‹ Lettres éorites à un provincialChapitre 58 sur 98 · SENT. DES JÉS. SUR LES BANQUEROUTIERS · texte numérisé non relu

SENT. DES JÉS. SUR LES BANQUEROUTIERS

de Lessius, desquels il ne s'agit point. Je vous demande donc si cette maxime d'Escobar peut être suivie en conscience par ceux qui font banqueroute? Et prenez garde à ce que vous direz. Car si vous répondez que non, que de» viendra votre docteur» et votre doctrine de la probabilité? Et si vous dites que oui, je vous renvoie au parlement.

Je vous laisse dans cette peine, mes pères; car je n'ai plus ici de place pour entreprendre l'imposture suivante sur. le passage de Lessius touchant l'homicide; ce sera pour la première fois , et le reste ensuite.

Je ne vous dirai rien cependant sur les avertissements pleins de faussetés scandaleuses par où vous finissez chaque imposture : je repartirai à tout cela dans la lettre où j'espère montrer la source de vos calomnies./ Je vousplaina, j~ mes pères , d'avoir recours à de tels remèdes. Les injures que vous me dites n'éclairciront pas nos différends , et les menaces que vous me faites en tant de façons ne m'empêcheront pas de me défendre. Vous croyez avoir la force et l'impunité, mais je crois avoir la véritéet l'innocence. C'est une étrange et longue guerre que celle où la violence essaye d'opprimer la vérité. Tous les efforts de la violence ne peuvent affaiblir la vérité, et ne servent qu'à la relever davantage. Toutes les lumières de la vérité ne peuvent rien pour arrêter la violence, et ne font que l'irriter encore pins. Quand la force combat la force, la plus puissante dé* trait la moindre : quand on oppose les discours aux discours, . ceux qui sont véritableset convaincantseonfondent et dissipent ceux qui n'ont que la vanité et le mensonge : mais la violence et la vérité ne peuvent rien l'une sur l'autre. Qu'on ne prétende pas de là néanmoins que les choses soient égales ; car il y a cette extrême différence, que la violence n'a qu'un cours borné par Tordre de Dieu , qui en conduit

19î: RÉFUTATION DE LA RÉPONSE, ETC.

les effets à la gloire de la vérité qu'elle attaque ; au lieu que la vérité subsiste éternellement , et triomphe enfin de ses ennemis, parce qu'elle est éternelle et puissante comme Dieu même.

Page 1