi le copte qui est leur langue naturelle , et qu’ils ne savent lire que dans leur bréviaire , et non pas même sans beaucoup hésiter, Ces tableaux à demi effacés représentoient le massacre des Innocens , la fuite de Jésus-Christ en Egypte, les nôces de Cana. Ils n’avoient pas été peints par d’excellens peintres ; mais J'admirai un camayeu bien entier, fait d’une seule couleur jaunâtre, de deux pieds environ de diamètre, Une tête d'homme 4 étoit très-distinctement représentée avec ces mots : Oaciok KOLLOYTHOK , qui veulent dire saint Colluthus. Je ne sais si ce Colluthus » qualifié saint , auroit été en effet ou un serviteur de Dieu , du nombre de nos anciens anachorètes, ou bien cet hérésiarque que le célèbre Hosius convainquit dans un concile d'Alexandrie tenu quatre ou cinq ans avant celui de Nicée,

Continuant ma route avec mes compagnons, une voûte d'environ cent pas de long sur autant de large, chargée de quanuté d'écriture faite à la main ; M'ar-

réta tout court pour la considérer. Cette écriture n'est d'aucun caractère , soit turc > SOit arabe , soit hébreu , soit grec , soit latin, soit copte, Ces six langues ne me sont point étrangères. J ’entrevoyois, ce me sembloit, des lettres hébraïques et d’autres

Coptiques ; ce n’étoient cependant ni les ünes ni les

autres. Jeus beau les étudier toutes pendant uné heure entière , Je ne pus deviner en quelle langué elles étoient écrites: mais j’admirai la patience que ces bons ermites avoient eue, de transporter des échafauds d’un endroit à un autre > Pour crayonner un si long vuvrage. Je ne fus pas plus savant sur le sujet et la matière de ces écritures, que je l’étois sur la langue, en laquelle elles étoient composées. Je me figurois néanmoins que ces solitaires s’étoient apparemment occupés à transcrire des psaumes , ou quelques endroits de nos saintes Ecritures.

Mais pour revenir au caractère des lettres > après les avoir une seconde fois attentivement considérées, il me vint en pensée que des religieux Ethiopiens , ou Syriens, ou Chaldéens, auroient pu venir se retirer dans ces grottes , et former ces écritures en leurs idiômes. Prévenu de cette idée > je consultai à on retour au Caire mes alphabets , et je tombai d’abord sur celui de l’ancienne langue syriaque, bien différente de la moderne, 11 me parut alors que les lettres écrites sur la voûte de cent pas de long , et dont j'avois encore les idées assez fraîches » avoient une grande ressemblance avec les lettres que j'avois sous les yeux. Je me souvins en même temps d’un trait du livre neuvième de l’histoire ecclésiastique de Nicéphore qui dit que du temps de l’empereur Justinien, les Abissins avoient deux langues en usage , la leur propre , et la syriaque, Le même auteur ajoute qu'ils avoient appris celle-ci des Syriens chassés de leur pays par Alexandre-le-Grand » et réfugiés en Abissinie, Je sais de plus de très-bonne part que les

Abissins

e écriture rabe , soit e. Ces six trevoyois, t d’autres

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idant uné Ile langue ce que ces échafauds un si long sujet et la a langue, e figurois tremment ques en-

es , après sidérées , aiopiens , se retirer en leurs ai à non | d’abord en diffées lettres et dont ent une VOIS sous ‘un trait tique de ur Justi:

1 usage , rajoute assés de 1giés en tque les Abissins

Abissins ont encore aujourd’hui plusieurs livres écrits

en langue syriaque ancienne , qu'ils entendent cet

qu'ils estiment ; d’où je conclus , que si la voûte dont j'ai parlé, est écrite dans cet ancien langage , comme cela peut être , il y a sujet de croire que les moines d'Ethiopie et de Syrie ont été également les auteurs de ce pénible ouvrage. Si jamais je retourne en la Basse-Thébaïde , je l’examinerai tout de nouveau pour faire plaisir aux savans amateurs de l’antiquité, -

Après avoir parcouru ces célèbres solitudes de la Thébaïde , qui furent autrefois l’asile de ces fervens serviteurs de Dieu, qui y vivoient d’une vie plus angélique qu'humaine, j'allai prendre un peu de repos au monastère de Saint-Jean , dont j'ai parlé. Après y avoir passé deux jours, Je me trouvai en état de continuer ma route ; mais il n’en fut pas de même de mes compagnons , qui se trouvèrent si fatigués, qu'ils n’osèrent s'engager à me suivre, Ainsi je fus obligé de prendre de nouveaux guides, Je partis avec eux, et nous nous avançümes vers le nord entre le Nil et la montagne des grottes, qui n’en est éloignée que de deux milles. Nous marchâmes environ une heure sur une plaine de sable, qui nous conduisit sur les ruines de deux villes , qui sont près l’une de l’autre. La première paroît avoir été comme le faubourg de l’autre ; son circuit est de deux milles environ. Elle ne contient que des restes de masures assez communes. Le seconde ville qui est deux fois plus grande que la première , présente d’abord aux yeux des édifices publics d’une magnificence royale : ils furent en effet l'ouvrage de l’empereur Adrien.

Les historiens nous ont appris l’amour ou plutôt la folle passion que ce prince eut pour le jeune Antinoüs. Il la fit paroitre excessive pendant la vie de ce favori; mais elle éclata plus que jamais après

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