Ou t3. Aouat i665 (Robinbt
Joignoit ce grand Portb-Couronne ; Monsieur pareillement , auprès , Faisoit éclater ses attrais , g5 Et les Dames , comme des grâces, Marchoyent en foule» sur leurs Tra- Avec un Flot de Courtisans [ces, Fort frisez , poudrez & luisans.
^ A leur Entrée , une Musique , ly. Qu'on peut appeller Angélique , De ses Voix & ses Instrumens Fit ouyr les accords charmans , Et chacun se crût plus d'une heure En cette éternelle Demeure 95 Où de célestes Arions , Où de célestes Amphions , Par d'extasiantes merveilles , Des Dieux enchantent les oreilles.
Il ne restoit plus qu'un Discours 00 Qui ne fût pas de tous les jours , Je veux dire un Pané^rique, Docte , disert , & spécifique , •■ Et l'un des Pû*es clu Convent, ^ Fort jeune & pourtant bien sçavant ^ (j'en ay des preuves pour le croire] Le tenoit jprest dans sa mémoire ; Mais quoil nôtre Cour s'en alla Dés qu'eut fait la Rb , fa , sol , la.
Chez les pieuses CARiiéLrrEs , .
lioD'AxifB & du ÛEL les Favorites , On satisfait , mais comme il faut , Depuis huit jours , à ce défaut.
On dit que huit Panégyristes , Dont j'av tres-peu suivi les pistes ,
i 15 Sur la Tribune tour à tour Donnent un admirable jour, Par leur éloquence fleurie , A l'AssuMPnoN de Marie.
En suite , on chante des Saints ,
i^Où les Clavessins & les Luths , Les Violons & les Théorbes Egalent des célestes Orbes , La symphonie & les accords Que Platon donne à ces grands
[Corps.
125 De plus , le fameux de la Grille , Qui chante aussi doux qu'une Fille, Y fait ouyr sa belle Voix Qui charme le plus grand des Roys,
f* Et Cambert, qm bat la mesure ,
■• Ayant donné la Tablature
»- De tous ces ravissans Concers ,
' Y fait voir qu'il est des Expers.
Nôtre charmante Souveraine S'y trouve & chaque jour y meine
135 Ce beau Lys qu'elle a mis au Jour, ^^^ Sous la FORME d'un jeune Amour , fiupiiio Mais Amour dont les Destinées Formeront dans quelques années Un HÉROS à Louis pareil ,
140 Unique comme le Soleil.
Tant de Bbautez , à son exemple , Se rendent en ce sacré Temple Que , l'un de ces jours que j'y fus , (De quoi , certe , j'estois confus)
145 Plus de douze , à faute de chaise , Pour se mettre plus à leur aise , Etoyent à mes pieds à genoux.
J'en crus voir 1 Amour en courroux ; Il me sembla l'entendre même ,
150 Qui , piqué d'un dépit extrême , Me disoit que c'estoit à moy , Selon l'ordre & selon la loy , D'être aux pieds de toutes ces Belles.
Quelques uns diront : « bagatelles »,
155 Mais à d'autres cela plaira , Ainsi cet endroit passera.
Dimanche, la jeune Langl^b, ^J^l ^*S!**°' Devant une noble Assamblée rn<iMu«ci!ti Des plus belles Gens de la Cour, a^Tr^.
160 De chaste Nonne prit I'Atour ,
Renonçant, si je ne me trompe , couYoïft A Sathan, au Monde, à sa Pompe, ^^^ Pour ne songer plus en ce Lieu »«
Qu'à très-bien servir le bon Dieu. ^Mu^9^
165 Ce fut nôtre Prélat illustre ,
Lequel, en ce Jour, dans son lustre, La Mytre en teste & ciSTERA , Fit ce qu'on fait en ce cas-là.
Dom CÔME , dont la Renommée
170 A Rome & Florence est semée , Depuis que de la part du Roy Il y fut pour un cugne Employ , Prêcha sur la Cérémonie , Avec cette gloire infinie
175 Dont il est asseuré toujours [cours. Dans ses beaux & charmans Dis-
de Glialiot
Les Députez de la Province Dont Gouverneur est un grand (Et l'on en est persuadé [Prince 180 Si tôt qu'on prononce Condé) , Du Monarque eurent audiance.
Quand ? ce fut Mardy, que je pense.
Oui , le Lecteur peut s'y fier ;
de
3oQrgofn«
Et l'illustre Abbé le Tsluer , 1 85 Qui pour tous portoit la parole , (Ceci n'est point une hyperbole) S'énonça si divinement Que son Discours, fort & charmant, Transporta toute l'Assamblée 190 Qui de plaisir en fut comblée.
Cet Orateur brillant & fin A la Rbtne , à son cher Dauphin , Autre Harangue fit pareille , Et , pour augmenter la merveille , 195 Chez Monsieur , devant maints Té-
l^moins , Il dist tout aussi bien du moins.
Le Grand Acteur de la Pologne ,
' Qui lui taille tant de besogne , N'aguéres par des mots sucrez ,
200 Harangua les Confédérez , A qui tout malencontre avienne , Et leur fit voir Lettre de Vienne , Par laquelle , dans peu de jours , On l'asseuroit de grands Secours ,
205 Tant d'hommes comme de pistoles , Mais ce ne sont que des paroles , Dont le bon & le fin Matois Leurre ses Gens souvente-fois.
Cependant , ce fameux Rebelle
210 Ne bat plus tantost que d'une aile ; Il n'a Fantassins ni Canon ; Que fera donc le Compagnon ?
Car Cazuor , dont les Cohortes Sont belles , nombreuses & fortes ,
215 Va pousser ce Lubomirski ,
Onnd Assisté de SOBIESKI ,
^■dS*^ Lequel , suivant sa Destinée , Royanme. Aprés avoir à I'Hyménée ,
Payé les Droicts qui luy sont dûs, 220 A Mars va rendre les Tributs.
Selon les Vœux de la Holande , Où l'allaigresse en est fort grande , RuYTER enfin est de retour, Sans essuyer nul mauvais tour
225 De ceux qui dessus son passage Vouloyent éprouver son Courage.
Atténuez qu il soit Général , Ou pour dire mieux Admiral , Messieurs les Braves d'ANGLETERRE,
230 Si friands des Explois de Guerre , Et puis , si le cœur vous en dit , Je consens ,*& sans contredit , Que vous vous frotiez tout à l'heure ;