DE LA SIMONIE
dant cette simonie , que ce pieux théologien condamne si fortement , né consiste que dans la cupidité , qui fait que , dans l'administration des choses spirituelles, on met sa fin principale dans l'utilité temporelle qui en revient. Et c'est ce qui lui fait dire généralement, e. 25 , que « les mi* « nistères saints , qu'il appelle les ouvrages de la droite, « étant exercés par l'amour de l'argent, forment la si mort nie : Opus dexterœ operatum causa pecuniœ acqui- « rendœ parti simoniam. » Qu aurait-il donc dit , s'il avait ouï parler de cette horrible maxime des casuistes que vous défendez, qu'il est « permis à un prêtre de renoncer pour « un peu d'argent à tout le fruit spirituel qu'il peut pré- « tendre du sacrifice ?»
Vous voyez donc , monsieur, que , si c'est là tout ce que vous avez à dire pour la défense deTannerus, vous ne ferez que le rendre coupable d'une plus grande impiété. Mais vous ne prouverez pas encore par là qu'il y ait, selon lui , simonie de droit positif à recevoir dé l'argent comme motif pour donner <ks bénéfices. Car remarquez, s'il vousplait, qu'il ne dit pas simplement que e'est une simonie de donner un bien spirituel pour un temporel comme motif, et non comme prix; mais qu'il y ajoute une alternative, en disant que c'est « ou une simonie de « droit positif, ou une simonie présumée. » Or une simonie présumée n'est pas une simonie devant Dieu ; elle ne mérite aucune peine dans le tribunal de la conscience. Et ainsi, dire, comme fait Tanneras, que c'est une simonie de droit positif, ou une simonie présumée , c'est dire en effet que c'est une simonie , ou que ce n'en est pas une. Voilà à quoi se réduit l'exception de Tanneras, que l'auteur des Lettresn'apasdûrapporterdàns sa sixième Lettre, parce que, ne citant aucunes paroles de ce jésuite, il y dit
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simplement qu'il est de l'avis de Valentia ; mate il la rapporte, et il y répond expressément, dans sa douzième, quoique vous l'accusiez faussement de ravoir dissimulée.
C'a été pour éviter l'embarras de toutes ces distinctions que l'auteur des Lettres avait demandé aux jésuites « si « c'était simonie eu conscience, selon leurs auteurs, de dou- « ner un bénéfice de quatre mille livres de rente eu recevant « dix mille francs comme motif , etnon comme prix. » Il les a pressés sur cela de lui donner réponse précise sans parler de droit positif, c'est-à-dire sans se servir de ces termes que le monde n'entend pas, et non pas sans y avoir égard , comme vous l'avez pris , contre toutes les lois de la grammaire. Vous y avez donc voulu satisfaire, et vous répondez , en un mot , qu'en « ôtaot le droit positif , il n'y aurait m point de simonie; comme il n'y aurait point de péché à • n'entendre point la messe un jour de fête , si l'Église ne « l'avait point commandé ; » c'est-à-dire que ce n'est une simonie que parce que l'Église l'a voulu, et que, sans ses lois positives, ce serait une action indifférente. Sur quoi j'ai à vous repartir :
Premièrement, que vous répondez fort mal à la question qu'on a faite. L'auteur des Lettres demandait s'il y avait simonie selon les auteurs jésuites qu'il avait cités, et vous nous dites de vous-même qu'il n'y a que simonie de droit positif. Il n'est pas question de savoir votre opinion, elle n'a pas d'autorité. Prétendez-vous être un docteur grave? Cela serait fort disputable. Il s'agitde Valentia, Tanner us, Sanehez , Eseobar, Érade Bille , qui sont in* dubitablement graves* C'est selon leur sentiment qu'il faut répondre. L 'aufei «les Lettres prétend que vous ne sauriez dire , sefeo traces jésuites, qu'il y ait en cela simonie en conscience. Psw V«fcutia ,Saach*z , Eseobar