‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 122 sur 317 · Du ao. Septembre i66S (Mayolas · texte numérisé non relu

Du ao. Septembre i66S (Mayolas

lékt docte & paifdt.

mtent & satismit.

ux Evesque de Mande , or prêcher l'on demande mtVesprit & la voix ,

jour de Sainte-Croix ,

oatiére épineuze ,

»n si merveilleuze

strême piété ,

r & sa pureté ,

lent & sa science ,

iéle & son éloquence

it vivement les cœurs

iles Auditeurs.

^nds Prélats s'y trouve-

ent l'écoutérent , [rent,

ment il ravit

au Monde qui l'ouit

tte Efflize sacrée ,

int Victor préparée

les nouveaux Convertis.

ie vous avertis Feste qu'on sisnale Feste principale.

irend Père Bazin , pieux Jacobin -, aussi des merveilles , esprit & les oreilles it Temple & nouveau lieu , rte de Kichelieu , Volets , dits Stigmates , îs & délicates , îllement ajusté s de Sa Majesté , lit Révérend Père ateur ordinére.

Si par toute la Chrétienté , En faveur de Sa Sainteté ,

a 15 A Dieu l'on demande des grâces , Par des prières éficaces , Pour le retour de sa santé Et sa longue prospérité , Le Ciel touché de nous entandre

aao Conservera nôtre Alexandre.

A présent au'il est un peu tard , J'aprens que le Père Bouuùu> , De qui la vie est exemplaire Et le mérite extr'ordinaire ,

235 Fut Élit par les Religieux , Habiles , prudens & pieux s Qui sont à Sainte Geneviève (Que leur dévotion élève) , Leur Abbé , de plus Général

ajo De tout cet Ordre Abatial.

Ayant vu que de sa Personne La santé paroissoit fort bonne , Ce Mortel beaucoup estimé Dans ce haut Rang est confirmé ,

a35 Depuis grand nombre de joumèâ Compozans vingt-&-quatre années Qu'il avoit justement été Pourvu de cette Dignité ; Aussi cet Homme de mérite

240 Au gré de chacun s'en aquite*

PRINCESSE, comme je^n'aj rien Pour prolonger cet entretien , Et ma Lettre se trouvant faite , Ma Muze va faire retraite.

345 Cet OUVRAGE Firr fah*, tout neuf, En Septembre le dix-&-neuf.

C. Chenauli , imp. à Lit,, Aux Armes du Roy, rue ii la HuehitU, Avtc PriviUge de

(Blblioth. de rAreentl, B. L. iiSoo.)

LETTRE EN VERS A MADAME

[Par Charlis ROBINET.]

Du 20. Septembre i665.

ao

Nous l'avons vue au Cercle, à Table » à la Toilette , Ndtre jeune HéroIne & brillante Henriette ; Muze , avec quels Crayons ferons-nous son Portratf ?

Hal c'est un Chef-d'œuvre adorable ,

Beaucoup plus qu'il n'est imitable , Et Ton n'en peut jamais copier un seul Trait.

Pour tirer ses beaux Yeux il Êiut de la Lumière Dont le clair Dieu du Jour retrace la Carrière , Alors qu'il éblouit & brûle également.

Il faudroit pour mieux peindre encore

Ces Astres du Cœur qu on adore Animer leur Eclat d'un divin mouvement.

Pour tracer les Appas de sa Bouche de Rose , Soit qu*elle soit ouverte ou soit qu'elle soit close » Il faudroit des Beautez qui manquent aux Discours ,

Et l'on tante en vain le miracle

D'exprimer ce charmant Oracle Des Grâces , de Minerve & des brillans Amours.

Mais quand nous aurions peint de son divin Visage Ce qui peut mériter un souverain Hommage , Ce beau Teint & cet Air si grand , si glorieux,

Pourroit-on dépeindre son Ame ,

Toute de Lumière & de Flame , Et la plus noble enfin qu'ayent formé les Dnux ?

O Muze , abandonnons un Dessein téméraire , II est plus seur pour nous d'admirer & nous taire Que d'imiter Icare en un si haut Projet ;

Il vaut mieux de maint beau Chapitre ,

Remplir une nouvelle Epistre Qui plaise , s'il se peut , à cet Auguste Objet.

