Du 97. StpttfloJbre i665 (Booxsauli
^ Pour moy, que tout bien accompa- Je vais de Turquie en Espagne, [gne,
^ Vostre Catholique Papa , Qui dernièrement écbapa Des mains de Madame la Parque M> Acharnée après ce Monarque, Se porte à cette heure si bien Que l*on appréhende plus rien.
L'Asnesse qui luy donne à boire Est toute brillante de gloire ; 05 Sans qu'aucun luy fasse de mal Elle court dans TËscurial , Mais elle a pourtant des foiblesses :
Elle fiiit les autres Asnesses.
Fiére du succez de son lait , i^EUe les dédaigne , les hait , Et , depuis sa haute fortune , Elle n'en rejgarde pas une.
Il n'est pas jusau'à ses Asnons Qui méprisent leurs compagnons , 1,3 Depuis qu'en un lieu qu on révère Ik suivent Madame leur mère.
Par tout où je jette mes yeux, le vois bien des Asnons comme eux Quoy que ceux que le sort élevé i)oNe soient que des Rois de la fëve : D'abord qu on est plus qu'on ne naist, On croit estre plus que l'on n'est.
Mais, durant ce discours fantasque, U Soleil, qui court comme un Bas- 135 Et qui traisne après luy le jour, [que M'oblige à poursuivre mon tour.
Pour donc avancer ma besogne , Je m'en vais d'Espagne en Pologne.
Le vagabond Lubomirski, i|oPoursuivy par Sokieski I^e qui le courage le vexe , A la fin a l'ame perplexe , Et ledit sieur paroist surpris I)e ce qu'on met sa teste a prix.
Quoy qu'il ait passé la Vistule Sans avoir la moindre fistule , U appréhende que son Chef ^e reçoive quelque méchef Et qu'à l'ombre de quelques Saules 140 On ne luy raze les épaules.
Certains vrais amis audit sieur Le conjurent de tout leur cœur Car pour luy leur zèle est extresme) l)e porter sa teste luy-mesme , 14, Que peut-estre le Roy de là
Sera satisfait de cela , Et que , peut*estre , sa présence En ayant surpris la démence , Il ne voudra , peut-estre , pas
150 Qu'on luy jette le crâne à bas.
Au Diablezot qu'il soit si beste De porter luy-mesme sa teste I Peste , qu'il s'en gardera bien ! Ces peut-estre ne valent rien ,
155 Et , dans un rencontre semblable , J'envoirois les amis au Diable.
Mais , morbleu , je tarde icy trop Quand il faut courir au galop.
Muse , c'est trop estre en extaze ;
160 Remuez-vous , bridez Pegaze , Et puis , viste comme un éclair, Traversant les routes de l'air.
Faisons diligence si grande Que nous arrivions en Hollande.
165 Au grand Capitaine Ruyter , Qui dit l'autre )Our son Pater , Estant sur le point de combattre Et de faire le Diable à quatre , Les Anglois , en foule venus ,
170 On fait dire son In manus.
Cinq Vaisseaux de ceux qu'il com-
[mande , C'est à dire de la Holande , Ont encore esté joints , dit-on , A la Flote du Roy Breton, [estre,
175 Ruyter , tout vaillant qu'il puisse A peine eut le temps de paraistre , Que d'un gros canon le ooulet Faillit à le prendre au colet.
De l'Anglicane Artillerie
180 La menaçante ronflerie , Qui reveille & qui fait frémir.
Pensa pour long-temps l'endormir ; Toutes fois , dans cette occurrence, U parut brave à toute outrance ,
185 Car plus le salpestre ronâoit Et plus son courage s'enfloit.
Sans son bras , la Flotte Indienne , Que l'Anglois croyoit déjà sienne , Par un assez rigoureux sort
i9oAlloit faire naufrage au Port.
Contre un Ennemy redoutable On peut dire qu'il fit le Diable , Et que rien ne put Festonner Tant qu'il eut au sang à donner ;
195 Mais cet Admirai si terrible , Se voyant percé comme un crible ,
287 4^' — ^^ 27. Septembre 1665 (Boursaulti. 18
Il se rerira doucement,
Dans la peur de l'efferoucher.
