‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 304 sur 317 · Le ToNNiKtB , tombant sur saimct Louis · texte numérisé non relu

Le ToNNiKtB , tombant sur saimct Louis

[de RoMi , Brisa ces Jomt passes, par on eoup singulier, QM<|ttc* ooqoilJas du CoLUit

Qui suspend au devant l'Escu de ce Rof^^ Et, sans toucher ans Fuuif-oi-i'*' Passant juaques dedans l'Egliit .

Il dépava la Nbf i diverse reprise, ^ Et puis vint s*alijsaMr sons des psi àla^ 27 A qu*oa apprêta*

i3o. — Du 10. Juin 1666 (Subuont). 954

Cent Tonnerres encor fussent-ils à la fois Déclarez contre luj pour tout autant d'Armées »

Ils ne feroient que des fumées

Auprès des armes des François , Et , si auelque goquhlb en remportoit la marque .

Si I pour parler plus clairement «

Leur force effieuroit seulement

Les Alliez d'un tel Monarqtib ,

Ce ne seroit qu'en s'abysmant

Est-il vray ce qu'on dit avec tant d'asseurance ,

Que » faisant tirer vos canons , Vous avez fait trembler un Marrschat. db France ?

Certes nous nous en étonnons.

Quoy 1 Monsieur de Grand-mont, en entrant dans la Salle

Où vous campez tous vos Soldats ,

Luy que sa valeur martiale

Rendoit intrépide aux combats , Vous l'avez ef&ayé de vostre artillerie Pour un peu de papier qui voila dans ses yeux , Et vous en avez fait encore raillerie?

Hé 1 que ferez vous , je vous prie

Quand vous serez un peu plus vieux ?

L'iMPiRATRiCE est toute preste , ^^^'''ïStau'dSîiSif'^ ' A ce qu'on dit , de s'embarquer» «^PHn«i

Et rien à présent ne l'arreste Que la crainte Qu'elle a de se voir attaquer. En effet , ceux a Alger sur nombre de Frégates Croisent aux environs du Port de Dbnu , Et je la trouve mieux d'estre dans Gandia

Que s'ils la tenoient dans leurs pattes. Dés qu'on verra pourtant le renfort attendu

Qui redoublera son escorte , Sa Majesté prétend cingler de telle sorte Qu'elle regagnera le temps qu'elle a perdu. Pour estre Ihpbratrice on n est pas moins pressée

De voir un Epoux quand on l'a »

Et d'autres soins peut-estre encore que ceux-là

Réveillent sa noble pensée.

Vous estes un grand Prince & vous avez cinq ans ,

Et l'ambition qui la presse

Luy fait comprendre qu'il est temps

De commencer une Prmcesse.

Débitons de I'Espaone encor ce que j'en sçay. Le General de Caracennb ,

edaré.

itiiiit dedans U Salle.

ért qoe voua teret phM viaoï.

5a A seroit preate.

73 itf Là , le Maiouis m CAiActmt.

9S5 iSo. — Do 10. Juin 1666 (SuBUxiinr).

Pouvoir ca nain » la boofse pleine , 75 Partit pour Bapaiok, le dernier mois de May ;

Il y fit de Mainud ai grande diligence Qu'à peine on y reœut l'advia Qo*il apportoit cette finance Que Ton le vit dans le Fds.

80 II trouya la Omderie

Plus complette & mieux aguerrie Depuis qu'on avoit envoyé Dc^doy retaUir sa monture.

Et la remit encor en meilleure posture 85 Lors quto le Soldat fut payi*

Gauulzzo Taorn par son ordre eut la phce

De DoM Diioa Cavallmmoê^ Lieutenant général avant ce GâUJuisaB ^ Puis» selon qu'il crût à pn^XM 90 Pour le Uen de l'Espaonb ou pour sa renommée ,

Il reforma toute l'Armée.

Le premier rendess-vous de L'AmmuL PuAm^om Fut à Porto-Ma»»! , ce mesme dernier mois. Et , dunmt un vent ftvoraUe , 95 MmoaQOB vit devant ce Port

Passer cette FLotrx admirable Sous les ordres prudens de MoNSismi db Beau-Fort. Nos Galkrks après» sous Monsucur de Vivokb, Passèrent devant Barcblomb ^ 100 Et l'on ne doute pas oue devant qu'il soit peu

Ils ne mettent les fers au ûm.

