Du a3. Aoust i665 (Rounst
La Paix pourtant seroit meilleu
235 Mais , ici je plains les Axqlo) Le Fléau le plus grand des Tn Vous le devinez , c'est la Pbstb Dont se sert le courroux céleste Ce Fléau di-)e , si rebours ,
240 A Londres & dans les Faux-boi Cause encore de tristes Desastn Mais, pour fléchir le Dieu des As Et vaincre leur malignité , La Britanique Majesté ,
245 Aussi pieuse que guerrière , A mis tout son Peuple en PkuÉi
Ne sçachant autre nouveauté Digne de curiosité , Reprenons sur nôtre Tablette
250 Le reste de I'Historiette
Que nous laissâmes l'autre jour, Nôtre Papier se trouvant cour.
Quand donc nôtre Médor mo Ce beau Courtisan de TAveme,
255 De sa chère Amante eust receu Le Gage que vous avez sceu , Dedans le moment il la quite , Et tout joyeux retourna vîte Conter son Exploit amoureux
260 A ses Compagnons ténébreux.
Mais tres-peu dura sa Victoiiv Car, pour achever cette Histoire Angeuqub , aprés son départ.
Se repentant , plutôt que tard,
265 Pleine d'angoisse & de détresse, Alla promptement à Confesse, Et , comme on sceut l'Evenemei L'on conjura si fortement Monsieur I'Amant Diabouqub,
270 De la part de son Angeuqub , Qu'en fin , non pas sans maints :
Il rapporta trois jours après \jp Et les Cheveux & la Céaule Dans une Chapelle ou Cellule
265 Des Capucins, ce m'arf on-dit* Les jettant même par dépit En présence de sa Maistresie, Laquelle en eut grande alkiçtM D'un bon Homme, son CoiuM
280 Qui n'en eut pas moins joye aoCd De quelques Dames de h ViUe, Et du Gardien , Père habile»
Qui porta le tout , louant Dka,
23^ Impr. toute
29* ^ Du a3. Aoust i665 (Robinet).
l'EvESQus du susdit Lieu , s Cheveux de la promesse un çrand Feu d'aiiaigresse.
tres-nistoriquement :ail de l'Evénement.
leures au plus je fis cette Dé-
[pescbe , dévote qu'elle est frescne , EUiLLAMS, le Jour de leur Saint, TEloge, ample & non succinct,
Fut fait dans leur riante Eglise
l*Bv6flq[n«
Par un Pr£lat que fort on prise , *iH^Sdn- 395 Et lequel . quoiqu'iTAUEN , sJS^i
Presche en François pourtant & s'en
[démesle bien.
Des Souveraines la Merveille (C'est nôtre Reyne nompareille) r ut sur le soir au même lieu , Pour honorer Bernard & prier le bon
[Dieu.
Chez F. Muguet, rue de la Harpe , aux trois Rois. Avec Privilège du Roy,
(Btbliotb. nat., U'> 22. Rét. ^ Btblioth. de l'Arsenal , B. L. 11802.)
A SON .ALTESSE ROYALE MADEMOISELLE
[Pas EdMe BOURSAULT.]
Du 23. Aoust i665.
