Du 4. Juillet 1666 (Robinet
Et , ce disant , je ne dis rien 195 Qui ne soit en tous Lieux notoire , Autant du moins que l'est sa Gloire, De qui le Bruit & le Discours Se fait ouyr même aux plus Sourds.
upérieur Brisejon, qu'ou met dans les Listes :ouveut Au rang des bons Evangélistes , lédVmp- Fit le sermon , le même jour, tion Devant tous ceux de nôtre Cour , Captifs, Et , soutenant son Caractère , ar-Seîne Dessus nôtre auguste Mystère, 205 Très-bien oui fut son Discours , Hors-mis des Dormans & des Sourds.
IA Ghaliot, la Reyne Anglicane , ' Dont l'ame est sainte & non profane, Dimanche dernier & Jeudy , , ' aïoOuit encor après Midy ^ll^^t ^^^^ Prédicateur ordinaire , .ugustin Qui sceut des mieux la satisfaire échaussé p^j, ^^ très-docte & beau Discours , Digne d'Oyans & non de Sourds.
rardouin
de sréflxe].
Mercredy , Monsieur & Madame , Qu'unit une si belle Trame , Partirent tous deux de Sai-nt Gloû , Petit Paradis Terrestre, où Nôtre jeune Mademoiselle , Si belle & si spirituelle , Et Monsieur le Duc de Valois , Beau Sang tout pur de nos Grands
[Roys , Habitent, ainsi que deux Anges , Dont le mérite & les louanges Déjà se font un bruyant cours Dans les Oreilles des plus Sourds.
Cet Abbé de naissance illustre Et qui brille de ce beau lustre Que donne un mérite tout plein , Scavoir I'Abbé de Coaslin , Personnage tout-à-fait rare , Receut n'aguéres la Thiare
Du bel EvÊCHÉ d'ÛRLÉANS
Par ce Prélat des plus brillans , De Paris le Sacré Satrape , Dont l'on peut faire un fort grand Il avoit pour ses Assistans , [Pape. Deux autres Prélats éclatans ,
EvESQUES de Meaux & de Chartres,
[Dominique de Ligny et Ferdinand de Neuville de Villeroi]
240 Et (ce qu'aux plus antiques Chartres On ne trouve point jusqu'ici) En ce Sacre l'on veid ainsi La Province entière & complette.
Mais poursuivons ; sur ma Tablette
245 J'ay remarqué , me semble , encor , Qu'on fit ce Sacre à Saint Victor , Et qu'en suite à trois grandes Ta- On fit des chères délectables , [blés Dont Prélats, Ducs & Cordons bleus
250 Se trouvèrent , dit-on , des mieux ; Mais qu'est-il besoin de le dire , Mais qu'est-il besoin de l'écrire , Quand le Renom par ses Discours S'en est fait entendre aux plus
[Sourds ?
255 Voici ce qu'on m'écrit de Nîmes , Où je n'ajoute que les Rimes , Mon cher Lecteur, ne voulant point Estre Garent dessus ce Point.
Un Huguenot, d'assez belle erre ,
260 Cultivant une sienne Terre , [trois , Veid un Spectre, affreux plus que Et , comme d'un Signe de Croix Qu'il fit lors, par hazard sans doute. Il mit ce Fantôme en déroute ,
265 II s'en alla subitement Raconter cet Evénement Au Ministre d'icelle Ville , Un Maître Mouche & tres-habile , L'asseurant qu'il vouloit enfin
270 Tourner casaque au grand Calvin , Id est se faire Catholique.
Ledit Ministre lui réplique Qu'il à raison & qu'à l'instant Il est tout prest d'en faire autant
275 Si le spectre revient en lice
Et qu'au ijiême Signe il s'éclipse.
Le Paysan retourne aux Champs Et n'y demeure pas long-temps Qu'il voit (dont il n'est pas en feste)
280 Cet Esprit cornu par la Teste Et mauricaut au dernier point , Qui de plus ne s'épouffe point Quelque Signe de Croix qu'il fasse.
Mais, se r'asseurant, il ramasse
285 Un fort raisonnable Caillou Et l'en fronde d'un si bon coup Qu'il luy fait mordre la poussière.