‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres (1665-1689) (volume 2)Chapitre 77 sur 317 · Du 19. Aoust 1666 (Subligny · texte numérisé non relu

Du 19. Aoust 1666 (Subligny

Mais , remettons , de grâce , à quelqu'autre entreveue Ces transports innocens que me donne l'Amour :

J'apperçois La Mothe Houdancour,

Qu'il faut icy que je salue.

Outre cent rares qualitez ,

Dont cette Mareschale abonde ,

Qui vers elle obligent le Monde

Aux plus grandes civilitez , De nos feux , Monseigneur , le^^RoY l'a fait Maistresse ,

Et je sçay ce que je luy dois

D'avoir approuvé ma tendresse

Pour le Fils du plus grand des Roys.

O Dieu ! lorsque je la contemple ,

Que de majestueux appas !

Si la Majesté peut s'acquérir par l'exemple,

Prince , vous n'en manquerez pas.

so

Tout le monde dit , dans la ville , Que vous arrivez à propos

Pour voir épouser Broille à la jeune Baville ;

C'est un Comte du bois dont on fait les Héros ,

Et cette Belle aussi , dit-on , porte la mine De devenir une Héroïne.

Le Premier Président aura bien du plaisir A les unir tous deux ensemble , Dites-moy ce qu'il vous en semble :

Eut-on jamais pu mieux choisir ?

Il est vray que la Damoiselle , Tenant beaucoup des Lamoignons ,

Encore bien qu'elle ait l'esprit des plus mignons ,

N'a qu'innocence pure et que douceur en elle , Et que quelqu'un me répondra Que c'est joindre la douceur même A la fierté la plus extrême , Que dans Broille elle trouvera.

Il ne me dira pas de fort grandes Nouvelles ; On sçait bien que De Broille est fier

Et qu'il est né de gens dont c'estoit le mestier ;

Mais cette fierté-la ne va point jusqu'aux Belles. Soyons de nopces , Monseigneur ;

Le Roy , de son costé , leur fera cet honneur, Si j'en crois le public oracle ;

Et, pour moy, j'aurois bien la curiosité De voir unir, par un miracle ,

Une HUMEUR MARTI ALLE avcc la Pieté.

Dites-moy s'il est véritable Que Monsieur l'Abbé le Camus ,

\.\ A me donnent. [la ville ,

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