‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 242 sur 317 · Du 7, Février i656 (Robinet · texte numérisé non relu

Du 7, Février i656 (Robinet

Qu'on marque aux Défunts Roys [des Lys.

Le nombreux Régiment des Gar- [des.

Dont les œillades sont hagardes jS En ce Jour lugubre & fatal Où nôtre Dueil est général , Forme une longue & double File Jusqu'hors la Porte de la Ville .

Dressant un Trophée au Trépas, 40 De ses Armes , le haut-en-bas , Et de ses Enseignes pliées .

Dessous un Crespe noir liées , Tandis que les Tambours en Dueil Sonnent sur le Ton du Cercueil.

4j Au milieu de cette Milice Qui sert de triste Haute Lisse , Le noir Triomphe doit passer Et le Temps semble l'avancer, Tant je vol que ce Dieu , peu stable. Ut couler promtemeni son Sable, 'apperçoi que l'Astre du Jour \>ar lui plaire abrège son Tour Et que U Nuit , Mérc de l'Ombre.

Itcnd déjà son Manteau sombre.

"lacun, au Louvre, arrive aussi r l'elïct d'un même souci :

9 Prélats . Princes & Princesses .

icbesses , Ducs , Comtes , Com- [tesses.

',t les Ofâciers Hauts & Bas , itcressez en ce Trépas.

Jaints , prenans les Devans , vont leconnécre le dernier Giste . [viste la louche & sombre clarté c leurs Flambeaux en quantité.

Cependant un Prélat à Mytre.

;u'ii possède avec juste Titre .

ient asperger l'auguste Corps .

"t , par de lugubres accords , 'ne Musique soupirante t sur le Cercueil expirante nlTccoupe un Dépro fondis li rend les Sens tout interdis change en des Sources de Larmes îs Sources de Feux & de Charmes.

Douze Gardes lèvent à lors : leur Maîtresse le cher Corps.

;i jugez en un tel Service 'luellc est leur peine & leur supplice] e portent, par l'ordre du Sort, ur le Chariot de la Mort.

On l'y couvre d'un grand Poësle , Où rOr avec l'Argent se meslc .

Formans dessus le Velous noir Six Ecussons très-beaux à voir,

S; Et l'Hermine fait la Bordure De cette riche Couverture, Six Chevaux blancs sont à ce Char, Sous le Velous & le Brocar, Où brille en cor en broderie

[jj Mainte &. mainte belle Armoirie Si qu'on ne void rien de plus beau Pour la Pompe d'un Grand Tom-

[beau.

Mais déjà la Marche commance.

Et chacun en ordre s'avance.

95 Voila d'abord , en triste arroy.

Les preux Mousquetaires du Roy, AJlans deux à deux, en deux Bandes, Egalement belles & grandes , Avec leurs Armes à rebours

00 Et leurs Trompettes & Tambours Sonnans d'une triste manière.

Et qui sent bien le Cimetière.

Les Chevaux Légers sont après , Qui sur leurs pas marchent de prés,

05 Non gayement . comme aux Victoi- Ayans tous des Echarpes noires [res, El Cordons de môme Couleur, Qui marque leur sombre douleur; Et ces Troupes de nôtre Sire

10 Portent de grands Flambeaux de Dont la défaillante lueur [Cire, N'éclaire que pour faire peur.

Les Officiers des sept Offices Suivent ces nombreuses Milices,

1 1 ; Et sont trois cens , en longs Man- [teaux .

Tous à pied . avec des Flambeaux.

Ils sont joints par ceux de la Cbam- [bre.

Qui ne sent plus l'odeur de l'Ambre.

Ceux-ci sont soixante , à Cheval ,

1 10 Aussi couverts du Noir fatal , Mais loutesfois moins noir encore Que le chagrin qui les dévore [miers.

Et oui fait voir, comme aux Pre- Qu'ils sont les Défunts Olticiers

1 15 De cenc Revue toute illustre Que la Mon lire du Ballustre.

Après ces tristes Mal-heureux Sont cinq Carrosses ténébreux .

Appartenans a cinq Princesses ,

ijo De qui les charmantes Altesses

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