Quelques gens me sont venu dira Que cette illustra Flotte a passé le détroit Avec le bon-heur qu on désira , 105 Mais on n'en escrit rien encor d'aucun endroit^

Seulement de Cad» on mande Qu'on l'y vit- encora passer Sous le Proicb <iui la commande , Et vers le détroit s'avancer.

On parle fort d'une Ordonnance Qu'on demande k sa Majesté.

Je ne scais pas trop bien si c'est la vérité • Mais on dit que par remontrance Les marchands ont représenté

Que , faute du Commerce empesché par L Us n'auroient pas dequoy fournir Tous les cuirs qu'on foisoit venir Auparavant de rAMGLSiERRB, Ou qu'il fiilloit £ûra des Lois

83 A DequoT Miflln à m monture. j 103 j1 belle. — 109^1 Pour. [e»^

Qc ^ dedans. — toi ^ le fer. I 1 10 j1 Ulmàt court, Mminwnvt,i€agm

i3o. -^ Du 10. Juin 1666 (Subuony). 958

A tous les BoocHERs de la France ,

Portant tres-expresse deffence De tuer aucuns veaux, qu'ils n'eussent quatre mois. Comme en ces animani nostre tenx»r abcmde ,

Si cette remonscrance a lieu ,

Avecque l'aide du bon IXeu

Nous verrons de grands vtaor au Monde.

Le premier de ce mois , sous l'AiMinuL Ruyter , Cinquante vaisseaux de Hqllamm ,

Qui joignirent encore seise ^nds de Zellands ,

Comme j'ay déjà dit, ont pns la pldne Mer, Et tout le reste de la Flotte Devoit partir le jour suivant • Pourveu que tousiours le bon vent Eut fovonsé le Pilote.

Cet ef&x>yable amas de quatre-vingts Vaisseaux Qui sous eux font ^emir les eaux , Sans conter les petites Flottes De Brulots & de Galuottes , Où sont de trés^vaillans S<ddat8 , Cherche matière à ses combats •

Et , dans un ordre affreux qui fait aimer la guerre , Croise le long de l'ANOLETEaKE.

Le CoirrB uiGmCRE partit.

Le dernier <le May, de la Haye

Pour voir, à ce que Ton m'a dit , Si le sang ennemy pourra guérir la tdaye

Que son mauvais Astre baj nt • Et dont il a depuis une douleur si vraye.

Il va suivre cet Admiral

Et , si ce çrand combat Naval Que respirent déjà mille vagues cruelles ,

Se donne bien-tost en effet »

Je dirav ce qu'il aura fait • S'il ne vous ciéçlaist pas d'en savoir des Nouvelles.

On n'estime pas toutefois

Que l'on soit si près de se battre ; Beaucoup de Matelots qui manquent aux Anolois Empeschent ces derniers de sortir pour combattre.

On est de retour à WrrAL , Et toute la Cour d'Angleteere , Pour penser au mal de la guerre , Met en oubly le plus fatal.

Le bruit court pourtant que la Pkste Ne semble plus dans ces quartiers Si fréquente , ny si funeste , Et qu'on y voit déjà venir des héritiers.

tSa — Da 10. Juin i666 (SunioiiT).

Le Roy de la Gbank Bmetagiis

N'y retourne du mainê qu'à cause qu'en ces lieux L'eGGet du Mal contagieux N'est plus m grand qu'à la Campagne.

Le CoiiBiBR dTakib-mouth , dit*on , y tomba mort Aux yeux piesques de ce Mohabqub.

Qui revenoit de voir tous les Vjaisseaux du Port

Ou sa soldatesque s'embarque»

Et« quelques gens encor du train

De hAMBàMÊàtminL m Casioxr .

Ayant esté surpris de ce trépas soudain »

Chacun se dépescna de regagner la Yûït.

Pour revenir aux Hoixandois ,

On dit que t le deux de ce mois.

Un PUNCB un peu plus beau qu'un Ange

Et qu'à ce titre on connoistra.

S'il vous pudst, MoNSBUNBUR I pour le Plsmcs d'Oeanoe

(Car sa beauté n'édipsm

Que quand vous aures l'advantage Qu'à vos traits sur les siens donnera k mesme aàge) ,

Fut remercier un Estats

Du soin tout remply de tendresse»

Qu'ils avoient eu d'élever sa jeunesse »

Les ppsL de ne perdre pas

Une inclination si bonne »

Leur recommanda sa personne

Et leur demanda de l'employ :

Il en obtiendra » que ie croy .

Par amour & par Politique »

Messieurs les Estats Hollandois

L'ont adopté tout d'une vois

Pour l'enrant de leur Republique ,

Et. comme tel , il a de plus

Pension de vingt mille escus.