Mademoiselle ,
seconde Gazette que je viens de faire est un peu plus méchante que la ère ^ue je fis , & par conséquent vous fatiguera un peu davantage ( car se dire vous divertira un peu moins j. Si j avois sceu que Loret éust dû ir si-tost, j*aurois traité avec luy ad Resignandum de l'honneur qu'il de vous plaire , & Taurois obligé à me donner tant de seuretez que Royale n'auroit rien receu de moj que de divertissant^ à peine de tous ns , dommages & interests. N'estoit que je suis un Autheur modeste , je lirois pourtant, Mademoiselle, que ma première Gazette fut receue à la plus favorablement que je ne l'esperois ; Madame, qui a si bien planté f qu'il n'y a personne qui ne fist scrupule de ne la pas croire l'un des >eaux Esprits qui soit au monde, eut la bonté de dire qu'il n'y avoitque qui fust capable de la faire , & qu'elle aimoit mieux qu'on ne luy en t pas une méchante que d'estre privée de la lecture d'une bonne. J'ay faire tout ce qui m'est possible pour ne pas en prendre un peu de vanité, ts bien que je me scay bon gré de m'estre attiré un suffrage si conside- Et, si pour comble de bon-heur V. A. R. me faisoit la grâce de m'hodu sien , j'aurois de la peine à me changer contre le grand Corneille , ins qu'il ne me donnast quelque chose de retour. Comme je ne suis e Gazetier qu'iNcoGNiro, je reçois si peu de nouvelles & le peu que j'en i sont d'une si petite conséquence qu'il n'est pas étonnant que je ne fasse lui soit de conséquence aussi ; mais , c^uand mes Concurrens m'auront i ce qu'ils n'ozeroient me disputer, si vous trouvez à propos de vous
195 3o. — Du a3. Aoust i665 (Boumault).
déclarer pour moy,.j'étudieray sans cesse ce qui sera capable de vous 4 le plus ; Et, ravi de sçavoir que vous aymiez ce qui est tout à fieiit Buii 25 je ne songeray à prendre mon sérieux ^ue {>our vous protester le plus i tueusement qu'il me sera possible que je suis ,
Mademoiselle ,
De V. A. R.
Tres-humble , A
A LA REYNE
Muse ^ue je trouve au besoin , Muse qui secondez mon soin , On attend de vous la Gazette ; Le Monde choisi la souhaite.
5 Par un sort assez glorieux, C'est sur vous qu'on jette les yeux ; Vous avez paru sans seconde A l'Esprit le plus beau du Monde ; Vous avez charmé par vos Vers
10 Ce qui charmeroit l'Univers ; Vous avez contenté Madame , Aussi belle de corps que d'ame.
Cette Altesse du premier Rang , Qui descend d'un si noble Sang
15 Et de qui l'auguste suffrage Règle le Destin d'un Ouvrage , Soit par justice ou par bonté , A panché de vostre costé.
Allez , Muse , luy rendre grâce ;
ao Armez-vous d'une belle audace , Et priez un Esprit si doux D'appuyer ce qui part de vous.
Mais , avant, allez chez la Reyne , Saluez cette Souveraine ;
a5 Ne tremblez point à son aspect ; Il suffit d'un profond respect.
Loin d'avoir de basses allarmes , Promenez vos yeux sur ses charmes ; Mais, comme pour voir tant d'appas
30 Tout un jour ne suffiroit pas.
Et que plus ses Beautez paraissent Plus on voit de Grâces qui naissent, A vos yeux charmez de plaisir Dérobez un peu de loisir,
35 Puis , comme Muse vagabonde , Chantez ce qu'on fait par le Monde, Et commencez vostre chanson A peu prés de cette façon :
[nople D'un lieu qu'on appelle Andri-
40 Et qui rime à Constantinojde On a sceu que certain Quidti A ne croire qu'à l'Alcoran Connoissant sa perte infoillib A voulu recroire à la Bible ,
45 Et , dans l'espoir du Paradis, S'est refait ce qu'il fut jadis, i Dans deux jours j'auray le mi Où l'on a décrit son Histoire Et, puis qu'il est bien avec 0
50 Je luy promets place en ce lie
On apprend que dans la Ho Où la Joye est tout à fait grai Le grand Capitaine IjLuyter, Qui fait le petit Jupiter,
55 Sur l'Anglois qui court un g Espère reprendre sa Bisque , { Et prétend (peut-estre à son < L'Immoler aux Mânes d'Obd Avec trente Vaisseaux de Que
60 Dont huit ou neuf sont d'Ang] Arrivé qu'il est à bon port , Il prendra la place du Mort.
Les Estats , tous gens à Cak) L'ont fait Admirai de la Floti
65 Et Ruyter luy mesme a proa De tant mettre à bas d'ennea Qu'une année entière de pesfi Ne leur seroit pas si funeste, Et feroit un moindre fracas
70 Que celuy que fera son Bras.
A Bourge en Berry, ville ai On eut une allarme publique Le neuf de ce mois justement Et vous allez sçavoir comme 75 Un Monstre, qu'à peiné on < Dont la seule veue assassine , Un monstre, dont les yeux 11
3o. ^ Ou »3. Aoatt i665 (Boomaoltj.
