Du 3i. Janvier 1666 (Robinet
legnans par tout sur le Drap som- [bre;
PEi. bref, quantité de Flambeaux iftProduisoient un Jour de Tombeaux, Dont la lueur pesante & morne Erprimoit bien un Dueil sans borne.
Là . plusieurs Prélats paressolent Qui pour la Défunte prioient , 85 Avec les Aumâniers d'Icelle , Dans une amertume mortelle .- Tout le Clergé de Saint Germain .
L Rangé dessus la Droite Main .
(Et lesDoms Feuillans sur la Gauche, s Grands Prélats de Mande &
[d'AtJCMK
tans vers le haut du Cercueil , kux deuK Coslez. & pleins de dueil.
^u pied aussi de cette Bière Qui rendoit la Parque si fiere , Etoient deux Hérauts, qui tres-fon Bembloient les Hérauts de la Mort.
Et toute la triste Cohorte Prioit & chantoit d'une sorte Qui dépeignoit fort bien tes Airs oDoni Cloton forme ses Concerts, D'autre part, sans que je vous mente.
On vovoît les Dames en Mante , Qui. i{ans leurs profonds déplaisirs, Chantoyent aussi par des soupirs , ~ Et voila ta funeste Idée Qu'en mon Ame j'en ay gardée , Li Cercle que tenoit à lors «K o'AuTRiCHS. au rang des Morts.
C'est ainsi , qui voudra s'y fonde , {Que passe la Gloire du Monde.
Mais ce n'est pas encore tout , ^t le voicy de bout en bout.
1 faut qu Anne quitte son Loi;vre . Dû tant de Pompe l'on découvre , Et le change «u sombre Logis ~u'on luy marquedans Saint Denys.
tour ce Convoy le Jour se voile , Et U Nuit . sans aucune Etoile , Nous montrant son Visage noir, Tautre Clarté ne laisse voir Que celle des Torches Funèbres ,
li dissipe un peu ses Ténèbres
tour la conduite du Convoy Duî se fit en tres-bel arroy ; Et . quand j'en auray le Mémoire.
Me vous en décriray l'Histoire ,
Dussé-je dans ce triste soin D'autres Mouchoirs avoir tiesoin.
A présent nôtre Cour , peu gaye .
1 30 Réside à Saint Germain en Laye .
Et c'est là successivement Que le Clergé , le Pahlement, Les Comptes , Aydes & Monoyes .
Sur ce Dueil qui rabat nos Joyes ,
] jj Ont chacun fait leurs Comphmens .
Pleins de douloureux Sentimens , Au Monarque . à sa digne Epouse , Qui de pleurs son beau Teînt ar-
Et mesme à leur charmant Dauphin, 140 Qui parét comm'eux tout chagrin.
Pour la même Condoléance , Le susdit beau Clergé de France A . par un bien digne Souci , Fait pareils Complimens aussi 1 45 A nos deux Altesses Rovai^es .
Qui sont en France sans égales , Et puis au cher Duc de Valois, Digne un Jour de donner des Loîx.
Cette aveugle & maussade Parque.
,0 Qui rafle & Berger & Monarque
Indifferement , sans trier,
A de l'AsBÉ L'EscALoPiKR
N'aguere tranché la Fusée ,
A dire le vray . toute usée , ,5 Par des Travaux de quarante ans ,
Car il a presché tout ce temps .
Et par sa charmante Manière ,
Et relevée & familière .
Fait souvent ses Admirateurs •o Des grands & des petits Docteurs.
Apres ce lugubre Chapitre , Comme dans ma dernière Epistre Je ne pus ni ne voulus point Sortir de mon funeste Point 16; Ftour me jetter sur les Nouvelles Dont se nourrissent tes Cervelles De quantité de Curieux , Faisons-en un Chapitre ou deux.
Le grand Brouillon de la Poloi;o Prépare encor de la Besogne [gne , A Cazimir son Souverain ;