D'autre part , le Prince Maurice Regala magnifiquement Tous les Chefs de nostre Miuce

Et se sépara d'elle avec grand compliment.

Le General Pradel en suitte fit reveue. Puis vers Maestric tourna ses pas ,

Où d'autres Députez de Messieurs les Estats

Pour le traitter encor attendoient sa venue.

167-178 j1 On dh du Roy que ce qui Vy rameiDc Vient de ce que ce mal a prit la def des chamm Et , dégoûté de Londres & de tes babitana ,

Par la Campaohi se promené.

Le CouRiBt dTaitm tomba mort Prctquea aux yeux de ce Momaiqui Q.ui revenoit de voir tout les Vaifieaus du Pokt

Où toute sa force s'embarqjoe , Et quelques gens encor du trua De TAiiBASSÀDiut m l'Estaoni Ayans esté surpris surpris de ce tiéptf t^ Cela le St résoudre à quitter la CaàptfX* 196^ LcsEststsdeVinwnusiftceiBdcf0|

i3o. — Du 6. Juin 1666 (Subugny). 963

La SuBDE establit sa Paix

Chez le grand Duc de Mosgovie ,

Pour donner jour à son envie De £ûre ailleurs la guerre au gré de ses souhaits. On arme en Dannemàrc , de peur qu'en cette Terre Le Suédois , qui fait un puissant armement ,

Ne porte enfin en un moment

Les premiers efforts de la guerre, Et tout est en suspens jusqu'à l'événement. Le mesme Suédois fait marcher dixHDoille hommes Qui , du R07 dsnoR grossissant le party ,

Iront contre Lubomoiskt ;

Il luy fournit encor des sommes , Et ne peut pas souffrir qu'un Roy de sa Maison , Au mépris de son sang , cède à la trahison.

D'ailleurs , de Dantzic on nous mande

Que I'Ambassadeur Polonois Qui vient pour demander du secours aux François

Marche en diligence fort grande ; Que le Roy de Pologne , à la teste des siens ,

Aux environs de Varsovie , Voit encor ses amis sacrifier leurs biens ,

Leurs soins , leur service & leur vie ,

Et promettre de s'obstiner

A ne le point abandonner.

Un nombre infiny de Noblesse ,

Huict Sénateurs & huict Prélats ,

Les Chanceliers de ses Estats Et les grands Marbschaux l'accompagnent sans cesse ,

Et je crois que dans peu de temps LuBOMiRSKY fournira mes Nouvelles Du fidelle récit des mal-heurs édatans

Qui suivent le sort des Rebelles.

Au reste , je voudrois bien voir

Cette Mareschale Duchesse A qui le plus grand Roy que I'Estat puisse avoir A si bien conné vostre auguste jeunesse.

A cette illustre Dame , un jour ,

Il me fimdra &ire ma Cour

Et rendre un respect légitime ; Jusques-là , mon beau Prince , observez si ses yeux

Ne regardent pas comme un crime

Mon amour trop ambitieux.

tris, Che^ AUxaudre Lesselin, au coin de la rue Dauphiuê, divaut U Pomt ueuf. Avec FHviUge

Encore un nombre de Noilbssi. I L'adresu du Hhrairê ne se trouve que dam A. —

Qlii suit le Destin des Rebelles. | B C placent ici la daie.

{A La Mute d« Cour 1666 (voy. le n* 134 , col. 909), pp. 17-14. B La Mute Dauphine 1667 — iS-97.

C La Muae Dauphine 1668 — i^a?-)

LETTRE EN VERS A SON ALTESSE MADAME LA DUCHESSE DE NEMOURî

[ Pae la GRAVETTE de MAYOLAS. J

Du 12. iiiin i666.

Si la louable modestie Dont Vôtre Altessb est investie Trouva mes derniers vers moins

[doux Parce qu'ils parloient foit de Vous ,

5 Princesse , je ne pouvois taire Ny moins étandre cette afaire ; Cela n'arive pas souvant , Et ce que j'ay; mis cy-devant Touchant cette heureuze Naissance » '

lo Sujet de la réjouissance , A pour le sûr mille témoins.

Comme je n'en pus dire moiins , Pour continuer la cariére Qu'ouvre cette illustre matière ,

15 Je me vois engagé dans peu A discourir d'un nouveau Feu.

Je chante avec beaucoup de joye Que du puissant Duc de Savoye Le digne & grand Ambassadeur,

ao Caroccio , dont la belle ardeur A paru pour son Prince en France , Ayant sceu l'heureuze naissance Du charmant Prince Piémontois, Mardy , le premier de ce mois ,

35 Pria des Personnes puissantes , Trés-nombreuzes , trés-éclatantes , De venir prendre en son Hôtel Un Souper rare & solennel.

