ROYAL AI K DE \APLKS. — 1S
tious (le grains pour ces iles, d'établir des primes et d'exempter même momentanément des droits de douanes tous les chargements qui seront destinés pour elles. Mon ministre de la Marine va recevoir l'ordre de faire partir sur-le-champ une division de canonnières pour Otranie; j'espère qu'elle sera assez heureuse pour y arriver, malgré toutes les difflcultés qu'il y a dans celte saison de courir les côtes de la Calahre et de passer le Phare.
Je n'enverrai pas les 600 000 francs qui me sont demandés parce que des sommes plus considérables encore, arrivées de France, sont dans ce moment-ci en route, et j'espère qu'elles arriveront heureusement; sans cela, malgré toute ma pénurie, j'aurais sur-le-champ emprunté pour mon propre compte pour fournir à ses besoins.
Le général Donzelot me prie instamment de solliciter de V^ M. le secours d'une de vos escadres pour balayer les mers Ioniennes et il semble craindre d'y être bloqué. Je regrette inGniment que le défaut de moyens maritimes m'empêche de mon côté de lui faire passer des secours. Ce général rend compte que les Anglais ont arboré dins les iles de Zante, Ithaque et Céphalonie le drapeau de la République des Sept-Iles, annonçant hautement qu'ils \iennent lui rendre son indépendance. Le comuiissaire de V. .M. craint pour la tranquillité de Corfou, que la nouvelle de la présence €t des succès des Anglais a cousidérablement agitée; le général ■et le commissaire impérial ont fait des proclamatious pour calmer les esprits et les exhorter à rester fidèles à V. M. ; un officier arrivé à Corfou, venant de Constantinople, a apporté à Corfou la nouvelle que l'escadre turque composée de 8 vaisseaux était ■entrée dans la mer Noire; qu'il y avait eu un combat entre les Turcs et les Russes à Xicopoli sur le Danube; qu'une armée russe s'était portée à Varna, sur les bords de la mer Noire ; que le (irand-Vizir était avec l'armée à 12 lieues de Roustchouk; que des iroupes d'Asie passaient continuellement par Constantinople pour se rendre cà l'armée, et qu'enfin depuis la nouvelle de l'armistice, les relations avec la Sublime Porte étaient devenues plus amicales.
Sire, dès que le rapport officiel de l'occupation des îles me sera parvenu, je m'empresserai de l'adresser à V. AL
Il paraît que les troupes qui ont fait cette expédition sont les mêmes qui étaient parties de Alessine et qu'on croyait destinées pour l'Espagne. Tout ce qu'il y a de bien certain, c'est (|u'il n'est pas resté plus de 5 à G 000 Anglais dans l'île de Sicile ; que depuis
Tarmistice et les probabilités d'iiue paix prochaine, les Anglais n'ont cessé de faire des dispositions qui semblent annoncer qu'ils n'espèrent pas la garder ; déjà ils ont transporté à Malte la grosse artillerie; ils ne dissimulent pas même qu'au printemps ils seront forcés de l'évacuer.
Ici l'esprit public continue à être parfait ; hier la ville de Xaples a donné une iéte superbe, en réjouissance de la pai\, au théâtre de S. Charles, il y a eu réunion de 6 000 personnes.
Le brigandage est détruit et la conscription va à merveille, et d'ici au 10, 1 500 conscrits seront en route pour les régiments qui sont en Espagne. Que V. M. soit bien persuadée de mou zèle pour l'approvisionnement des pays dont elle m'a conûé le gouvernement.
Je suis
Guerre et .Ircliives du prince Murât. D. 576, p. IS.
31 octobre 1809.
Au général Gentil.
Monsieur le général, je désire que vous m'envoyiez demain l'état de situation du corps de la gendarmerie et des annigcri avec le lieu de leur résidence respective.
Archives du priuce Murât. U. XIV, p. 415.
4616. — MUR.AT AL PRLVGE DE BISIGXAXO
31 octobre 1809.
A monsieur le chancelier de l Ordre des Deux-Sicilcs.
