‹ Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères [microforme]Chapitre 83 sur 107 · M PA RO ETES · texte numérisé non relu

M PA RO ETES

ÉDIFIANTES ET CURIEUSES. 39r

est attribué dans des monumens plus anciens que l'établissement de la circoncision parmi eux. ,

L'erreur propre des eutychiens anciens et modernes , commune aux Arméniens , aux jacobites de Syrie , aux Coptes d'Esypte, aux Ethiopiens , consiste à nier qu'il y ait deux natures en Jésus-Christ ; à soutenir que les deux natures , depuis leur union, n’en font qu'une ; que multiplier les natures, c’est multiplier les personnes , c’est être nestorien. I} est vrai que leurs docteurs se sont fort appliqués à déguiser l’erreur. Quelque fertiles en équivoques que soient toutes les sectes hérétiques , nulle n’en a fait un usage si fréquent ni si artificieux que la secte eutychienne ; malgré cette ambiguité affectée , ils paroissent ce qu'ils sont par l’opiniâtreté à honorer Dioscore comme un saint ; à condamner le pape saint Léon et le concile de Calcédoine; à rejeter absolument l'expression catholique de deux naturesen Jésus-Christ,

Sacchin , jésuite , dans l’histoire de la Compagnie de Jésus ; Vanslet, dominicain , et M. Simon, dans son histoire critique de la créance des Chrétiens du Levant, leur imputent beaucoup d’autres erreurs , dont les missionnaires mieux instruits les justifient. M. Simon , auteur hardi, pour ne rien dire de plus fort , débite avec confiance ses conjectures. Son autorité, qui diminue de jour en jour , n’est guère propre à constater un fait. Vanslet et ceux dont Sacchin a abrégé les relations, ont mal entendu les livres des coptes, et ont pris pour des usages constans des abus assez communs , mais condamnés par les lois ecclésiastiques de cette secte.

Les Jacobites sont fort attachés aux dogmes et aux saintes pratiques que nous défendons contre les protestans : la présence réelle du corps de Jésus- Christ dans l’eucharistie , et l’adoration de ce sacre-

ment; la dévotion à la Mère de Dieu, qu'ils portent

aussi loin qu’on puisse la porter; le culte des Saints ; la vénération des images ; la nécessité de la confes-. sion secrète et détaillée ; le purgatoire. Ils mélent à ce dernier dogme beaucoup de fables ; mais ils en ont retenu le fond. Leurs jeûnes sont fréquens et rigoureux. Ils regardent les sept sacremens comme institués par Jésus-Christ. Ils en ont conservé l'essentiel, Il n’y à sur ce point de contestation avec les missionnaires , qu'à l'égard du vin qu'ils con- Sacrent : ils prennent des raisins desséchés, mais moins secs et plus gros que ceux qu'on mange en Europe; ils lestrempent dans l’eau et les laissent s’en iv'iber exposés au soleil; ils les pressent ensuite, et le suc qu'ils en tirent, quand il est 1eposé , leur tient lieu de vin. Ils ont mélé dans la pratique des sacremens d’autres abus : le plus considérable et le plus dangereux, c’est le délai du bapième. Ils ne baptisent les garçons qu'après quarante jours , et les filles qu'après quatre-vingts jours ; souvent ils diffèrent plus long-temps. Ilsne baptisent jamais hors l'église ; et si l’enfant est en péril prochain de mourir, ils croient suppléer au baptême par certaines onctions.

Ceux qui voudront un plus grand détail sur les Coptes, le trouveront ci-dessus dans lu lettre du père Sicard à monseigneur le comte de Toulouse ’

pag. 165.

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Du père Marc-Antoine Treffond , supérieur général des missions de la Compugnie de Jésus en Syrie et en Egypte, au père Fleuriau, de la méme Compagnie.

MoN RÉVÉREND PÈRE, Lo paix de N.S.

APRÈS la perte que nous avons eu le malheur de faire du père Claude Sicard , nous avons pris un soin particulier de ramasser ses mémoires. Nous avons même envoyé un de nos plus anciens missionnaires pour les mettre en ordre, et pour aller sur les lieux * vérifier tout ce qu’il nous a laissé , soit manuscrit , soit dessiné de la ‘in d’un jeune homme qui l’accompagnoit dan. :.: oyages, et qui a tiré sur les lieux le plan des monumens anciens , dont ce zélé et savant missionnaire faisoit la recherche par ordre du roi. Il nous a souvent mandé que, nonobstant ses continuelles missions pourinstruireun peuple plusignorant que schismatique , il grossissoit chaque jour le recueil de ses découvertes; mais les services qu'il se crut obligé d’aller rendre à de pauvres pestiférés lui ayant causé la mort, ses écrits nous sont demeurés sans avoir leur perfection. Ils sont présentement entre les mains d’un de nos missionnaires, qui les revoit, pour les mettre en état de vous être envoyés.