La politesse & l'abondance

30 Firent voir sa magnificence , Et que ce Festin merveilleux Etoit un des plus somptueux.

Après ce superbe Régale Et cette Feste joviale , On vit , la nuit , non pas le jour, Au milieu de la basse-cour,

Alumer un feu d*aitifice Qtii fit ti hitn son exercice Que ces mouvemens inconstans

40 Ravissoient tous les Assistans.

Dudit Feu la juste Figure ExçoscMt une architecture Qui satisfoiaoh bien les yeux De ces spectateurs curieux :

45 Du mitan , une Pyramide , Aussi plasBante que solide , Fort haut au-dessus s'élevant , Nous montroit un Soleil levant Qui mar(}uoit la naissance aimabk

50 De ce Pnnce considérable.

Le bruit , mêlé de mille édain , Faizoit un concert dans les ain, Et ces galantes pétarades , Semblables à des mousquetades ,

y^ Frapoient les oreilles de tous Par d'agréables & beaux coups.

La vue êtoit lors ocupée , Surprize, enchantée & pipée Par les divers tours & détoun

60 Du droit ou de Toblique cours De mille volantes fixzées Et des machines-là posées.

Mais ce n*est pas encore tout, Et, pour aller jusques au bout,

65 Je ne dois point obmétre à dire Non plus qu'à justement décrire Qu'après les feux & le Festin Deux fontaines d'excélent vin Jusques après minuit couléreit

70 Et beaucoup de gens en tfttèrent Qui s'êtoient auoit lieu rendus.

Et , par des soins non superflus, Remplissant mainte Tasse & Vent.

N'en laissoient point tomber i terre

75 Ib bûvoient tous à la santé

i3i. — Du 12. Juin 1666 (Mayouls).

De l'Ambassadeur si vanté »

Dont la çénéreuze dépance Exprimoit sa réjouissance , Qu il a fait paroître sans fkrd , 80 Quelques jours avant son départ , Au plaizir de la Terre mienne Et pour la gloire de la sienne.

Dans mes billets Tay rencontré Comme l'Ordre de Premontré »

85 Digne d'être dans mon Epltre , Tenant un Général Chapitre , A de nouveau certifié Et pour le sûr ratifié L'élection qu'il avoit faite ,

90 Par une justice parfaite,

itf Du Révérend Père Colbert,

'^^ Qui l'Eglize & Dieu trés-bîen sert , Pour Abbé Général de l'Ordre.

Mais , suivant encor un bon ordre ,

95 Ils l'ont élu d'un soin égal Pour leur Vicaire général , Connoissant son intelligence , Esprit » vertu , sçavoir, prudence.

Pareillement tous leurs Abbez ,

00 De -mesme acord êtans tombez , Dans une Lettre écrite à Rome Et qu'ils adressent au Saint-HoMMB, Luy demandent trés-instamment De confirmer le jugement

05 De cet honneur & choix insigne Dont ce Personni^e est fort digne.

On en atend un bon éfet , Et je croy que cela vaut-&it, Puis que son excélent mérite

10 Les a portez à cette élite.

Dans un Service solennel Qu'ils ont fait sur le Mattre-Autel , Dans leur EgUze ou Monastère , Pour la défunte Reine-Mére ,

15 L'Abbé CmssY, Religieux Du susdit Ordre très fameux , Prononça l'Eloçe admirable De cette Reine inestimable.

Ceux de Bourges avec éclat «• Ont receu leur nouveau Prélat.

La Ville s'ëtant préparée ■1 Pour luy faire une belle Entrée , On receut ce Pasteur trés-bon Au bruit de maint coup de canon.

135 Des carrosses un très-grand nombre»

Soit au Soleil ou soit à l'ombre »

Roulans vite comme le vent , Sortit pour aller au-devant De l'Archévesque trés-illustre

130 Dont les vertus ont un beau lustre , Et quantité de Cavaliers , Ses voizins ou de ces quartiers , Agréablement s*j rendirent , Et divers complimens luv firent,

135 Et jusques à 1 Archevesché , Sans qu'aucun en fut empêché , L'escortèrent , l'acompagnérent ; Puis tous les Corps le naranguérent.

