‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 178 sur 317 · Du 7, Décembre i665 iSotlignt;. ^^^^B · texte numérisé non relu

Du 7, Décembre i665 iSotlignt;. ^^^^B

Au lieu de Pourpre & de pompeux habit . .l^^^^H

Le drap cachoit à demy son visage. i^^^^^l

Pour Couronne , un bonnet carré

Dessous cet Ornement couvroil sa chevelure ;

Pour Manteau d'Hermine fourré .

Un Manteau noir traînant luy servoit de parure ;

Le Maréchal Duc do Plessis

En soùienoit la queue , & le Comte son 61s.

Deuï cens pauvres en haye avec chacun leur Veste

Dun gros drap gris .

La pluspart des plus vieux qui fussent dans Paris.

Montroient une pauvreté leste ;

Us sestendoient depuis le Chœur.

Jusqu'au grand Portail de la rue .

Et de tous leurs flambeaux l'éclatante lueur

A tous momens éblouissoit la veue ^^^^H

Du Spectateur. ^^^^^H

Plusieurs Soldats du Régiment des Gardes .^^^^^H

Les cent Suisses du Roy , tenans leurs Hallebardes , V

Les autres Gardes de la Cour B

Estoient hors et dedans en haye tout au tour. H

Une Eloquence sans égale 1 Harangua dans l'abord Sort Altesse Royale H

^^^H loj

Et luy fit un discours qui n'avoit point de pris , *

C'est l'Archevesque de Paris. ^f^

Monsieur se mit à droitte auprès de la Tribune '

Où la Reyne , estant à genoux ,

D'une pieté non commune ,

Laissoit pleurer ses yeux charmans & doux.

A gauche estoit l'Ambassadeur d'Espagne ,

Plein de cène douleur dont il reçoit la loy

Et qui sans cesse l'accompagne

Depuis la perte de son Roy.

Toutes les formes estoient pleines

De Ducs & Pairs et des Contts Sodveiuines ;

Les mesmes lieux estoient remplis

D'Evesques en surplis.

Le Prévost des Marchands & la MAtsoN de Ville ,

La fameuse Université.

A la France si fort utile .

Avoient aussi leur rang selon leur dignité.

Le charmant Monsieur de Berlise ,

Dont Taddresse & l'esprit surprend .

6rj. — £iù 7. tlecembrè'i665 (Sùbugiiy). 4^0

Àvoit à' tous marqué k ran

Qu'ils dévoient tenir dans

^Eglise.

Dans le milieu du Chœur une Chapelle ardante A cinq Estages di^rends , Enrichis des Btasoûs de ce Rot des plus grands , Rendoit cette Pompe édatante ,

Un grand Baîustre rentouèrbit , Et sur le haut du drap qui la douvroit Se voyoit la Couronne V Le Sceptre de l'Ès^KÉigne & les miri^q^ du Trône

Le erand Autel estoit charmant à voir ; Ses chandeliers d'Argent y surprenoyentla veue.

Toute l'Eglise estoit tendues

De cinq tentures de drap noir ;

Un nombre infiny d'Armoiries «

Ou peintes ou sur broderies^ Sur trois pans ck Velours rendoit tiie la clarté.

Sa Majesté .

Fut , sans qu'on l'y connut , de ces Cérémonies.

La langue d'or du Pfelat de Masoon

Y fit une Oraison funèbre Qui de ce grand Monarque éternise le Nom ; C'est ce Père lb Bouc, autrefois si œlebre ,

Qui trouve à peine son égal Et qui flieritérûit d'estre fiiit Cardinal.

Là , malffréla plus noire envie -

Qui vouait ternir ses beaux fiiits , Il a bit de ce Prince & de sa belle vie

Le modelle des plus parfaits ; Il porta jusqu'au Ciel son exacte Justice.

Après cela , s'acheva le service ,

Et Monsieur , à ce qu'on m'a dit , Jusques dans son Palais porta son long habit.

Les Grands Jours d'Auvergne font rage , Coupent testes , rasent Chasteaux , Et chaque jour préparent de l'ouvrage Pour les Bourreaux.

L'Illustre de Novion , qui conduit cette barque , Craignant d'avou* trop peu vescu Pour mériter ce qu'il sçait qu'un Monarque Prépare à sa haute Vertu , En dépit du siècle où nous sommes , Fait voir qu'il est plus que les hommes.

Caumartin , le Garde des Sceaux , A desja mérité pour digne recompence La riche & superbe Intendance Du triste Champigny, qui périt dans les eaux.

47 1 67. — Du 7- Décembre i665 (Subuony).

Peut-estre avez-vous sceu qft accident funeste Que tout Lyon vit l'autre jour Au pied du Pont de Bsllb-Cour :

175 L'eau Tenseyelit seul & sauva tout le reste.

Un si déplorable trépas

Du courroux de la terre estle cruel ouvrage ;

Estre soumise aux loix d'un si çrand Personnage C'est ce qù^elle ne goùtoit pas ; 180 II avoit retranché son injuste licence »

Mais, prenant ce^ii^ux Cents pour autant d'attentats.

Elle commit à l'eau le soin de sa vengeance , N'osant remuer sous ses pas.

L' AmoQS fidt la guerre & se fourre I S5 Chez la Chamumte d'ARnomr ;

Elle a pris un second d'un mérite infiny Et fiût un digne Espoux dans le Comte du Roueeb. Comme ce Cavalier est tout remply de cœur. Je croy oue ce Demon que craint tonte la terre 190 Ne lui pourra livrer de guerre

Dont il ne sorte à son honneur.

La Gmlle aussi veut estre un Père de fiEuniUe ; On me vint l'autre jomc conter Qu'il a pris pour sa femme une charmante Pille. 195 Je croy qu'on connoist bien La Grills ;

Il n'a point son égal au monde pour chanter. Il ravit de ses airs Quiconque ose l'entendre , Il a souvent charme le plus grand de nos Roys : C'est la peste d'une Ame tendre :

aoo II la force d'aimer au doux son de sa Vois.

A Die{>pe on a fait grand carnage : Plus de cinq ou six cens Anglois , Descendus sur nos bords pour aller au pillage , Furent def faits par les François.

205 Mercredy fut le jour de gloire

De tous les nouveaux Ducs & IPairs :

Ce jour là , de Lauriers couvers , Ces Héros qu'en tous lieux a suivis la Victoire , Assis dedans le Parlement , a 10 Prêtèrent au Roy le Serment.

La , MoNTAUsiER , qu'un noble orgueil anime , En faisant ce Serment aux Ducs accoustumé ,

Jura de faire une Victime D'un monde d'ennemis au Roy qui l'a charmé ; a 1 5 La Fert£ vouloit estre armé ,

DuPLESsis demandoit la guerre ,

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