‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 143 sur 317 · Du 18. Octobre i665 (Robinbt · texte numérisé non relu

Du 18. Octobre i665 (Robinbt

310 Ulec leur firent compagnie , Ainsi que le charmant Dauphin Qui rend nôtre Bon-heur sans fin , Àyans avec eux plusieurs Belles , Par qui les Cœurs les plus rebelles

315 Sont soumis au Joug amoureux.

Comme Louis est généreux Et le plus galand Roy du Monde , A la Troupe , en appas féconde .

Il fit là » jusc^ues au Jeudy ,

330 Que l'on revint après midy , Une Chère vraiment Royale , N'est-ce pas dire sans égale ?

Le brave Duc de Montausier , Chez qui nous voyons s*allier 333 Tout ce qui compose un Mérite Qui presque n'a point de limite , Fut n'aguère à Rouen receu Avec Tédat & l'honneur dû Au Gouverneur de la Province.

330 En cet Accueil rien ne fut mince , Premier Et le sicur Franctot mémemeut

Préfeident » ^ «^ •/;

au Le traita magnifiquement.

Pailement

de Rouen j^^ Bellefons , Marquis iUustre , Qui de son Cœur tire un grand lus-

333 S'en va, du moins l'on me l'a dit. [tre, Faire en diligence , à MAURrr Une triste & sombre Harangue , Quoy qu'en beaux mots, dans notre Touchant le célèbre Trépas [langue,

340 Que le Lecteur n'ignore pas.

Un Mari goguenard & drôle , N'ayant pu tirer de parole Par force ni par amitié De sa trop quinteuse MorriÉ ,

345 Depuis dit-on une Semaine , Voyant au bout de la huitaine , Sçavoir un Dimanche au matin , Qu'icelle alloit pour le certain A la Messe Paroissiale ,

330 Pour la devancer il détale , Il s'en va trouver le Curé , Où faisant des mieux l'Epleuré , Il soupire & dit que sa Femme Est sur le point de rendre l'ame ,

a55 Ne parlant plus depuii Et , sans tenir plus ion Avec sanglots il luy dei Qu'à son Prône il la n Le Curé • montant de <

360 Dans la Chaire , n'y mi Mais la Dame , étant là Et mainte Voisine assis Qui la régarde & cj^ui s Elle se levé de dépit •

365 Et I courant en son Do Pour y vomir toute sa Et faire un beau chariv Y chante pouille à son Lui , qui l'attendoit de

370 Plus inébranlable qu^ui « Bon , » lui dit-il , « 1 » Ont opéré , je le voi » Je conés par cette haï » Que Dieu vous redon

375 » Rendez-en l'usage m » Et je....» — « Tais-*' Repart la Femelle irrit Et par son courroux ti «r Oui , par Saint Jean ,

380 » Mais tant que je t'ei De vrai , tel est son'flu Qu'elle ne fait qu'une Qui dure la nuit & le j Si bien qu'il en est prc

385 Et qu'il fait par tout d< Ou , je crois même , d< Pour obtenir de tous h Que ses Discours soyen Ou qu'elle perde enfin

390 Qui tant de bruit fait di

En arrive ce qui poi O grande & charmante A qui ma Missive j'adi Cela tres-peu me souci

395 Pourvu que cette Narr Vous ait semblé récréa Et divertie en la lisant Mais la peur que j'ay d Me rencl tout sombre <

Car enfin tout mon but es

Par moi , las ! qui ne suis Baron , Marquis , ni Du Ces Vers-ci fiirent faits la Veille de Saint Luc.

/f Ftitis. Uu{ F. Muguet, rue de la Har^te , atut trois Rois. Avec Privilège du Roy

(Biblioth. nat, Lca Biblioth. Maiarii;

LETTRE EN VERS \SON ALTESSE MADAME LA DUCHESSE DE NEMOURS

[ Par la GRAVETTE m MAYOLAS. ]

Du 25. Octobre i665.

Un mal qui me tient à la gorge , Malgré la Conserve & reau-4'orge , Le Capitan Rume ou Ruma ,

. De telle façon suri)ris m'a

5 Et me rend le gozier si rude Que je prétens , dans ce Prélude • Dédiaiger sur luy mon couroux Et sur sa discorcunte toux.

