‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 257 sur 317 · Du 6. Mars i666 ^M ayolas · texte numérisé non relu

Du 6. Mars i666 ^M ayolas

Pour la.RBiNE , des plus parfiiites , Dedans l'Eglize des Billettes , Que ledit Ordre est obligé Et depuis long-temps engagé

175 De rendre aux Personnes Royales Dans ces conjonctures fotales.

Tous les Chevaliers , là prézans , En habits noirs & Cordons-blans , Témoignèrent par leur prézence

180 Leur regret & leur déférence ; R^gietix Et le Père Sérapion , Bin^ Avec grande érudition ,

Prononça TOraizon funèbre Devant cette Troupe célèbre.

1 85 L'illustre & fameux Duc d'ALBRET, Très-intelligent & discret , Dont le génie & la science Répond à sa haute naissance »

A soutenu publiquement

190 Des Thèzes autentiquement Sur des sujets Thèologiques Et des matières Angéliques , Avec tant de solidité , De grâce & de facilité ,

195 Qu'en la Sorbonne il fit paraître Qu'il parle & qu'il répond en Maî- Tous les éclatans Auditeurs [tre.

Restèrent ses admirateurs.

Quand la Thèze , bien ordonnée ,

3t)o A mon logis me fut donnée .

Je fus ouir maint Argument Qu'il rézoudoit parfaitement.

On me vint prendre en un Carosse, Mardy , pour aller à la Noce ,

205 Où la diverse Parenté M'avoit volontiers invité.

Lors que toute la Compagnie , Témoin de la cérémonie , En leur logis fut de retour,

3 10 Selon la coutume en ce jour, On se met à table , l'on disne , Pompeuzement on nous festine , Et l'on nous régala si bien Que certes il n'y manquoit rien.

315 Après cette magnificence, Aussi-tôt l'on parle de daince , Et l'on ouyt les Violons Toucher de nouvelles Chanso L'Epous ayant pris l'Epouzée

330 Qui paroissoit assez pozée • Les premiers ouvrirent le Bal On ne les seconda pas mal :

Chacun conduizant sa chacun L'un la blonde , l'autre la bru

335 Sans s'amuzer au compliment Dansèrent agréablement.

Au second tour, l'Epous fidel Faizant danser encor sa belle Tout le monde fut bien surpr

330 D'ouyr qu'elle faizoit des cns Alors & sa mère & sa tante, Prenans justement l'èpouvanti La firent passer promptement Dans un petit apartement.

335 Cependant la Troupe ingénue De danser toujours continue , Croyant que son mal n'êtoit r Puisqu'elle avoit dansé si bien Mais , au bout d'une demy-hei

340 On entend dans cette demeure Sa voix éclater fortement ; Nous y courons dans le mom< Et, dès qu'on entra dans sacha Qui ne sentoit rien moins que

345 Nous aperceumes tout-de-bon Qu'elle avoit fait un beau Gan Et nous fûmes , ce jour-là met Et de la Noce & du Baptême , Dequoy l'Epouzée & l'Epous

350 Furent plus étonnez que nous.

Princesse , en achevant la pa J'aperçois dans ma chambre uni Qui dit que son Maître à l'insG Pour souper avec luy m'atand, 255 Et mon devoir me fait entendn Qu'il ne faut pas le foire atend

FArr , EN BUVANT DE l'etfoqu La Veille du Dimanche gkas.

/4 Paris, Chef^ C. Chenauli , Jmp. & Lib., Aux Armes du Roy, rue de U Huehttte, Avec Pria Sa M.

(Bîblîoth. de l'Arsenal, B. L. 1 1800.— Biblioth. de M. le baron James de RoCb — Ce dernier exemplaire porte la date du 9 mars 1666 et les adresses 9àn A Paris, Chez C. Chenauli, Imp. & Ub,, Aux Armes du Rtty, rue de la HwekelU. Privilège de Sa M. Et à Lyon, Che^ Charles Mathevet, March, Uhrart , rrnUe à S. Thomas d^Aquin^

m ^^OTIHIHH^F iu V

l" LETTRE EN VERS A MADAME H

^^^ [Pa< C»..l.

^^^P Du Mars ^i^^H

Sas, petits Conteurs de Nouvelles.

Vers masculins & Vers femelles !

Ont fait les Eloges funèbres ; „ ^ s ■ Enir'autres le Père Sénaut "'"^

Mêlez-vous agréablement

S'en est acquité comme il faut ^H

Et, dans une libre cadance ,

Par ses Périodes quarrées . ^H

Gazétiscz passablement

40 Qui sont justement admirées , ^H

^Mir cette Altesse d'importance

Et les autres Beautez de l'Art ^M

Ju'on compte la première en France

Où , toute âatcrie à pari , ^H

ÎI dont l'estime est le seul Pris

11 fait évidemment parêtre H

2ue cherohent les plus beaux Esprits.

Qu'il est certes un ancien Maître. H

4j L'excellent Père Mascaron . H

Dont . plus que friand macaron . H On aime les belles Paroles . ■

Etudiez votre Ramage .

^t tfichez de lui rendre hommage ,

A . sans mélanp d'hyperboles . [

>*unc si galante façon

Fait des merveilles sur ce point , tro»-

ïu'en applaudissant tout de bon ■ Boucne , féconde en oracles ,

50 Et je croi qu'on n'en douie point. ""™

L'illustre Feouxant (c'est DobCôme]

Glisse dire , sans vous dater,

Conû par delà le Royaume |

Jue la Muse , à vous enfanter.