ent de leurs regards , laid comme un Diable , m degast effroyable , ré dans un Puis , tué du depuis, igere , ayant haste uoy pestrir sa paste , puiser de l'eau ne & son sceau.
|ui s'impatiente , dre plus diligente , seize fois appella 5 oui gisoit là , t descendu luy-mesme , : sa femme fort blesme , >uleurs & d'ennuis , reuz dans le Puis ; iiic le regarde iil regard qu'il luy darde, m cœur si fort ; chanceler d'abord ; après il rendit Tame , ent prés de sa femme, 5 j'ay veus du depuis ce rat dans le Puis, en soit , cela n'importe ; st mort & la femme mor- 'estpasmal-beureuz, [te, M mort comme eux.
[istoriographe i leur Epitaphe , une chercher icy ; 6UZ que j'ay fait cecy.
;PITAPHE.
irs qui tous deux s'entr'aiassez rigoureux, [merent,
moururent tous deux , IX les assassinèrent.
Passant , de ta pitié me que la moitié ; Fdre?
rts, que sert de les plain-
Basilic ont ouvert leurs [Tombeaux ; is qui sont bien plus
[beaux, ont pas moins à craindre.
unier est-ce Mardy?
)y ^ue c'est Mercredy , mais de premier ordre ,
ui tous.
Que l'envie auroit peine à mordre ,
125 Et qui délicate langue a , Avec grand succez harangua Louis, ce Monarque si Juste, Thérbse , son Espouse Auguste , Et Monsieur le Fils de tous deux ,
130 Qui doit estre Illustre comme Eux.
Messieurs les Estats de Bourgogne Ne mirent jamab en besongne Aucun Chef qui parlast pour eux ' Avec un succez plus heureux.
135 Du plus élevé des Génies Les Harangues estant finies , Aux yeux du Clergé là présent.
Il fit à Louis son présent.
Le Roy, satisfait de son zélé ,
140 Trouva sa harangue fort belle , Et tout ce qu'il eut d'Auditeurs Furent autant d'Admirateurs.
Pour moy, qu'une bouche fidelle Instruisit de cette nouvelle ,
145 J'en fus charmé , j'en fus épris , Mais je n'en parus point surpris.
Cet Esprit d'un mérite insigne Ne fait rien dont il ne soit digne , Et c'est fidre un éloge entier
150 Que nommer l'Abbé le Teiller.
Mademoiselle de la Motte , Qui par toute la terre trotte Et qui manie un pistolet Comme un autre danse un balet ;
155 Elle , qui vestue en guerrière , A l'air beau , la démarche fiere , Qui le mois d'avant celui-cy Se battit dans Montmorency ; Elle , de qui la vertu masle
160 Ne craint ny grand air ny grand Et qui trouve plus glorieux [hasle , D'avoir les bras forts que les yeux ; Cette Talestris , que je prise , Est INCOGNITO dans Venise.
165 Je finis cet article-là ,
Car je n'en sçay rien que cela.