Tout le monde gronde & murmure

M Et soufre une semblable injure ; n prend le Maître &le Valet Indiscrètement au colet ; Le plaizir de voir des semblables' Rend les douleurs plus suportables,

13 Mais c*est» dans mon opinion , Tiés-pauvre consolation.

Lors que je veux parler, je tousse : Je sens qu'il coupe & qu'il répousse Ma voix avec mes sentimens ,

» Qu'il m'intérompt à tous momens , Et me fait • contre ma coutume , Cent fois prendre & quiter la plume.

Charmante Princesse , sans Vous , Objet illustre • aimable & doux ,

13 A peine aurois-je le courage D'écrire aujourahuy cet Ouvrage ; Pour Vous donc je commenceray, Et , possible , j'acheveray, Ne voulant pas que mon génie 30 Sucombe sous sa tyranie.

LuBOMiRSKY fait l'entendu Depuis qu'il s'est bien défendu Engaignant toujours la coline '*) une manière lâche & fine.

^^ n Ç^^*"* ®^ raporta Qu'il avoit passé la Warta , ^ne de leurs belles Rivières , ^^ » Pour luy tailler des croupières , ^^ Roy, poursuivant ses travaux ,

40 Détacha deux mille Chevaux , Qui furent-là comme à la noce ; Mais , la nouvelle étant trés-fausse , Le Rébelle avoit eu le temps , Avec ses Gens plus importans »

45 De ranger l'Armée en bataille Derrière une épaisse broussaille , A la foveur d'un petit mont.

D'abord, les Polonois y vont , Mais , si-tôt qu'ils les aperceurent ,

50 Et , les vovans proche ils coururent, Quoy qu'ils fussent beaucoup moins

[qu'eux, Pour ataquer ces mal-heureux. Étâns surpris de leur courage , De leur valeur & du carnage ,

55 Un chacun fuit , plie & s'en-va

' Prés des murs de Czestokowa , Où , par une étrange disgrâce , De ceux qui commandoient la Place Ne recevans aucun secours ,

60 Et rencontrans ou froids ou sours Du prochain Convent les bon Fré- Le nombre de ses Aversaires [res , A^ant prévalu le dernier, Fit PoLUBiNSKY prizonnier.

65 II se défendit d importance ; CoMMiNGE y montra sa vaillance , Comme le Colonel Brion »

A la teste de maint Dragon , Et , ne pouvant plus se défendre ,

70 11 falut à la fin se rendre , Après que les Confédérez Furent presque tous massacrez , Et l'un des principaux Rebelles Mourut de blessures mortelles.

75 Quelques-uns de mes bons amis , Qui ne sont pas trop endormis , Et dont la troupe est assez grande,

5o. — Du 25. Octobre i665 (Matolas^.

S'en vont promener en Holande , Soit pour raire fortune ou non ,

80 Soit pour aquerir du renom , Soit pour exercer leur vaillance , Soit pour rendre Tobéi^ance Qu'ils doivent , aussi bien cme moy, A nôtre Grand & Puissant Roy,

85 Ou pour autre choze semblable • Très-nécessaire & remarcjuable.

Avant que partir de ces lieux 1 Ils ont fait leurs divers adieux , Et de tout mon cœur je souhaite

90 Qu'ils soient bien-tôt dans ma Ga-

[zette.

Le Hongrois est si bon Chreden Qu'il ne sçauroit vouloir du bien A la Nation Otomane , Superlativement profane :

95 Ils ont toujours aes démeslez , Ensemble Us sont totijours brouillez, Et font souvent diverse cource Oti l'on rend la vie & la bource ; Us se chamaillent tout-de-bon , 100 Sur un ouy comme sur un non , Déchirant Turban & Berrette , Si bien qu'on tient une Diète A la requeste des Hongrois , Qui la demandoient cinq cens fois ; 105 L'Empereur enfin l'a permize , Et se doit tenir sans remize.

