‹ Lettres et documents, 1767-1815Chapitre 47 sur 94 · C.'ÏROI.INE · texte numérisé non relu

C.'ÏROI.INE

' Le {jénoral tJeiUe épousa, le 12 septembre 181'*, Victoire-Thècle Masscna.

204 JOACHIM MIKAT

Naples. '28 féirier 1810,

Sire,

Les nouvelles que je reçois de Corl'ou sont on ne peut pas plus satisfaisantes ; les habitants des quatre îles occupées par les Anglais sont si mécontenls que la plupart des l'aniilles ont été se réfugier à Corfou ; la disette se fait sérieusement sentir dans ces iles, et l'on pense généralement qu'elles ne tarderont pas à être évacuées. Le pacha d'Ianina qui jusqu'<à ce moment avait favorisé nos ennemis a tout à coup changé de système; il a cessé ses envois de grains dans les îles de Céphalonie et de Zante, et il envoie toute espèce d'approvisionnements à Corfou. De mon coté, intimement convaincu (ju'en menaçant la Sicile j'opérerai une diversion utile aux îles Ioniennes, je vais réunir 20 000 hommes en Calabre, préparer tous les moyens d'une expédition et menacer sérieusement cette île. Je vais me rendre moi-même dans cette province, et si je voyais réellement la possibilité d'effectuer une descente dans cette île, je n'hésiterais pas un instant à l'entreprendre, persuadé que j'agirais alors entièrement selon votre système.

Demain je passe une revue de dix ou douze mille hommes de mes troupes, je les enverrai dans mes provinces immédiatement après remplacer les troupes de Votre Majesté et je commencerai à les faire filer sur Scilla et Reggio.

Je fais poursuivre le brigandage a toute outrance; déjà plusieurs de ses chefs qui étaient à la solde de l'infâme Caroline sont en mon pouvoir. Il est hors de doute, d'après les renseignements que je me suis procurés, d'après la proclamation de Moliterno ft les preuves originales dont je suis nanti, qu'il devait se faire un débarquement dans mon Royaume. Mon arrivée a déjoué les projets de l'ennemi; la Cour de Palerme et le général Stuart qui ont menacé mes Etats d'une invasion tremblent à leur tour, et je ne crains pas de l'avancer, il n'y a que les ordres de Votre Majesté qui puissent les garantir d'une chute prochaine.

li'esprit de mes sujets est on ne peut pas meilleur. La tranquillité continue à être parfaite dans tout mon Royaume à l'exception de quelques brigands soudoyés par la Cour de Palerme et ses dignes auxiliaires les Anglais.

Je suis

Joachim X.^poléox.

Guerre et Archives du prince Murât. I). 576, p. 42.

ROYAIME I)K iVAPLES. — 1810 205

Paris, 28 février 1810.

J ai reçu ta seconde lettre de Naples, tu m'as fait une peur affreuse avec le tremblement de terre, il ne fallait plus que cela pour m'effrayer sur mes pauvres enfants ; donne-moi des détails. On dit dans la Gazette que les secousses continuent, ce qui m'inquiète beaucoup '.

Je pars dans deux ou trois jours, je te reverrai à mon retour, car je pense que tu seras ici le 20. J'ai appris avec grand plaisir que lu vas faire les cbasses de Alondragone. Je me rappelle ce jour où je jouissais de tous tes succès. Je voudrais bien être auprès de toi et de nos pauvres enfants, quoique je me trouve très heureuse ici et que l'Empereur m'accable de bontés et que, sans reproches, on me gâte beaucoup plus ici que vous ne me gâtez à Maples, et l'on me dit quelquefois qu'on a grand plaisir à me voir.

Je ne veux pas me plaindre de toi, mais j'espère qu'à mon retour tu me gâteras tant que je ne voudrai plus revenir à Paris. Xe te fâche pas de cette petite plaisanterie et lis la lettre charmante de Joseph que je t'envoie, et donne à Achille et à Letitia les lettres que leur oncle leur écrit. Kmbrasse-les bien pour moi.

Je suis toute heureuse à l'idée de te revoir bientôt.

Soigne bien ta santé et parle-moi de celle de nos enfants, que je presse bien tendrement contre mon cœur.

