‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres (1665-1689) (volume 2)Chapitre 95 sur 317 · Du 9. Septembre 1666 (Subligny · texte numérisé non relu

Du 9. Septembre 1666 (Subligny

A fait donner à ce Ruiter De sa Royalle estime une obligeante marque , Qu'Estrade & Bellefons luy furent présenter : ' C'est le don d'une riche chaisne,

Où pend I'Ordre de Saint Michel.^ Admirez ce que c'est d'estre grand Capitaine ; Il faut estre un Ruiter pour en avoir un tel.

Tromp est , dit-on , libre à la Haye , Et quoy que l'on nous ait conté Pour nous mettre en l'esprit qu'il estoit arresté , La Nouvelle n'estoit vraysemblable ny vraye. Si Tromp s'en est fasché , Prince , c'est à son dam , o Car, devant que passer en France ,

Elle s'est débitée , avec grande impudence, Par la Gazette d'Amsterdam.

Je l'ay pu d'autant plustost croire Que cette mesme Ville , en ce Tromp sans égal ,„^ Mettant presque toute sa gloire ,

Ne devoit point souffrir que l'on en parlast mal. Ils ont une liberté grande De dire tout dans la Hollande , Et mesme je vous avoueray Que j'y vois rarement du vray.

'^° Mais revenons à nostre Histoire.

Parce que j'ay donc dit ce qu'il ne faut pas croire, A m'en dédire je consens , Et je ne puis mesme décrire Le grand plaisir que je ressens De pouvoir ainsi m'en dédire.

Je suis du sentiment du Roy :

Quoy que je sois d'avis que Justice se fasse, J'ay peine à voir, en bonne foy, Un brave soldat en disgrâce.

L'Empereur a présentement

Un peu de repos en son ame

D'avoir appris l'embarquement

De I'Imperatrice , sa Femme ;

Mais une Lettre de Thurin Me mande qu'à Final on aura beau l'attendre ,

Si l'on croit qu elle aille y descendre , Et que SA Majesté prend un autre chemin.

Pour moy, je crois en conscience

Qu'on a fait cette Lettre exprés Afin que dans Final, où l'on a fait des frais ,

L'on se pende d'impatience.

En tout cas , cette Majesté,

Le vingt & un d'Aoust , un Dimanche ,

.73^auiv-tcinqmilleescus,desciencece.taine. I 3.3-0 Ces 8 rers raan.ue.t^nns B C

269 169. — Du 9. Septembre 1666 (Subligny). 270

215 Fut débarquer à Ville-Franche ,

Où le Duc de Savoye a souveraineté ,

Et, devant que ce Prince aymable Put aller sur le lieu luy faire compliment , Il n'est rien de si véritable 220 Qu'elle en partit subitement.

Le Roy de Portugal n'est pas plus à son aise : Sa Cour le voit , le plus souvent , Escouter d'où viendra le vent , En attendant toujours sa Reyne Portugaise. 225 Ah ! qu'il est fascheux tout à fait ,

Pour un Roy, de la tant attendre , Encore pour un Roy si tendre , Qui sans doute a veu son Portrait.

Au reste , j'ay sceu par la Ville 230 Qu'on vit partir, ces jours derniers ,

Le jeune Duc de Longueville , Que son train attendoit , dit-on , à Colommiers. Il s'en va servir à Venise , Avec vingt ou trente des siens , 233 D'où l'on croit qu'on verra son zèle pour l'Eglise

Aller porter bien loin le grand nom des Chrestiens.

Le Comte de saint Pol , que j'aime Et que , par un panchant inconcevable & doux , Si-tost que je l'eus veu j'aimay tousjours de mesme , 240 Doit demeurer auprès de nous.

Pour luy, nous le gardons pour en combatre d'autres Et pour faire à son Roy d'innombrables sujets , Tandis que son aisné , par ses pieux projets , Deffendra des paï's qui ne sont pas les Nôtres.

245 Dimanche prochain, m'a-t'on dit,

On doit camper près de Vincenne , Et cela doit durer deux jours de la semaine. Vostre Père , sans contredit , Est un des grands Roys de la terre , 250 Car, par manière de plaisir.

Il fait divinement tous ses gens à la guerre. Adieu , je pourray, là, vous voir plus à loisir.

A Paris , Che^ Alexandre Lesselin, au coin de la rue Dauphine, devant le Pont-Neuf. Avec Privilège du Rov.

237 A Saint Paul.

246 B C ViENCENNE.

La signature de l'auteur et l'adresse du libraire ne se trouvent que dans A. — BC placent ici la date.

{A La Muse de Cour 1666 (voy. tome I , col. 909) pp. 1 21-1 28. B La Muse Dauphine 1667 " 138-147-

C La Muse Dauphin»; j668 — 138-147.^

LETTRE EN VERS A SON ALTESSE MADAME LA DUCHESSE DE NEMOURS

[Par la GRAVETTE de MAYOLAS.]

Du 12. Septembre 1666.

Deux Vers qui furent mal pozez Et par mégarde transpozez , Seulement d'un petit étage , Dans mon dernier Poétique Ouvra- Compozoient quatre masculins [ge , Précédens quatre féminins ; Princesse très grande & très haute, Ce n'est aucunement ma faute , Car j'aime avec sincérité L'ordre & la régularité , Que je tache à métré en pratique.

Pour l'avenir je m'en explique ; Mais c'est assez , brisons icy ; Voyez, s'il vous plaît, cetuy-cy.

Faut-il que le Peuple s'étonne De voir nôtre Porte-Couronne, Louis , le plus puissant des Rois Que jamais ait eu le François , Marcher aux champs & dans la rue, Ses Gens tenans l'épée nue , Devançans ou suivans ses pas ?

Mais peut-être qu'il ne sçait pas Que cette mode brave & belle , Trionfante, gaye & nouvelle Nous montre mieux l'autorité De la Royale Majesté.

S'il est de Prince sur la Terre , En temps de paix , en temps de guerre, Qui fasse aller ainsi son Train , Notre invincible Souverain , Qui sur les autres Roys l'emporte , A droit d'aller d'icelle sorte , Et n'aime point de son Troupeau Que l'épée tienne au foureau.

Il exerce l'Infanterie

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