Un pauvre Valet , dans Berlin , Plus mais qu'il n'êtoit malin , Pour avoir mouché la chandelle

1 10 Dans une Écurie assez belle Du Palais & du beau Séjour De l'Electeur de .Brandebour , N'ayant point alors de mouchetés , De ses mains, ou sales ou nétes ,

115 Jetant la mèche avec son feu , Elle joua bien-tôt beau jeu.

Pendant que ce lourdaut se couche Et qu'il s'endort comme une souche, Ledit feu , sans qu'il fut bezoin ,

lao Brûlant avoine , paille & foin, Commence d'échaufer les testes (]t les pies de toutes ces bestes , Qui , proche de leur râtelier [Oh l'on sçait de près les lier),

135 Hanissans & ruans, rôtirent , Et vingt Hommes encore périrent , Avec trente chevaux de prix . .

Médiocres, grands & petits.

De belles maizons s'enfltmérent 130 De beaux àmeublemens brûléreor L'Eglize prochaine , à son tour, Y pensa perdre aussi sa Tour, Mais, par les soins des saintes Ap Elle fut à Tabry des flftmes.

Le Roy, dont les soins glorieu Le font estimer en tous lieux , D'une façon guerrière & gaye , Alla dans la Plaine de Clajre Viziter très-exactement Maint illustre & bon Régiment, Gardes , Daufins & Mousquetaire Gens assez extraordinaii'es ; Il les trouva tous bien montes Et fort galamment ajustez.

Us êtoient rangez pour se batre En la posture de combatre , Dont ce Monarque Martial Eut un contentement R<)yal , Ainsi qu'une joye infinie De trouver chaque Compagnie Dans toute sa perfection Et juste énumération.

Cette belle Cavalerie , Jointe avéque l'Infanterie , Et ce grand nombre de Guerriers Le va couronner de lauriers Au seul bruit de la Gent France»»

Qui secourra la Holandoize Et qui va droit en son Pays ,5o Faire trembler ses Ennemys.

J'ay sceu d'un très-bon oeconoov Le trépas du Duc de Vendôme, Et sincèrement je voudrois Que pour une seconde fois j^ Cette mort & cette nouvelle ^ Ne fut point un récit fidelle, Mais il est vray que ce Mortel Est décédé dans son Hôtel ; Comme fidelle Historiografe Je mets icy son Epitafe :

Le Duc de Vendôme n'est {ditf* Passant , icy fais une poze ; Dans ce Mauzolée il repoze , Tout environné de vertus.

Sa valeur, son zèle & sa foft 175 Tant sur la Mer que sur la Tcf^ En temps de paix, en temps de gu^

160 Fera.

5o. — * Du a5. Octobre i665 (Mayolas).

r nôtre Roy.

, par tout épandu , terminée; -onzième année R s'est rendu. ^

f BRGŒUR & BeAUFORT,

î voyons revivre

le marbre & le cuivre,

1 peu sa mort.

! ces Fils précieux t tout le monde , i Terre & sur l'Onde, dans les Cieux.

ouzE , afligée

rt outragée ,

m Majestez

s dvilitez ,

X Capucines ,

ins sont voizines.

la fiit voir

se condouloir.

lôtre Monarque ,

igné de remarque ,

AiNT-AiGNAN, parla

RGCBUR sur cela ,

de nos deux Reines ,

iter ses peines.

i & sage Bourbon , m si grand renom îrtus enserre , lîére Pierre on Palais , égale en atraits ; or fort belle ts icelle , it d'un côté Sa Majesté .

Ton y découvre tssein du Louvre , evalier Bemin , idroit Varîn.

i tourne laMédale, uvre sans égale, curieux ,

généreux rt bonne grâce ,

A la nombreuze Populace

335 Quantité de pièces d'argent.

Qui , d'un pas prompt & cUligent, Avec empressement ot joye , Amassoit ladite monoye.

Ledit Sieur Chevalier Bemin ,

330 Qui sçait tirer le fin du fin Des régies de l'Architecture Et de celles de la Sculture , Sans compter les dix mil écus.

Qui ne semblent point de réfiû ,

335 Avant de quiter nôtre Ville En receut encor'onze mille , Sans compter, par adition , Six mille nrancs de pension ; A son cher Fils, aussi, qu'on aime ,

340 On en fait presque une de mesme ; A ses Domestiques encor Fut dépensé maint Louis-d'or Pour marquer la reconnoissance Du puissant Monarque de France.