[ouYiani.] N'aguere, avec beaucoup de joye, Un Envoyé de la Savoye Fit des Complimens pleins de suc, De la part de son noble Duc, )5 A sa Majesté Très-Chrétienne , Comme à l'illustre Epouse sienne ,

Sur les progrez d'une Santé Qui réjouit en vérité Tout Paris & toute la Frange ; 40 On m'entend bien, comme je pcoJ Il veid aussi ce cher Daufin , Aussi beau qu'est un Serafin,

i6i 39. — Du 30. Septembre 166Ï iRobiket).

Dont la jeunesse est sans égaie .

Tant en ce bas âge il étale 4) D'esprit , de grâce & de vertu ,

Qui sont en lui des Impromptu

Et du Ciel & de la Nature ,

Sans parler de la Tablature

Qu'il reçoit de cette Palis .

joQui régie tous ses jeunes pas , *• Sçavoir la Markchale illustre h* Dont le mérite a tant de lustre.

Le Gentilhohmb Sai De* Compiimens lit aussi part

55 A i'Unitf ue Monsieur de France , Et puis il fit la reverance Au digne Objet de son amour, Qu'on nomme Madame Coût cour.

Et qui l'ouit dans une Chambre

«oFon parée & qui sentoit l'ambre.

Dimanche , où le Ciel tout exprés Se para de tous ses Attrait Pour plaire à nfilre auguste Sire: , Qui semble partager l'Enipire

«5 Avec son ivviH foudroyant , Ce jour-la , di'je , si riant , Nôtre Cour courut à Vebsaillbs Pour y rire & faire gogaiUes.

Rien ne peut être plus pompeux

70 Que fut son départ de ces Lieux , Rien de plus t^aiant , de plus leste , Et je vous jure & vous proleste Que du grand Jupin ci-dessus Jamais la Cour n'éclata plus ,

Tt Allant avec magnificence

En quelque Palais de Plaisance.

Ce Dieu . je pense , & sa Jundn , Puissent-ils s'en fâcher ou non , Sur ce Char que des Paons superbes

•0 Traînent Id-haut. bien loin des ber-

»rbes.

K'oni pas sans doute plus d'éclat Que nôtre rare Potektat Et son Epouse, qui fait honte A la Déesse d'AMATHONTE.

gj Pour les autres Divinitkz Qui sont ft leurs sacrez costet

I Elles sont de la basse Game Prés de MoîisiEUR & de Madame.

O qu'ils étoyent brillans Cous deux Et dignes d encens & de vœux .

Sorians de leur belle Demeure !

On auroit dit , ou que je meure ,

Si ce n'eust été vers le soir,

Que cène Prikcesis , a la voir 9S Comme je croi la voir encore ,

Etoic en Personne I'Adrore ,

Et Monsieur cet heureux Chasseur

Qui de la Déesse a le Cœur.

Mademoiselle . toujours grande 00 Et toujours bien digne d'O^ande,

Et sa Cadette d'ALENçoH ,

Aimable en plus d'une façon ,

Etoyent aussi de la Partie,

Ainsi de tout point assortie, oj Avec les Belles de la Cour ,

Chacune sous un riche Atour,

En Chaise roulante ou Calèche.

Mais quoi ! le Petit PoRTE-pLécHB

De la Troupe n'étoic-il pas .

loAvec les Grâces, les Appas,

Et toute la folâtre Bande

Des Jeux, des Ris ? belle Demande.

On l'y veid , & jamais si beau

Ne parut ce Porte-Flambeau.

ij Vous l'auriez pris sans nule peine .

Pour le propre Fils de ta Reyne ,

Et de vrai , Lecteur, c'estoit Lui ,

Plus beau que I'Ahour aujourd'hui.

Les Collations figurées, 10 Et c'est à dire préparées

Avec un Art ingénieux

Comme pour la Bouche des Dieux .

Les Festins de Jour & Nocturnes .

Oii l'on ne voyoit nuls Saturnes , 15 Les charmans & friands Desserz ,

La Promenade & les Concerz

Furent du Cadeau de Versailles ,

Où les Hortolans & les Cailles,

En Pyramides arrangez, joEnlr'autres Metz furent mangez.

On n'oublia pas là la Chasse ,

Et faut que mention je fasse

Qu'en ce charmant Plaisir de Roy

Chacun parut en noble arroy ; j^ La divine Reyne & Mauame ,

Plus brillantes qu'une Auri-Ââme.

Y sembloyent, sur Chevaux de Prix,

Comme d'illustres Talestris ,

Ayans , entr'autres Amazones , 40 Ces Deux qui descendent des Trônes ^'J*'^'"

Et qui sortent du même Sang , Midemoi-

Qui prés d'Elles leur donne Rang. aAÎmçon.

