Du i5. Aoust 1666 (Robinet
APOSTILE.
Les Amateurs de la Santé Sçauront que , dans cette Cité , Un Médecin vient de parêtre
260 Qui d'HYPOCRATE est le grand Maî- On peu guérir, en le voyant , [tre : En l'écoutant, bref, en riant. Il n'est nuls maux en la Nature Dont il ne fasse ainsi la Cure.
265 Je vous cautionne , du moins , Et j'en produirois des Témoins , Je le proteste , infini nombre , Que le Chagrin , tout le plus sombre Et dans le cœur plus retranché ,
270 En est à l'instant déniché.
Il avoit guéri ma Migraine , Et la Traîtresse , l'Inhumaine , Par Stratagème m'a repris ; Mais , en reprenant de son Ris
275 Encore une petite Dose ,
Je ne croi vraiment pas qu'elle ose Se reposter dans mon Cerveau.
Or, ce Medicus tout nouveau Et de Vertu si singulière
280 Est le propre Monsieur Molière , Qui fait , sans aucun contredit , Tout ce que ci-dessus j'ay dit , Dans son Médecin fait par force , Qui pour rire chacun amorce ;
285 Et tels Médecins valent bien
Par ma foy ceux je ne dis rien.
A Paris , Che:( F Muguet , rue de la Harpe , aux trois Rois, Avec Privilège du Roy.
(Biblioth. nat., Lc^, 22. Rés. — Biblioth. Mazarine, 296 A^. Biblioth. de l'Arsenal, B. L. il 802.)
LA M USE DE LA COUR
XIII°^e SEMAINE.
Du Jeudy dix-neufiéme Aoust 1666.
A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN
Par quel bout commencerons-nous Ce que nous avons à nous dire ?
Je suis dans un transport si dous De vous voir comme je désire Que , dans le feu secret dont je me sens brûler Et dont il faudra que j'expire , Je sçay bien comme l'on soupire , Mais non pas comme il faut parler.
Cher Prince , sujet de mes peines , Vous arrivez donc à Vincennes ; Je puis vous y faire ma Cour ; Je vous y vois : ha ! l'heureux jour I
B C portent simplement XII. Semaine.
10 A Vous estes donc dedans Vincennes.