‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres (1665-1689) (volume 2)Chapitre 149 sur 317 · Du 28. Novembre 1666 (Robinet · texte numérisé non relu

Du 28. Novembre 1666 (Robinet

L'autre de Saint Félician ,

Et tous deux Martyrs d'importance.

255 La pieuse Magnificence

Fut complette en cette Action , Et, sans aucune fiction , On la fit comme il faut paroître , Soit dans la Cour, soit dans le Cloître,

260 Soit dans l'Eglise, soit au Chœur, Pour leur rendre un pompeux Hon-

[neur.

Là , le grand Général Dom Côme , Voisin de I'Hôtel de Vandôme , Slîent ^^^ venir quarante Feuillans ,

263 Des olus lestes & des plus blans , Pou ] augmenter la Compagnie En icelle Cérémonie , Où les Nones , Mères & Sœurs , Charmoyentinnocemmentles cœurs, , 270 Ainsi que de visibles Anges ,

Chantans des Martyrs les louanges , Avec maints ravissans Objets Qui , par de célestes Projets , Vivent comme Pensionnaires

275 Chez ces Feuillantines austères.

La Symphonie , à ce qu'on dit ,

Aussi des merveilles y fit Par un fort excellent Prélude , Où l'on n'ouit pas un Ton rude.

280 Mais , pour conclure & dire tout , La bonne bouche fut au bout , Car, en beau langage Oratoire , Le Général , avecque gloire , Fit un Discours sur le sujet

285 Dont on fut plus que satisfait.

LuNDY, deux de nos belles Langues Monsieur Firent deux charmantes Harangues Dessus l'ouverture des Plaids ,

Dans la Grand' Chambre du Palais.

290 Nos Pavez , grâce à la Police , Sont plus luisans qu' Amande-lisse , Et le Roy, lors qu'il vinst Ici , L'admira comme nous aussi.

J'en voudrois dire davantage ,

295 Mais si pleine est ma tierce Page Que je n'y puis rien ajouter, Si ce n'est deux Vers pour dater.

Premier Présidant

et

Monsieur

l'Advocat

Général

Talon

Ce fut , donc , des Avents la Veille Que je conclus ainsi , sans faire grand'merveille.

4 Paris, Che:( F, Muguet, rue de la Harpe , aux trois Rois. Avec privilège du Roy.

(Biblioth. nat., Lc^, 22. Rés. — Biblioth. Mazarine, 296. A3. — Biblioth. de M. le baron James de Rothschild.)

LA MUSE DE LA COUR

[Pak PERDOU de SUBLIGNY.]

XXVIIL SEMAINE.

Du Jeudy deuxiesme Décembre 1666 , à onze heures du soir.

A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN

Bon jour, mon beau petit Amant, Comment vous va cette semaine ?

J'ay haste & vay, sans compliment , Vous parler de ce qui m'ameine.^ 5 . Tirez-moy d'abord du soucy

Que depuis peu de jours me cause Un fâcheux bruit qui court icy, Si j'en croy le monde qui cause , Et qui met les gens au cercueil 10 Dés le moindre mal qui les presse.

La Reyne de Pologne a fait perte d'un œil : Peut-estre assez la Cour en elle s'intéresse Pour demander souvent Testât de sa santé. En sçavez-vous la vérité ?

15 On l'assure fort dans le monde ,

Mais , s'il est vray, Prince , admirons Le caprice des fluctions.

Les yeux d'une coquette blonde Qui font désespérer mon pauvre amy Maupou 20 Et qui le rendent pis que fou

Eviteront plustost un accident semblable , Comme ils viennent de faire après cent maux soufferts , Que ceux d'une Reine adorable Qui ne se sont jamais ouverts 25 Que pour guérir les maux d'un peuple misérable.

Ce peuple , par moy bien nommé ,

Peuple tout remply de misère ,

Est , m'a-t'on dit , encor armé

Contre son Roy, d'une horrible manière : '»

jo Cela n'est-il pas bien fâcheux , |

Que les Polonois beUiqueux {

N'eussent esté vaincus jamais en guerre ouverte , |

S'ils n'eussent trouvé pour leur perte

BC portent simplement XXVU. Semaine. ( 29 y^ Contre son meilleur Roy.

5 17 ig6. — Du 2. Décembre 1666 (Subligny). 5i8

Leurs propres ennemis en eux ?

35 Dieu sçait si le fin Moscovite

Fera comme il faut ses choux gras De la division maudite Qui les remet dans l'embarras.

Il a conclud la Paix avecque la Suéde 40 Comme la Suéde a voulu ,

Mais au Diable s'il a conclu Avec eux , qu'il a veus rebrouillez sans remède. Ce n'est pas toutefois qu'un de leurs Généraux, Le Sieur Dorezensko , bien vîte 4^ Ne se soit mis aux champs contre le Moscovite ,

Avecque cent mille Chevaux ( Et cent mille Chevaux s'appellent quelque chose ) ,

Pour répondre à ses Ennemis ; Mais cent mille brouillez , quoy que l'on se propose , 50 N'en valent pas cent bien unis.

Je vous parlois de la Suéde.

Quelque vaillance que possède Son grand General d'aujourd'huy, [wrangeij

Brème n'est pas morceau pour luy ; 55 Aussi quitte-t'il cette place

Et va l'abandonner, dit-on , de bonne grâce. Bien-tost son différend doit estre terminé Et le traitté de paix signé.

Il aura raison de le faire , 60 Car Brème a de tels habitans ,

Qu'autant vaudroit avoir afaire A presque tous les Allemans.

On escrit de la ville mesme Que ces habitans sont bien fiers , 65 Et qu'allant en party, leurs meilleurs Cavaliers

Ont surpris un Convoy qu'ils ont mené dans Brème ; Que les Députez Holij^ndois Ont obtenu des Suédois Trêve de coups pour trois semaines, 7c Et qu'on espère dans ce temps ,

Si les bonnes raisons ne demeurent pas vaines, Rendre les deux partis également contens.

On conçoit la mesme espérance Des differens du Palatin 75 Avec l'Electeur de Mayence ,

Que va régler Monsieur Courtin.

44 i5C DoRENZESKO. j 62 A Aux plus fieffez des Allemans.

55 B C q^ixtte il. 66 5 C Brme.

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