‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689 (volume 3)Chapitre 156 sur 257 · Du *3. Janvier 1667 (Robinet · texte numérisé non relu

Du *3. Janvier 1667 (Robinet

De son costé , le Carnaval , .

155 Et l'on danse en toutes Contrées Son grand Balet, d'autant d'EN-ntéss Qu'il est de Mortels & d'Emplois , Sans excepter Papes ni Roys , De cette Loy dure & griéve.

[g™gj? L'Abbé de Saints Geneviève , Naguère s'acquita des Pas Qu'on fait au Branle du Trépas ; Lie Grand Prieur de France encore, Que pour ses Vertus Ton honore

'65 Dans le Temple & partout Ici , A fait la même chose aussi ; Et Machaut, qui dans I'Intendancb, En servant I'Estat d'importance • A fait raccourcir tant de Gens ,

170 Vient de faire à quatre-vingt-ans Pareille Danse que les autres.

Dites pour eux vos Patenôtres , Et pensez , ô pauvres Mondains , Que vous serez des Baladins ,

•75 Tôt ou tard , de Madame Parque Et que vous passerez la Barque.

Vous venez encor récemment D'apprendre , sur le Monument De nôtre auguste Re\ne Mère , 180 Cette Vérité nette & claire.

Vous avez , à son Bout de l'An , Non sans pousser maint triste Elan, Oui les deux Discours Funèbres rAMrf Qu'ont fait deux Orateurs célèbres,

Bosquet et j> . ^ . ,

i-Abbé Qui vous ont appris de nouveau de Dm*» qu»Annk ^Autriche est au Tom -

Et dire que la Destinée [beau ;

N'a pas cette Reyne épargnée , C'est un infaillible Argument

'90 Que vous mourrez pareillement , Après des Ans une Trentaine , Ou peut-être une Quarantaine , Dont plus du Tiers ( ô triste Sort ! ) Se doit au Frère de la Mort.

»95 Mais , sans pousser cette Morale Qu'Ici , chemin faisant , j'étale .

Cet Article en forme mettons , Et succintement ajoutons Que Monsieur avecque Madame ,

200 Lors triste jusqu'au fonds de l'Ame, Mademoiselle avec sa Sœur, Si dignes d'un brillant honneur, Plusieurs autres d'illustre Titre , Et. même force Gens à Mytre

205 Se trouvèrent à ces Discours

Qui furent fais ces derniers jours i<i*r4&V

Avec de solemnels Services SinEn?

Et de célèbres Sacrifices ,

Tant en I'Eglise Saint Dents , 210 Lieu du Tombeau des Rots des Lys ,

Qu'au beau Temple du Val de Grâce,

Où tombe abondance de Grâce ,

Et dans celui de ces Nonains

Qui seront un Jour des Corps Saints, *»5 Sçavoir les Nonains Carmélites , D9l^w

Pleines de célestes mérites, boiUoj

Et que la Reyne asseurément

Aime & protège tendrement.

Mais passons à d'autres Nouvelles.

aïo De Pologne elles sont peu belles , Car la Diète, dans son decours , De mal en pis va tous les Jours Et les Lubomirscains font rage

* Pour grossir un nouvel Orage.

225 De 1' Empire on dit, pour ce coup, Que 1 certaine Chasse du Loup Pour divertir ('Impératrice, Soit par raiso 1 ou par caprice, Monsieur I'Ibére & I'Allemant

ajo Se soit rossez terribleme ît, Et que l Ambassadeur d'EsPAGNE , S'étant voulu mettre e 1 Campagne Pour la défence de ses Gens , Fut obligé malgré ses Dents

235 De fuir en diligence grande , Craignant la Fureur Allemande , Et d aller décharger son cœur Dessus ce point à I'Empereur ; Mais que, n'y trouvant pas son

[compte ,

240 Du moins ainsi qu'on le raconte , Ou pour mieux dire qu'on l'écrit , Il dépescha viste à Madrit Pour en informer la Régente , Qui d'ailleurs n'est pas trop contante,

245 Si certain Bruit qui par tout court Est véritable dans sa Cour.

Ce Bruit est , sans que je l'altère Et ni que j'en fasse un Mystère ,' Que le Vice-Roy du Pérou , 250 Fécond & riche Païs , d'où ,

307* — Du »3. Janvier 1667 (Robikkt).

