DE LA SIMONIE
qui l'ont approuvée. Confessez donc qu'en faussant subsister, comme vous faites, le sentiment de tous ces autres jésuites , et vous arrêtant au seul Tannerus, vous ne faites rien contre le dessein de l'auteur des Lettres que vous attaquez, ni pour la justification de la Société que vous défendez.
Mais, afin de vous donner une entière satisfaction sur ce sujet, je vous soutiens que vous avez tort aussi bien sur Tannerus que sur les autres. Premièrement , vous ne pouvez mer qu'il ne dise généralement qu'il n'y a « point < de simonie en conscience, infbro ccnscientiœ, àdon- « ner un bien spirituel pour un temporel, lorsque le tem- « pore! n'en est que le motif même principal , et non pas • le prix, » Et quand il dit qu'il n'y a point de simonie en conscience, il entend qu'il n'y en a point, ni de droit divin , ni de droit positif : car la simonie de droit positif est une simonie en conscience. Voilà la règle générale à laquelle Tannerus rapporte une exception, qui est que, « dans les cas exprimés par le droit, c'est une sjmoniede « droit positif, ou une simonie présumée. » Or, comme une exception ne peut pas être aussi étendue que la règle , il s'ensuit par nécessité que cette maxime générale, que « ce n'est point simonie en conscience de donner un bien « spirituel pour un temporel, qui n'en est que le motif, « et non pas le prix , » subsiste en quelque espèce des choses spirituelles ; etqu'ainsi il y ait des choses spirituelles qu'on peut donner sans simonie de droit positif pour des biens temporels y en changeant le mot de prix en celui de motif.
L'auteur des Lettres a choisi l'espèce des bénéfices, à laquelle il réduit la doctrine de Valentia et de Tannerus. Mais il lui importe peu néanmoins que vous en substituiez une autre, et que vous disiez que ce n'est pas les béné-