Il fut à l'instant vizité

140 Des principaux de la Cité, Et du Chapitre qui l'honore Il fut le lendemain encore Acueilly magnifiquement Et non moins agréablement.

145 Ce Prélat, en reconnoissance De leur acueil & révérence , Ce jour-là , sans retardement , Les festina splendidement , Mais au Peuple sa riche Chape ,

150 Qui de ses mains point ne s'échape, Selon la coutume audit jour, Comme pour un gage d amour, Fut aussi-tôt abandonnée, Oferte , livrée & donnée,

155 Qui de ce précieux dépôt Trouva des Louis d'or bien-tôt.

La Reine , de nulle égalée , Ces jours passez , étant allée En la Chapelle du Château

160 Du vaste & gay Fontainebleau, Que les Pérès Mathurins servent Et que leurs pieux soins conservent.

Le Révérend Père Meroer, oéDéni Qui sçait bien faire son métier,

165 Harangua cette grande Reine , Juste & charmante Souveraine ; Mais en Espagnol mesmement Ayant fait son beau compliment , Cette Princesse très-parfaite

170 N'en parut pas moins satisfaite.

Qu'on eut de l'admiration De sa ferme dévotion , Qu'on admire , que l'on contemple , Et qui nous sert de bon exemple 1

i3i. — Du 12. Juin 1666 (Matolab).

175 J'ay apris la mort, ce matin»

De Monsieur Bussy-Rabutin.

' J'ay sceu d'un Homme de mérite.

Qui m'est venu rendre vizite, Que , la veille Saint-Barnabe ,

iSoTrqis fois le Tonnerre est tombé En la Charantonoize ville »

Sur le Pont » en un domicile Dont il découvrit le grenier.

Mais 9 pour venir au coup dernier,

i85Tombant par une cheminée , Une femme en fut maV-menée , Et par des pierres ou plfttras , Fracassa ses oudns & ses bras.

La susdite êtoit Femme-Sage , '

190 Qui chaufbit alors le ménage D'une autre qu'on aloit coucher Etant sur le point d'acoucher, Qui , de peur de ce feu qui gronde , Mit d'abord son enfant au monde.

195 Le Roy, dont la rare bonté , Jointe à sa générozité i L'Etranger & son Peuple charme , A l'Envoyé du Duc de Parmb A fait donner un Diamant

aoo Que l'on estime infinimant.

L'Envoyé du Duc de Savoyb , Qu'on reçoit par tout avec joye , Accepta de sa jpart encor Un Présent qui vaut un trézor,

205 Pour témoignage de l'estime

Qu'a pour eux ce Roy magnanime.

Monsieur Bonneuil, introducteur, En fut le glorieux porteur; Ces deux Comtes bien l'acceptèrent,

sio Et sans doute remercièrent.

Ambassadeurs , Princes , Légats Commencent de hâter leurs pas Et préparent tout leur bagage , Galères, chevaux, équipages,

a 15 Sans barguigner ny s'arêter, Afin d'aller comphmenter L'Impératrice , ou bien l'Infante , Belle , jeune , fraîche & charmante , Qui s'en va tout droit à Final

aaoAvec l'apareil nuptial.

Enfin la Flote Holandowe Va chercher hardiment VAnffak Avec quatre-vingts-deux Varna Tant radoubes, vieux, que 1

995 Qui portent de tort bonnes Tm Sans conter Brûlots ny Chaloa|

Le Modénoia A Montouan, Par les Dépotes de Milan, Ont surds leur débat funeste, 2^} Remetans maintenant le reste Entre les mains de rEmpereur Qui doit adouciy leur aigreur.

Compiégne , ville trés-pienae, Pour la VsROB trés-gtoneon 935 A beaucoup de dévotion Et reçoit sa protection Depuis plus de huit cens annéa On 7 va toutes les journées, Dunnt le long coun dn Sokil,

'Eglise

Çour

a^ ta

Qui fot nommée ma PkiD-d' Et ^u'on prie en besoin niaent

245 Mais quelques Personnes, ^mai Ont fait raport ches les Nème Que , pliant la Ymmam à geoon D'un cœur ardent & d'un cdé Elles virent en cette Imifge

250 Des surârs dnsus son magie.

Et tout le corps pareiDemenl Se mouvoir d un bean mmiTca Qu'on prit d'abord pour on pvé D'un notable & grand Êenaam

S55 A ce bruit & romninn

Boiteux, muets, cveu^ks

Courans invoquer Ntee-ÀuB Et prier de toute leur ame»

En receurent sututOBeat

260 Guérison & aoudagenicnt, Nonobstant leurs maux inamb Et ces nouveaux & grands IGn Que Ton éprouve tous les joea De Gens atirent grand oaooom

234 Qpi pour la Vierse gioricue.

i3i. — Du 12. Juin 1666 (Matolas].'

