‹ Lettres éorites à un provincialChapitre 75 sur 98 · FOI DE PORT-ROYAL SUR L'EUCHARISTIE · texte numérisé non relu

FOI DE PORT-ROYAL SUR L'EUCHARISTIE

« ciel , » Lettres de M. de Saint-Cyran, tr. i , let. 93 ; « que son humanité glorieuse réside dans les tabernacles « de l'Église , sous les espèces du pain qui le couvrent « visiblement; et que, sachant que nous sommes gros- « siers , il nous conduit ainsi à l'adoration de sa divinité « présente en tous lieux, par celle de son humanité pré- « sente en un lieu particulier, « ibid. ; » que nous recevons « le corps de Jésus-Christ sur la langue, et qu'il la « sanctifie par son divin attouchement, » Lettre 32; » qu'il entre dans la bouche du prêtre , » Lettre 72 ; « que , quoique Jésus-Christ se soit rendu accessible « dans le saint Sacrement, par un effet de son amour « et de sa clémence, il ne laisse pas d'y conserver son « inaccessibilité comme une condition inséparable de sa « nature divine; parce que, encore que le seul corps et le « seul sang y soit par la vertu des paroles , vi verbo- «rum, comme parle l'école, cela n'empêche pas que « toute sa divinité, aussi bien que toute son humanité , « n'y soit par une conjonction nécessaire, » Défense du chapelet du saint Sacrement, p. 217 ; et enfin « que « l'Eucharistie est tout ensemble sacrement et sacrifice , » ThéoL fam.y leç. 15; « et qu'encore que ce sacrifice « soit une commémoration de celui de la croix , toute- « fois il y a cette différence que celui de la messe n'est « offert que pour l'Église seule, et pour les fidèles qui « sont dans sa communion; au lieu que celui de la « croix a été offert pour tout le monde, comme l'Écri- « ture parle , » ibid. , p. 153. Gela suffit , mes pères , pour faire voir clairement qu'il n'y eut peut-être jamais une plus grande impudence que la vôtre. Mais je veux encore vous foire prononcer cet arrêt à vous-mêmes contre vous-mêmes. Car que demandez- vous , afin d'ôter toute

apparence qu'où homme soit d'intelligence avec Genève? « Si M. Aroauld , dit votre père Meyuier , p. 83 , eût « dit qu'en cet adorable mystère il n'y a aucune subs- « tance du pain sous les espèces, mais seulement la chair « et le sang de Jésus-Chbist , j'eusse avoué qu'il se serait > déclaré entièrement contre Genève. » Avouez-le donc , imposteurs, et faites-lui une réparation publique de cette injure publique. Combien de fois l'avez- vous vu dans les passages que je viens de citer 1 Mais, de plus, la Théologie familière de M. de Saint-Cyran étant approuvée par M. Arnauld , elle contient les sentiments de l'un et de l'autre. Lisez donc toute la leçon 15, et surtout l'article second , et vous y trouverez les paroles que vous demandez, encore plus formellement que vous-mêmes ne les exprimez. « Y a-t-il du pain dans l'hostie , et du « vin dans le calice? Non; car toute la substance du « pain et celle du vin sont ôtées pour faire place à celle «du corps et du sang de Jrsus-Christ , laquelle y dé- « meure seule couverte des qualités et des espèces du pain « et du vin. »

Eh bien 1 mes pères , direz- vous encore que le Port- Royal n'enseigne rien que Genève ne reçoive , et que M. Arnauld n'a rien dit, dans sa seconde lettre, qui ne pût être dit par un ministre de Gharenton ? Faites donc parler Mestrezat comme parle M. Arnauld dans cette lettre, p. 237 et suiv.; faites-lui dire « que c'est un « mensonge infâme de l'accuser de nier la transsubstan- « tiation ; qu'il prend pour fondement de ses livres la « vérité de la présence réelle du Fils de Dieu , opposée « à l'hérésie des calvinistes; qu'il se tient heureux d'être « en un lieu où l'on adore continuellement le Saint des « saints présent dans le sanctuaire ; » ce qui est beau-

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