‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres (1665-1689) (volume 2)Chapitre 37 sur 317 · Du 4. Juillet 1666 (Robinet · texte numérisé non relu

Du 4. Juillet 1666 (Robinet

Le Destin , sujet à Caprice , 100 Arrête encor I'Impératrice , A ce qu'on dit , à Gandia , Aux environs de Dénia ; Or c'est un cas qui beaucoup touche Son Epous, qui n'est pas de Souche, 103 Et, quand de tous ces longs Delays Il reçoit les avis trop vrais , Sa peine est certe nompareille, Il ouvre tant qu'il peut l'Oreille A de si funestes Discours , 1 10 Et n'est point du tout de nos Sourds.

Des Portugais le jeune Sire, Lequel présentement n'aspire Qu'à l'aimable possession De sa belle Inclination ,

115 Est sans cesse à l'erte sans doute , Ayant sceu qu'elle a pris la route De ses vastes & beaux Estats , Avec tous ses charmants Appas ; Et lors qu'il en a des nouvelles ,

120 Qui pour son Cœur sont les plus

[belles , Ah ! charmé de pareils Discours , Il n'est pas du nombre des Sourds.

des Ursins L'iUuStre MaRIE HENRIETTE ,

Qui fut une Beauté complette ,

125 Et Veuve pleine de Souci

Du preux Duc de Montmorancy , A vu terminer ses Journées Après soixante & six Années.

Ce fut à Moulins que Qloton

130 En arrêta le Peloton , Les Fiues Daus uu vertucux Monastère \?ie*' Dont Elle étoit première Mère , Ou Supérieure autrement , Depuis le triste Evénement

135 Qui la réduisit au Veuvage , La Princesse , après cet Outrage , N'ayant pu que dans ce saint Lieu Pleurer sa Perte & prier Dieu , Tant que son Ame sage & belle

140 Pût aller se rejoindre à celle

De son cher Epous dans les Cieux , Et que son Corps, en ces bas Lieux, Pût aussi reposer de même ( O Miroir de vertu suprême ! )

j 45 Auprès du sien , dans le Tombeau Tout-à-fait magnifique & beau ,

Où son Cœur, pour lui toujours ten- Avoitfait renfermer sa Cendre, [dre, Et l'a, jusques au dernier Jour,

130 Aimé d'une constante amour.

Il n'est Personne en la Province , • Du plus Grand jusques au plus

[Mince, Qui ne montre sur son Cercueil Beaucoup de tendresse & de deuil ;

133 Mais ils perdent soupirs & larmes , Qui sont ailleurs de puissans char-

[mes, Et vains sont leurs plaintifs Discours:

La Parque & les Destins sont Sourds.

Du Havre nous avons nouvelle

160 Que la Duchesse , ou Caravelle , Qu'à la Cour on estime fort , Ayant rencontré près d'un Fort Certaine Frégate légère , Avec sa vigueur ordinaire

163 L'ataqua , la bâtit , la prit , Et même onze Prisonniers fit.

On ajoute qu'avecque joye D'avoir enlevé cette proye , Elle a pris avec un bon Vent

170 Sa route encore plus avant Et du côté de I'Angleterre , Où l'on void plus d'eau que de terre, Pour y rencontrer les Débris Des Vaisseaux que l'on n'a pas pris

173 Et, sans nul doute, pour les prendre, Car c'est ainsi qu'on doit l'entendre.

Mais on est surpris , tout de bon , Qu'un Vaisseau qui n'a qu'un Canon Fasse tous ces Explois notables ,

180 Ou, pour le mieux dire, incroyables, Et l'on trouve à de tels Discours Des Incrédules & des Sourds.

Mais ça, poursuivons nôtre Epître Par un autre charmant Chapitre.

185 Le jour de la grand' Feste-Dieu , Qu'on doit célébrer en tout Lieu , La Procession fut fort belle , Fort auguste & fort solennelle Au Séjour de Fontainebleau ;

190 Mais quoi? cela n'est pas nouveau : Louis, le plus grand des Monarques, Donne toujours d'illustres marques Qu'il est Monarque Tres-Chrêtien,

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