^5 IHuNCBSSB , voila ce qu'on conte , Et mon épître a là son conte.

Par MOT QUI NB sms pomr Abé ,

Le LBNDBMAIN SaMT BARNABé.

A PëH$, Cki^ Ch. CkêHouU, lmp,&Ub.,AwtArwmàmRef, ru$ de ië HMchetU. Avec Pr.de Sa M.

(Bîbltoth. de l'Arsenal, B. L. 1 1800.— Biblîotli. de M. le baron Jamet de Rothschild. — Ce dernier exemplaire porte la date du 16 juin et les adresses suivantes : A Paris, Cke^ Ch. Chemault, Imp. A Ub,, Aux Armes du Rcf , rue de U Hueketle, Avec Pr, de Sa M. Et à l^ou , Cke^ M. Maikevet, à 5. Thomas dTAqum.)

[Par Charlis ROBINET.]

Du 12. Juin 1666.

Muse de la Cour de Madame , Sus I qu'un nouveau Feu vous enâft-

[me, Mais un Feu pur & plein d'appas Qui ne produise rien de bas.

5 Son Ame grande & délicate Ne pe\it souffirir la Rime plate , La Kime sans nul enjouement , La Rime sans nul Ornement, La Rime où la débile Muse Paratt stérile , lourde & Buse.

Mais , aussi » ou'est ce qu'un Ecrit Où ne luit nul brillant d'Esprit , Où tout est mis à l'avanture , Sans liaison & sans structure ,

15 Où l'Epithete vient à point [point? Comme aux pieds viendroit un pour- Ah I soit en Vers ou soit en Prose , C'est une détestable chose Et certes , selon tous les Gens

ao Bien ^énîez & de bon sens , La Biére ny la Médecine , A qui l'on fiait si grise mine , N'ont rien de plus amer au Goût Ni qui cause tant de dégoût

35 Qu'une telle Prosaillerie »

Qu'une telle Rimaillerie.

Profitez donc de ma Leçon , Muse , & rimez d'autre fiiçon , Sans pourtant aller vers la Nue »

30 Comme on dit » à perte de Veue , Car c'est une autre extrémité Qu'il faut fuir en vérité, Et , sans faire aussi de Satyre Qui des affaires nous attire ,

^^ Ainsi qu'à d'autres Rimailleurs , Insensez & Maudits Railleurs , Plus détestables que la Peste Dont s'arme le Courroux céleste • Et de qui l'ancre est un venin

40 encore beaucoup moins bénin.

On ne manque pas de besogne, A l'heure qu'il est , en Pologne ,

Grâce à Je n'ose dire qui,

Car, en nommant LuBomitsKi ,

45 Je nomme un Rebelle implacable , Un Ambitieux intraitable , Qui • sans nule compunction , Achève la destruction De sa propre & chère Patmb.

50 O quelle énorme barbarie I Son Roy donc , de qui la douceur N'a pu rien gagner sur son cœur.

Reprend les Armes de plus belle Pour aller chercher ce Rebelle ,

55 Tantôt par monts » tantôt par vaux , Non pas sans de nouveaux Travaux, Dont la suite étrangement matte

i32. — Du 12. Juin 1666 (RoBiMffr).

Ce cher Monarque du Sarmathe ; Et vraiment ses Peuples & Lui

60 Ne sçauroyent être sans ennui.

O Sujets sages & fidelles , Ennemis jurez des Rebelles , Soyez constans dans le Devoir.

Ah 1 qu'il est horrible de voir

65 Ainsi des Peuples & des Villes Déchirez des Guerres Civilles , Et Gu'heureux sont d'autres Estats Où les Peuples & Potentats (Car c'est leur Bon-heur, ce me sem-

70 Sont justement unis ensemble [ble] Par le respect & par l'amour 1 Mais c'est un peu trop, pour un jour.

Nous étendre surHa Morale ; Voyons ce qu'ailleurs on étale.

75 Les trois Bassas, dont amplement Je vous parlé dernièrement , Poursuivans toujours leurs brisées Dont on connoit bien les visées , Les beaux Peuples de TAquila ,

80 Ayans interest à cela »

Pour leur empescher de les mordre, En même temps ont donné l'ordre De travailler incessamment Et jusqu'à son achèvement

85 Au Fort LéopoLD sur le Vâghe , Fleuve qui coule à grosse vague »

Si bien qu'entre les Musulmans Et ces Messieurs les Alemans La pauvre Paix sans cesse cloche

90 Et craint toujours quelque taloche Qui la force de détaler Et de les laisser rebrouiller.

Mais , comme je n'y puis que faire.