Pour satisfaire cependant votre juste impatience et celle des personnes qui attendent ce que le feu père Sicard a promis dans son projet imprimé , nous vous envoyons plusieurs petits écrits de sa main, Il nous les adressoit en forme de lettres, La pre-

mière contient le récit qu’il nous fait de son voyage au mont Sinaï. La route qu'il va suivre pour parvenir à cette montagne, que nos saintes lettres ont rendue si célèbre , a achevé de le convaincre , que Moise n’a pu conduire le peuple de Dieu par un autre chemin que par celui que ce père a tracé dans sa carte de la mer Rouge et de ses environs, et qui se trouve dans ce INL.e tome des mémoires du Levant. Pour ce qui est du mont Sinaï en particulier , le père Sicard n’en fait qu’une légère description , parce qu'il en promet une autre plus étendue :

car on ne peut en parler ni en écrire exactement,

Sans avoir été soi-même sur les lieux , et sans avoir

visité soigneusement, comme a fait ce père , le mo:

nastère qui y a été anciennement bâti.

C'est avec la même exactitude qu'il a observé deux monumens, dont il est distinctement parlé dans le 17. etle 52.2 chap. de l'Exode. Le premier de ces monumens , et son.premier objet d’observation , fut le rocher dont sortit autrefois une eau miraculeuse et abondante , dans l'instant que Moise le frappa de sa verge par ordre de Dieu. Le second objet de son observation fut le moule de la tête du veau d'or, que les Israélites, en l'absence de Moise, élevèrent pour adorer. Le reste de la lettre contient plusieurs autres choses dignes de remarque.

La seconde lettre du même père contient le récit de ses voyages jusqu'aux cataractes du Nil. Il rend compte des îles qu’il a découvertes entre l'Egypte et la Nubie. Il nous apprend les noms de plusieurs villes que les temps ont fait oublier , et dont les ruines cachent les restes d'anciens temples et de riches édifices que le père Sicard a trouvé moyen de découvrir, Ce qu'il en a vu lui a fait connoître qu’ils avoient été construits de diverses pierres de granit, d’une grandeur et d’une grosseur surprenantes. Dans sa même lettre, il nous renouvelle la

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promesse qu’il nous a déjà faite de nous donner une. relation particulière de la ville de Thèbes, dont les voyageurs du temps passé nous ont laissé ane si belle idée , et dont les poètes mêmes ont chanté la magnificence. Enfin , il finit cette lettre par un petit détail de la révolution qui venoit de se faire au Caire, et qui s'étoit passée sous ses yeux.

À ces deux lettres , le père Sicard en ajoute une troisième , dans laquelle il expose quelques nouvelles observations qu'il a eu le loisir de faire dans son voyage au Delta. Entre ces observations , il ÿ en a qui regardent la géographie , et d'autres qui sont du fait de l’histoire et de la physique : toutes font l'éloge du bon discernement de leur auteur.

Vous savez, mon révérend père, que MM. de l'académie des scieuces ont envoyé à M. le consul du Caire un mémoire de plusieurs articles, sur lesquels ils souhaitoient avoir des explications particulières. Le père Sicard fut chargé de l’exéeution de cette commission. J’ai l'honneur de vous envoyer les réponses à ce mémoire. Il ne les a faites qu'après s’être bien fait instruire de tout ce qui concerne , soit la production du natron et du sel ammoniac , soit les pierres et marbres d'Egypte, et les fours à poulets : car ce sont là les seuls articles sut lesquels le mémoire demandoit une explication.