Les Filles d'Honneur, si charman- lwi*

Si pimpantes, si triomphantes, [tes, ^J^' 4. Et de tant de Cœurs le Souci , ttuvn.

39* — ^ Du 20. Septembre i665 (Robinbt].

Etoyent Amazones aussi.

Là» maint Cerf nonobstant ses Cor-

[nés.

Veid à ses jours donner des bornes , Mais par des coups si pleins d'appas 150 Qu'il en pleura moins son Trépas.

Achevons. Pour la Feste entière , L'admirable &plaisant Moudre , Le MoME des Terrestres Dieux , Comme l'autre est Mouére aux 155 lUec , avec sa Compagnie , [Cieux , Fit admirer son gai Génie.

CrAmoi» Son Jeu fut meslé d'un Balet , "*'*^'^ Qui fut trouvé drôle & folet , ^'■îS?^" Et des Vont pleines de merveilles HitaiTO. Ravirent toutes les Oreilles.

La Flote » oui des Indiens Apporte mille ingrediens , Et d'or une quantité grande Pour nos Aluez de Hollande ,

165 A de Bergue <^itté le Port Et le cher Abn de son Fort , Ayant appris que ce Maistre Homme, Que ce Chef, que Ruyter on nom-

[me, S'approchoit avec cent Vaisseaux,

170 Pour l'escorter dessus les Eaux.

Mais d'ailleurs , ainsi qu'on le note , L'Anglois , comme un autre Argo- Devcrs Eux a repris l'essor, [naute , Pour enlever la Toison d'or.

175 L'iniluance Contagieuse

Est à Londres toujours fâcheuse , Mais la belle de Castelmin N'a pas de ce mal inhumain Ressenti l'atteinte mortelle ;•

iSoC'estoit une fausse nouvelle.

De BucKiNGHAM le Duc charmant N'est pas non plus au Monument , Par la pestilente Sagette ; Il peut encor conter Fleurette.

1S5 Monseigneur le Duc de Beaufort, . Dont , à ce que je voi , le Sort Est de cingler, voguer & courre , Et de signaler sa bravoure , Qui n'est pas commune vraiment ,

190 Dessus le liquide Elément ,

Ce grand Héros , di-je , de l'Onde

(Char- ^ ^^"^ *^^^ '^^*^^ ^^ Ronde dMu.i Vers Serselles & vers Alger,

Sans nule crainte du Danger,

195 Qu'enfin il s'est couvert de Gi<M] Par une nouvelle Victoire.

Les Barbares au laid Minois Se mussoyent viste chaque fois Qu'il paressoit devant leur Ville

300 Et de faire action virile Aucun ne se sentoit touché ; Mais ce Prince , en estant Âdai A bien sceu braver ces Pirates , Qui valent moins que des Pdlati

305 Jusques mesmes dessous leurs Fc Dont le Feu rendoit les Abords Et si chauds & si difficiles Qu'ils auroient fait ptlir Âchiles Il les assaillit bravement ,

310 Hardiment , intrépidement , Et , secondé de sa Pelote, D'Officier, Soldat & Pilote Qui ne sçavent point reculer Quand il faut sous luv batailler,

315 En plein Midy de la Journée , Par une illustre Destinée , Il les priva de leur Soleil.

Apres , ce Héros nompareil , Si puissant chez le Dieu Neptum

330 Fit encore éclypser leur Lune, Ou du moins , dit-on ,. le Crobj De ce bel Astre renaissant.

Voyez , que de rares merveille Qui doivent charmer vos oreilles

335 Mais disons , sans rien oublier.

Qu'il leur prit encor leur PAum Pour se couronner de leurs Pftli!

Dessus les Flots rarement calme Outre cet Echet assez grand

330 Ils brûlèrent leur Cheval Blanc De crainte qu'en cette Avanture Il servît au Duc de Monture ; Et nos braves François vainqua Aussi de leur beau Pot à Fleurs

335 Firent un très-grand Feu de joy N'en ayans pu faire leur proyc.

Je reçeus n'aguere un Billet Sur l'avanture d'un Valet De la Comtesse de Brienne ,

340 Qui vaut bien qu'on s'en entretiei Il n'estoit pas de ceux du Temps Qui font toujours les Mécontans De qui le Discours ordinaire N'est ^ue de parler de salaire

345 Et qui pestent incessamment

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