345 Du Louvre, on porta dix Drapeaux Illustres , riches , grands & beaux , Que le Duc de Beauport n'aguéres A remporté sur les Corsaires , Au son des Trompétes , Tambours ,

3 50 Plus éclatans que les discours , Dans l'Eglize de Nôtre-Dame , Où tous les jours on la reclame.

Monsieur Saintot parla si bien Sur ce beau sujet au Doyen ,

355 Qui luy répondit d'importance , , Et qui le receut en l'absence De PArchévesque de Paris , Qui , depuis deux mois , a repris Le chemin , dont il est bien aize ,

360 Pour viziter son Diocéze , Où l'on voit de chaque côté Son grand zélé & sa piété.

Prin diantre du Rûmatisme,

Que j'abhore plus que le schisme , 365 Qui me fait couper dans mes Vers Le plus beau Nom de l'Univers ; Princesse par tout estimée , Voicy la Gazette enrûmée.

Ecarr avec peine , en toussant,

370 Le VINGT-&-QUATRE DU COURANT.

ïtmamlt, Imp. & Ub., Aux Armes du Roy, rue de la Huchette , Avec Privilège de

Itoth. nat.. Lc^. 3i. Rés. — Biblioth. de l'Arsenal , B. L. iiSoo.-^ Biblioth. d« »aron James de Rothschild. — Ce dernier exemplaire porte la date du sS octobre dresses suivantes : A Paris, Che^ C. Chenault, Imp. arUb., Aux Armes du Rof > la Huchette. Avec Privilège de S. M. Et à Lyon, Che^ Charles Mathevet, rue Mer' ! saiut Thûmas d'Acquin.)

LETTRE EN VERS A MADAME

[Par Charles ROBINET.]

Du 25. Octobre i665.

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ao

Ah ! qu'il est doux d'écrire à l'illustre Henriette . Et qu'il est glorieux de pouvoir un moment Faire en son Cabinet son divertissement Par le g^ant récit de quelque Historiette !

Mais , las I plus je l'approche & plus je m'inquiète ; Je croi peu mériter un honneur si charmant , Et je trouve mes Vers sans aucun Ornement Alors que j'en voi tant dans son Ame parfEÛte.

Elle a des Yeux de Lynx pour les plus beaux Ecris Et peut voir des défaux dans les plus purs Espris , Tant Elle a le Goût fin , tant Elle a de lumière.

Je vais donc en tremblant faire un nouvel effort , Puis-que je dois trouver dedans cette Carrière Ou la Gloire ou la Honte , ou TEcueil ou le Port.

Le dernier DikANCHE , au matin , Porté d'un belliqueux Destin , Le Roy, laissant ici les Reynes , Alla dans la Plaine de Fresnes , De maints Seigneurs accompagné Et de Noblesse environné , Ayant , & devant & derrière , Cette belle Escorte Guerrière Qui, lors qu'il passe les^Faux-bourgs, A fort grand bruit le suit toujours.

En ce Lieu de vaste étendue , Le beau Sire fit la reveue De mille Hommes des mieux montez, Et qui pouvoyent être comptez Pour quatre mille & davantage Par leur prestance & leur courage.

Trois cent pris des Gardes du Corps, Par leurs Plumes sur les Castors , Par leurs Carabines luisantes , Par leurs Casaques éclatantes , Où brilloit un riche Soleil , Devise du Roy nompareil ,

34 écUntet.

Par leur bonne Mine , leur 1 Et pox leurs Chevaux de Bab Semmoyent de triomphans

40 Mais , notamment , leurs Ofi Trois cent aussi des Mousqui Qui sont tous si bons Militai Et si friands des grands Hazi Montroyent là tout l'air des I

45 Et Ton eut dit de trois centai De preux & vaillans Cajpitaio En un mot autant des Daups Qui n'ont pour glorieuses fin Que l'Escalade des Murailles

50 Que les Sièges , que les Bâtai Au rapport de plusieurs Tén Ulec ne paroissoyent pas mo Non plus que tpus leurs Cke Et de les commander si digne

55 Or, en Bataille étans ranges Et dans un bel ordre arrange Nôtre fameux Porte-Couroii Qu'en tous lieux la GLOiRsenvi

- Du aS. Octobre i665 (Robinet;.