Venoycnt des Jaunbts à I'Espaokk

Pour les Frais de chaque Campagne,

A tourné Casaque & s'est mis

Du costé de ses Ennemis , 255 Qui s'en regorgent dans leurs Fraises

Et sans nuldoute en sont bien aises.

Que di-je? ils le sont à tel point

Que , si ce Bruit-là ne ment point »

Ils refusent , à la Pareille , 160 De prester à la Pas l'oreille

Et ne parlent déjà par tout

Que de pousser I'Éspagne à bout.

Voila, bref, comment l'on jargonne ;

Mais rien je ne vous cautionne , 265 Et • sur ce Bruit un peu douteux ,

Je veux attendre le Boiteux*

Un autre Bruit encore trote »

Mais seulement en basse note , Qu'avant que Flobb & le Printemps

«7° De leurs Beautez parent les Champs, La Paix terminera la Guerre Entre I'Holande & 1' Angleterre , Nous compris , cela s'entend bien , Car sans Nous il ne se fait rien.

>75 De tout mon cœur je le désire ,

Mais » comme je viens de le dire , Ce Bruit-là n'est rien qu'un Bruit

[sourd.

Et la Nouvelle hautement court Que chaque Parti se dispose ,

280 Apres cette Hyvernale Pose, A guerroyer sur Frais nouveaux , Apprétans pour ce maints Vaisseaux.

Et telle est leur impatience De se témoigner leur Vaillance ,

185 Que cinq Navires Hollando»

En affrontèrent des Anglois , Par une Bravoure imprudente , A ce qu'on dit » au moins Soixante Qui revenoyent de Gottembourg ;

19° Lesquels aussi, pour trancher court. Se jouans dans cette Avanture , Firent de Trois soudain Capture Et donnèrent la Chasse à Deux , Mais qui, bien meilleurs Voiliers

[qu'eux,

>95 De telle Chasse se moquèrent Et fort à propos esquivèrent.

Voila mes trois Costez remplis ; A son Altesse adieu je dis.

Du vingt & deux Janvier ; où, non pas sans Tristesse, Chacun veid que Paris redevenoit LurfcB Par un sale Dégel qui nous faisoit crier Que la Police enfin s'y venoit d'échouer.

A Paris , Ckêt F. Muguet , rue de la Harpe , aux trois Rois. Avec Privilège du Rer.

(Bibhoth. tut. Le2, aa. Rés. (Exemplaire incomplet\ — Biblioth. Maurine. 296. A?

— Biblioth. de l'Arsenal , B. L ! 1802. — Biblioth. de M. le bat>n James de Rothschild.)

LETTRE EN VERS A MADAME

[Pai Charles ROBINET.]

Du 3o. Janvier 1667.

Vous souvient-il , Grande Princesse , De ce oue dist d'Anjau , "Marquis de tant d'Esprit ,

Lors que vôtre charmante Altesse

Lisoit mon pénultième Ecrit ?

Que sa peine étoit de comprendre

Qu'un Homme voulût entreprendre Un semblable Travail de huit jours en huit jours ? Il en jugeoit fort bien & très-juste est sa peine ;

En effet • c'est un grand Discours De rimer trois cent Vers ainsi chaque Semaine.

Vous le voyez pourtant » Madame , Je poursuis ce Travail depuis tantôt deux Ans ,

Et mesme avecque plus de Fl$me

Que je n'eus dans mes Vers naissans.

Mais quoi ? lors que l'on s'imagine

Qu'on écrit pour une Héroïne Où l'on rencontre autant de grands Appas qu'en Vous, Je l'ay dit autresfois dans un Préliminaire ,

Le plus grand Travail semble doux.

Et l'on ne pense plus qu'à l'honneur de lui plaire.

Je r'entre donc dans ma Carrière , Epris & transporté d'un honneur si charmant ,

Et de ma Muze Gazetiere

C'est l'Appas , le Charme & l'Aimant.

Mais l'ai-je , cet Honneur extrême ,

Belle Altesse du Rang suprême , Et si je m'en flatois , seroit-ce point en vain ? Ah ! pardon , je ne sçai ce que je vous demande ; Sans éclaircissement je reprends donc mon train

Et je vais commancfer ma petite Légende.

)jt vingt-un du précédant Mois , La Diétb enfin des Polonois , Diète par trop infortunée , Se veid sans succès terminée

35 Par le Micmac des Factieux , Qui des Troubles veulent chez-Eux Fomenter & nourrir le Germe.

Pourtant , d'une façon si ferme

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