Je m'en vais parler d'autre afaire.

95 Les Suédois & les Danois ,

Qui sont tous deux de bons Sournois Et de qui Luther est l'Apôtre , Se tastent le poulx l'un à l'autre Touchant de certains Démeslez

100 Qui pourroyent les rendre meslez.

Toutesfois encore on espère Qu'on les verra sortir d'afaîre Par l'entremise des Amis Et que , cessans d'estre ennemis ,

105 Dessus l'Empire d'AMPHrrRrrE Ils boiront dans la lèchefrite.

Monsieur VErEsom de Mmi Semble tout de bon protester Aux Belges amitié smcére,

1 10 Et , pour rendre leur Psiz cnt Il ob^it de bonne foy A ce Traité conune à la Loy En licentiant son Armée , Déjà deçà delà semée ,

1 15 Les Officiers & les Soldats.

Soit à pied ou sur des Dadas.

Qu'ailleurs on envoyé ainsi m Cherchans de tous les costes m

Les Anglo» & les Holahdoi

laoOnt remis , dit-on . cette fins.

Leurs vastes Fixms dessus YC En tant de Naufri^es fificonde.

Et , suivant l'Art oes Mateloci Chacune sillonne les Flotx

135 Pour rencontrer son Ennemie Qui n'est pas non plus endon Ah 1 quel vacarme A quel sih S'il fout qu'il se donne Coorix De l'Air remplira les Espaces,

130 Et que Cloto dessus ses trioe Comme Favorite de Mabs .

Rencontrera de toutes puis De Tributz & de Sacrinces , Qui seront aux Poissons prpp

135 Et leur fourniront des Rtp^s Tout à fait copieux & ms !

Les Drôles seront à la Noce Beaucoup mieux qu*on n*est c

[Mai Et sans autre saulce qu'à Teti]

140 Se referont tous le museau.

Mais, ayans mangé nos SemU Ils comparêtront sur nos Tiibl Et lors nous pourrons bien un Les dévorer à nôtre tour.

145 Neantmoins, sans que nos Eut Usent sur eux de repi^udlles, J'aimerois mieux dix mille Grâ Que les Anglois & Holandois Par bon Accord se réunissent

150 Que non pas qu'ils s'entrebiti Et que plusieurs d'entr'eux tw Ou dans les flotz marins noje Fussent en icelle Avanture ' De ces Messieurs^là la Pônire.

155 Mais l'on m'apprend tout à Id

97Î '3*- — Du 12. Ji

Que desdits Anglois l'Ost tlotant , Pour quelque raison qu'on ignore , Est à TAnchre aux Dunes encore.

^gneurs Tous grands & tous peDtz Sei-

160A l'envi rendent les honneurs A la belle Epoose d'IcNACK .

En chaque ville , en chaque place , Où les Ris . l'Hymen & l'Amour Lui font faire quelque Séjour

165 En conduisant ses pas a Vienne; Et la RÉPCBLiQOK de Genne , Pour sa part des susdits honneurs .

A nommé huit Ambassadeurs Qui doivent en leur propre langue.

,70 A FiNAi.. luy faire Harangue.

Mais c'est pourtant , il est certain , Moitié 6gue & moitié Raisin , La Noblesse estant mécontante De ce que la Reyns Régente

•7Î f^ ^ P^5 ^*'f réponse , dit-on , Aux offres faites en son nom ( Nom qui n'est pas de petits Hères) De toutes ses belles Galères , Et de défrayer, qui plus est.

iBoSans espoir d'aucun interest, Ladite iuperatricb Infante, Comme aussi sa Suite éclatante, Dessus tous les Lieux de I'Estat.

Certes, n'avoir pas fait estât

ig) D'Offres de pareille nature Est un sujet . je vous assure .

D'avoir le cœur tant soit peu gros , Mais je n'en dis que ces deux mots.

Pour revenir h la Princesse 190 Qui dans son Voyage se presse Pour arriver plus promptement Vers son Impérial Amant, De l'une de deux mains fort blanches Que l'on voit sortir de ses manches IJ5 Elle a voulu lui faire part Obligeamment de son Départ, Par un beau petit mot de Lettre Où mesmes elle a daigné mettre -Le moment préhx & fatal Qu'elle arriveroit à Ftoai., Ajum calculé sans nul doute Le temps qu'il faut pour cette route Diligemment, eiaaement; "•ar elle & lui présentement lomptent les heures , ou je meure ,

uin 1Ô66 (Robinet). 974

Et lea minutes d« chaque heure.