Monsieur le chancelier, je désire que vous m'adressiez une lettre d'avis portant qu'en récompense des services rendus dans le Royaume par le chef de bataillon Henri, je lui accorderai volontiers
' Du même jour, ordre au colonel Dcdon d'cDvoyer l'état de situation du régiment d'artillerie, et ordre au général Gampredon d'envoyer l'état de situation du bataillon des sapeurs.
ROYAUME DE \APLES. — 1809 85
la décoration de mon Ordre, lorsqu'il aura obtenu de l'Empereur la permission de le porter.
Archives du prince Murât. R. XIV, p. 4-15.
4617. — AILRAT A .NAPOLEON
IVapIes, le 31 octobre 1809, minuit trois quarts.
SiRK,
La prise des iles de Zante, Céplialonie, Ithaque et Cerigo se coufirme par l'ordre du jour ci-joint du général anglais à Messine.
La nouvelle de la paix qui est déjà arrivée au fond des Calabres et sur tous les points du Royaume a produit les plus beureux effets, et affermira, je l'espère, pour longtemps la tranquillité du Royaume.
Le ministre de Russie n'a point paru à la fête que la ville a donnée à l'occasion de la paix ', il a pns pour prétexte qu'elle ne lui avait pas été annoncée officiellement, tandis que dans la même note qu'il adresse et dont copie sera envoyée à votre ministre des Relations extérieures, il accuse la réception de l'avis que, par égard, on lui en avait donné; le fait est qu'il est fâché de ce qu'il n'est plus reçu au cercle particulier de la Reine et que pour cela il croit la dignité de son caractère blessée ; mais ainsi que V. iVL me l'ordonne, je le laisserai parler, et il ne sera reçu qu'une fois par mois en audience solennelle. Ensuite je ne vois pas qu'il puisse être autorisé à exiger ici un accueil différent de celui que reçoit mon ministre à S'-Pétersbourg.
Le général AlioUis m'a rendu compte que les brigands qui s'étaient montrés sur quelques points de vos Etats Romains ont été entièrement détruits; il se loue beaucoup de la conduite de mes troupes. Le colonel de mon troisième régiment qui est en route pour Rome, m'écrit de Tcrraciiie que ce corps est animé du meilleur esprit et désire ardemment de faire la guerre. J'espère partir
' Le 29 octobre un Te Deiua solennel avait été chanté pour célébrer la signature de la paix avec l'Autriche et le soir le corps municipal avait donné un grand bal au théâtre Saint-Charles, avec une illumination générale de la ville. Le Roi et la Reine avaient dansé en public, a. I Sovrani si compiacquero d'aprir la danza, mostrando in tal guisa il lor gradimento per quest' omaggio che loro tributava la buona citta di Xapoli... Eu subito cantato in inno alla Face, era la musica del cav. Paisiello e vi si ammirava tutio l'estro délia sua prima eta. j [Monilore Xapolifano, 31 ottobre 1809, n° 3SV.)
samedi ou dimanche pour Homo, d'où j'aurai riionneur de faire connaître à Votre Majesté l'état de ses nouvelles provinces.
Je suis
Joachim Xapoi,ko\.
Archiics iialloiiales, i\F'^' 1685, u" H>3.
46J8. — MURAT A SALICETI
\'aples. l" uovembre 18'i9.
Au mhmlre de, la Police.
Monsieur le ministre, je suis instruit que la V" lîrocchi dont le fils est vélite, détaché au pont de Hovino, a écrit à Gaetano Desplans, qu'elle a déjcà remis à l'avocat Pagliacclli, de Xaples, huit cents ducats ])our racheter son fils et qu'elle ajoutera tout ce qu'il faudra pour réussir. Je désire que vous fassiez arrêter l'avocat et que vous cherchiez à connaître à fond cette affaire dont vous me rendrez compte.
Archives dti prince Miirat R. XVI, p. 185.
Xaples, l"' iiovemlne 1809.
Au miuisire des Finances.
