Du 14. Juin t665 (Robinet
Où , depuis les Premibrbs Testes, a 10 De chacun il a reçeu Festes, Civilitez, Embrassemens Et mille justes Complimens.
Viste narrons l'Historiette Et ma tâche sera complette.
215 Une Dame de qualité Et mêmes à Principauté , Mais d'un naturel solitaire , Qui cherche à rêver à. se taire , Etant ainsi seulette au Cours ,
220 Lorsque le grand Falot des Jours , Pour éclairer un autre Monde , Sans s'éteindre, traversoit l'Oode , Des Gens plus méchans que des
[Lous, Vulgairement nommez Filous ,
225 A peine eurent vu son Carosse , Qu'ils accourent comme à la Noce , Dans l'espérance du Butin , Qu'ils croyent pour eux tout certam.
L'un de ces bons Tireurs de laine ,
230 Qui paroissoit tout hors d'haleine , Portant la parole pour tous , Avec un langage bien dous Et.qui sentoitson honneste homme :
» Madame , dit-il , je vous somme
235 » D'avoir de nous quelque pitié , » Et de nous faire l'amitié [Source, » De nous mettre en main votre » Pour ce soir seul nôtre resource, » Car je vous jure que demain
240 » Nous tiendrons un autre chemin.
» Or sus donc, donnez-nous la viste, » Et nous allons dans nostre giste » En boire, en bonne vérité , » A vôtre charmante Santé, [rôles,
245 » En un mot , comme en cent pa- » Nous vous demandons des Pistoles » Car en ce lieu les longs discours » Ne sont les meilleurs ni de cours. » — « Je n'ay point, luy repond la
[Dame,
250 » Le digne Objet qui vous enflame ; » Je n'ay point de Bource à présent, » Mais voicy quelqu'autre Présent » Qui pourra bien autantvous plaire » Et sans doute vous satisfaire. »
253 Ce disant, de sa blanche main Détachant son Colier soudain , Elle en régale cette Troupe ; Qui se croyant le vent en poupe