Du i9. Septembre i665 (Robinst
Ce D^ir, bien loin d'être un crime »
' Est vertu , mais vertu sublime ,
Et TErreur qu'il produit m'anime puissamment. Ah I je sens déjà que ma Veine Est pour vous de Vers toute pleine ;
Ils sortent, daignes donc les ouïr un Momentt
ÏM
le Tautre Semaine , EUE & la jeune Rsvm , k MADtàiiE , & leur Cour, lis , les Ris , l'Amour, s & la Destinée , ipos , l'aspresdinée.
^ves-vous bien Où ?
Bourg de Saint-CLOU , ■s loin de cette Ville , riant Domicile ; ft de son Epous >le Rendes-vous.
ftit voir les Cascades , plaisantes Natades t ne se pïédpiter isir de se jetter lus grand Rot dû Monde BTNB sans seconde, i fut las de les voir, nm leur dît bon soir in Tour dans les Allées , i voûtes étoilltes , l'Enhaut, dans ces Ebats, t sans doute Ceux d'Em- Celui du ToNNERRB,[bas, que ce Coin de Terre ïïU ou valoit mieux , lympe radieux.
i troupe Royale n Salon ou sale , » Intestins nt déjà les mutins , i Pâtures exquises douces Friandises , m les regala ; toit rien que cela.
>u-Nox fut venue , une autre Repue , ce nouveau Repas on ajouta le Gras , engraisse les Grâces , lus belles estans grasses.
)is bien sur ce Banquet »eu mon caquet , >ien du Fil à retordre, lépeindre le bel ordre
Et le nombre infiny des Mets ?
Bon I je n'en sortirois jamais.
Comment parlef* de mille choses
80 Qui sont pour moj des lettres closes, N'ayantpas esté sur les Lieux Pour en rendre Témoins mes Yeux ?
Je ne le puis , mais c'est tout dire ' En vous disant que nôtre Sots
85 Etoit en ce Lieu le TRAiTsua.
Mab , si vous désirez, Lecteur, Des Tratisz un juste Inventaire , Aisément , je vais vous le fiaiire , Ainsi qu'on me l'a rapporté.
90 La RsTNB •& c'est la vérité , Je vous le jure , toute entière , En étoit la Belle première.
Monsieur & Madame , ma fbv, Les plus proches Pârens du Rot ,
95 Y tenoyent la seconde Place ; Après Eux, en son ninff je place L illustre Souveraine (TÉu , Qui brille d'un si noble feu.
Je veux dire Madbkoisbllb ,
100 C'est en un mot dire tout d'Elle ; Item . la charmante d'ELBEUF , Qui des Attrais a plus de neuf; Item , la Piuncbsse de Bade En qui l'on ne void rien de fade ;
103 Item, Celle de Monaco ,
Dont , à plusieurs servant d'Echo , Je dis qu elle a de ce qui charme Et met au Camp du Coeur l'aUarme ; Item, la beUe d'ARMÀoNAC , comtatM
1 10 Qui n'a pas Rime propre en ac, Mais a mille Attrais légitimes, Qui vallent bien mieux oue des Ri- • Item , attendes. . . encor Qui ? [mes C'est la Duchesse de Gréqui,
1 15 Cette autre Beauté tant Vantée Et qui doit bien étrcr comptée ; Item , Madame du Plessts , ^^gy- Qui parét d'un sens si rassis Et de qui les grâces brunettes
1 30 Sont, en un mot, si sadinettes ; Item , un autre Objet mignon , Qui , poup'^Pdus dlr##iaii sod nom.
36, — Du i3. Septembre i665 (Robinet).
LasFiUes
d'Honoeoi
de la
Reyne
et de
Madame
de S. Gloa
S.Cloa
Est la M ARQinsE de Thiange , Qui peut rimer avec un Ange ; Item , pour la Liste finir (Et TAmour veuille les bénir), Ces Grâces dont la jeune Troupe Accompagne , ayant vent en poupe, La Reyne & Madame en tous lieux.
C'est tout, 6 Lecteur curieux.
Le lendemain , jour de Dimanche, Où chacun prend chemise blanche , Le Chapitre vint au Château Présenter au Roy le Chanteau , Qu'il reçeut de très-bonne grâce , Après la Harangue ou Préface Que fit d'eux le plus grand Docteur, Qu'ils avoyent pris pour l'Orateur.
Ce Jour encore , l'on fil Chère, Chère splendide & toute entière , Et , le soir, on se trémoussa , Ou , si vous voulez , on dansa , Les Violons faisans merveille , Pour régler les Pas par l'Oreille , Car qui de l'Oreille n'a pas Ne sçauroit faire de beaux Pas.
Le Jour suivant & feste auguste , Où , par un devoir assez juste , On solennisoit le Patron Qui n'étoit Marquis ni Baron , Mais vraiment un Porte-Couronne, Le Nôtre voulut en Personne , Comme Prince religieux , Lui rendre ses devoirs pieux Et ce Héros que Dieu oenie , Y conduisit sa Compagnie.
Avec Elle , devers le soir.
Il revint au Royal Manoir , Où nôtre auguste Reyne-Mére , Par le remède Salutaire D'un Médecin venu des Cieux , Se trouve enfin de mieux->en-mieux.
Cependant , toutes les Semaines , On recommance des Neuvaines
165 De Prières & d'Oraisons , En diverses Saintes Maisons »
Et les Feuillans, dans leur beau Tem- En ont voulu donner l'Exemple, [pus.
Sans pouvoir attendre nlus tard ,
170 En exposans de Saint Bernard La ricne Chasse & la Reuqub , Et Celle , non moins authentique , De leur illustre Saint Zenon , Martyr certes de grand renom ,
175 Dont ils ont fait l'Anniversaire Avec un si beau Luminaire Et tant de Pompe & d'Appareil Qu'on ne peut rien voir de pareil.
Ajoutons , pour remplir l'Histoire
180 Ce que je voi sur mon Mémoire, Que leur jeune Prédicateur Ravit aussi tout Auditeur Bon François & non Allobroge , En faisant de ce Saint l'Eloge.
183 Avec grande Exultation , On a fait la Translation Dans le Convent des Capuqnes [Ces Lys purs , couronnez d'épines De l'OviDE , dont , ces Jours-ci,
190 De vous parler Je pris souci.
Cette auguste Cérémonie Se fit avec grande Harmonie , Et le cher Prélat de Soissons , Dont les Vertus nous conoissons,
19^ Signala sa noble Eloquence , Et son zèle & sa suffisance , Ainsi que plusieurs me l'ont dit, Dans le beau Sermon qu'il y fit.
Il ne faut pas qu'icy j'oublie
aoo Qu'à l'honneur du Saint on publie Qu'en ce jour pour luy glorieux.
Par le pouvoir qu'il a des Cieux De guérir & le Corps & TAme , Il a fait parler une Femme ,
305 Qui depuis plus de dix-huit mois N'avoit articulé sa Voix.
Mais , ô grand Saint que je révère, Helas ! vous ne pourrez pas faire Souvent de ces Miracles-là ,
a 10 Et , laissant à part celle-là , Je dis sans plus longue harangue; Que plusieurs n'ont que tropddao-
Ce jour-là , par un bon Destin, De Nicolas de Tolentin
215 J'entendis le Panégyrique, Et, pour en faire la Critique , A la gloire de l'Orateur, Je dis , sans estre adulateur.
Qu'à l'ordinaire il fit merveille
aao Et me chatouilla fort l'oreille.
Mardy , débauché saintement , Avecque maint Objet charmant , Dans un Monastère de Nonnes ,