Caroline.

.archives «lu prince Murut. D. 566. 14.

IVapIes, I" mars 1810.

Au ministre de la Police.

Monsieur le ministre, je vous avais ordonné de faire insérer

'Nicoi.A, dans son Diario (II, p 515) relate la suite des fêtes données à Naples pour célébrer le retour du Roi Joacliim. Elles furent interrompues le 16 février par une terrible tempête et un fort tremblement de terre. Le i*^^ mars, eut lieu à Cliiajii une grande revue des troupes françaises et napolitaines, au milieu d'une foule immense. (Voir le Moniture napolituno, 3 marzo 1810, n" 419.)

dans les journaux la pastorale de l'évèque de Naples sur mon retour; pourquoi cet ordre n'a-t-il pas été exécuté?

J'espère que d'après toutes les dépositions des compagnons de Scarola, on aura envoyé sur tous les lieux où les complices auront été indiqués.

Archives du prince Mural. R. XVI, p. 218.

Mapieg, le 2 mars 1810.

Au ministre des Finances.

Monsieur le ministre, je compte partir vers le 15 pour les Calabres et je désire que votre compte sur la gestion de 1809 soit rendu avant mon départ, car comme vous devez être du voyage, je ne sais plus à quelle époque il vous serait permis de le rendre, et vous connaissez toute l'importance que j'attache à ce que mes sujets connaissent l'emploi que l'on fait des deniers publics.

Je désire aussi que la loi sur les Eaux et for. ts soit rendue. Présentez-moi pour lundi, s'il est possible, ce travail. Vous n'avez pas encore envoyé au Conseil' d'État le projet de loi sur la dette publique, envoyez-le sur-le-cliamp.

.Archives du prince Mnrat. R. XXXIII, lettre b7.

Xaples, le 2 mars 1810.

A monsieur le chef de l'état-major général.

Monsieur le général, je vous préviens que mes équipages partent demain pour les Calabres. Je fais partir pour la même destination trois bataillons de ma garde et 600 hommes de cavalerie. Prévenez le ministre de la Guerre de ce mouvement. J'espère que les vivres et les fourrages seront assurés pour ces troupes pendant tout le voyage.

Vous êtes destiné à être du voyage, en conséquence, vous devez faire partir vos chevaux avec les miens; prévenez l'ordonnateur en chef qu'il est aussi du voyage, ainsi que le général Campredon.

Envoyez le ^^ régiment d'infanterie légère à Caserta et à Magdaloni, les deux escadrons du 1" régiment de chasseurs à cheval à

ROYAUME DK XAPLES. — 1810 207

Nola et le 3' de ligne à IVocera. J'espère que les caoonniers, Royal- Corse et Royal-Calabrais sont rentrés à Capoue et le 4^"® à Gaeta.

Faites-moi connaître l'époque de l'arrivée des bataillons de la Tour d'Auvergne et si le mouvement que j'ai ordonné pour le bataillon du 10'' qui se trouvait à Lagonegro est exécuté, mon intention est toujours d'envoyer à Salerne Royal-Corse, lorsqu'il aura pu être réuni.

Archivfs dti prince Murât. R. XIV, p. 4()3.

i786. — MURAT AU GEVERAL CAMPREDOX

A'aples, le 2 mars 1810.

A monsieur le général Campredon, commandant en chef le génie.

Monsieur le général, je désire que vous fassiez partir demain M. le colonel Montemajor ou tout autre ofGcier du génie pour Eboli, aGn de faire travailler sur-le-champ à la construction des barraques que je désire faire établir sur le Sele, à cheval sur la route adossée au bois, avant d'arriver au pont, suivant le plan qui m'en fut remis, lors de la reconnaissance que j'en fis faire l'an dernier. Ce camp est destiné à contenir dix bataillons de 600 hommes chacun, une compagnie d'artillerie. Faites-moi connaître ce que me coûtera cette construction et quand elle pourra être terminée.

Archives du prince Murât. R. XIV, p. 462.

Maples, le 2 mars 1810.

A monsieur le général de division Aymé, chef de l'élal-major.

