T- Du 4. Oaobre i665 (Mayolas
delà Fealllade.1
Dans ce que je vais vous décrire.
J'ay sceu d'une Femme d'esprit Qu'un Courier venu de Madnd , A midy, le dernier Dimanche ,
20 Sans avoir pris chemize blanche , Pour, sans aucun amuzement , Ariver plus diligemment , Aporta certaines Nouvelles .
Qui brouillent beaucoup de cervelles,
25 Et nous aprit en triste aroy La mort ae ce superbe Roy Qui possédoit mainte Campagne Et dans l'une & dans l'autre Espagne.
«TAnSoMCHi L'illustre Archévesque d'Ambrun , Dont le mérite est non commun , Ce digne Ambassadeur de France , Par son zélé & sa diligence , Des premiers nous l'a fidt sçavoir, Ce ^ui nous va tous métré en noir,
^5 Si-tôt que ce trépas ftmeste Fut par ce Courier, si peu leste , .
A nôtre Grand Louis anoncé , Il en eut le cœur fort blessé ; Dés le moment que nos deux Reines
40 En furent tout-à-fait certaines , Ce malheur les surprit si fort Qu'Elles en pâmèrent d'abord; [flâme Leur Rang , leur tendresse & leur Combatoient la grandeur de l'ame ,
45 Mais l'amour en cette saizon S'acordoit avec raizon , Et leur plainte est si légitime [me : Qu'on ne peut Timprouver sans cri- Les soupirs , les cris & les pleurs
30 Sont bien-séans à ces douleurs.
La Reine perd le Roy son Père , Et la RçiNE-Mére , son Frère ; Pouroient-EUes donc jamais mieux Tirer des larmes de leurs yeux ,
55 Et peut-on dire que ces larmes Etoient sans raizon & sans charmes ?
Je suis seur que tous les François , Sensibles à la mort des Rois , Font gloire de mêler leurs peines
60 Aux regrets des Augustes Reines , Et l'on aperçoit sur leur teint Ce fatal dézastre bien peint.
Cruelles & noires Furies , Ferez-vous toujours des tueries ,
65 Et vôtre bras , peu circonspect , N'aura-t-il jamais du respect Pour les jours ny pour les années
Des Testes qui sont couron Faut-il que vôtre ardadt fia
70 Et que vôtre tranchant dxe Par une puissance indiscrél N'épargne Sceptre ny Hou Et 'que les Bergers & les Ri Soient également sous vos 1
75 Dedans cet article je man L'Epitafe de ce Monarque , Que j'enferme dans un Son Compozé dans mon cabinet
Philipe Quatre , Roy d'E
80 Git souz ce Tombeau gloric
La Politique , sa Compagn
L'a suivy jusqûes dans ces 1
Son Peuple y perd plus q Il étoit clément & pieux ; ^ 85 L'Italie , avec l'Alemagne « Sent ce Trépas injurieux.
Passant , pleure sa destin Ayant survécu quelque ann Il eut couronné ses souhaic
90 On plaindroit beaucoup ]
S'il n'ût pris, en faizant la F Le Grand Roy de France p
Beaucoup de Gens en soi Et d'autres sont bien emp6(
95 Son Epouze est inconsolabl C'est pour Elle un mal ina Et paroit assez mal-fisdzant A la jeunesse de 1' Infant ; Il n'est pas moins rude à l'I
100 De qui la beauté trionfante Fait longtemps languir l'Ei Dans la conquête de son co Car, nonobstant les Fiança Son Contract , ou ses Epou
105 On ne sçait l'heure ny le jo Qui poura borner son amoi
Le défunt Prince a pris h En faveur de l'illustre i^nc De luy donner obligeamnie 1 10 Par son fidelle Testament , Dudil cher Infant la Réffen Et sur tous ses États puissa Nommant six Hommes san