Après ces dernières lettres du feu père Sicard , 1l ne nous reste plus entre les mains que le recueil général de toutes ses ubservations et de ses découvertes dans l'Egypte ; et c'est ce recueil que nous préparons pour vous l'envoyer. Il en avoit fait un abrégé que nous zvons trouvé parmi ses écrits. Quelque court qu'il soit, j'ose dire qu'il est en+ core plus étendu que ne le sont les relations qui ont parusur l'Egypte , même celles qui sont les plus détaillées. Vous en jugerez par la lecture que vous en ferez. Au reste , je suis persuadé que la lecture de

ces manuscrits renouvellera votre douleur de la perte d'un missionnaire que nous aurons toujours sujet de regretter, Je souhaite que ce vous soit une consolation d'apprendre l’heureuse arrivée du père Seguran au Caire, où vous l'avez destiné pour y continuer Ja recherche des anciens monumens que le père Sicard avoit entreprise, et que sa vie trop courte ne Ini à pas permis de finir. Les bonnes qualités que nous remarquons dans le père Seguran nous font espérer qu'il sera un digne successeur du feu père Sicard, J’ai l’honneur d’être » etc.

Du père Sicard, missionnaire de In C ompagnie de Jésüs en Egypte, au père Fleuriau , de la méme Compagnie.

MoN RÉVÉREND PÈRE,

JE ne suis de retour du mont Sinaï que depuis huit jours. J’ai fait ce voyage en compagnie de dom André Scandar , archiprêtre maronite lecteur de la langue arabe dans le collége de la Sapience. Cet habile homme étoit venu en ce pays par ordre du Pape, pour y faire copier d’anciens manuscrits arabes, et pour enrichir le collége de 1: Sapience des copies qu'il en rapporteroit,

Depuis notre retour au Caire je me suis appliqué à mettre par ordre les mémoires que je n’avois fait qu'ébaucher sur les lieux , et dont la perfection demandoit plus de loisir que je n’en pouvois avoir étant en route. Je me hâte autant qu'il m'est possible de les mettre en état de vous être envoyés. Mais , pour ne pas me présenter aujourd’hui à vous

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les mains vides, pour ainsi dire, je profiterai de l’occasion qui se présente de vous envoyer une courte relation de notre voyage au mont Sinaï; et ce ne sera qu'en attendant que je puisse vous donner le recueil de tous mes mémoires.

Nous partimes du Caire le 7 janvier dernier, dom André Scandar et moi; un jeune Florentin, un Maronite d'Alep et quelques Français se joignirent à nous. Nous nous engageûmes tous dans une caravane qui portoit le blé destiné pour Suez, Tour et Sinaï, Plus de six cents chameaux en étoient chargés; nous avions d’ailleurs des hommes bien armés pour nous défendre contre les insultes des arabes, Comme j'ai déjà exposé (dans ce IIL.e tome des mémoires du Levant) les commodités et les incommodités des caravanes , je n’en dirai rien de plus. Mes compagnons de voyage avoient eu la précaution de porter avec eux une tente assez spacieuse pour nous contenir tous, et bien leur en prit, car sans ce secours nous eussions eu beaucoup à souffrir des froidures de la nuit; elles sont excessives dans ces vastes déserts, et par nécessité il faut les traverser pour parvenir au mont Sinaï. Mais c’est une précaution bien plus importante de porter avec soi des vivres et de l’eau. Ces

déserts sont la stérilité même; à peine y aperçoit-on

une herbe ou quelques petits arbrisseaux; on ne marche que sur des sables épais ou sur des rochers ; on estsouvent obligé de faire des marches de plusieurs heures sans trouver une goutte d’eau. Nous employâmes trente-neuf jours dans ce pénible voyage,

Nous primes d’abord la route des Hébreux , et nous la suivimes depuis le passage de la mer Rouge jusqu’à Sinaï. Nous avons traversé, comme ils firent, le désert de Sur, d'Etham, de Sin et de Raphidin; l’Ecriture nous apprend qu'ils burent des eaux de Mara et d'Elim, nous en avons bu pareillement.' L'amertume de celles de Mara leur a fait donner le

nom qu'elles portent. En effet, leur amertume étoit si grande, que les Israélites, tout altérés qu'ils étoient, n’en purent boire. Moïse, touché de leur pressant besoin, eut recours à la toute puissante bonté de Dieu; le Seigneur, à la prière de son serviteur , lui fit trou ver un bois qu’il jeta dans l’eau par son ordre, et au même instant l’eau, d’amère qu’elle étoit, devint douce et très-bonne à boire. Les douze fontaines dont il est parlé dans l’Exode coulent encore aujourhui; mais les soixante-dix palmiers qui les ombrageoient alors se sont bien multipliés depuis tant de siècles.