" Envoya par tout ses regards .

ibQui scmbloyent à lors ceux de Mars Voulant lui-même reconétre S'ils pourroyenl dignement parétre J^ Aux secours de ses Alliez .

Où ces Braves sont envoyez ;

6i Mais le rare & merveilleux Sirs , N'y trouva vraiment rien à dire .

Et le Ministre Houniwcs.

Là présent, fut ravi cent fois De voir une Cavalsrie

7<i Et si bien faite & sî fleurie.

En suite . ces mille Chevaux Prirent leur route droit à Meaux , Où s'en va le Sieur de Pradelle , Qui , zé\é . courageux , 6dclle .

7j Et lout-à-fait doux & prudent , A . pour ce mérite évidant , Este chargé de leur conduite , Et par la jugez de la suite.

Le pénultième Samedy .

So Quelques heures avant midy .

Un Masson , toui-à-fait illustre Et qui prime dans le Baiustrb , Posa tres-solennellemcnt Du neuf & royal BATiMENr

S; La Première Pierre de Taille .

Avec une belle Médaille D'or brillant & vallant de plus , Ce dit-on . plus de mille écus , Du Sieur Varin petit Ckee-d' œuvre,

P Contenant du susdit Manœuvre .

D'un costë , l'auguste Portrait Qui lui ressemble trait pour irait , El . de l'autre . te Pu^n du Louvre , Où tant de beautez on découvre .

ffOu du moins l'on découvrira Alors que parfait il sera , Selon les superbes Idées , Qui seront chèrement gardées , Du Sçavani & Romain Sculpteur looDont chacun est l'Admirateur.

Rie Massok . portant DiAtiÊME , iar c'estoit le Monarque même , h avec grande propreté ■ fonction . en vérité .

ar ('ay sceu . d'un rapport fidèle .

Que tant l'Auge que la Truelle Estoyent d'argent luisant & lin .

Et que les Spectateurs enfin .

^Dont l'ame étoît toute ravie , BAvouerent que de leur vie

Ils n'avoyent encore vu Masson De son air & de sa façon , Ny dont les Aydes , chose seure .

Fussent en si bonne posture.

115 Ils avoyent bien quelque raison Car, outre toute la Maison De ce plus puissant Roy du Monde.

Sa Cour, en Seigneurs si féconde .

Environnoit sa Majesté

uo Dedans cette Solennité,

Mais il ne faut pas que j'oublie Qu'elle finit par une pluye Que le brave de Bertillac Fit sortir du fonds d'un gros sac .

115 1d est, une belle Monoye, Qui fut receue avecque joye Tant d'Ouvriers que d'autres Gens .

A ramasser fort diligens.

Mercredy, dans la Cathédrale

ijo( Eglise Archiépiscopale)

On porta dix grands Etendards Pris sur les Musulmans Soudards Par ce fameux Héros de I'Onde Dont la bravoure est sans seconde ,

jj; A sçavoir Monsieur de Beadfort, Que le Turc redoute si fort.

Tous les Cent Suisses de la Garde, Dont maints craignent la Halebarde, Portèrent illec ces Drapeaux ,

140 Les uns vieux , les autres nouveauXi Au bruit des Tambours, des Trom- [pettea.

Et des Fifres & des Muzettes, Et dans ce Temple on les receut De la manière qu'on le dût.

145 Rendant Grâce au Dieu des Armées, Par qui les nôtres animées Font , sous le Règne de Louis .

Par tout des Explois inoûis.

Ainsi ces Etendards de Gloire ,

I ;o Pour en conserver la mémoire A toute la Postérité , Furent avec solennité .

Et mêmeroent en belle Game .

Arborez dedans Nostre Dame.

55 Cher Duc, lors que vous l'appren- Du plaisir vous en sentirez, [drez .

Mais , las ! vôtre juste alaigressc Doit faire place à la Tristesse , En même temps . dans vôtre cœur,

60 Car, 6 grand Prince , 6 grand Vain- Avec cette bonne nouveUe . [queur.

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