Monsieur de Lyonne le jeune , Qui les jours de Vigile jeûne (Je n'en ay rien sceu jusqu'icy , 170 Mais jpourtant je le crois ainsi , Car il faut jeûner, quoy qu'on dise , Quand on veut estre homme d'E- Pour reprendre notre narré [glise] ; Et ne pas paraistre égaré ,
173 C^ jeune Monsieur de Lyonne , Fort bien fait touchant sa personne, Civil , généreux , c^ui se sent De la source dont il descend, Puis qu'il est besoin de tout dire ,
iSoCe Fils d'un Père qu'on admire , Par un équitable destin Est le Prieur de S. Martin ; Et , si le sort un jour s'acquitte De ce qu'il doit à son mente ,
185 Quoy qu'il soit content de cela , 11 ne le laissera pas là.
Quand on naist avec tant de lustre , On naist pour un rang plus illustre, Et nul ne peut estre remply
190 Par un homme plus accomply. '
[vos, Quatre Gentils-hommes fort gra- Tous quatre fort lestes, fort braves , Faisant les Esprits délicats Touchant de certains petits cas ,
195 L'un des jours de l'autre Semaine , Tous ensemble prirent la peine D'aller humblement suppher Monsieur le Pénitencier De vouloir sur quelque matière
200 Leur donner un peu de lumière. Luy, que l'apparence déçoit , Fort dévotement les reçoit , S'offre de respondre à leur doute , Et leur dit : « parlez, car j'écoute. »
203 Mais Messieurs ces Penitens-la , Ne voulant rien moins que cela , D'un cœur très contrit luy répondent:
< Vos civilitez nous confondent , » Vous allez sçavoir nos secrets ;
3 10 » Mais vos gens sont-ils tous discrets? » Messieurs leurs pareils d'ordinaire » N'ont pas le pouvoir de se taire.
» Hé I Monsieur, dans un autre lieu, » N'estant qu'avec vous , avec Dieu ,
313 » En rendant nostre petit compte » Nous aurions un peu moins de
[honte. »
Pour ne pas leur faire un affront , Les voyant si contrits qu'ils sont , Le saint Homme à l'instant les meine
3o. «— Du 23. Aoust i665 (Bouksaijlt).
330 En la chambre la plus prochaine, Et leur dit d'un ton fort civil :
« Hé bien donc , dequoy s'agit-il , » Mes Enfans ?» A cette demande , L'un tire un Pistolet , le bande ,
333 Et , d'un ton fort desobligeant :
« Il s'agit d'avoir de l'argent , » Double Teste, Mort, Ventre,Sacre, » Ou bien je vais faire massacre.
» Avise & resous à l'instant » ,
230 Luy respond le plus pénitent ; « Outre qu'on ne veut point attendre, » Le temps est trop cher pour t'en-
[tendre:
» Deux mots c'est assez discourir :
» Ouy, c'est vivre, & non, c'est moo-
333 Pour dire qu'icelle en treprise[rir I» Causa tres-fascheuse surprise A ce bon Pénitencier Il ne faut pas estre Sorcier, [source, Comme il void qu'il faut, sans rei-
340 Ou mourir ou vuider sa Bource, Dedans un petit cabinet , Qu'il ne rend pas tout à £ut net, Il prend huit cens fois une livre, Leur en fait présent & leur livre,
343 Et jure qu'il n'en dira rien , Aussi vray qu'ils sont gens de bieo.
« Moy je promets , foy d'honnesce-
[homme, »
Dit celuy qui tenoit la somme , «c Que tant que l'Esté durera
330 » Nul ne vous inquiétera.
» Je suis homme qui tiens parole; » Si quelqu 'autre que moy vous vde, » Dites que je suis un amv » Qui ne sers les gens qu à demy. »
333 Durant des discours de la sorte Nos Penitens gagnent la porte ; Le bon Père, de peur de omit, Par timidité les conduit , Et de plus on se donne au Diable
360 Qu'il n'est rien de plus véritable.
Fait le vingt-trois du mois qui court En dejeusnant avec Brécourt
Lettres de respect, d'obligation & d amour de Monsieur BourHault. j1 Paris. CMt{7ltÊ^ Girard, dam la graud'SalU du Palais , du costé de la Cour des Aydes , à r Envie. M. DC. Ult ^vec Privilège du Roy (voy. le n® 19). pp 66-80.