‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 234 sur 317 · Du 25. Janvier 1666 (Subuoiit · texte numérisé non relu

Du 25. Janvier 1666 (Subuoiit

€ MoMsiBini l'Archbvesque , » dit-elle • » Je suis prbstb a mourir ; ne m'abandonnez pas.

» Vous m'aIMASTBS toujours d'une AMinâ FIDBLLB ,

» Et vous me la devez jusques a mon TkÉPAS ». . . . Si , dis-ie , il s'en souvint, quel sensible maitire ,

Quels coups de poignards à son cœur I Mais nous les aggravons avec trop de rigueur,

O Muse • en les voulant décrire ;

Epargnons luy cette douleur.

Les cent Gardes en deuil avec chacun leurs armes Suivoient ce Carosse fatal , Et chacun d'eux sur son cheval Estoit veu tout fondant en larmes.

Ainsi ce Cgbur Royal fut au Lieu destiné . Et ce superbe Monastère Receut ce que la Reine Mère Dés son vivant avoit donné.

ai5

Finissez , triste Muse , & dites au Prélat Dont le Nom glorieux orne vostre Préface Que vous n'ignorez pas la grandeur de sa riice Et qu'on l'attend un jour dans' le CartÛnalat,

Mais que vostre extrême tristesse Ne vous a pas laissé la belle liberté

Qui peut louer avec justesse

Un homme de sa qualité.

Che^ Alexandre Lesseliu , au coim de ta rue Dauphine , devant le Poni^lfemf. A Paru , u Jf. 1666. " Avec Privilège du Roy.

liv-4 de 8 pp. chiflfr. 83-92.

(Biblioth. de l'Aneiul , B. L. 117

LETTRE EN VERS A SON ALTESSE MADAME LA DUCHESSE DE NEMO

[Par la GRAVÊTTE de MAYOLAS. ]

Du 3i. Janvier 1666.

Les Amans & les afligez Se sentent un peu soulagez Quand ils peuvent sans se contrain-

[dre

Raconter leurs maux ou s'eo

5 II semble ainsi que nos tonni Reçoivent des alégemens

^^r 90. — Du 3 1. Janvier 1666 (Mayolas). 662 1

R entretenir sans cesse

Des cierges l'in-nomb table nombre

Te défume Princesse

60 Un peu tristement chassoient l'om-

nos déplaizirs sont doux

[bre:

tout gémir comme nous.

Le brocart blanc & velours noir

ye est encor trop ressante isgrace est trop pressante

En tous ces lieux se faizoient voir,

Avec quantité d'Armoiries

ue je puisse me flater.

D'or & d'argent . en broderies.

is un veuille m' écouter.

65 Sur la porte du Louvre aussy

a perte qui nous dézole

On voyoit peint tout le soucy ,

Lzois qu'on se console.

Comme dans la Salle des Gardes

lesme je me trahirois ;

Alors tristes & non gaillardes.

£ . je vous déplairois .

Prés d'Elle etoient en aparell

re Altesse aime la peine

70 Les Gens qu'il faut en cas pareil :

c soufre pour une Reine.

Là couroient les Troupes Françoizes.

rsulvons donc nâtfe projet .

Les Dames avec les Bourgeoizes , Les grands & potnpeux Courtizans ,

s de ce Royal Objet;

plainte est trop légitime .

iblier seroît un crime, [zors

Jusqu'aux plus petits Artizans.

75 Jamais on ne vît telle presse

Burs sont les plus grands tré-

Pour voir une grande Princesse ;

puisse trouver dans nos corps :

J'y pensay perdre mon chapeau

Et la moitié de mon manteau. [SwStiB-

arquent nôtre pure flâme

beaux dézirs de nôtre Ame .

D'AucH le sage & docte Archévesque hooiijd-

juelle est la piété aéfunte Majesté .

80 Et de Manbe le digne Evcsque . fiïïïSL

La Marquize de Sénkcé g,^^. J'en jurerois , car je le sçayj

laissé le sien par grâce

ni Convent du Val-de-Ghace,

Et de Fleix l'illustre Comtesse

t généreuze bonté

Etoient auprès de la Princesse ,

sa libéralité

85 Avec encore deux Hérauts ,

Itir dedans cette Ville

Qui faizoient fort bien leurs travaux. M

ny servir de domicile ,

En foule . pendant la huitaine . ^^^M

le , dans ce sacré Lieu .

Tout le monde aimant cette Reine ^^^H

me on priât toujours Dieu.

De nuit & de jour l'alla voir, ^^^^|

Bsse . illustre & trés-pieuze .

90 Et . vers les neuf heures du soir ^^^H

cune Réligieuze

(Avec peu de magnificence . V

lent véritablement

Suivant sa modeste ordonnance), 1

Dis plus que leur BStiraent .

Jeudy, sur un Char trés-pompeux ■

15 leur cœur prient sans cesse

On mit son Cercueil précieux , ^

eluyde cette Princesse.

y5 Couvert d'un grand iS riche Poële , 1

ir cet Ouvrage pieux

Reluizanc comme mainte étoile , 1

conoître que ses vœux ,

Et quatre Aumôniers à cheval B

mitez faizant la guerre .

Portoient cet Ornement Royal . ^^^fl

ient plus au Ciel au'à la Terre :

B RemE de grand renom

Précédé de quelques carosses ^^^^H

■ 00 Où l'on n'aperceut point de rosses. ^^^H

ize en un Cercueil de Plom

Six chevaux caparaçonez . ^^^B A cette pompe destinez . T

dans sa belle Chambre .

ntoit la pastille & l'ambre .

Parez des mesmes Armoiries , |

rt d'un superbe Drapeau .

D'ètofes & de broderies , J

re. riche, triste & beau.

10^ Conduizoient ce Char doucement , ^^^^H

a une Chapelle ardante

Pompeuzement & tristement, [mes, ^^^^|

M'entour étincelante .

Les Mousquetaires, les Gens-d'ar^ ^^^H

prézenton proprement

Les Chevaux-légers, tous en armes. ^^^H

41es du Firmament.

Portans des flambeaux en leur main, H

>. — 57 reprt«ntoient.

( 10 Précédoient le reste du Train ; H

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