‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 235 sur 317 · Du 3i. Janvier 1666 (Mayolâs · texte numérisé non relu

Du 3i. Janvier 1666 (Mayolâs

Le Régiment des Gardes . en hayes, Qui n'êtoient lors nulement gayes , Jusqu'à la Porte Saint-Denis Gardoient le chemin qu'Elle a pris :

f 15 Les Trompétes plus éclatantes Parurent alors languissantes , Les Tambours les plus rézonnans Fort tristement alloient batans , Et les Piques plus trionfantes ,

lao La pointe en oas, êtoient traînantes ; Ennn , tout marquoit vivement L'équipage du Monument.

Le Maître des Cérémonies , Un des plus éclairez génies ,

125 Monsieur Saintot, fort prudemment Avoit fait ce beajn règlement.

Aux sorties , aux avenues , Aux fenêtres & dans les rues , Tout Paris 6unt allé-lÀ

130 Pour être témoin de cela , Cette Princesse si vantée Jusqu'à Saint Denis fut portée , Oti nos Reines & tous nos Rois Ne vont , je pense , qu'une fois.

135 La nombreuse & sainte Cohorte , Au sortir de ladite Porte , Des Religieux , plains de deuil , Acueillit l'illustre Cercueil ; Au Couvent ils l'acompagnérent

140 Et dedans le Chœur le pozérent Avec la pompe & piété Digne de cette Majesté. J[P^^

Présentement dans nos saints Tem- On donne des marques trés-amples

145 De nos déplaizirs éternels Par des Services solennels Qu'on fait avec zélé & sans cesse Pour l'Ame de cette Princesse.

Samedy , Tillustre Clergé , 150 Qui dans la tristesse est plongé , Pour faire au Monarque de France Complimens de condoléance , Prit le chemin de Saint Germain , ISmoSs ^^ TArchévesque Tolozain , d'An^ De qui l'éloquence console , iw^ntî Pour ce Corps porta la parole A ce Prince triste & charmant , Et s'en aquita dignemant.

Ensuite il harangua la Reine 160 Sur le grand sujet de sa peine ,

ia6 Aveicnt.

Comme Monseigneur le Dauf Par un Discours touchant & f

Lundy, quatre Cours Souva Prenans part à toutes nos peii

165 Pleines de respect & de foy , Firent des complimens au Roi Sur la mort de la RBiNE-Mére Dont la mémoire nous est chf Et les Che& de toutes ses Côa

170 Firent tous de très-beaux disa

Le fi9rissant Duc de Savojc Qu'on reçoit par tout avec joyi Est party depuis quelque jour De son agréable Séjour

175 Pour faire vers Nice un voyigi A la Duchesse , belle & sage »

Ce Duc , qui l'aime tendremeii A laissé le Gouvernement De toutes les j^ndes Afidres ,

180 Que son espnt & ses lumières, Son adresse & son jugement Conduizent si parfaitement Que l'on l'estime & Ton Tadmi Beaucoup plus que je ne poii (

185 Je vous ai>rens aue les Danoi Vont secourir les Holandois.

La Grandeur de nôtre Mena Qui dans ses hauts-faits se renia A paru plus de deux cens fois

190 Portée en faveur des Anglois.

Faizans toujours la sourde oïd A la plainte qui se reveille , A divers traits , à divers tours , Qu'ils ont faits depuis quelques j

195 A trois ou quatre tentatives , En diférens lieux, successives, Mais le Roy, par pure bonté, Excuzoit leur hostilité , Et par diverses Ambassades,

200 Lettres , complimens , saluada Il vouloit , pour leur propre ïA Contr'eux ne faire encore rien.

Ils ont éprouvé sa démance, Ils pouront sentir sa puissance

205 Car depuis long-temps les Frai Liez avec les Holandois

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