Mais pourtant glorieusement.
3jo N'osant ny tousser ny cracher.
Pour tascher de luy faire brèche.
S'il guérit , comme on le désire ,
3O0 L'Anglois n'a que faire de rire ;
Il porte les yeux sur sa Beicbe .
Ledit sieur Ruyter, si Dieu plaist ,
Et , la prenant à tour de br<s .
Luy fera bien voir quel il est.
Lorsqu'il obtiendrais Victoire
Il se jene l'orteil à bas.
3<n II s'écrie alors , se courrouce .
Je feray des Vers à sa gloire ;
Mais je suis d'une humeur si douce
»o5 En attendant le premier choc ,
Que , de peur d'entendre ses cris .
Je vais toujours en Languedoc.
Je reviens exprés à Paris.
Dans la Province Narbonnoise ,
Dedans l'Eglise d'une Vierge.
Qui n'est pas capable de noise .
]6p Que l'on dépeint tenant un Cierge
D'hommes-faits quasi douze cens .
Qu'un petit Diablotin tres-laid
jioSans compter les Adolescens ,
Coupent des Montagnes, des Roches,
Veut éteindre avec un Souflet
Et qu'un Ange tres-amiable R'aHume en dépit de ce Diable.
Pour faciliter les approches
Et confondre les flots amers
i6j La veille du vingt de ce mois.
Par la jonction des deux Mers.
Pour feu la Duchesse de Poix
ji; Pour peu que le Ciel favorise
A qui le Seigneur soit propice!'
' Une si louable entreprise ,
On rit un Solennel Service.
Tant de testes s'en mesleront
Le Supérieur General.
Tant de mains y travailleront [hle, Qu'on pourra dans peu, ce me sem-
J70 En Vcstement Pontifical ,
Célébra de pieuse sorte .
lïo Marier ces deux Mers ensemble ,
Pour l'Ame de ladite Mone .
Et , sans commettre aucun delict
Sans tousser & sans faire hem.
^^ Les coucher dans un mesme llct.
Une Messe de Requieh.
^^^H Le Directeur qui n'est point lâche
=7^ De plus d'une granddemy lieue.
^^^H Y fait travailler sans relâche ,
Le Ires généreux Duc . sans queue
^^^^ ÏJ5 Avec un suceez peu commun ,
Les honnestes Gens sçavent bien
Douze cens Manœuvres, moins un :
Que je parle du Duc d'Anguyen,
De ce! un la que je séquestre ,
Qui par son Illustre naissance
Au gros doigt de son pié senestre ,
îSoEst le Duc le premier de France.
Par un très bouffon cas fortuit .
Et que tout Paris nomme exprà :
130 II arriva ce qui s'ensuit.
Monsieur le Duc , & rien après] ,
Ce bon Pâlot gagne-journée ,
Ce Duc, dis-je , que chacun prùe,
A qui . toute l'apres-disnée ,
De chez luy dans icelle Eglise
Le Soleil battoit sur le dos ,
.s, Quoy qu'icelle Eglise en soit loin
Voulant prendre un peu de repos
Se rendit avec un grand soin :
1)5 Sur la terre alors toute seiche ,
Puis sa Serenissime Altesse .
11 fait un chevet de sa Beicbe ,
Quand on eut achevé la Messe.
Et . pour reposer à gogo
Commençant à s'ennuyer la.
iQoTres-subitement s'en alla.
Il se couche-la tout de gô ,
Puis, se sentant l'Ame assoupie >4oIl s'endort comme une Toupie.
Un Cadet, passablement Noble
Apres avoir bien sommeillé .
Fils d'un Président de Grenoble.
A U fin s'estant éveillé ,
Appelle Monsieur de Lescoi .
Durant que son œil se desserre .
Où je n'ay jamais fait d'écot .
De son pié. tout couvert de terre ,
19; Lundy dernier, d'un coup d'ifét
J4^ Le gros doigt . qui pour lors passoii Et qui luy tout seul paroissoit ,
Ayant la poitrine frappée .
L Ame d'iceluy par ce trou
Estant pris par ce bon Manœuve
Se sauva je ne sç«y pas 0(1.
Pour la teste d'une Couleuvre ,