Monsieur le ministre, je désire que vous donniez de suite des ordres pour qu'il soit payé à notre conseiller d'Etat Cavaignac, directeur général des Domaines, une gratification de deux mille cinq cents ducats. Cette somme sera prise sur les produits des hiens confisqués sur les émigrés.
Sur ce...
Archives du prince .\Iurat. Papiers de Mosbourg.
4620. — MURAT .AU GKVKRAL DOXZEI.OT
•2 novembre 1809.
A inoiisieur le général Donzelot, gouverneur des Iles Ioniennes. Monsieur le gouverneur, j'ai reçu vos différents rapports; je sa-
ROVALMI': DE XAPLES. — 1809 87
vais depuis dix jours la prise des iles de Céphalonie, Zante et Ithaque, et je me suis empressé de transmettre à l'Empereur les détails que vous m'avez dounés sur cet événement.
J'ai vu le chef de hataillon Henri; j'ai appris avec plaisir que vous avez un an d'approvisionnement pour vos troupes et que vous pouvez compter sur le bon esprit des habitants de Corfou.
Je réitère mes ordres à mon ministre des Finances d'encourager par toute espèce de moyens les expéditions de grains pour Corfou, Je ne pense pas que mon commerce veuille s'exposer à eu faire, encore moins depuis la prise des iles d'Ithaque et de Céphalonie, etc. Je pense donc que vous devriez employer les fonds qui vous arrivent de France à faire ici des achats de grains que les négociants passeraient pour le compte du Gouvernement français; quant cà moi, j'ai fait lever toute espèce de droits; il serait difficile de faire davantage.
Je ne crois pas que vous ayez quelque chose à craindre de la part des Anglais ; ils ne sont nullement en mesure de vous attaquer et ils n'ont essayé leur coup de main sur les îles prises, que parce qu'ils savaient qu'elles étaient faiblement défendues et qu'ils s'y étaient fait des partisans; vous pourrez les reprendre (|uand vous voudrez, parce que, je vous le répète, il leur est impossible d'y laisser de fortes garnisons, qu'ils ont trop à faire en Espagne, en Portugal, et qu'ils n'ont que les garnisons nécessaires à Malte et dans la Sicile; ainsi l'occupation des iles ne peut qu'être très momentanée.
Je vous ai annoncé la paix; j'espère que vous en aurez reçu la nouvelle à l'heure qu'il est. En voici les principales conditions : Cracovie, la nouvelle (ialicie et le cercle de Zamoïsk seront réunis au (îrand Duché de Varsovie; Salzbourg, l'inwiertel, le cercle de Willak, la Carniole, l'Esclavonie, la Croatie, tout le pays situé sur la rive droite de la Save, Fiume, Trieste et tout le littoral autrichien ont été cédés à l'Empereur; les foitifications de Vienne, de Raah, de Gratz et de Bruun doivent être démolies. Cette paix fut signée le 14, à 9 heures du matin, et l'échange des ratifications en fut consommé le 20 à midi. Quelle humiliation pour la maison d'Autriche! Quel monument de puissance et de gloire pour l'Empereur! Empressez-vous de répandre ces bonnes nouvelles qui ne pourront que produire un bon effet dans vos îles et dans toute la Grèce et porter un coup fatal à l'influence que les Anglais avaient pu s'y procurer.
Tenez-moi soigneusement au courant des opérations ultérieures
des Anglais et comptez sur le concours de tous mes moyens à seconder vos efforts contre eux. La tranquillité est parfaite dans mes États et l'esprit public y est on ne peut plus satisfaisant.
Archives du prince Murât. R. XIV, p 416.
4621. — AIL RAT A BESSIKRES
2 novembic 1809.
A monsieur Bessières, commissaire Impérial à Cor/ou.
Monsieur le commissaire Impérial, j'ai reçu votre lettre et vos rapports. Je vous remercie de vos communications; la paix avec l'Autriche a été signée le 1 i octobre et les ratifications ont été échangées le 20. Cette heureuse nouvelle contribuera plus que toute autre chose au maintien de la tranquillité dans vos îles, et les Anglais renonceront bientôt à une entreprise qui ne peut plus leur offrir aucune chance de succès.
