Du 6. Mars 1666 (Robinet
70 Mais» comme l'on dit» Dieu sur Tout.
Les Majbstrz, Monsieur, Madame, Qui semblent tous n'avoir qu'une
fAme, Tant ces nobles Suppôs des Lys Sont admirablement unis , 75 Chassent à Saint Germain en Laye , Tantôt un Sanslier ou Laye , Tantdt un Cerf ou bien un Dain , Qui sçavent détaler soudain ; Et puis , changeant de baterie , to Le vol de la Perdrix ou Pie , Et la Chasse du Lièvre enfin , Divertit, le soir ou matin , La Cour la plus grande & plus leste Que voye le Flambeau céleste.
15 Là • cent Objets des plus charmans , Raressans sous les omemens Des anciennes Amazones , Semblent tout autant de Bellones , Mais dont les Courages plus doux 190 Font des Cœurs l'Objet de leurs
[coups.
Le Rot , songeant à ses Affaires , Et notanmient aux Militaires , Dans la conjoncture du Temps , N*aguère,au beau milieu des Champs lu En Plaine de vaste étendue , Fit derechef une Reveue , Où chacun des Gardes du Corps Receut un luisant Juste-au-Corps Sur qui l'Astre de la Lumière , flPoLors aux deux Tiers de sa Carrière, Dardant ses feux épanouis Pour admirer nôtre Louis , Fit de ces Cuirasses polies Des centaines de Parélies ; ••î Ainsi s'appellent les Portrais
Que Phœbus fait de ses beaux Rais.
Pbiuppe & l'illustre Henriette , I^ chers Patrons de la Muzette , Depuis quelques Jours sont Ici , s«oEt chacun par un beau souci Va leur faire humble Révérence.
•J n'y man^ueray pas , je pense , |^^ tant aujoûrd huy que demain , Mon hommage leur est certain.
215 Je vien d'apprendre que le Pape ,
De I'EgLisb le grand Satrape ,
A conféré la Pourpre à six, î^.^S?
Dont , ce dit-on , point je ne suis , Raspom,
Et vous le croirez , je m'asseure , p^^ne 120 Sans qu'il soit besoin qu'on en jure.®*^"*"*
Finissons donc par des Avis
Qui pourront bien estre suivis.
ftres.
Ne vous mettez point aux tenes-
Ni n'allez point traîner vos Guestres 235 Pour voir des Masques,ces Jours gras;
Bonnes Gens , vous n'en verrez pas.
Messieurs 'les Fous de tous Etages
Seront une fois de faux sages
Pour le respect (bien entendu) 230 Par tout François justement dû
Aux Cendres de cette Princesse
Que nous pleurons encor san& cesse.
Mais vous aurez, pour Supplément,
Le noble Divertissement 235 Que vous donnent les doctes Veilles
De l'AÎNÉ des braves Corneilles ,
Son charmant AgésilaOs ,
Où sa Veine coule d'un âus
Qui fait admirer à son Age 240 Ce grand & rare Personnage.
Ceux qui , d'instinc peu sérieux ,
Préfèrent le facétieux
Pourront rencontrer chez Molière
Leur satisfaction entière ; 245 C'est là, sans qu'il en reste un brin.
Qu'on fait dénicher le chagrin.
Ceux qui donnent dans la Machine
Pourront aussi , je m'imagine ,
Rencontrer leur compte au Marais ; 250 II est vrai , c'est à plus grands frais.
Mais , quand il faut se satisfaire ,
Le Coust est un mal nécessaire ,
Mais mal qui doit passer pour Bien
A qui de son or use bien.
255 D'ailleurs , de pareilles Machines ,
Des Machines presque divines ,
Et les Vers de Monsieur Boyer ,
Digne d'un immortel Loyer,
Méritent bien , sans aucun doute , 260 Qu'on y courre, quoi qu'il en coûte.
Vous avez , pour tout dire enfin .
La Troupe du charmant Dauphin ,
Dont les Acteurs , encor en graine ,
Peuvent guérir de la migraine , 265 Soit dans les Rôles sérieux ,