Du 3i. Janvier 1666 (Mayolas
une Ligue ofendve niointement défencive , bfigez sans diférer fiure un peu soupirer, tte heure & cette journée , je plains leur destinée , u'à la Ville comme aux
[Champs H seront pas bons Marchands, cette petite Histoire , nent on le peut croire.
jours passez , un erand Vais- »guoit à l'aize sur reau [seau jr que c'êtoit un Dimanche e piomenoit dans la Manche), » Ports prenant le chemin, pour Cnef Monsieur Gauvin , tt & brave Capitaine , squ'au Havre nous le meine ; l^aisseau, léger & bon , nt-Hilaire portant nom , .
t de risle cle Tortue , I trafiauans bien conue, iqué diligemment , mt & foible Elément , le grand' Frégate Angloize "étendoit luy cauzer noize ; Bdit Gauvin , fort adroit , t qu'elle y venoit tout droit , u" une ardeur belle & prompte, i douze canons de fonte, rois ou quatre pierriers , dé de ses Oiiciers) Tun côté de son Navire, . luv prézagea du pire, t • la première fois
Qu'il fit tirer contre l'Anglois ,
Il renversa le Capitaine
Qui mourut-là de mort soudaine ,
a45 Et quatorze ou quinze Soldats De ce coup virent leur tirépas.
Cette mort mit le reste en foite , Leur espérance fot détruite , Et , croyans que nos Belliqueux
250 Fussent beaucoup plus puissans
[qu'eux 9 Bien que leur Frégate fiotante De canons eut trente ou quarante , Elle s'en retourna sans bruit Et je pense encor qu'elle iuit ,
355 Si , depuis ce petit orage , Ailleurs elle n a fait naufrage »
Pendant que nos Victorieux , Avec leur butin précieux De cuir, de coton & de sucre, [lucre,
260 Dont nos Marchands feront grand Sont au Havre frais & gaillarîds , Et se moquent d'iceux fuyards.
La Compagnie Occidentale* De l'avanture joviale
265 Se réjouit avec sujet ,
Poursuivant toujours son projet Avec beaucoup de vigilance , D'exactitude & de prudance.
Malgré nos accidens divers 270 Je raizonne & je fais des Vers , Mais , Princesse extraordinaire , Que ne fait-on pas pour vous plaire ?
FaTT deux jours APRiS QUE JE VIS
Transporter Anne a Saint-Denis.
::kê{ C. Ckenault, imp, à Ub., ruêdêla Hmhdtê. Avec Ihmlége de S. M,
(Bibliotb. de rAraenal, B. L. i iSoo.— Biblioth. de M. le baron de Jamet de Robticbild. — Ce dernier exemplaire , dont f»r exception la date n'a pas été changée , porte les adresses fluivaiites : A Pmris , Che^ C. C/unauit , tmpr, à Lih., ntedeU Hweketiê , Avu privilège de 5. M. Et à Lyon , Cher Ckërles MatMevei, Mârch, Libraire, me MercUre, à Sahit Thomas dTApOn.)
LETTRE EN VERS A MADAME
[Par Charles ROBINET.]
Du 3i. Janvier 1666.
Princesse, l'honneur de vous plaire, Qui passe le plus beau Salaire , M'anime certes puissamment, Mais , proche encor le Monument 5 Qui met en Dueil toute la France , Je vous le dis en conscience , Je me sens tout stupéfié , Voire quasi pétrifié , Comme si nôtre pauvre Muse
10 Avoit vu le Chef de Méduse.
Altesse d'immortel éclat , Agréez donc, soit rude ou plat.
Ce qu'en ce chagrin qui me tue De produire elle s'évertue ,
15 Jusqu'à ce aue le Temps enfin , Des grands Maux le grand Médecin, Nous ait remis en nôtre assiéte ; Alors , adorable Henriette , Qui sentirez peut-être aussi
20 Un peu moins le même souci , Je reprendray le train d'écrire , Qu'on açi3rouve & qui me fait lire Avec plaisir jusqu'à ce Jour Par les Conesseurs de la Cour,
25 Selon du moins le Témoignage Qu'une Duchesse habile & sage M'en donna, par de beaux discours.
Devant Madame de Nemours , Le Soir de cette Nuit d'allarmes ,
30 De gemissemens & de larmes , Oti de son dard tout le plus noir Cloton vint tuer nostre Espoir.
Quand par ce Destin qui nous tri- On exposa d'ANNE d'AuTRicHE [che 35 Le Corps , comme ailleurs je le dis , On ouit le Déprofundis Entonné par une Musique Si sombre & si mélancolique Qu'elle r'anima les Douleurs
40 Et fit fondre chacun en pleon.
Cambekt. Favori d'Uranie Et grand Homme pour THam Estoit i'Autbeur de. ce Concm Qui le fit passer pour E3^eit;[
45 Mais , comme » afin que je m'c Il estoit Chef de la Musique De la DAfumtb MaibstA , Il ne pouvoit , en vérité , Perdant sa Charge & sa Mùoi
50 Moins faire éclater sa
J'ajoute d'un Esprit perpki Que ce fut la Dame de Fus Qui , non pas sans douJeor la Avec la Marquise sa Mère»
55 Mit ce Corps dans le Monuma Lors afFeublé du Vestement, Du Tiers Ordre» exempt de criô Du Grand François le S^rahs Dont Anne avoit Sût » ce dit-os
60 Depuis vingt ans profession .
Et , par un Dévot Exercice , Comme une Nonne • dit l'Offio Apres quoi , fiaut-il s'étonner Que le Ciel , pour la guerdoou
65 L'ait comme un Moysb écoutée Quand , par son zélé transporté Elle élevoit pour les Hamiios, Vers lui ses admirables Mains.
Ce Corps Saint donc, je Tose 70 Sans qu'aucun y trouve à redire Fut de la manière exposé , Et sur une Estrade posé , Avec le Poële & la Couronne.
Qu'en tel cas un Crépe environi 75 Toute la Chambre estoit en Da Ainsi qu'aux Pompes du Ccrcue Avec Ecussons en bon nombre.