A dépeint si divinement ^H

k produit de petits Miracles.

Anne . régnant également ^M

j; Par la souveraine Puissance ^H

Qu'elle exerça dans sa Régence ^H

D'un seul mot qu'elle dit

Et par l'Exemple & par l'Amour, ^M Qu on n'a pu |usques en ce Jour ^1

;ile 6te ou donne le crédit .

Et c'est l'Astre dont l'infiuance

Rien ouïr de plus magnifique ^H

Préside & la Naissance

bo Que ce pompeux Panégyrique. ■

Des Ouvrages d'Esprit.

Aussi ce charmant Orateur ^M

lais, ça, commencez vôtre Epître;

Fut loué de belle hauteur ^

"eu est assez sur ce Chapitre

Par tout son fameux .Auditoire ,

Si qu'il sortit couvert de gloire Ô5 De la Grand'PAROissE bes Lys . s

' On continue en mille Lieux ,

Ou lors . ainsi qu'à Saint Denys ^-tZt".

^r un zélé triste & pîeux ,

Ou dedans nôtre Cathédrale . ">^'

)"honorer notre illustn; Morte

La Pompe parut sans égale ,

)'une auguste & pompeuse sorte;

Sur tout par un riche Tombeau ,

lotamment . dans cette Cité .

70 Si haut . si brillant & si beau .

M Célèbre Université

Que, dans nos Devoirs saints & justes.

;t mainte Eglise Abbatiale

On n'en peut voir de plus augustes,

.ussi bien que Paroissiale ,

Non plus que les beaux Ornemens

'est mise en lugubres Atours ,

Et les superbes Paremens ^ 75 Tant de l'Autel que de la Chaire , ^M

ôur ce Devoir, depuis huit jours .

:t divers Orateurs célèbres

Que l'on fait monter, sans qu'on erre, ^H 44 ttnt ^H

loi. — Du 6. Mars 1666 (Robinet).

A vingt mille très bons-Ecus , Et ^ue nôtre grand R07 , de plus , Qui de Libéral prend le Titre , 80 A voulu donner au Chapitre.

Je brûle ici de publier.

Tant j'ay crainte de l'oublier, Qu'en ce Lieu, plus heureux que sage, Des Objets bien dignes d'hommage

85 Me firent l'insigne faveur.

Pour jamais gravée en mon cœur, De me donàer place auprès d'EUes.

O brillantes Spirituelles , En qui , pendant de doux momens ,

90 Je découvris tant d'agrémens Que j'en ay l'ame encor charmée.

Et je pourrois dire allarmée 1 Agréez, rare Poussinot, Qui m'avez fait Pic & Capot ,

95 Et vous , célèbre de la Barre , Qui sur mille Cœurs avez barre Par vos Yeux & par vôtre Voix , Qui ravit & Rbynes & Roys , Agréez aue , de mon Parnasse ,

looPsu" ces Vers je vous rende grâce De vôtre obligeante bonté , Vous protestant qu'en vérité Elle m'a mis dans vos Entraves , Au rang de vos humbles Esclaves.

Henriette La digne Abbbsse de SOISSONS , LonSine P^i^c^se iUustre en cent façons Comme envers Anne tres-zélée , S'est asseurément signalée Par la Pompe & fa Piété 110 Pour rendre à cette Majesté Une juste reconessance De l'amoureuse bien-veillance Dont toujours Elle l'honora; Et j'asseure qui me lira 1 15 Que ses Prières pour la Reyne , Durent chez Elle une Neuvaine.

La DucHBSsB de Mortemar De Cloton , ce Monstre Camard , A , droit au cœur, senti la flèche 20 Qui fait toujours mortelle Brèche.

C'est à Poitiers qu'Icelle Mort A voulu terminer son Sort , Et qu'ayant dessus un Estrade

Esté vue en Lit de Parade , 125 On l'a conduite au Monument Ce m'a-t'on dit , pompeuseme Tous les Corps même de la Vi Action vraiment bien civile»

L'accompagnant en bel arroy 130 Jusques en son dernier

Cette hideuse Chasseresse , Qui par tout giboye sans cesse A fait aussi passer le pas , Dans la Ville de Pbsemas , 135 Au grand Armand , ce di^e 1 Qui gouvernoit une Province Au gré du Peuple , au gré du C'est bien dommage, en bonn Car , hélas I au Siècle où nous

140 On trouve peu de pareils Hooq Il laisse néantmoins deux Fils Qui, pour servir un jour les L Elevez par leur Sage Mérb, Auront les qualitez du Pér&.

145 Depuis l'Affaire d'OuDENBOC Où le pire Succès fut hoc A ce brave Colonel Carpb, Que l'on prit dans sa Contresc Depuis aussi le fatal Jour

150 Que I'Electeur de Brandbboui Qui n'est pas des plus petits Pri Est d'accord avec les PRovuicBi Les Munstériens , étonnez.

Sont contraints de saigner dn i

155 Et leur Prélat, baissant la Lan Met & Guerre & Paix en Balan Et témoigne que celle-ci Devient l'Objet de son soud.

Le bruit court que le Mosooii 160 S'en va la condurre au plus vit Avec le Roy des Polonois.

Ainsi soit-il , à cette fois , Afin qu'il puisse dans ses Villes Etoufer les Noises Civilles 165 Avec plus de facilité Et punir la Déloyauté De ceux dont le félon courage Fait grossir encor un Orage Qui doit crever de bout en bout

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