Du 19. Juin 1667 (Robinet
Mais allez , calmez vos soucis :
Vous reverrez ce jeune Lys , Ce mignard Amour , ce bel Ange , 150 Si digne de nôtre Louange , Plus brillant qu'il ne fut jamais ; Pour le seur je vous le promets , Et de GoMPiÉGNE l'on nous mande Que son Mal tout-à-fait s'amande.
^55 Du même Lieu l'on mande aussi Que rien n'est pareil au souci Mad^ame Qu'en prend l'illustre Maréchale Maréchale Daus Cette Occasiou fatale , Mothe Et qu'il ne faut sinon la voir , 160 Toutes les fois qu'on veut sçavoir L'estat du susdit jeune Sire Dont la santé chacun désire , Se peignant si bien dans ses \eux Que c'est là qu'on le conêt mieux, 163 Soit par les trais de la Tristesse , Soit par les trais de l'Alaigresse.
Terminant ce Chapitre-ci , D'illec encor j'apprends ceci Que Madame , sa belle Tante ,
170 Pour qui présentement je chante , Ayant envoyé tendrement Et par un souci bien charmant Apprendre là de ses nouvelles , En paroles à peu prés telles ,
175 II répondit à I'Envoyé , Paressant lors tout enjoué :
Qu'il rendoit de toute son Ame Grâces de ces soins à Madame , Ajoutant à ce Compliment
iSo Celui-ci , des plus jolitnent :
Qu'il étoit de Mademoiselle , Sa jeune Cousine , si belle , Entièrement le Serviteur Et qu'il l'aimoit de tout son cœur.
185 Dieu sçait , comme elle est bien ap-
[prise , Si sans vert il peut l'avoir prise.
Mais retournons à Charle-Roy.
Pour le remettre en bon arroy , Dix mille hommes , non de main 190 Y travaillent de belle sorte , [morte, Et trois fois mille Cavaliers Apportent à ces Ouvriers
Des Palissades & Fascines , Car, pour le surplus , les Ruines
Ï95 Ont fourni les Matérieaux Nécessaires à nos Travaux , De manière que le Fort-Charle , Aussi vrai comme je vous parle , Se relevé encor aux Dépens
200 De l'EsPAGNOL, bien en suspens De voir qu'un Poste qui lui coûte Sept millions , sans aucun doute , Ne sert (ô , pour lui que d'hélas !) Qu'à nous ouvrir les Pays-Bas.
205 Présentement , Furne est batue , Ou déjà peut-être abatue , Et nous verrons au premier jour Qu'une autre Place aura son tour; Mais faisons sur d'autres Matières
210 Rouler nos Rimes Gazetiéres.
A Rome , nôtre Ambassadeur , Avec une éloquente ardeur Et , je pense , dans nôtre Langue , A fait une belle Harangue ,
2' 5 Pleine du chois des plus fins mots , Au Collège des Cardinaux , Pour l'assurer que nôtre Sire Souhaite que l'on puisse élire Dans le Conclave . en liberté ,
220 Un Chef à la Chrétienté ; Qu'ainsi sa Majesté ne donne Son Exclusion à Personne Et que ce rare Dieu-Donné , Comme le digne Fils Aîné
225 De nôtre Mère Sainte Eglise , Offre même avecque franchise Ses Forces , toute & quante fois , Pour appuyer ce libre Chois.
Comme aujourd'huy l'on solem- 230 Et justement l'on préconise [nise Saint François de Sale en tous
[Lieux , J'apprend qu'aussi, dans Périgueux, De Dévotes & bonnes Filles , Qu'on ne void qu'au travers des
[Grilles , 235 Ont fait en cela leur Devoir , Et qu'il étoit très-beau de voir Leur Eglise , en cette Journée , Avec un riche éclat ornée.
Au reste , on porta dudit Saint ,
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