.archives du prince Murât. R XIV, p 41 H.
4622 — AIUR-AT AU MARECHAL PERIGXO.V
a norembre 1809.
A monsieur h maréchal Pérignon.
Mon Cousin, donnez l'ordre à M officier d'état-niajor de la
place, de se rendre chez le préfet de police qui mettra à sa disposition un agent de la préfecture; cet officier se rendra chez les nommés Angioteni et Mazi pour les arrêter et mettre les scellés sur tous leurs papiers, qui seront apportés au préfet de police, qui en fera le dépouillement eu leur présence; ils arrêteront aussi le nommé Criscuoli et mettront également les scellés sur ses papiers.
Archires du prince Murât, R. XIV, p. 418.
4623. — MURAT A XAPOLEOX
Maples, le 3 noiembre 1809.
Sire, Je m'empresse d'adresser à Votre Majesté le rapport que je reçois
HO VAL. AIE DK XAPLKS. — 1809 89
à l'instant de la Sicile, mon aide-de-camp qui arrive de la Galabre rapporte que le bruit général était à Messine que les Anglais allaient faire le siège de Corfou et que les transports qui étaient partis de Messine poiu- Malte devaient y charger de Tartillerie et des munitions pour cet effet. La tranquillité y est toujours parfaite.
Guerre.
4624. — MIIR.AT .\ S.ALICKTI
4 novembre 1809.
Au mini si rc de la Police.
Monsieur le ministre, le commissaire de police Lagliezza' a trahi ses devoirs, dans l'exécution de la mission qu'il eut ordre de remplir hier; il avait reçu celui de mettre le scellé sur tous les papiers trouvés chez les nommés Mazi et Augiotelli; non seulement il ne l'a pas exécuté, mais il a laissé emporter la plus grande partie de ces papiers; en consé(|uonce, il a perdu la confiance du (îouvernement, et j'ordonne qu'il cesse sur-le-champ ses fonctions de commissaire de police du port; je pourvoierai à son remplacement, d'après les candidats que vous me présenterez. J'ordonne en outre que vous fassiez sortir démon Royaume les nommés Mazi et Augiotelli, avec ordre de ne plus y reparaitre.
Archives du prince Murât. K. XVI, p. 1X5.
4625. — ilUR.AT A GLARIvK
4 noretnbre 1809.
A moiisicKr le comle d'Hiinchoiinj.
Monsieur le comte, j'ai reçu la lettre par laquelle vous me faites part que pour déterminer, d'une manière ])ositive, les sommes qui peuvent être dues aux divers corps de l'armée de Xaples, et pour
' 1 .Addi 6 (novembre 1809). Il commissario di polizia, d. GiiLseppe Laghezza è stato dimesso, il motivo n'è ignoto. Era nella massima grazia e le più ardue commissioni si alfidavano a lui, era commissario del porto e di tutto il littorale. » [Diario di Nicola, t. II, p. 501.)
vérifier en même temps, la comptabilité du régiment d'Isembourg, vous avez cbargé l'inspecteur aux revues Dubreuil de se rendre à Naples. Je viens en conséquence de donner les ordres nécessaires pour que cet inspecteur puisse remplir la mission dont vous l'avez chargé.
Archives du prince Murât. R. XIV, p. 419.
4626. — AI un AT A SALICETI
4 novembre 1809.
Al/ mi ni sire Je h/ Police.
Monsieur le ministre, j(; vous adresse le traité de paix entre l'Empereur des Français et l'Kmporeur d'Autriche. Je désire qu'il soit inséré dans le Moniteur et qu'il soit affiché en ville. On pourra ajouter que les ratifications ont été échangées à Vienne le 20, entre M. de Cbampaguy, plénipotentiaire de S. M. l'Empereur des Français et M. le comte de U'rbna, commissaire délégué de l'Empereur d'Autriche.
Ardiive» du prince Murât. R. XV'I, p. 186.
