CORRESPONDANCE AVEC GEORGES KEATE
More sick than ever. More unable to go abroad to enjoy pleasure ; damn'd to sufferings and solitude. I présent my respect to Mr. Keate and to his friends '.
i . « Plus malade que jamais. Plus incapable de sortir pour me distraire; condamné aux souffrances et à la solitude. Je présente mon respect à M. Keate et à ses amis. »
The honourable mistress Clayton ».
St-Jaraes. London.
Paris, i S'il april n. s. i 729.
Madam,
ho I am out of London, the favoursyour ladiship has honoured me with are not nor will ever be out of my memory. Fil remember as long as I live that the most respectable lady who waits and is a friend of the most truly great Queen in the world, has vouschafed to pro-
1. Autographe (BritUh Muséum, 2o,io5, f. 4S1. — Charlotte Clayton, femme de William Clayton, baron Sundon, fut « maîtresse des robes » de la reine Caroline.
tect me and receive me with kindness while I was at London. I am just now arrived at Paris, and I pay my respects to your Court, before I see our own. I wish for the honour of Versailles and for the improvement of virtue and letters, we could hâve hère some ladyes like you. You see my wishes are unbounded; so is the respect and the gratitude I am with, Madam,
Your most humble obed. servant.
Voltaire.
Traduction.
A l'honorable mistress Clayton.
St-James. Londres.
Paris, 18 avril (n. s.) 1 729 r.
« Madame, « Quoique je sois loin de Londres, les faveurs dont Votre Seigneurie m'a honoré sont et seront
1. Voltaire, qui avait débarqué à Greenwich le 10 juin 1726, quitta l'Angleterre dans la première moitié de mars
toujours présentes à ma mémoire. Je me souviendrai toute ma vie que la plus grande clame, qui est attachée à la personne de la plus grande reine du monde et qui est en même temps son amie, a daigné me protéger et m'accueillir avec bonté pendant mon séjour à Londres. Je viens d'arriver à Paris, et j'offre mes hommages à votre Cour, avant de m'être présenté à la mienne. Je souhaite, pour l'honneur de Versailles, pour le progrès de la vertu et des lettres, que nous puissions avoir ici beaucoup de dames comme vous. Vous voyez que mes souhaits sont sans bornes; il en est de même du respect et de la reconnaissance avec lesquels je suis, Madame, votre très humble et très obéissant serviteur. »
A Monsieur le Président Hénault l.
A Lunéville, ce 14 août 1749.
Nous l'attendons avec impatience, ce présentdont mon illustre confrère nous veut bien
1729 (dans « la seconde ou troisième semaine » de mars, dit d'une façon plus précise M. Churton Collins : Voltaire in England, p. 291 ; cf. p. 2 3o).
1. Autographe (Britis'n Muséum, 2 3, 206, f. 71). — Une autre lettre de Voltaire au président Hénault se trouve au British Muséum (21,514, î« 66). C'est la lettre des i3,
flatter, ce livre qu'il faudra réimprimer tous les ans2, celui de tous les livres où l'on a dit le plus de choses en moins de paroles, qui soulage la mémoire, qui éclaire l'esprit, où
14 et i5 juin (1745). L'original autographe de cette lettre est, à deux ou trois variantes près, celui du texte imprimé. C'est ainsi que Voltaire a écrit : « J'avais mandé à M. le maréchal de Richelieu (et non de Noailles) ; — que ces eaux soient pour vous (et non que les eaux) ; — je vais passer de tout le fracas que m'a donné cette belle victoire (et non de tout le tracas). » — Quant à la lettre du 1 4 août 1 749, il s'en faut qu'elle soit imprimée conformément au texte original, écrit tout entier de la main de Voltaire. Aussi avonsnous cru devoir la reproduire, d'après cet original autographe, en indiquant toutes les fautes de transcription, toutes les omissions et interpolations des éditeurs modernes. Les lettres au président Hénault des i3, 14 et 1 5 juin (1745) et 14 août 1749 ont été publiées pour la première fois dans le recueil intitulé : Vie privée de Voltaire et de Madame du Châtelet pendant un séjour de six mois à Cirey, par l'auteur des Lettres péruviennes (Mmc de Graffigny), suivie de cinquante lettres inédites en vers et en prose de Voltaire. Paris, Treuttel et Wurtz, etc., 1820, in-8, p. 339 et 345.
Sur ce volume, voyez le tome IIIe de notre Bibliographie des Œuvres de Voltaire, n° 1975.
2. Nouvel Abrégé chronologique de l'histoire de France, etc. La première édition de cet ouvrage est de 1744, in-8. La troisième édition publiée en 1749, à Paris, chez Prault père et fils, forme un grand in-4, magnifiquement illustré par Cochin, Boizot, de Leu, Robert, Thomassin et Van Loo (voyez Cohen, Guide de l'amateur de livres à gravures. Paris, Rouquette, 1886, p. 264).
tout estpeintd'un trait, et d'untraitprofond, plein de recherches singulières, de vérités utiles, de réflexions qui en font faire, de ce livre que j'aime à la folie «.
Je vous demande pardon d'avoir oublié mon saint Paul, mais je lui aurais fait la même objection qu'à vous ; et je soupçonne qu'on l'a mal traduit2 en cet endroit. C'est ce qu'assurément je ne vérifierai pas. Mais, en attendant que j'aie sur cela une conversation profonde avec mon voisin, dom Calmet3, j'achèverai, s'il vous plaît, mon Catilina que j'ai ébauché entièrement en huit jours. Ce tour de force me surprend et m'épouvante encore. Cela est plus incroyable que de l'avoir fait en trente ans +. On dira que Cré-
1 . Le texte imprimé porte : « Ce livre enfin que j'aime, etc. »