Du 18. Juillet 1666 (Mayolas
220 Qu'avec bon succez on exerce ,
Les Maturins ou Trinitaires , Qui tirent des mains des Corsaires Les Captifs , par un saint soucy , Mercredy, dans Montmorency,
195 Firent faire un pompeux Service Et très-solennel Sacrifice Marie Pour l'Epouze,, de grand renom , les ursins Du Duc qui portoit ce beau Nom , Fondateur dudit Monastère ,
200 Où sa mémoire l'on révère.
Monsieur l'Abbé le Laboureur Dit la Messe de tout son cœur.
Je n'obmets point dans cette Histoire Que les Prestres de l'Oratoire ,
205 Chanoines & Religieux,
Se rendirent , & fort nombreux , En l'Eghze , de noir brillante , Autour d'une Chapelle ardante.
Les Oficiers du susdit lieu
2Ï0 Pour Elle y furent prier Dieu , Remplis d'une ardeur sans seconde, Avec un grand concours de monde.
Le Père Thomas Thèvenet , Dont l'esprit est sçavant & net ,
2'3 Prononça l'Oraizon funèbre Au gré de la Troupe célèbre.
Messieurs les prudens Directeurs Et favorables Protecteurs De l'Indien & cher Commerce ,
Par des soins utiles & beaux Ont équipé six grands Vaisseaux Au fameux Port de la Rochelle , Pour une entreprize si belle , 225 Sans conter encore que dix , Avec trois autres , sont partis , Régis par Monsieur de la Barre , Qui , malgré l'ennemy, s'y carre.
Je mets icy, tout d'un plaiti vol ,
230 Comme l'Abbesse de S. Pol , présBeauvais Dont les vertus sont sans limite , Dans son beau Couvent fut bénite Ainsi que celle d'Origny, Dont le mérite est infiny,
235 Ayans alors pour compagnie En icelle cérémonie, Celles de Saint-Cyr & Réaulieu , Qui se trouvèrent audit lieu.
L'Eglize étant fort bien parée ,
240 La Messe fut-là célébrée
Par le grand Prélat de Noyon , Avec grâce & dévotion , Qui , sur ce sujet agréable , Fit un Sermon incomparable.
245 Un des plus illustres Marquis, Puisque c'est celuy de Sourdis , Dont mille biens je pourois dire , Et qui me fait l'honneur de lire L'Ouvrage que ma main bâtit
250 Et de l'estimer un petit ,
De Clermont l'illustre Comtesse , Avec quantité de Noblesse Et des Gens encore à foizon De l'une & de l'autre Maizon ,
255 Au susdit Couvent se rendirent , Et tous à tout fort aplaudirent.
Princesse , j'ay pluzieurs billets Qui pouroient remplir trois feuillets; Mais, puisque mon Epître est plaine, 260 Gardons-les pour l'autre semaine.
Ecrit en stile franc & net , Du prèzent mois le dix & sept.
[Madelein(
de Clermont Tonnerre] [Marie- Madeleine d'Escoubleau de Sourdis]
("Elisabetl d'Aligre et Anne- Madeleine de Goche-
fllet de Vaucelas] [François
de Clermont- Tonnerre
En la I . col. , 18. vers de la lizez plaindre.
A Paris Chc:^ C. Chenault, Imp. & Lib., Aux Armes du Roy , rue de la Huchette. de S. M.
dernière Lettre
Avec Privilège
(Biblioth. de M. le baron James de Rothschild. — Cet exemplaire, destiné à la vente en province, porte la date du 21 juillet ; nous rétablissons la date que devaient porter les exemplaires mis en vente à Paris.)
LETTRE EN VERS A MADAME
[Par Charles ROBINET.]
Du 17. Juillet 1666.
Jour exprés par moy consacré Au Parangon des Henriettes , Et , tout ainsi qu'un Jour sacré , En Rouge écrit sur mes Tablettes , Ça , ça , qu'à ces fins premiers Trais , Ces Trais de clarté , ces beaux Rais ,
Dont le jaune Phœbus vous trace & vous allume , Je prenne Ecritoire & Papier Et , faisant le bec à ma Plume ,
Nous essayons pour Elle à bien historier.
Ah ! quelle gloire & quel bon-heur
D'avoir une Tasche si belle !
Rien ne coûte , & , de tout son Cœur ,
La Muse signale son zélé.
Elle croid que ce soit trop peu
De ne montrer ainsi son Feu Qu'un seul de ces huit jours qui font une Semaine ,
Et voudroit à chaque moment
Ouvrir & répandre sa Veine Pour un Objet si grand , si rare & si charmant.
C'est d'où vient la difficulté
Bien souvent d'abréger sa Lettre ,
Lors qu'elle a quelque nouveauté
Qu'elle pourroit encor y mettre ,
Voulant, en ce précieux Jour,
A l'Altesse faire sa Cour Pour tous les chers momens d'une Semaine entière.
Mais voila préluder assez ;
Entrons promptement en matière :
Mes petits Vermisseaux veulent montrer leur nez.
De la Pologne on a nouvelle Que le Mutin est en cervelle , Voyant déserter son Parti , Qu'il croyoit si bien assorti , Car la Noblesse s'en détache , Ce qui davantage le fâche.
D'autre part , le Roy Cazimir , Qui n'est pas un Prince à dormir Quand de la besogne on lui taille, 40 Va bien-tôt lui donner Bataille , Ayant les forces à la main Pour soumettre le faux Vilain ;