4627. — MURAT A L'ADJUDAXT-COMMAXDAM MILLET
5 novembre 1809.
A monsieur le général chef de l'Elat-major rjénéral.
Monsieur le chef de l'état-major général, failes-vous rendre compte par le payeur-général de l'armée française des motifs qui l'ont empêché de payer le mois d'octobre au régiment suisse, tandis que les fonds lui ont clé faits à cet égard par le ministre de la Guerre.
Donnez l'ordre au commandant de la province d'Avellino d'envoyer à Naples un bataillon du régiment suisse.
^^ Arihives du prince Muraf. R. XIV, p. 419.
ROVAIME DE XAIM.ES. — 18U9 91
4(528. - MURAT A DAl'RE
7 novembre 1809.
Au minis/n: de, la Guerre.
Monsieur le miiiistic, je désire que vous m'adressiez demain un projet de décret, d'un crédit de trente mille ducats mis au profit de nia garde, pour son arric-ré.
Je désire que vous lassiez aimer l'Kperrier et que vous m'envoyiez de suite le devis des fonds nécessaires pour cet objet.
Je suis informé qu'on a donné hier si.x conscrits au régiment de la jjarde de Xaples, je désire savoir qui en a donné l'ordre : mou intention est qu'il n'en soit |)lus donné à l'avenir.
Que demain matin la frégate mette à la voile et aille croiser sous le cap Est d'ischia, afin de secourir la corvette, si elle venait à être chassée.
Faites-moi connaître combien vous pourrez avoir réuni do canonnières dans le golfe de Baja pour vendr-edi.
Je désire savoir si nous pouvons compter sur le cuivre que nous avons demandé en France pour doubler le vaisseau et la frégate qui sont en construction ; dans le cas contraire, il faut écrire à Fin me et à Tiieste, oij il nous sera sans doute facile de nous en procurer.
Je désire connaître d'une manière positive le jour où vous pourrez faire mettre en route les mille conscrits destinés aux régiments d'Espagne.
Je désirerais avoir- rrn état de situation de tout ce qui se trouve à la Mongiana en fer, fer coulé, projectiles, etc., et si vous avez donné des ordres pour faire venir à Xaples les fers qui se trouvent au l'izzo.
Me vous lassez point d'écrire au\ intendants et commandants militaires pour la levée du restant de leur contingent des conscrits, des vélites, des gardes d'honneur et des chevaux ; et stimulez par toute sorte de moyens le zèle de ces fonctionnaires.
Prévenez le commandant de l'artillerie que je |)asserai la revue du régiment d'artillerie à mon retour de Rome et que j'assistei-ai aux manœuvres du canon au polygone. Vous préviendrez aussi le commandant du 5*^ que je verrai son régiment.
Archives du prince Murât. R. XVI, p. 186.
4629. — MURAT M] GÉXÉRAL CAVAKÎXAC
" notembic 1809.
A monsicnt' le (jcnéral Cacaignar.
Monsieur le général, j'ai reçu vos différents rapports ; j'apprends avec plaisir que la conscription s'exécute, malyré la jirésence des brigands et les intrigues de la Cour de Palerme. Si malgré tous ces obstacles vous avez obtenu ce premier succès, je puis espérer que la nouvelle de la paix vous rendra tout facile.
Je pars pour Rome, d'où je serai de retour pour le 15, et le 20 je me mettrai eu marche pour les Calabres! Déjà une partie de ma garde va se mettre en route pour Monteleone.
