Du 7, Février i656 (Robinet
Qu'on marque aux Défunts Roys [des Lys.
Le nombreux Régiment des Gar- [des.
Dont les œillades sont hagardes jS En ce Jour lugubre & fatal Où nôtre Dueil est général , Forme une longue & double File Jusqu'hors la Porte de la Ville .
Dressant un Trophée au Trépas, 40 De ses Armes , le haut-en-bas , Et de ses Enseignes pliées .
Dessous un Crespe noir liées , Tandis que les Tambours en Dueil Sonnent sur le Ton du Cercueil.
4j Au milieu de cette Milice Qui sert de triste Haute Lisse , Le noir Triomphe doit passer Et le Temps semble l'avancer, Tant je vol que ce Dieu , peu stable. Ut couler promtemeni son Sable, 'apperçoi que l'Astre du Jour \>ar lui plaire abrège son Tour Et que U Nuit , Mérc de l'Ombre.
Itcnd déjà son Manteau sombre.
"lacun, au Louvre, arrive aussi r l'elïct d'un même souci :
9 Prélats . Princes & Princesses .
icbesses , Ducs , Comtes , Com- [tesses.
',t les Ofâciers Hauts & Bas , itcressez en ce Trépas.
Jaints , prenans les Devans , vont leconnécre le dernier Giste . [viste la louche & sombre clarté c leurs Flambeaux en quantité.
Cependant un Prélat à Mytre.
;u'ii possède avec juste Titre .
ient asperger l'auguste Corps .
"t , par de lugubres accords , 'ne Musique soupirante t sur le Cercueil expirante nlTccoupe un Dépro fondis li rend les Sens tout interdis change en des Sources de Larmes îs Sources de Feux & de Charmes.
Douze Gardes lèvent à lors : leur Maîtresse le cher Corps.
;i jugez en un tel Service 'luellc est leur peine & leur supplice] e portent, par l'ordre du Sort, ur le Chariot de la Mort.
On l'y couvre d'un grand Poësle , Où rOr avec l'Argent se meslc .
Formans dessus le Velous noir Six Ecussons très-beaux à voir,
S; Et l'Hermine fait la Bordure De cette riche Couverture, Six Chevaux blancs sont à ce Char, Sous le Velous & le Brocar, Où brille en cor en broderie
[jj Mainte &. mainte belle Armoirie Si qu'on ne void rien de plus beau Pour la Pompe d'un Grand Tom-
[beau.
Mais déjà la Marche commance.
Et chacun en ordre s'avance.
95 Voila d'abord , en triste arroy.
Les preux Mousquetaires du Roy, AJlans deux à deux, en deux Bandes, Egalement belles & grandes , Avec leurs Armes à rebours
00 Et leurs Trompettes & Tambours Sonnans d'une triste manière.
Et qui sent bien le Cimetière.
Les Chevaux Légers sont après , Qui sur leurs pas marchent de prés,
05 Non gayement . comme aux Victoi- Ayans tous des Echarpes noires [res, El Cordons de môme Couleur, Qui marque leur sombre douleur; Et ces Troupes de nôtre Sire
10 Portent de grands Flambeaux de Dont la défaillante lueur [Cire, N'éclaire que pour faire peur.
Les Officiers des sept Offices Suivent ces nombreuses Milices,
1 1 ; Et sont trois cens , en longs Man- [teaux .
Tous à pied . avec des Flambeaux.
Ils sont joints par ceux de la Cbam- [bre.
Qui ne sent plus l'odeur de l'Ambre.
Ceux-ci sont soixante , à Cheval ,
1 10 Aussi couverts du Noir fatal , Mais loutesfois moins noir encore Que le chagrin qui les dévore [miers.
Et oui fait voir, comme aux Pre- Qu'ils sont les Défunts Olticiers
1 15 De cenc Revue toute illustre Que la Mon lire du Ballustre.
Après ces tristes Mal-heureux Sont cinq Carrosses ténébreux .
Appartenans a cinq Princesses ,
ijo De qui les charmantes Altesses