SONNET
Pour mieux vivre avec Dieu vous mourez pour le monde ; Pour n'estre qu'à Dieu seul vous renoncez à vous , Et , comme en ce beau choix sa bonté vous seconde , Devenant son Epouse il devient vostre Epoux.
Le destin des mondains en misères abonde , Mais avec Jesus-Christ, desarmé de courroux , On jouit d'une paix & durable & profonde, Et pour une Ame Sainte il n'est rien de si doux.
Avec ce digne Epoux que chacun vous envie Consommez vostre temps & coulez vostre Vie ; On luy parle sans cesse en un si sacré lieu.
Voir le Monde , estre jeune & n'y plus rien prétendre , C'est un grand Sacrifice en un âge si tendre , Mais c'est beaucoup aussi qu'estre Epouse d'un Dieu.
Lecteur, que je plaise ou déplaise, Au mois de Septembre . le treize , 325 En rimant les vers que tu lis
J'ay pris un grand rhume peut-es( Car au travers de ma fenestre Il vient un petit vent coulis.
Lettres de respect , d'obligation & d'amour de Monsieur Bourssult. A Paris , Cke^ Tkt^ Girard , dans la gratufSalle du Palais, du costé dt la Cour des Aydti» à l'envie, M. DC. L Avec Privilège du Roy. pp. 169-173 . 1 18-131 . (Dans le recueil publié par Boursault . ta V en prose à Mademoiselle que nous avons datée du 13 septembre 1665 précède immédiatt la gazette du 27 septembre , mais les allusions qu'elle renferme nous ont permis de la reme sa véritable place).
LETTRE EN VERS LTESSE MADAME LA DUCHESSE DE NEMOURS
l?*M LA GRAVETTE di MAYOLAS.]
Du 20. Septembre i665.
s remuer les tonneaux , indens que les nouveaux , rsoones les pltu graves inent autour des caves imner de les vuider Mnnent r'acommoder ; » Dames orgueilleuxes petites Vandangeuzes , ts superbes Amans es font mille sermans , mans ont plus de force , ouceur & plus d'amorce rignes & dans les bois auroient en d'autres en-
Tdroits.
geois ainsi que les Nobles ! visiter leurs Vignobles , nt cent jolis propos s verres & les pots ; prête sa bote e sa manche & sa cote ; lie ses couteaux reiller des cerceaux ; »rêche sur La vandange , i chante, on boit, on mange; B Amis & mes Voizins champs cueillir des raizins, î reste en cette Ville , opulente & civile , it pour vous faire voir 'atache à mon devoir.
e Saizon Automnale , < tile & joviale , disputer au Printemps JT de divertir nos sens , des firuits pour des fleuret^ nés pour des violettes, [tes, Sches, muscats, raizins
Pour des rozes & des jasmins , Le fameux Château de Versaille ,
40 Exempt de tribut & de taille.
Vaste , riche , brillant & beau Autant qu'aucun autre Château • Voit assez souvent du t>eau Monde , Et , conmie en atraits il abonde,
45 On va le soir & le matin Viziter le Parc, le Jardin , Les salons , les sales , les chambres , Les cabinets , les anti-<hambres Et ses divers apartemens
50 Parez de rares omemens.
Le Rot, qu'aucun Roy ne seconde , La Rbimb • en beautez si iéconde , Monsieur , Prince trés-généreux , Mahuis . Objet si merveilleux,
55 Aussi-bien que Madbmoizbllb, Digpe d'une gloire immortelle , Mainte Altesse & maint grand Sd-
[gneur.
Tous Gens-de-bien & Gens-d'hon-
[neur, Dans ce grand Palais se rendirent ,
60 Innocemment s'y divertirent , Et goûtèrent tous les plaizirs Propres à leurs justes dézirs.
La chaleur étant modérée Et la fraîcheur bien tempérée ,
65 Rien ne troubloit leur ^ayeté Ny leur douce trancjuihté ; Le Soleil ombrageoit leur voye , Le Jour sembloit filé de soye ; La nuit dans ce riant séjour
70 Etoit belle comme le jour , De sorte que , le quatorzième , Nôtre Grand Porte-Dudéme , Avec la RsmE & le Daufin , , Du beau Parc prenant le chemin ,