Dans la carte que j'ai dressée et que j'aurai l’honneur de vons envoyer, vous remarquerez les monts Oreb, de Sainte-Catherine, de Haran, de Madian ? les cavernes où Moïse jeûna pendant quarante jours; l'endroit où 11 vit le buisson ardent; celui où il reçut des tables de la loi, où il fit sortir l’eau du rocher, où l’on fondit le veau d’or en son absence; la plaine ‘où les Amalécites placèrent leur camp, celle où Coré, Dathan et Abiron furent engloutis. Tant de différens Yeux sont si mémorables et si exactement décrits dans nos saintes Ecritures, qu'ayant eu l'avantage de les visiter et de les observer, j'ai dû , dans ma carte, æn faire connoître la véritable situation, et c’est ce que j'ai tâché de faire, je lose dire , avec toute l’exactitude possible. Le mont Sinaï mérite une place particrlière avec son explication; j'aurai l'honneur de vous donner l’un et l’autre.

Cette montagne, si célèbre dans nossaints livres, possède le plus fameux monastère qui soit dans le Levant, Il:est habité par des religieux grecs de l’ordre de saint Basile. Il:y en avoitenviron quarante lorsque je l'ai visité ; mais ils me dirent qu'ils étoient autre- ‘fois un bien plus grand nombre. La forme de ce monastère n’est point différente de celle des monastères de Saint-Antome et de Saint-Paul , dont il est parlé

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dans nos mémoires précédens; mais l’étendue de celui-ci est beaucoup plus grande. Les matériaux des bâtimens le rendent ‘beaucoup plus magnifique qu'aucun qui soit en France : car tor” est de granit; les murs, le pavé du dortoir, tous les dieux claustraux en sont construits ; on marche même sur le

granit dans les allées du jardin. L'église a été bâtie

par l’empereur Justinien. Ta mosaïque de son pavé, Les colonnes qui soutiennent la voûte sont de granit et d’un goût gothique. L'architecte qui a conduit ct exécuté ce monument donne une preuve qu’il y avoit alors des hommes habiles dans l'architecture. Les religieux prétendent qu'ils ont l'honneur de posséder dans leur église les reliques de sainte Catherine.

Les Latins ont dans l'enceinte du monastère une chapelle fort jolie ; nous y avons célébré la sante messe, Nous fûmes charmés d'y trouver le portrait de Louis XIV dans un beau De Por rs M. Colbert est placé près du tableau du Roi. L’archevêque, abbé du monastère, fut le premier à nous faire remarquer le portrait de Louis XIV. 1 nous dit qu'il en avoit placé un pareil dans sa chambre, et il nous le fit voir. Il n’est pas possible d'exprimer la vénération que les catholiques orientaux conservent pour la mémoire de cetincomparable monarque. 77 étoit, nous dirent-ils, zatre seul'et puissant protecteur dans ces royaumes où l'infidélité , l'hérésie et de schisme dominent avec un empire ‘absolu. Nous de conjurons de nous conserver duns le.ciel, où lu miséricorde divine l'aura sans doute reçu, sa protection auprès de Dieu ; elle y sera.plus puissante que sur la terre; il inspinera à son petit-fils Louis XV l'esprit de religion, dont ce grand prince étoit rernpli, afin que le petit-fils, son successeur dans cegrand empire , soit ,\aprèsison aïeul , notre ferme appui et notre plus déclaré défenseur contre. des

ennemis de l'Eglise de Jésus-Christ, Nous voyez mon révérend père, que nos Orientaux pensent comme les bons catholiques de France, Après avoir visité tous les lieux du monastère, nous désirions particulièremententrer dans la bibliothèque , pour l’examiner à loisir, Les religieux avoient quelque peine à nous l'ouvrir, parce qu'ils prétendent que c'est toujours avec perte de quelques-uns de leurs livres qu'ils la font voir. On dit en effet qu'ils en ont beaucoup perdu: malgré cependant les pertes dont ils se plaignent, leur bibliothéque est encore très-nombreuse, et riche surtout en manuscrits grecs, russiotes, arabes, syriaques, abissins et autres; mais tous ces livres, manuscrits ou autres, ont été si souvent remués, qu'ils sont aujourd’hui dans une confusion générale. Il nous eût fallu plus de temps que nous n'en avions pour en prendre une connoissance parfaite ; mais ce qe nous en avons pu connoître , nous fait juger que des hommes sayans qui posséderoient les langues orientales, feroient de riches découvertes, en lisant avec attention ces anciens monumens.

