Du 19. Aoust 1666 (Subligny
Mais , remettons , de grâce , à quelqu'autre entreveue Ces transports innocens que me donne l'Amour :
J'apperçois La Mothe Houdancour,
Qu'il faut icy que je salue.
Outre cent rares qualitez ,
Dont cette Mareschale abonde ,
Qui vers elle obligent le Monde
Aux plus grandes civilitez , De nos feux , Monseigneur , le^^RoY l'a fait Maistresse ,
Et je sçay ce que je luy dois
D'avoir approuvé ma tendresse
Pour le Fils du plus grand des Roys.
O Dieu ! lorsque je la contemple ,
Que de majestueux appas !
Si la Majesté peut s'acquérir par l'exemple,
Prince , vous n'en manquerez pas.
so
Tout le monde dit , dans la ville , Que vous arrivez à propos
Pour voir épouser Broille à la jeune Baville ;
C'est un Comte du bois dont on fait les Héros ,
Et cette Belle aussi , dit-on , porte la mine De devenir une Héroïne.
Le Premier Président aura bien du plaisir A les unir tous deux ensemble , Dites-moy ce qu'il vous en semble :
Eut-on jamais pu mieux choisir ?
Il est vray que la Damoiselle , Tenant beaucoup des Lamoignons ,
Encore bien qu'elle ait l'esprit des plus mignons ,
N'a qu'innocence pure et que douceur en elle , Et que quelqu'un me répondra Que c'est joindre la douceur même A la fierté la plus extrême , Que dans Broille elle trouvera.
Il ne me dira pas de fort grandes Nouvelles ; On sçait bien que De Broille est fier
Et qu'il est né de gens dont c'estoit le mestier ;
Mais cette fierté-la ne va point jusqu'aux Belles. Soyons de nopces , Monseigneur ;
Le Roy , de son costé , leur fera cet honneur, Si j'en crois le public oracle ;
Et, pour moy, j'aurois bien la curiosité De voir unir, par un miracle ,
Une HUMEUR MARTI ALLE avcc la Pieté.
Dites-moy s'il est véritable Que Monsieur l'Abbé le Camus ,
\.\ A me donnent. [la ville ,