La CooR Fpançoisb . sans souci A Fontainebleau comme Ici, Sçait s'y divertir à merveille , oHorsmis Louis, qui toujours veille Comme un tres-digne Potentat A la Fortune de I'Eïtat , Et <}ui conduit si bien la Barque Qu'il instruit tout autre Monarque.

15 Nôtre ANaucANB Majesté, Qu'lcy l'on aime en vérité Comme une grande & scge Ritnb , Est de retour, dit-on , fort saine Des salubrcs Eaux de Bourdon,

10 Et d'aise cent fois j'en dis : « bon. » Ce fut Jeudy que la PRiNCEssB Fut accueillie avec Uesse En son riant & beau Château Que j'ay nommé, Fontainebluc,

; Et qu'avec Neveu, Gendre â Fille, Qui sont tous de bonne Famille, Elle disna splendidement , C'est à dire royalement.

L'HERotNB , Mademoiselle , jjoQui marche d'un air d'iHMORTELLE , Est pareillement de retour.

Et plus complette en est la Cour.

Le Mysantbope enfin se joue ; Je le veids Dimanche. & j'avoue

ïjsQuc de Mouére, son Autheur.

N'a rien fait de cette hauteur.

Les expressions en sont belles.

Et vigoureuses & nouvelles , Le Plaisant & le Sérieux

140 Y sont assaisonnez des mieux , Et ce MvsANTROPE est si sage En frondant les Mœurs de nôtre Age Que l'on diroit, Benoist Lecteur, Qu'on entend un Prédicateur.

J4; Aucune Morale Chrétienne N'est plus louable que la sienne.

Et l'on conêt évidemment Que dans son noble emportement Le Vice est l'Objet de sa haine

jso Et nulement la Race humaine ,

i3». — Du 18. Juin 1666 (RoBoaEr).

Comme elle ettoit à ce Tsmom Dont THistoire a gardé le nom Comme d'un Monstre de Nature.

Chacun void donc là sa Pdnture ,

355 ^^ ^® 4^ ^^ ^^ TVais censeurs. Le rendans confus de ses mosurs , Le piquent de la belle envie De mener toute une autre vie.

Au reste, diacun des Acmms

aéo Charme & ravit les Spectateurs , Et Ton j peut voir les trois Gaicis Menans les Amours sur leurs traces, Sous le Visage & les Attrais De trois Oann jeunes & frais :

365 MouiRB , du Parc & de Brib; Allez voir si c'est menterie.

On parle de deux Grands Docteurs Et tres-habiles Professeurs En la ScnsNCB Htpocratiqub

970 Ainsi que dedans I'Art Cmmcuni.

Ils font par beaux Raisonnemens Et d'admirables Argumens Conêtre la vertu des Suiplbs, Estimes peu des Esprits simples ,

275 Comme aussi la propriété , La valeur & la faculté De chaque Pierre Précieuse , Chose vraiment bien curieuse , Et montrent bref l'art d'ajuster.

sSo Préparer, ou Inen d*amter Tout Médicament & Remède Dont en aes Maux Naturb s' Si vous voulex savoir leur ne Le voici : Glas^rk & Fagor.

aS5 Et c'est dans le Jarddc des R Qu'on entend leurs leçons sçi

J'avertis les RMers-Bonte Qui recherchent les Passbib Et les Coquets et les CmusI

290 Amoureux de Fleurs & Fus Que le tout, hien relié-en Vi Se trouve en un Livre Nouv Contenant mainte Historien Et Nouvelle assez joUiette,

295 Avec d'autant plus d'agréms Que ces divers Evenemens Sont mesles de Vers A de P

Je n'en sçaurois dire autre c Sinon qu'on peut voir à g6ii ^ooOù ce volume est débité.

La dessus xb date ma Lkit Qu'on ta dessus la Peessb hi Dd lendemain Saint BAUtAsi Bon ApdntB & non pas hmà.

A Paris, Che^ F. Muguêt, ru$ de U Hërpê, ùmx trois M$. Avec PrMUge dm £»f .

(Kbliotfa. nat., Ui, aa. Ilét.~~ Bibltotb. Manriiie, m^ i Biblioth. de l'Antiuil , B. L. i iSos.)

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