J'ai appris que la mesure que je pris de faire solder les bandes de brigands qui se présenteraient ou ui voudraient me servir, a produit un mauvais effet sur les esprits des Calabrais; je devais m'y attendre. 11 m'importait alors d'arrêter le mal et l'effusion du sang de mes bons Calabrais, mais aujourd'hui les temps sont changés ; il faut donc d'autres mesures. Je ne pourrai jamais me décider à laisser les armes dans les mains de ceux qui pourraient d'un moment à l'autre saisir la première occasion favorable de les tourner contre moi; mais ces mesures doivent être ajournées à la première chute des neiges, cependant arrêtez le cours des vengeances particulières. Faites connaître k votre division que je ferai sérieusement punir tout offlcier quelconque qui se permettrait à l'avenir de faire fusiller un individu, sans préalablement l'avoir fait juger. Il est honteux pour le nom français que les détachements qui escortent les brigands les fusillent sur les routes, et l'officier français qui dernièrement fit fusiller une femme, un enfant et un prêtre, mériterait lui-même d'être traduit devant le tribunal. De semblables procédés sont les véritables causes du brigandage. Attachez-vous donc à employer tous les moyens pour les prévenir : il serait bien douloureux pour moi, à mon arrivée dans les Calabres, d'avoir des reproches à faire ou des châtiments à infliger. Je désire au contraire n'avoir à donner que des éloges et des récompenses.
Quant aux Anglais, laissez-les chanter leur conquête dans les îles de Zaute et Céphalonie ; ils vont y passer quelques mois ; je saurai bien les forcer au printemps de les abandonner pour venir défendre la Sicile. Tous mes moyens s'organisent et des troupes me
sont annoncées par l'Empereur ; il est bien étonnant que vous ne puissiez pas avoir des renseignements plus positifs sur la force et la position des Anglais en Sicile. Je donne des ordres pour que votre arriéré vous soit payé ; on vous enverra des délégations sur Monteleone. Des lettres de change vont vous être envoyées aussi pour vos dépenses secrètes.
Archives du prince Murât. R. XIV, p. 419.
4630. — XAPOLEOX A MIRAT '
Fontainebleau, le 8 novembre 1809.
Mon frère, j'approuve ce que vous vous proposez de faire dans une de vos lettres du 28 octobre sur les congés demandés par les ducs de Monteleone et de Mondragone et sur l'envoi à Paris du marquis de Campocbiaro.
Archives du prince Murât. 479.46.
8 novembre 1809.
Au ministre de la Guerre.
Monsieur le ministre, je pars ce soir pour Rome d'où je compte être de retour pour le Conseil de la semaine prochaine. Vous m'enverrez tous les soirs votre rapport à Rome. Le directeur général des Postes a ordre de me les y adresser.
Si l'ennemi, pendant mon absence, se présentait devant Gallipoli, ou venait à faire un débarquement sur un point quelconque de mon Royaume, vous devriez y diriger sur-le-champ les troupes les plus à portée, et dans ce cas vous en préviendriez la Reine; vous m'en préviendriez moi-même par un courrier extraordinaire.
Archives du prince Mural. R. XVI, p. 187.
' Lettre inédite.
94 JOACHLM AIURAT
4632. — MURAT A MAGHELLA
8 novembre 1809.
A monsieur le préfet de Police.
Aloiisieur le préfet, je pars ce soir pour Ilonie, vous m'y adresserez vos rapports ; vous en remettrez uu double à la Reine, et vous la préviendrez de tout ce qui pourrait arriver d'extraordinaire pendant mon absence.
.■Irchives du prince Murât. R. XIV, p. 4-21.
4633. — CIRCLLAIRt: AUX .MIXISTRES
8 novembre 1809.
Monsieur le ministre, je pars ce soir pour Rome d'où je compte être de retour pour le Conseil de la semaine prochaine. Vous m'enverrez tous les soirs votre rapport à Rome. Le directeur général des Postes a ordre de me les y adresser.
Archives du prince Murât. R. XIV, p. 421.
4634. — MUR.AT AU GEXERAL AIIOLLIS
-Vaples, le 8 novembre 1809.
A monsieur le gouverneur de Rome.
Monsieur le gouverneur, je comptais partir ce soir de Xaples, mais je suis forcé de suspendre mon départ de 24 heures ; je n'arriverai donc qu'après-demain dans la nuit à Rome, où je désire arriver incognito. J'aurai beaucoup de plaisir à vous revoir et à vous réitérer l'assurance de mes sentiments.
.•\rtliiies du piince Miirat. K. XIV, p. 4"i"2.