Je ne dirai rien ici de plus du mont Sinaï ; le recueil de mes mémoires s’étendra plus au long sur son sujet, comme sur plusieurs autres. J’ai pris l’astrolabe pour mesurer la juste latitude de cette montagne, et de celle de Tour et de Suez. Les modernes placent Tour plus au sudque Sinaï d’un degré; ils rangent sur la même parallèle le Caire et Suez; ils font commencer à Tour le golfe d'Ela, Vous aurez une carte de tous ces lieux; je l'ai dressée après les avoir mesurés moi-même ; elle vous fera connoître que les derniers géographes ne sont point venus dresser ici eux-mêmes leurs plans; et qu'ayant été obligés de s'en rapporter à d’autres, ils ont été trompés , et ont trompé ensuite ceux qui les ont suivis.

Avant que de finir ce petit récit que je vous fais du mont Sinaï, je vous rapporterai ce que nous avons

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observé à l'égard de deux monumens si célèbres dans nos saints livres, et dont on ne peut assez établir la vérité, surtout à l'égard du premier, qui est une preuve sensible de la bonté et de la toute-puissance ge D, objet de nos observations fut le rocher, dont l’eau sortit avec abondance, sitôt ” Moïse, par l’exprès commandement de Dieu, eût frappé de sa verge. Le guide qui nous conduisoit à ce rocher, nous fit prendre la route par nord-est. Nous suivimes le vallon Raphidim, laissant à notre gauche l’ancienne grotte de Saint-Onuphre, Nous fimes environ deux milles dechemin , au bout desquels nous nous trouvâmes au lieu que Moïse nomma Tentatio , et c’est celui où se fit cet illustre prodige dont je vais vous parler. Il est si évident, qu'il n'y a point d’athée qui, en considérant attentivement ce que nous avons vu, ne soit forcé de reconnoitre un Etre souverain et tout-puissant, seul capable d'opérer une e merveille. ji | on milieu du vallon Raphidim, et à plus de cent pas du mont Oreb, on découvre en LP:

par un grand chemin assez frayé, une ed e entre plusieurs autres plus petites, laquelle a été par la succession des temps détachée des montagnes Voisines. Cette roche est une grosse masse 79 7 rouge ; sa figure est presque ronde d'un Ke , etelle est plate de celui qui regarde Oreb. Sa auteur " de Dis ieds avec pareille épaisseur ; elle est plus large ps it son circuit est d'environ cinquante pieds; elle est percée de M me qu'on compte aisément; chaque trou a un pied de nie et un pouce de largeur; la face plate du rocher contient douze de ces trous, et la ronde qui lui est it osée en a autant; ils sont placés horizontalement

pieds du bord supérieur du : et ne sont éloignés les uns des autres que de quelques travers T . III. 26

de doigt; peu s’en faut qu'ils ne soient rangés sur la même ligne. Les trous d’une face ne communiquent point avec ceux de l’autre face ; ils ne sont pas même vis-à-vis les uns des autres. Il est important de remarquer que cette roche et les autres sont dans un terrain très-sec et stérile, et que dans tous les environs de ces roches, on ne découvre pas même l’apparence d’aucunes sources, ou de quelqu’autre eau sauvage,

La situation de ce rocher ainsi expliquée, venons aux circonstances qui prouvent manifestement le mi. racle de l’Auteur de la nature, 1.0 On remarque aisément un pt: qui règne depuis la lèvre inférieure de chaque trou jusqu'à terre, 2.° Ce poliment ne se fait voir que le long d’une petite rigole creusée dans la surface du rocher, et qui suit la rigole d’un bout à l’autre. 3.° Les bords des trous et des rigoles sont, pour ainsi parler , tapissés d’une petite mousse verte et fine, sans qu’il paroisse dans nulle autre partie du rocher une seule herbe, si petite qu’elle puisse être : toute la surface du rocher, aux bords près des trous et des rigoles, est pure pierre,

Ces trois observations faites, je demande que nous signifient ce poliment des lèvres inférieures des trous, ces rigoles également polies de haut en bas, cette peute mousse, qui ne croit que sur les extrémités des trous et le long des rigoles, sans que dans tout cela trois mille ans écoulés aient fait aucun changement, Je le demande encore un coup, que signifient toutes

ges marques si sensibles, sinon qu'elles sont autant

de preuves incontestables qu’il sortit autrefois de tous ces trous une eau abondante et miraculeuse? C’est par les vestiges de ce prodige, si nettement exposé dans nos livres saints, que Dieu voulut alors forcer un peuple infidèle à croire à sa parole, et à espérer en ses miséricordes.

Le second objet de nos observations fut le moule

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