Monsieur le chef de l'état-major, je désire que vous fassiez partir demain avec mes équipages le bataillon des voltigeurs de la garde, vous lui ferez délivrer une feuille de route jusques à Castrovillari.

Vous ferez partir aussi un bataillon de grenadiers et un bataillon de vélifes, forts de 600 hommes chacun, et 200 hommes montés de chacun des régiments de cavalerie avec 300 canooniers montés qui

208 JOACHIM MUKAT

devront marcher avec les chevau-légers. Vous ferez partir les bataillons à une journée de distance l'un de l'autre, ainsi que les divers détachements de cavalerie. Vous me ferez remettre dans la journée leur itinéraire. Vous ferez placer des escortes depuis Xaples jusqu'à (".astro\illari, mais je vous observe que la cavalerie de ma garde qui doit rester à Naples, devra les fournir jusques au pont sur le Sele et que les 600 hommes destinés à m'accompaguer en Calabre ne devront commencer à en fournir que de ce ])oint.

Vous devrez prendre toutes les mesures pour que les livres et les fourrages soient assurés sur toute la route jusqu'il Hegyio; à cet effet le fournisseur de la garde devra avoir ses agents, qui précéderont la marche de ces troupes, pour les assurer. Vous ferez marcher avec ces troupes un commissaire des guerres. Je désire que la cavalerie emporte avec elle, s'il est possible, ses grands uniformes. Concertez-vous avec le général de division Compère qui a déjà accompagné le Koi Joseph en Calabre, tant pour le placement des troupes que sur les moyens d'assurer leurs subsistances.

Archives du priuce Murât. R. XII', p. 461.

4788. — MUR.AT AU GHVERAL LAMLSSE

Naples, le 2 mars 1810

A monsieur le Grand-Maréchal.

Monsieur le grand-maréchal, faites partir demain mes équipages pour Castro-Villari; le bataillon des voltigeurs de ma garde marchera avec eux et leur servira d'escorte; j'emmènerai avec moi un colonel-général, un chambellan, un écuyer, un préfet du palais, les deux premiers pages, mon médecin et mon secrétaire. Donnez l'ordre à mes aides-de-camp d'envoyer leurs chevaux avec les miens, et aux deux pages ainsi qu'aux officiers d'ordonnance de partir avec leurs équipages.

Vous me présenterez dans la journée l'état des personnes des différents services que vous croirez indispensables pour ce voyage; Dupont devra en être, Guérin étant malade, je pense que Fonteoier doit partir avec mes équipages.

Archives du priiKe Mural. R. \IV, p. 463.

ROVAlMIi DE YAPLES. — 1810 209

Naplcs, '1 mars 1810.

Monsieur le ministre, prévenez les généraux commandant l'artillerie et le génie que je iiendrai un conseil d'administration danr lequel il me sera présenté un rapport détaillé et circonstancié sur le service de ces deux armes; des travaux faits pour le génie depuis mon avènement au Trône et de ceux arrêtés ou à arrêter pour 1810, avec l'état des recettes et des dépenses, ainsi que celui du personnel, avec des notes sur chaque directeur ou sous-directeur et officier. Le commandant de l'artillerie présentera un état de situation générale du personnel et du matériel et de tous les établissements de son arme, des recettes et dépenses, et de l'armement du Royaume.

Je désire que vous me fassiez aussi un rapport particulier sur l'Institut de la Marine, le Collège de l'.-innunziatella et les poudres et salpêtres.

Archives du prince .Murât. R. WI, p. 218, et .^ff. E'r .\aples. 134.

4790. — MCRAT A DAURE

IVaplei, 2 mars 1810.

Ati mifmtre de la Guerre.

Monsieur le ministre, je vous préviens que mes équipages, trois bataillons de ma garde et six cent trente hommes de cavalerie vont se mettre en route pour les Calabres; ayant jugé à propos de vous emmener avec moi, vous devez faire partir vos chevaux avec les miens (|ui partent demain; prévenez l'ordonnateur français et le médecin en chef qu'ils sont du voyage et ordonnez de votre côté toutes les mesures nécessaires pour assurer les vivres à ces différentes troupes dont la force et l'itinéraire vous seront envoyés dans la journée.

Archives du prince Murât. R. WI, p. 210. et AU. Etr. Naples, 134,

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