4635. — MUR.AT A .IGAR
S. 1.) 9 novembre 1809.
Au ministre des Finances.
Monsieur le ministre, je suis informé que le ministre S. ' écrit à
' Le comte de Alosbourg a écrit de sa main sur une iîclic jointe à la lettre : Salicetti.
ROVAUAIl': DE NAPLES. — J809 95
l'intendaut de Baii pour qu'il force le receveur-général à payer promptement pour 25 000 D. les délégatioDs qui sont entre les mains de Alongiardino. Je désire que vous cherchiez à connaître l'origine de ces délégations et pour quel genre de payement elles sont destinées. Dans tous les cas, défendez à ce receveur-général d'effectuer ce payement jusqu'à nouvel ordre. Cette lettre est pour vous seul.
Sur ce
.Ircliiies du prince Murât Papiers de Mosbour^^.
9 norembre 1809.
A M. le coiiifc d'Huncbouvg, mi/iislre de la Guerre en France.
Monsieur le comte, l'adjudant-commandant de La Marre, chef de l'état-major de la division que commande le général Partouneaux, m'est vivement recommandé par ce général. Il a en effet rendu des services en contribuant à ramener la tranquillité dont jouissent mes provinces et à faciliter l'approvisionnement de l'île de Corfou. Membre de la Légion-d'honneur depuis sa création, il désirerait obtenir aujourd'hui la croix d'officier, et je verrai avec plaisir que vous vouliez en appuyer la demande auprès de S. M.
Arcbiies du prince Mnrat. U. XIV, p. 42'2.
4637. — .MURAT A XAPOLEO\t
IVaples, 9 novembre 1809.
Sire,
Je m'empresse d'adresser à Votre Majesté le rapport que je reçois des Calabres par estafette ; il n'y a de remarquable que le départ du général Stuart; il est à présumer qu'il s'est rendu dans les lies Ioniennes. Toutes lej mesures qui ont été prises en Sicile, les bruits qu'on y a fait circuler d'une prochaine invasion des Calabres n'ont d'autre but que de fixer mon attention sur ce point, tandis que l'ennemi paraît avoir le projet de faire une tentalive contre Corfou, ce qui ne paraît pas vraisemblable; Corfou est défendue
96 JOACHIAI MURAT
par six mille hommes, et le général Stuart n'en a pas 12 000 à sa disposition, force indispensablement nécessaire pour pouvoir espérer un succès; l'ennemi voudrait donc occuper toutes les autres îles pour pouvoir être maître de la navigation de l'Adriatique; de cette position, il pourrait facilement tenter un coup de main sur mes magasins d huile en Fouille, où je n'ai absolument aucunes troupes. Je vais y diriger mes vélites à pied et à cheval, et les deux bataillons du 101""; peut-être m'y rendrai-je moi-même, si j'apprends que l'ennemi a véritablement des projets sur les provinces de Fouille.
Les Albanais qui ont été retirés de Ponza ont été envoyés dans les îles conquises. Il n'est resté à Fouza qu'environ 000 hommes de troupes siciliennes. Je fais reconnaître en ce moment cette île, et si les forces de mer qui ont escorté la garnison ne sont pas rentrées, je tâcherai de la faire enlever. La prise de cette île serait d'un grand avantage pour la tranquillité de mes Etats, car c'est de ce point seulement que la Cour de Palerme entretient sa correspondance et ses intrigues avec ma capitale.
Si ce soir je n'ai pas reçu réponse à la demande que j'ai faite à Votre Majesté de me rendre à Paris, et si je ne puis rien tenter sur Ponza, je partirai pour Rome où je passerai trois ou quatre jours; je verrai Civita-Vecchia et Ciipo-Danzo, et je ferai connaître à Votre Majesté le véritable état de Uome. Votre Majesté verra par la copie de la lettre ci-jointe que ma présence donnera une secousse à l'opinion, et c'est parce qu'on m'assure que cette course pourra être utile à votre service que je me détermine à la faire.
Je suis
Guerre et .archives du prince Murât. D. 576, p. 29.