‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 121 sur 317 · Du 20. Septembre i665 (Mayolas · texte numérisé non relu

Du 20. Septembre i665 (Mayolas

75 Avec sa Suite trés-nombreuze , [ze, Non moins charmante que pompeu- Sur leurs Chars dorez & bnllans , Légers , commodes & galans , Fit l'ouverture de la Chasse.

' SoComme un Mars, le premier il passe, Et , perçant l'épaisseur du bois , Le reste le suit à la fois.

Les Dames , galamment coifées , Agiles ainsi que des Fées , 85 Sur des chevaux vîtes , fringans , Hanissans , sautans , bondissans , Faizoient cent petites courbétes , Au son des cors & des trompétes.

Ces Nymphes en riches habits , ^Tous couverts de bijoux de prix , En Amazones travesties , Etoient de ces Nobles Parties.

A leur aspec , le Rossignol Chantoit par ut, re , mi, fa , sol , 95 Et , dans son aimable ramage, Tenoit , ce semble , ce langage :

« Cette belle & Royale Cour p Fait honte à celle de l'Amour. »

Les arbres , pour faire passage ,

looEcartoient leur panchant feuillage ; Pan , nonobstant son ferme apuy, Craignoit qu'on ne s'en prit à luy.

Pendant qu'on poursuivoit ces Bes-

[tes, Ces Belles faizoient cent conquestes,

105 Et leurs armes & leurs regards Portoient des coubs de toutes parts ; Leur bravoure & leur gentillesse , Leur ajustement , leur adresse , Leur fierté , jointe à leur douceur,

1 10 Egaloit le plus grand Chasseur ; Enfin ces images vivantes De ces glorieuzes vaillantes Qui jadis tant de bruit faizoient En ce moment les surpassoient ,

115 Comme la Reine , dans ces routes , Parut & brilla plus que toutes.

Après ce divertissement , Qu'Us goûtèrent heureuzement , Une Comédie agréable ,

1 30 Aussi galante qu'admirable, Par des Actes plaizans & beaux , Leur donna des plaizirs nouveaux.

Un Balet de pluzieurs Entrées, En bien peu de temps préparées ,

i35Acrût la jovialité

85 /mpr. vites Bl fringanx.

[ De l'Ouvrage peu médité De Molière , qui d'ordinaire A le bon-heur & l'art de plaii 130 Et, pendant quatre jours enti Les r estins furent singuliers Par l'ordre de nôtre Grand-Si En dizant cela c'est tout dire.

Le preux Marquis d'ÛLUA»

Pourvu de mérite infini ,

^' A fait , avec beaucoup de joy< De la part du Duc de Savote Compliment à Sa Majesté Sur le retour de la santé Et l'heureuze convalêcence

^ De la REiNE-Mére de France.

Cet Envoyé , brave & poly , Du Roy, de la Reine acueiUy Et de Monsieur & de Madami Ressentit alors dans son Ame '^^Un extrême contentemant De cet acueil doux & charmai

Monseigneur le Comte d'Es:

Qui toujours est en Ambassad Et, par esprit & jugement,

"50 S'en aquite parfaitement.

En donnant à nôtre Monarqu Maint témoignage & mainte m De valeur, de fidélité , Dans cette haute Dignité,

'55 Ce grand Ambassadeur de Fn A la Haye eut bonne Audianc Et tous les Etats Holandois Prêtoient bien Toreille à sa voi

L'Evesque d'Ypre, illustre &

160 Bon Pasteur & grand Personni Vizitant , ses Diocézains L'acueillirent à baize-mains , Id est , chacun étant bien aize De le voir dans son Diocéze ;

165 Puis , à Dunkerque ayant été, 11 fut alors complimenté D'une manière trés-civile Par les Principaux de la Ville, Et le Marquis de Montpézat,

170 Remply de zélé pour l'Etat, Non moins vaillant que politiq Aussi galand que magninque , Le lendemain du compliment, Le régala splendidement ,

175 Dans une belle & grande sale, Avec sa Suite Episcopale ,

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