‹ Lettres en vers de La Gravette de Mayolas, Robinet, Boursault, Perdou de Subligny, Laurent et autres, 1665-1689Chapitre 305 sur 317 · IV"- SEMAINE · texte numérisé non relu

IV"- SEMAINE

Du Jeudy 17. Juin 1666.

A MONSEIGNEUR LE DAUPHIN

Qu'est-ce-cy , mon Proigb ? est-ce vous

A qui je vois un haut-de-chausse?

Ah , grand Dieu , que le sort m'est dous I

Que ma fortune s'en rehausse Et qu'il en naistra bien de l'amour entre nous I

Sous ce raisonnable équipaffe

Je ne crois plus voir un Éhfimt ;

Vostre mine dément vostre ftge :

Cet habit fidt de vous un Héros impmtant

Et la Nature en est trompée.

Mettez-le , MoNSBioNsua, pour ne le plus quitter.

Et criez & tirez l'Espée

Si quelqu'un vouloit vous l'oeter.

Vous sçavez que la Retnb est grosse ; C'est bien le moins qu'elle pouvoit En vous donnant ce haut-de-chausse , Et le moins qu'elle se devoit.

Pour son bon-heur & pour le nôtre , N'ayant plus d'enfant prés de soy »

Il ralloit qu'elle en fit un autre , Car vous ne Testes plus sous l'habit que je voy. Aussi sa Royale Personne Vous va fidre avoir, Monsbioneur »

Asseurément ou Freeb ou Sœur , Digne fleuron de la Couronne.

Si c'est un Frère , Adieu l'espoir Que cent Princes pouvcnent avoir De conserver un coin de terre :

Il frapera comme un tonnerre Ceux que vous pourrez épargner Et régnera de bonne guerre Où vous ne voudrez pas régner.

Mais aussi , si c'est une FauB , Je vous confesse , grand Dauphoi ,

iêriiat simpUmiHiWl, Svmdnt. | 35 il Q|m dans neuf mol» fU« vow dooiic.

i33. — Du 17. Juin 1666 (Subuony).

Que je tremble pour son Destin.

Comme Louis commence à mettre en sa famille

Tout l'Empire de l'Univers , S'il n'a soin de sauver quelque Roy de ses fers ,

S'il n'en laisse quelqu'un au Monde , Il faudra que • suivant le cours de ses projets

Cette PaiNCBasB sans seconde

N'épouse qu'un de ses sujets.

Mais attendons le jour au'il faille une Nourrice

Sans nous en emoarrasser tant «

Et passons à TImpeiutricb , Qui youdroit bien peut^^stre en avoir £edt autant.

17C cciii /vrc» uiuoiuniiiu. ou ciud

Ce sont des 1>bvise8 par tt Et des chiffres galans de Pun à l'i

On feit faire à Final cent diverses Statues , De cent Arcs triomphaux on embellit ses rues ;

tout

'autre bout Pour reàvoir cette Princbssb Qui tasche à s^ rendre sans cesse.

Le GouvERNkuR du Milakois Et toute sa Noblesse en fort leste équipage Partirent de Milan le diziesme du mois Pour la complimenter dans ce fiimeux passage . Et tous les autres Gouverneurs Luy feront lés mesmes honneurs.

Un grand Vaisseau d'Alexandrie Au Port de Livourne attaché , Et qui dit avoir relâché Quelques jours devant en Candis , Confirme le bruit aui couroit Du blocus que le Marquis- Ville Avoit Éait de la Neuve-Ville

Et du combat Naval que fit dans un détroit Grimani contre douze Voiles , Qui , pendant qu'un vent de bon port Enfloit à plein toutes leurs toiles ,

Esperoient porter là des troupes de renfort.

Ce General deffit presque tous ces Navires : Les uns à ronds , les autres pires ,

Exposez aux Brûlots souffrirent tout d*un temps

Les contraires fureurs de deux fiers Elemens.

Quoy qu'on dise du plan de la Paix de Venise ,

Candie , à mon avis , serolt de bonne prise.

Bataille entre les Ottomans

36 /4 en la

39 j4 S'il n'en laisse un dedans le Monde. 49 A Ce n'est que Devise par tout.

$2 A Qfii 1*7 Ait «tteadra trat cesse.

62 A Auparavant dans la Candie.

67 A Le Grimaici contre dix Voilbs.

69 A Souffloit à plein dedans leurs toiles 76 A Cette Ville teroit toAjoora^

i3). ~ Du 17. Juin 1666 (Subughy).

Et le Kam de la Tuitarie Se donna l'autre mois avec grande furie. Les premiers font encor de puissans armemens ,

Par où le Grand Ssigmeur prépare

Le chastiment de ce Tartau.

Ce grand Seigneur, mon Piuncb , est puissant tout à fait .

Mais cela n'est pas encor fidt

L'ÂMBASSAOCIA us SA Haotssss

Fut admis à parler au Rot des Polonkois , Le vingtiesme du dernier mois , Et l'on dit qu'il luy fit promesse De toutes sortes de secours , Et de le seconder tot^urs Contre ses sujets infidèles , Pôurveu que réciproquement Il n'assistât aucunement Le Chef des Taitarks rebelles.

Ces propositions sont belles , CAsnoR les receut fort tnen ; Scavoir s'il se servira d'elles , C est deauojT je ne diraj rien.

Tel secours Quelquefois donne des ouvertures Aux aessems de ces Mesneurs-là • Et souvent , sans dire hola , Ils font de soudaines ruptures , Sur des prétextes fort bourrus .

Pour envahir après ceux qu'ils ont secourus.

A Cadis , la Mer en orage Enveloppa dans le Naufi1^^ Un Vaisseau tout chai^ de figue et de raisin , Et rien à sa fureur ne put servir de digue. Si ce fruit du Navire a causé le Destin , Ce n'est pas sans raison que Dieu maudit la figue.

Un grand Orage ayant fiûUy A perdre Monsieur de la Barre , Qui se vit en Mer accueilly De tout cet Elément barbare , Ce grand homme , hors de danger.

En mesme temps fit relâcher A la rade de la Kochxllb , Tant pour en offirir au bon-Dieu , Dit-on , une belle chandelle *

MaU on doute que leurs destehu Ayent une entière reuittte , Fmmr* ombrace au Moacovm lana à penicr a d'autm SouviRAiiia.

90 Ce vtrs m. étm BC.

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